Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2605557

mercredi 1 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2605557
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBOUDAYA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette la requête de M. B... visant à contester son obligation de quitter le territoire français. La juridiction constate que le recours, introduit le 14 mars 2026, est manifestement irrecevable car il a été formé après l'expiration du délai légal de sept jours suivant la notification de l'arrêté préfectoral, comme prévu par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, toutes les conclusions du requérant, y compris ses demandes d'injonction, sont écartées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mars 2026, M. C... B..., représenté par Me Boudaya, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 6 février 2026 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de mettre fin à son signalement dans le système d’information Schengen ;

3°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les premiers vice-présidents des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…). ».

2. D’autre part, en vertu des dispositions de l’article L. 614-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, lorsque l’étranger est assigné à résidence en application de l’article L. 731-1 de ce code, la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au délai de départ volontaire et l’interdiction de retour sur le territoire français qui l’accompagnent peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l’article L. 921-1 du même code. Aux termes de l’article L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu’une disposition du présent code prévoit qu’une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l’article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l’introduction du recours. ».

3. Il ressort des pièces du dossier que par un premier arrêté en date du 6 février 2026, le préfet des Hauts-de-Seine a fait obligation à M. B... de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par un second arrêté du même jour, le préfet des Hauts-de-Seine l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois, dans le département des Hauts-de-Seine. Il ressort également des pièces du dossier que ces arrêtés ont été notifiés à M. B... le 6 février 2026 à 17 heures 25. En outre, l’arrêté contesté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français comportait la mention régulière des voies et délais de recours. Or, la requête présentée par M. B... n’a été enregistrée au greffe du tribunal que le 14 mars 2026, postérieurement à l’expiration du délai de recours contentieux de sept jours dont il disposait. Par suite, la requête de M. B..., qui est entachée d’une irrecevabilité manifeste insusceptible d’être couverte en cours d’instance, ne peut qu’être rejetée en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B....

Fait à Cergy, le 1er avril 2026.

La première vice-présidente,

signé

S. A...

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.