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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2604743

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2604743

lundi 16 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2604743
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantANGLADE & PAFUNDI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande d'un ressortissant afghan visant à enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle. La juge des référés a estimé que l'injonction sollicitée, qui aurait eu un caractère définitif, excédait sa compétence en vertu de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, lequel ne permet d'ordonner que des mesures provisoires ou conservatoires. La requête a donc été rejetée, y compris les demandes d'aide juridictionnelle provisoire et de condamnation aux dépens.

Texte intégral

La juge des référésVu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mars 2026, M. B... A..., représenté par Me Pafundi, demande au tribunal :

1°) de l’admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant mention « bénéficiaire de la protection subsidiaire », dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, ou, à défaut, de mettre en fabrication cette carte de séjour pluriannuelle dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- il a été admis au bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 31 août 2021 ; une attestation de prolongation d’instruction lui a été délivrée, renouvelée le 6 octobre 2025 ;
- l’urgence est caractérisée dès lors que le délai d’instruction de sa demande, de plus de trois ans, est disproportionné, et, qu’il ne peut demander de titre de voyage ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d’utilité ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Hérault, conseillère, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant afghan, né le 1er mai 1999, a sollicité, le 22 septembre 2022, son admission au séjour sur le fondement de l’article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le site de l’Administration Numérique des Etrangers en France (ANEF). Il a alors été mis en possession, en dernier lieu, d’une attestation de prolongation d’instruction, valable jusqu’au 5 avril 2026. Par la présente requête, M. A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle.

2. Aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. (…) ». Aux termes de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Il résulte des dispositions précitées de l’article L. 511-1 du code de justice administrative et de ce qui est énoncé au point précédent que le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du même code, ne peut ordonner que des mesures présentant un caractère provisoire ou conservatoire. Il suit de là que le juge des référés ne peut, sans excéder sa compétence, ordonner une injonction tendant à l’édiction de mesures définitives.
5. M. A... demande à ce qu’il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de prendre une décision sur sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un titre de séjour. Toutefois, cette mesure présente un caractère définitif. Dès lors, la demande du requérant excède la compétence du juge des référés. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du même code et sans qu’il y ait lieu d’admettre M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.



D E C I D E :

Article 1er : M. A... n’est pas admis à l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.




Fait à Cergy, le 16 mars 2026.

La juge des référés


Signé


E. HERAULT

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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