Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2501507
Le Tribunal Administratif de Nîmes a examiné la demande de Mme C... visant à obtenir une remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active de 12 119,07 euros, consécutif à une omission déclarative de ses pensions d’invalidité et de retraite. Le tribunal a rappelé que, selon l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, une remise peut être accordée en cas de bonne foi ou de précarité, sauf en cas de fausse déclaration caractérisée par une volonté de dissimulation. Pour apprécier la bonne foi, il a estimé qu’il fallait tenir compte de la nature des omissions, de l’information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration. La solution retenue n’est pas explicitée dans le texte fourni, mais le tribunal a statué sur le fond en examinant les moyens de la requérante.
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2507629
Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la demande de la SELARL Pharmacie Hassan, qui sollicitait une expertise économique pour évaluer le préjudice lié aux travaux de la ligne C du métro pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2026. La juridiction a estimé que cette demande était dépourvue d’utilité, car une précédente ordonnance du 3 juillet 2025 avait déjà ordonné une expertise couvrant la période allant du 1er janvier 2025 jusqu’à la fin des travaux impactant le commerce. La décision s’appuie sur l’article R. 532-1 du code de justice administrative, qui permet de prescrire des mesures d’expertise utiles, mais dont l’utilité doit être appréciée au regard des expertises déjà en cours.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2503910
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a partiellement fait droit à la demande de M. A... C..., représenté par sa tutrice. La responsabilité du centre hospitalier Jean Leclaire de Sarlat-la-Canéda ayant été définitivement établie, le tribunal a considéré que l'obligation de ce dernier à indemniser les préjudices de M. C... n'était pas sérieusement contestable. Toutefois, compte tenu du taux de perte de chance de 50 % retenu par la cour administrative d'appel et des provisions déjà versées, le tribunal a limité la provision allouée à la somme de 500 000 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la réclamation préalable.
Avocat : SCP GRAVELLIER - LIEF - DE LAGAUSIE - RODRIGUES
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2303967
Le Tribunal Administratif de Montpellier a examiné les requêtes de M. D... et Mme A... contestant des saisies administratives à tiers détenteur émises par la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Orientales pour le recouvrement de dettes fiscales. Le tribunal a jugé que les moyens relatifs à la régularité formelle des actes de poursuite, tels que l’absence de lettre de relance ou l’insuffisance de motivation, relèvent de la compétence exclusive du juge judiciaire et non de la juridiction administrative. Sur le fond, il a rejeté les arguments des requérants concernant leur domiciliation à Saint-Martin et le montant des sommes réclamées, estimant que les créances étaient fondées. En conséquence, le tribunal a rejeté l’ensemble des demandes d’annulation et de décharge, sans faire droit aux conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : DIAZ
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2304517
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la demande de M. A..., chirurgien-dentiste, qui sollicitait la réduction de ses impôts sur le revenu et contributions sociales pour 2016 et 2017. Le requérant invoquait l'exonération prévue à l'article 44 *quindecies* du code général des impôts pour son activité exercée dans une zone de revitalisation rurale (ZRR) à Axat (11). Le tribunal a jugé que cette activité sédentaire, exercée un seul jour par semaine dans un cabinet secondaire, ne constituait pas l'implantation de l'ensemble de son activité et de ses moyens d'exploitation dans la ZRR, condition nécessaire pour bénéficier de l'exonération. La solution retenue est donc le rejet de la requête.
Avocat : ROCA
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2600346
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi par M. B..., ressortissant camerounais, afin d’assortir d’une astreinte l’injonction faite à la préfète de l’Isère de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour, cette dernière n’ayant pas exécuté la mesure ordonnée le 3 octobre 2025. Constatant que la préfète n’a pas réexaminé la situation de l’intéressé dans le délai imparti et n’a fourni aucune justification, le juge a fait droit à la demande sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative. Il a ainsi modifié l’ordonnance initiale en prononçant une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente décision. Enfin, l’État a été condamné à verser 1 000 euros au conseil de M. B... au titre des frais de justice, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Avocat : MIRAN
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2314541
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de la société Alyzia Province contestant une amende administrative de 185 200 euros infligée par la DREETS des Pays de la Loire pour des manquements en matière de temps de travail. Le tribunal a écarté les moyens de légalité externe, jugeant la procédure contradictoire régulière et la motivation suffisante au regard des articles L. 8115-4 et L. 8115-5 du code du travail. Sur le fond, il a estimé que l'administration n'avait pas confondu temps de travail effectif et amplitude horaire, et que la sanction n'était pas disproportionnée. La décision s'appuie sur les dispositions du code du travail relatives aux amendes administratives.
Avocat : LEPARGNEUR
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2600579
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé, a prononcé une astreinte contre le préfet du Nord pour défaut d'exécution d'une précédente injonction de réexaminer la demande de titre de séjour d'un étranger. Le juge a fixé une astreinte de 50 euros par jour si l'administration ne statue pas dans un nouveau délai de 10 jours, et a alloué 800 euros à l'intéressé au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1 et L. 521-4 du même code, relatifs au référé-suspension et à la modification des mesures d'urgence.
Avocat : CABARET
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2412294
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de propriétaires canadiens, ayants droit de bailleurs juifs irakiens, qui demandaient réparation pour le non-paiement de loyers par l'ambassade de France à Bagdad depuis 1974. Le tribunal a jugé incompétente la juridiction administrative française pour connaître de cette demande d'indemnisation contractuelle ou quasi-contractuelle, estimant que le litige relevait du droit privé et des juridictions judiciaires, le bail n'étant pas un contrat administratif. Les moyens fondés sur la théorie du fait du prince, l'enrichissement sans cause ou la responsabilité sans faute n'ont donc pas été examinés au fond.
Avocat : CABINET LYSIAS PARTNERS (SELARL)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2500035
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser le requérant pour sa carence fautive à le reloger, malgré une décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire. La juridiction a retenu la responsabilité de l'État sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation, la faute étant constituée par l'absence d'offre de relogement dans le délai légal. Le montant de l'indemnisation, non précisé dans l'extrait, devait être fixé en fonction des troubles dans les conditions d'existence subis, compte tenu de la durée de la carence et de la composition du foyer.
Avocat : OUATTARA
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2300642
**Sujet principal** : Demande de restitution d'un crédit d'impôt recherche (CIR) refusé par l'administration fiscale au titre du doublement des dépenses pour un jeune docteur. **Juridiction** : Tribunal administratif de Versailles (5ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande de la société. Il considère que l'absence de contrat de travail à durée indéterminée (CDI) conclu avec le chercheur lors de la période fiscale concernée (2021) ne permet pas de bénéficier du dispositif de doublement, malgré une régularisation ultérieure. **Textes appliqués** : L'article 244 quater B du code général des impôts, qui conditionne le doublement des dépenses pour un jeune docteur à l'existence d'un CDI.
Avocat : BOUICHE
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2301093
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la demande de M. A... visant à obtenir la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de 2018. Le litige portait sur l'exclusion d'une prime perçue en 2018 du calcul du crédit d'impôt pour la modernisation du recouvrement (CIMR). La juridiction a jugé que cette prime, bien que versée en 2018, constituait un revenu différé de l'année 2017 et était donc exclue du bénéfice du CIMR en application de l'article 60, II de la loi de finances pour 2017, qui vise à prévenir l'optimisation fiscale en écartant les revenus exceptionnels ou différés.
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2520434
**Sujet principal** : Demande d'expertise préalable à des travaux publics pour constater l'état des immeubles avoisinants. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Montreuil (juge des référés). **Solution retenue** : Le juge fait droit à la demande de la société Eiffage Génie Civil et ordonne la désignation d'un expert. La mission consiste à dresser un constat contradictoire de l'état des lieux avant travaux et pourra se poursuivre pendant l'exécution des travaux pour évaluer d'éventuels dommages. **Textes appliqués** : L'ordonnance est fondée sur l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, qui permet au juge des référés de charger un expert de procéder à de telles constatations lors de l'exécution de travaux publics.
Avocat : CABINET MOLAS-RIQUELME ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2521061
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a fait droit à la demande de l'établissement public territorial Plaine Commune en ordonnant une expertise judiciaire. Le sujet principal est la désignation d'un expert pour constater l'état des immeubles avoisinants avant des travaux de réhabilitation, afin de prévenir et d'évaluer d'éventuels dommages. La décision s'appuie sur l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, qui permet au juge des référés de charger un expert de telles constatations lors de l'exécution de travaux publics.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2501994
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi en référé provision par les parents de Mme F... D..., afin d’obtenir une avance sur l’indemnisation des préjudices résultant d’une prise en charge tardive d’une infection à herpès par le CHR de Metz-Thionville, ayant entraîné un polyhandicap. Le juge des référés a rejeté la demande de provision comme irrecevable, faute pour les requérants de justifier d’une nouvelle demande indemnitaire préalable auprès de l’administration, condition pourtant requise par l’article R. 421-1 du code de justice administrative en l’absence de décision de rejet sur une réclamation portant sur des dommages aggravés postérieurement à une première décision. En conséquence, la requête a été rejetée, y compris les conclusions relatives aux dépens et à l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : AARPI HL ASSOCIÉS
Conseil d'État — N° 496221
Avocat : SELAS FROGER & ZAJDELA
Conseil d'État — N° 490461
Avocat : SCP CELICE, TEXIDOR, PERIER;SARL CABINET BRIARD, BONICHOT ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2307231
Le Tribunal Administratif de Montreuil a examiné les requêtes de M. A..., ingénieur des travaux géographiques et cartographiques de l’État, contestant les décisions fixant le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) au titre du RIFSEEP pour l’année 2022. Le tribunal a jugé que le courriel du 14 avril 2023, qui se bornait à informer l’agent de son groupe de fonctions sans constituer une décision faisant grief, était irrecevable. Sur le fond, il a rejeté les conclusions dirigées contre la décision du 13 juin 2023, estimant que l’administration avait fait une exacte application des textes en vigueur, notamment le décret n° 2014-513 et l’arrêté du 5 novembre 2021, en classant M. A... dans le groupe de fonctions 3.2. La requête a été rejetée dans son ensemble.
Avocat : CABINET FOUSSARD-FROGER
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2418666
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (Pôle Social) a rejeté la requête de M. B... D... contestant un indu de RSA de 15 935,80 euros. Le juge a estimé que l'absence de notification préalable de l'indu était sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Il a également écarté les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, du défaut d'assermentation de l'agent de la CAF, et de la méconnaissance des droits de la défense. Le tribunal a jugé que le département du Val-d'Oise avait légalement récupéré l'indu, sans faire droit à la demande de remise de dette. La décision se fonde sur les articles L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.
Avocat : DESFARGES
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2503791
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. B..., reconnu prioritaire par la commission de médiation du droit au logement opposable le 14 avril 2021, qui demandait réparation du préjudice subi en raison de l'absence de proposition d'hébergement par l'État jusqu'à son relogement en août 2024. Le tribunal a jugé que la carence fautive de l'État engageait sa responsabilité sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la période de responsabilité courant à compter de l'expiration du délai de six semaines suivant la décision de la commission. Il a ainsi condamné l'État à indemniser M. B... pour les troubles dans ses conditions d'existence, en tenant compte de la durée de la carence et de sa situation de sans-abrisme.
Avocat : BROCHARD