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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2605293

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2605293

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2605293
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantKABAMBA RACHEL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé-liberté (article L. 521-2 du code de justice administrative), a rejeté la requête d'un ressortissant étranger demandant l'injonction au préfet de rétablir et d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a estimé que le requérant, bien que se trouvant en situation irrégulière et ayant son contrat de travail suspendu, ne justifiait pas d'une situation d'extrême urgence, condition indispensable pour obtenir une mesure dans le délai de 48 heures prévu par cette procédure. En l'absence de cette condition d'urgence, la requête a été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner l'éventuelle atteinte à une liberté fondamentale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mars 2026, M. A... B..., représenté par Me Kabamba, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de rétablir sa demande de renouvellement de son titre de séjour, de l’enregistrer et de lui délivrer le récépissé correspondant l’autorisant à travailler, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 900 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’il se trouve désormais en situation irrégulière, alors pourtant qu’il a accompli les démarches légales dans les formes et les délais requis, et que son contrat de travail a été suspendu ;

- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, à son droit au travail et à sa liberté et de venir alors que la remise d’un document provisoire de séjour est de droit en présence d’un dossier complet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant haïtien né le 11 juin 1971, indique être entré en France en 1999. En dernier lieu, il a bénéficié d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale », valable jusqu’au 6 mars 2026. Il en a demandé le renouvellement le 6 janvier 2026 sur le site de l’administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). Par la présente requête, M. B... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de rétablir sa demande de renouvellement de son titre de séjour, de l’enregistrer et de lui délivrer le récépissé correspondant l’autorisant à travailler, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

Pour établir l’extrême urgence qu’il y aurait à enjoindre au préfet du Val-d’Oise de faire cesser la situation dans laquelle il se trouve, M. B... fait valoir qu’il se trouve désormais en situation irrégulière, alors pourtant qu’il a accompli les démarches légales dans les formes et les délais requis, et que son contrat de travail a été suspendu. Toutefois, alors que M. B... ne justifie pas être désormais privé de toutes ressources, de telles circonstances ne sont pas de nature à justifier d’une situation d’extrême urgence rendant nécessaire l’intervention de la juge des référés dans les quarante-huit heures.

Par suite, en l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....



Fait à Cergy, le 13 mars 2026.

La juge des référés,


signé

C. Oriol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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