Jurisprudence administrative
96 978 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
96 978
Décisions totales
384 075
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2410277
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler le refus de lui délivrer une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ». Le juge a estimé que l'administration avait correctement appliqué les critères légaux, en l'occurrence ceux définis par l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et l'arrêté du 3 janvier 2017. La décision confirme que l'octroi de cette carte est subordonné à la démonstration d'une réduction importante et durable de la mobilité pédestre répondant aux conditions strictes fixées par ces textes.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2406628
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en plein contentieux, a rejeté la demande de M. A... visant à annuler le refus de lui délivrer une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ». Le juge a estimé que l'état de santé du requérant ne remplissait pas les critères stricts de mobilité pédestre réduite définis par l'arrêté du 3 janvier 2017, pris en application des articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles. La décision administrative, fondée sur l'avis de la commission départementale, est donc confirmée.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2202966
**Sujet principal** : Demande en indemnisation d'une société exploitant un hôtel-restaurant contre une commune, pour préjudice économique lié à l'interdiction d'accès à un sentier touristique (chute de la Druise) et au maintien de barrières après la levée de l'interdiction. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Grenoble (8ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande d'indemnisation. Il considère que la société ne démontre pas le lien de causalité entre les mesures prises par la commune (arrêtés d'interdiction et barrières) et la baisse de son chiffre d'affaires, cette dernière pouvant s'expliquer par d'autres facteurs comme la crise sanitaire. **Textes appliqués** : Le tribunal se fonde sur les principes généraux de la responsabilité administrative, exigeant la preuve d'un préjudice certain et d'un lien de causalité direct, sans référence à un texte spécifique de rupture d'égalité devant les charges publiques dans les motifs essentiels.
Avocat : SELARL CABINET CHAMPAUZAC
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2307226
Le Tribunal Administratif de Montpellier a annulé la décision de la CAF de l'Hérault réclamant un indu de RSA de 3 109,77 € à un allocataire pour la période du 1er janvier au 31 mars 2017. Le tribunal a jugé que le maintien de cet indu, calculé sur la base des revenus de sous-location, méconnaissait l'autorité de la chose jugée attachée à une décision antérieure du Conseil d'État du 1er février 2024. Cette décision du Conseil d'État avait déchargé l'allocataire d'un indu antérieur, considérant que les sous-loyers perçus, inférieurs à son propre loyer, ne constituaient pas des ressources au sens de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles.
Avocat : SELARL VPNG AVOCATS
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2406153
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en plein contentieux, a examiné une demande d'indemnisation suite à l'annulation d'un refus de délivrance de carte professionnelle par le CNAPS. Le tribunal a retenu la responsabilité de l'État pour faute, l'illégalité de la décision initiale étant établie par l'autorité de la chose jugée. Concernant les préjudices, il a rejeté la demande liée au festival de Cannes par manque de preuves, mais a admis le principe d'une indemnisation pour perte de salaire entre mai et août 2022, dont le montant sera liquidé ultérieurement.
Avocat : SCP BLAZY ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2307335
Le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande d'indemnisation de la requérante auprès de l'ONIAM. Le juge a considéré que les préjudices allégués relevaient d'un échec thérapeutique et non d'un accident médical non fautif ouvrant droit à la solidarité nationale au sens des articles L. 1142-1 et suivants du code de la santé publique. Les conclusions visant à faire homologuer un rapport d'expertise ont également été déclarées irrecevables, cette demande n'étant pas de la compétence du juge administratif.
Avocat : DE SCHRYVER
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2402370
**Sujet principal** : Demande en responsabilité contre une commune suite à un accident de la circulation causé par des plaques métalliques sur la chaussée. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nîmes (3ème chambre, magistrat statuant seul). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la fin de non-recevoir soulevée par la commune et met hors de cause la communauté d'agglomération. Il retient la responsabilité de la commune d'Avignon, considérant que le lien de causalité entre l'ouvrage public (plaques métalliques) et le dommage est établi, et que la commune n'apporte pas la preuve d'un entretien normal de la chaussée ou d'une faute de la victime. **Textes appliqués** : Article R. 411-1 du code de justice administrative (règles de recevabilité de la requête) et principes généraux de la responsabilité du fait des ouvrages publics (charge de la preuve).
Avocat : SCP BRUN CHABADEL EXPERT PITON
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2600664
Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé, a fait droit à la demande du maire de Corte de désigner une experte. Cette demande, fondée sur l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, vise à faire constater l'état d'un immeuble présentant un risque pour la sécurité et à proposer des mesures pour y remédier. La mission d'expertise, régie par les articles R. 531-1 et suivants du code de justice administrative, doit être réalisée dans un délai de vingt-quatre heures.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2604291
**Sujet principal** : Demande de provision en référé pour préjudice lié à l'absence de relogement après une décision de la commission de médiation. **Juridiction** : Tribunal administratif de Marseille (juge des référés). **Solution retenue** : Le tribunal accorde partiellement la demande en condamnant l'État à verser une provision de 3 200 euros à la requérante pour la période du 6 décembre 2024 au 31 mars 2026, mais rejette la demande initiale de 15 000 euros. Il admet également la requérante au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle. **Textes appliqués** : L'article R. 541-1 du code de justice administrative (conditions d'octroi d'une provision), les articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation (obligation de relogement et délais), et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 (aide juridictionnelle).
Avocat : CHAMPEAU
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2103957
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation au titre de la solidarité nationale pour un accident médical survenu lors d'un accouchement. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (7ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal, statuant en plein contentieux, devra déterminer si l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM) doit indemniser la requérante. Il devra trancher le conflit entre la qualification d'accident médical non fautif (invoquée par la requérante sur le fondement de l'article L.1142-1 du code de la santé publique) et celle d'infection nosocomiale (soutenue par l'ONIAM), et évaluer l'étendue des préjudices allégués. **Textes appliqués** : Le code de la santé publique, en particulier son article L.1142-1 relatif à l'indemnisation des accidents médicaux, et le code de justice administrative.
Avocat : CARLINI-WUST-KAMBOUA
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2315047
Le Tribunal Administratif de Montreuil rejette la demande de la société AG Insurance, qui contestait un prélèvement fiscal français sur la plus-value de cession de titres d'une société à prépondérance immobilière. La juridiction estime que ces titres sont fiscalement assimilés à des biens immobiliers situés en France, ce qui justifie l'imposition par la France en application de la convention fiscale franco-belge du 10 mars 1964. Le tribunal fonde sa décision sur l'interprétation de l'article 3 de cette convention et sur les dispositions du code général des impôts relatives à l'imposition des plus-values immobilières.
Avocat : DE PARDIEU BROCAS MAFFEI AARPI
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417211
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de remboursement d'un crédit de TVA formulée par un auteur-compositeur. Le requérant, ayant renoncé au dispositif de retenue à la source prévu à l'article 285 bis du code général des impôts, devait justifier de taxes déductibles sur ses achats professionnels pour prétendre à un crédit. Le tribunal a constaté, suivant les arguments de l'administration, que le requérant n'avait pas produit les justificatifs nécessaires (notamment les factures) établissant l'existence d'une TVA déductible supérieure à la TVA collectée, comme l'exige l'article 271 du même code.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2410599
La société Fer Play services contestait devant le Tribunal Administratif de Paris des rappels de TVA, soutenant que ses prestations de collecte et livraison de linge à domicile, intégrées à une offre incluant du jardinage, ouvraient droit au taux réduit de 10%. Le tribunal a rejeté sa demande, considérant que l'activité de jardinage exercée sous l'enseigne "Brico Jardi" ne constituait pas une prestation de "petit bricolage" au sens des textes applicables et que l'ensemble des conditions légales pour bénéficier du taux réduit n'était pas rempli. La décision s'appuie sur les articles 279 et 86 de l'annexe III du code général des impôts, ainsi que sur les articles L. 7232-1 et suivants du code du travail relatifs aux services à la personne.
Avocat : CABINET BOQUET, NICLET-LAGEAT (SCP)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407205
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Group Solid, qui contestait des rappels de TVA pour la période 2017-2018. La juridiction a estimé que la proposition de rectification de l'administration fiscale était suffisamment motivée et que les irrégularités de procédure alléguées n'étaient pas établies. La décision s'appuie sur les dispositions du Livre des Procédures Fiscales, notamment concernant les droits du contribuable vérifié et les obligations de motivation de l'administration.
Avocat : CABINET WAN AVOCATS (AARPI)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2404049
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SARL Holding Château d’Eternes, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités pour manquement délibéré pour les exercices 2016 à 2018. La juridiction a estimé que la société n'apportait pas la preuve du bien-fondé des dettes inscrites à son bilan, notamment un compte courant d'associé et un report à nouveau, ni ne démontrait l'absence d'intention d'éluder l'impôt. La décision s'appuie sur les dispositions du code général des impôts, en particulier l'article 38 relatif à la détermination du bénéfice imposable et l'article 1729 concernant les pénalités.
Avocat : CABINET L.A (SELARL)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402635
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de la société Ams'Elle Diffusion, qui contestait la remise en cause par l'administration fiscale d'un crédit d'impôt recherche (CIR) "collection" pour ses exercices 2016 et 2017. La juridiction a jugé que l'activité de la société, consistant principalement en de la conception et du négoce de vêtements avec une fabrication externalisée, ne revêtait pas un caractère industriel au sens de l'article 244 quater B du code général des impôts, condition nécessaire pour bénéficier de cet avantage fiscal. Le tribunal a également estimé que l'administration n'avait pas méconnu la garantie contre les changements de doctrine prévue à l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2327347
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de la SCI Guimaturaut, qui demandait la décharge de taxes foncières pour plusieurs années, en raison de son irrecevabilité. Le tribunal a jugé que les réclamations administratives préalables, présentées en 2022 et 2023, étaient tardives, le délai légal ayant expiré au plus tard le 31 décembre 2021. Cette solution s'appuie sur les dispositions de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales, qui fixe le point de départ du délai de réclamation à la date de mise en recouvrement de l'impôt.
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2406928
**Sujet principal** : La société Les Trois Chênes conteste devant le Tribunal Administratif de Lyon la régularité de la procédure de contrôle fiscal et le bien-fondé des rectifications (impôt sur les sociétés, TVA, retenue à la source) dont elle a fait l'objet pour les années 2016 à 2018. **Juridiction et solution** : Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en plein contentieux, rejette la requête de la société. Il estime que la procédure n'est pas entachée d'irrégularité et que les dépenses en cause (notamment des frais de carte bancaire, des dons et une facture de location) ne présentent pas le caractère de charges déductibles au sens du code général des impôts. **Textes appliqués** : La décision s'appuie principalement sur les dispositions du code général des impôts (notamment l'article 39) concernant la déductibilité des charges, ainsi que sur les règles de procédure fiscale.
Avocat : LANGEVIN AVOCATS
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2601941
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé, a ordonné l'expulsion de M. A... d'un logement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA) qu'il occupait sans titre. Le juge a considéré que la demande du préfet ne rencontrait aucune contestation sérieuse, l'intéressé ayant épuisé ses recours en matière d'asile et étant resté dans les lieux malgré une mise en demeure, et que l'évacuation présentait un caractère d'urgence et d'utilité au vu des besoins d'hébergement. La décision s'appuie sur les articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2402080
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation pour préjudice moral et matériel suite à la révélation de l'identité d'une mère ayant demandé le secret de sa naissance lors d'un accouchement sous X en 1984. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Strasbourg (5e chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la demanderesse. Il constate que la procédure légale a été respectée : le Conseil national pour l'accès aux origines personnelles (CNAOP) a dûment vérifié l'absence de volonté expresse de la mère de maintenir le secret avant de communiquer son identité à son fils majeur, conformément aux dispositions du code de l'action sociale et des familles. **Textes appliqués** : Articles 326 du code civil, et L. 147-1, L. 147-3, L. 147-6 et R. 147-16 du code de l'action sociale et des familles, relatifs au secret de l'identité et à la procédure d'accès aux origines personnelles.
Avocat : TOUTAIN