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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2604881

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2604881

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2604881
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme A... visant à enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction. Le juge a considéré que la requérante, qui avait déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour en dehors du délai légal prévu à l'article R. 431-5 du CESEDA, ne pouvait se prévaloir d'une situation d'urgence justifiant une mesure provisoire sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. La juridiction a estimé que l'administration n'était pas tenue de délivrer l'attestation sollicitée, celle-ci étant conditionnée au dépôt d'une demande dans les délais réglementaires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 18 mars 2026, Mme B... A... demande au tribunal d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction dans un très bref délai à compter de la date de notification de l’ordonnance à intervenir.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle a déposé une demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien le 29 janvier 2026, que son employeur l’a informé de la suspension de son contrat de travail jusqu’à la présentation d’un document justifiant la régularité de sa situation administrative et que son aide au logement a été suspendue ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ;
- la mesure sollicitée est utile pour justifier de la régularité de situation administrative auprès de son employeur.


Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2026, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requérante, qui n’a pas respecté le délai prévu à l’article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s’est elle-même placée dans la situation d’urgence qu’elle invoque.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Beauvironnet comme juge des référés sur le fondement de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Le 29 janvier 2026, Mme A..., ressortissante algérienne née le 15 décembre 1998 à Constantine, a déposé une demande de renouvellement de son certificat de résidence mention « étudiant – élève » valable du 27 février 2025 au 26 février 2026. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de demande de certificat de résidence.

D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

D’autre part, aux termes de l’article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. (…) ». Selon l’article L. 411-1 du même code : « Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : (…) / 3° Une carte de séjour temporaire ; (…) ».

Enfin, aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. (…) ».

Il résulte de l’instruction que la demande de renouvellement de certificat de résidence de Mme A..., qui a expiré le 26 février 2026, n’a été déposée que le 29 janvier 2026, soit moins de soixante jours avant l’expiration de celui-ci. Toutefois, par la production d’échanges de courriels et d’une convocation en préfecture en vue de la remise d’un titre de séjour, l’intéressée démontre n’avoir été mise en possession de son précédent certificat de résidence que le 24 janvier 2026 et, ainsi, s’être trouvée avant cette date dans l’impossibilité technique de déposer sa demande de renouvellement dans les délais prescrits par les dispositions de l’article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au vu de ces éléments, et compte tenu de la suspension de son contrat d’alternance établie par les pièces produites à l’appui de la requête, Mme A... peut être regardée, dans les circonstances de l’espèce, comme justifiant de l’urgence et de l’utilité de la mesure qu’elle sollicite au sens et pour l’application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Cette mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A... une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de certificat de résidence, dans un délai de dix jours à compter de la date de notification de la présente ordonnance. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.




D E C I D E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A... une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de certificat de résidence dans un délai de dix jours à compter de la date de notification de la présente ordonnance.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 26 mars 2026.


La juge des référés,
Signé
E. Beauvironnet





La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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