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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2606746

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2606746

mardi 7 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2606746
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHULOUX

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, rejette la requête d'une ressortissante brésilienne demandant l'injonction au préfet de délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour. Le juge constate qu'un rejet implicite de sa demande est intervenu à l'expiration du délai de quatre mois prévu à l'article R. 432-2 du CESEDA, faisant ainsi obstacle à la mesure sollicitée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. La requérante est informée de la possibilité d'engager un référé-suspension contre cette décision implicite de rejet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mars 2026, Mme A... B... C..., représentée par Me Huloux, demande à la juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de la convoquer en préfecture afin d’enregistrer sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
la condition d’urgence est remplie en ce que l’impossibilité de justifier de la régularité de sa situation l’a privée de nombreuses opportunités professionnelles, alors qu’elle est conjointe d’un ressortissant de l’Union européenne et a déposé sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans les délais ; qu’en outre, cette situation nuit à son état de santé ;
la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle ne s’est vue remettre aucune attestation de prolongation d’instruction à la suite de sa demande ;
la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :


D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». Aux termes du premier alinéa de l’article L. 522-1 de ce code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, aux fins d’enjoindre à l’administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d’urgence et d’utilité, qu’elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du même code : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Enfin, aux termes de l’article R. 432-2 de celui-ci : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois (…). ».

Il résulte de l’instruction que Mme B... C..., ressortissante brésilienne née le 5 janvier 2000, a été titulaire, en dernier lieu, d’un titre de séjour valable jusqu’au 15 février 2026. Le 4 décembre 2025, elle a déposé une demande de changement de statut et la délivrance d’un titre de séjour en qualité de membre de la famille d’un ressortissant de l’Union européenne sur le site de l’administration numérique des étrangers en France, et ne s’est pas vue délivrer de récépissé de sa demande ni d’autorisation de prolongation d’instruction, en dépit de ses nombreuses démarches. Il résulte toutefois de l’instruction qu’en ne statuant pas sur sa demande de renouvellement du titre de séjour dans le délai de quatre mois imparti par les dispositions précitées de l’article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a commencé à courir au plus tard le 4 décembre 2025, date depuis laquelle son dossier est réputé complet, le préfet des Hauts-de-Seine a fait naître une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour le 4 avril 2026 au plus tard. Cette décision fait donc obstacle au prononcé d’une mesure utile, qui n’aurait pas pour effet de prévenir un péril grave, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.


Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B... C... doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Il lui est cependant loisible, si elle s’y croit fondée, d’introduire un référé tendant à la suspension de l’exécution de la décision implicite de rejet en cause, sur le fondement de l’article L. 521-1 du même code.




ORDONNE :


La requête de Mme B... C... est rejetée.
La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... C....
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy, le 7 avril 2026.

La juge des référés,


signé


L. Moinecourt



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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