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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2607262

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2607262

mardi 7 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2607262
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET LEXIDY (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la requête d'un ressortissant étranger demandant l'injonction au préfet d'enregistrer sa demande de changement de statut et de lui délivrer un récépissé. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'était pas remplie, malgré la perte potentielle d'une offre d'emploi. La demande a donc été jugée irrecevable au titre de cette procédure d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée, le 1er avril 2026, M. A... B..., représenté par Me Jean, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise d’enregistrer et d’instruire sa demande de changement de statut, et de le mettre en possession d’un récépissé portant autorisation au séjour et au travail pendant l’instruction de sa demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès qu’il s’est vu proposer un contrat de travail ; cette offre d’emploi expirera le 15 mai 2026 ; au-delà de cette date, et sans titre de séjour, il perdra une opportunité d'accéder à un statut professionnel stable et pérenne en France ; qu’il n’est pas en mesure de quitter la France pour déposer une nouvelle demande de visa « Talent Carte Bleue Européenne » depuis le Pakistan, notamment au regard du contexte géopolitique ; que l'ensemble de la cellule familiale est placée dans une situation de vulnérabilité administrative


- Il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit au travail et à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’Homme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Belhadj, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant américain, né le 1er juin 1993 à Karachi (Pakistan), est entré en France le 9 août 2004 et s’est vu délivrer un titre de séjour mention “Talent - Salarié Qualifié” valable du 10 février 2023 au 9 septembre 2026. Par la présente requête, M. B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise d’enregistrer et d’instruire sa demande de changement de statut, et de le mettre en possession d’un récépissé portant autorisation au séjour et au travail.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

3. A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

4. Pour justifier de la condition d’urgence telle qu’elle est entendue pour l’application des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, M. B... soutient qu’il se trouve placé dans une situation précaire dès lors qu’il ne peut candidater à une offre d’emploi Toutefois, pour regrettable qu’elles soit, et en dépit des nombreuses diligences accomplies par M. B... dans ses démarches administratives, cette circonstance n’est pas de nature à justifier d’une situation d’extrême urgence rendant nécessaire l’intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. Par suite, la condition d’urgence ne peut être regardée comme remplie.


5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M.A... B....

Fait à Cergy, le 7 avril 2026.

Le juge des référés,

Signé

J. Belhadj

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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