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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2607117

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2607117

mercredi 1 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2607117
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé-liberté, a rejeté la demande de Mme A... visant à enjoindre au Conseil départemental du Val-d'Oise de lui verser le RSA. Le juge a estimé que la requérante, bien que dans une situation précaire, n'avait pas démontré l'urgence caractérisée nécessitant une décision dans un délai de quarante-huit heures, condition exigée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. La demande a donc été jugée irrecevable sur ce fondement, sans examen du bien-fondé de l'atteinte à une liberté fondamentale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mars 2026, Mme B... A... demande, à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au Conseil départemental du Val-d’Oise de lui allouer sans délai un revenu de solidarité active et de procéder au paiement immédiat de ses droits ou, à défaut d’ordonner le versement sans délai d’une provision au titre du revenu de solidarité active ;

2°) de prendre toute mesure utile pour mettre fin à sa situation de précarité extrême.

Elle soutient que :
- l’urgence est avérée dès lors qu’elle est sans ressource depuis le mois de juillet 2025 et dans une situation d’extrême vulnérabilité alors qu’elle assume seule la charge d’un enfant et est enceinte de huit mois ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à des conditions de vie décentes ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Mettetal-Maxant, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.




Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique... ». L'article L.522-3 dudit code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

2. Lorsqu’un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l’article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l’article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l’article L. 521-2 soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Mme A... demande à la juge des référés d’ordonner aux services compétents le versement d’un RSA. Elle soutient que la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle est dépourvue de ressources depuis le mois de juillet 2025. Toutefois, il résulte de l’instruction et des pièces produites, notamment une attestation de contrat EDF de mars 2026, une facture Free de février 2026 et de ses relevés bancaires du mois de mars 2026, que Mme A... n’établit pas une situation d’urgence impliquant qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures. Par suite, cette condition ne peut être regardée comme remplie.

4. En l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu de se prononcer sur la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Cergy, le 1er avril 2026.

La juge des référés,

signé

Mettetal-Maxant


La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision..



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