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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2604928

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2604928

lundi 23 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2604928
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantTALL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'une décision implicite de rejet d'un titre de séjour étudiant. Le juge estime que la requérante n'a pas démontré l'urgence, son stage obligatoire n'étant pas imminent, et que sa demande, déposée par courrier électronique, n'était pas conforme aux modalités de dépôt prévues par les articles R. 431-2 et R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mars 2026, Mme A... B... D..., représentée par Me Tall, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-d’Oise a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour portant la mention « étudiant » ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « étudiant » dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l’attente, un récépissé de sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle doit effectuer un stage obligatoire pour valider son année académique ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle est entachée d’un défaut de motivation ;
elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation ;
elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.


Vu :
- la requête au fond n°2510354, enregistrée le 13 juin 2025, par laquelle Mme B... D... demande l’annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Dubois, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A... B... D..., ressortissante congolaise née le 15 mars 1999, est entrée sur le territoire français le 19 septembre 2016, sous couvert d’un visa long séjour. Par un courrier électronique du 18 octobre 2024 doublé d’un courrier recommandé dont les services de la sous-préfecture d’Argenteuil ont accusé réception le 23 octobre 2024, elle a sollicité la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « étudiant ». Estimant que sa demande avait donné lieu à une décision implicite de rejet à l’issue d’un délai quatre mois suivant son dépôt, Mme B... D... a formé une première demande de suspension de l’exécution de cette décision devant le juge des référés. Sa demande a été rejetée pour défaut d’urgence par une ordonnance n° 2510355 du 17 juin 2025. Par la présente requête, Mme B... D... demande à nouveau au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite de rejet qu’elle estime être née sur sa demande de titre de séjour.

2. D’une part aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

3. D’autre part, aux termes de l’article L. 431-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les conditions dans lesquelles les demandes de titres de séjour sont déposées auprès de l'autorité administrative compétente sont fixées par voie réglementaire ». Le premier alinéa de l’article R. 431-2 du même code dispose que : « la demande d’un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration s’effectue au moyen d’un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code ». Selon l’article R. 431-3 du même code : « La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale ».

4. Il résulte de ces dispositions qu’en dehors des titres dont la demande s’effectue au moyen d’un téléservice et qui figurent sur la liste prévue à l’article R. 431-2 du code, fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration, la demande de titre de séjour est effectuée par comparution personnelle au guichet de la préfecture ou, si le préfet le prescrit, par voie postale.

5. Enfin, selon l’article R. 432-1 du même code : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». L’article R. 432-2 du même code dispose que : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».

6. Il résulte de l’instruction que, par un courriel du 18 octobre 2024 puis par un courrier postal réceptionné par les services de la sous-préfecture d’Argenteuil le 23 octobre 2024, Mme B... D... a demandé au préfet du Val-d’Oise la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « étudiant ». Toutefois, en vertu des dispositions précitées de l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’arrêté du 27 avril 2021 pris en application de cet article, les demandes de titre de séjour présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doivent, depuis le 1er mai 2021, être présentées au moyen du téléservice « Administration Numérique des Etrangers en France » (ANEF). Par ailleurs, la requérante n’établit, ni même n’allègue, que le préfet du Val-d’Oise lui aurait prescrit de déposer sa demande de titre de séjour par voie postale ou par courrier électronique. En conséquence, la demande de titre de séjour formée par la requérante par voie postale et par courrier électronique n’a donné lieu à aucune décision implicite de rejet. Il en résulte que le recours au fond formé par la requérante à l’encontre d’une telle décision est dirigé contre une décision inexistante et est, par suite, irrecevable. Il n’en résulte qu’aucun des moyens présentés au soutien de la requête formée par l’intéressée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de cette « décision ».

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... D... ne peut qu’être rejetée en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... D... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... D....

Fait à Cergy, le 23 mars 2026.

Le juge des référés,

signé
J. Dubois

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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