Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2217036
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. et Mme D... qui demandaient la réduction de leur taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2022. Les requérants contestaient le coefficient d’entretien et le coefficient de situation générale retenus par l’administration fiscale pour leur maison située au Mans. Le tribunal a jugé que l’administration avait correctement appliqué un coefficient d’entretien de 1,10 (état « assez bon ») et un coefficient de situation générale de 0 (situation « ordinaire »), conformément aux articles 324 Q et 324 R de l’annexe III au code général des impôts.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2203528
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... qui demandait la décharge ou la remise gracieuse de la taxe foncière sur les propriétés bâties due au titre de 2021 pour une maison située à Ruaudin. La requérante invoquait l’article 1389 du code général des impôts, permettant un dégrèvement en cas de vacance involontaire d’un bien destiné à la location. Le tribunal a jugé que la vacance n’était pas indépendante de la volonté de la contribuable, faute de preuve que le bien était impropre à la location, et a donc confirmé le refus de dégrèvement. Les conclusions aux fins de remise gracieuse ont également été rejetées comme irrecevables.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2201357
Le Tribunal Administratif de Marseille a examiné la requête de l’association Centre d'équitation de Mallemort, qui contestait des factures d’eau et demandait réparation pour divers préjudices liés à l’alimentation en eau de son centre équestre. La juridiction a rejeté l’ensemble des conclusions de l’association, considérant que la convention signée en 1994 avec la commune était un contrat de droit privé, rendant la juridiction administrative incompétente pour en connaître. En conséquence, le tribunal a également rejeté les demandes d’injonction et de frais de justice, et a condamné l’association aux dépens. Cette décision s’appuie sur les règles de compétence des juridictions administratives, sans application de textes spécifiques mentionnés.
Avocat : TRAMONI-BORONAD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2301307
Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi par la commune de Boulbon d’une demande de condamnation solidaire des sociétés RC Climatisation, LLA Architectes et Associés et BE2L à lui verser 21 852 euros pour des désordres acoustiques affectant une pompe à chaleur, qu’elle estimait relever de la garantie décennale des constructeurs. Le tribunal a rejeté la requête, jugeant que ces nuisances sonores ne rendaient pas l’ouvrage impropre à sa destination et ne constituaient donc pas un désordre de nature décennale. Il a également rejeté l’ensemble des appels en garantie et des conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. La solution retenue s’appuie sur les principes de la responsabilité décennale des constructeurs.
Avocat : SCP DE ANGELIS ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2404148
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en formation collégiale, a été saisi par M. B... d'une demande d'indemnisation fondée sur l'illégalité d'un arrêté préfectoral du 25 janvier 2022 refusant le renouvellement de son titre de séjour. Par un jugement antérieur, cet arrêté a été annulé pour méconnaissance des stipulations de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, constituant une faute de nature à engager la responsabilité de l'État. Le tribunal a rejeté l'exception de faute de la victime soulevée par le préfet, estimant que l'absence de transmission de documents médicaux n'était pas exonératoire. Il a condamné l'État à verser à M. B... une provision de 7 213,44 euros en réparation du préjudice financier résultant de la perte de l'allocation adulte handicapé pendant la période d'irrégularité, et a mis à la charge de l'État le versement de 1 200 euros à son avocat au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Avocat : SCP BOURGLAN DAMAMME LEONHARDT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600530
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer M. A..., ressortissant congolais, et de lui remettre un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler. La requête portait sur l'absence de délivrance d'un tel document malgré une demande de renouvellement déposée avant l'expiration du titre de séjour « salarié ». Le juge a retenu l'urgence, caractérisée par le risque de perte d'emploi, et l'utilité de la mesure, en application des articles R. 431-12, R. 431-13 et R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600535
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer M. B..., ressortissant marocain, afin de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. La requête portait sur le défaut de délivrance d'un tel document après le dépôt, avant expiration de son titre "étudiant", d'une demande de changement de statut vers "salarié". Le juge a retenu l'urgence, caractérisée par le risque de rupture imminente du contrat de travail, et a appliqué les articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2502224
Le Tribunal Administratif de Caen a examiné la demande de M. A... qui contestait une décision du département de la Manche lui accordant une remise partielle de 50 % sur un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 1 240,02 euros, sollicitant une remise totale. La juridiction a rappelé que la remise d'un indu de RSA peut être accordée en cas de bonne foi ou de précarité du débiteur, conformément à l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que M. A..., qui avait déjà obtenu une remise de 50 %, ne justifiait pas d'une situation de précarité suffisante pour obtenir une remise totale, faute de pièces justificatives sur ses charges et ressources actuelles.
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2501702
Le Tribunal Administratif de Caen a examiné le recours de M. C... contre le refus du département du Calvados de lui délivrer la carte mobilité inclusion mention « stationnement pour personnes handicapées ». M. C... invoquait des difficultés de déplacement liées à des douleurs articulaires et à un accident vasculaire. Le tribunal a rejeté sa requête, estimant que les éléments fournis ne démontraient pas une réduction importante et durable de sa capacité de déplacement à pied, ni la nécessité d’une aide technique ou humaine systématique, conformément aux critères de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles et de l’arrêté du 3 janvier 2017.
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2501881
Le Tribunal Administratif de Caen a été saisi par Mme C... d’une opposition à une contrainte émise par la caisse d’allocations familiales de l’Orne pour le recouvrement de plusieurs indus (prime d’activité, allocations de logement familiale et prime exceptionnelle de fin d’année) pour un montant total de 7 010,23 euros. La requérante contestait notamment le bien-fondé des indus et l’application d’une majoration pour fraude. Le tribunal a rejeté la requête comme irrecevable, au motif que Mme C... n’avait pas exercé les recours administratifs préalables obligatoires auprès de la commission de recours amiable, conformément aux articles L. 845-2 du code de la sécurité sociale et L. 825-2 du code de la construction et de l’habitation.
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2402046
Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la demande indemnitaire de Mme A..., agent suspendu pour non-respect de l'obligation vaccinale contre la Covid-19, qui sollicitait 216 539 euros de l'État. La requérante invoquait la responsabilité pour faute de l'État, notamment en raison d'une atteinte disproportionnée à sa vie privée et d'un défaut de reclassement, ainsi que la responsabilité sans faute pour préjudice grave et spécial. Le tribunal a jugé que la loi du 5 août 2021, qui a instauré l'obligation vaccinale, n'a pas méconnu les engagements internationaux de la France et que le préjudice subi par Mme A... ne présentait pas un caractère anormal et spécial justifiant une indemnisation. La solution retenue est donc le rejet de l'intégralité des conclusions de la requête, sur le fondement de la loi n° 2021-1040 et du principe de responsabilité du fait des lois.
Avocat : GUYON
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2402404
Le Tribunal Administratif de Besançon annule un titre de recettes émis par l’Hôpital Nord Franche-Comté (HNFC) le 7 octobre 2024, réclamant à Mme A... 33 986,57 euros pour remboursement d’un engagement de servir suite à un abandon de poste. Le tribunal juge que le titre est irrégulier car il se fonde sur une date d’abandon de poste (3 septembre 2021) correspondant à une décision de licenciement déjà annulée par un jugement du 15 juin 2023, privant ainsi la requérante de connaître les bases exactes de la liquidation de la créance, en violation de l’article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012. En conséquence, le titre est annulé et Mme A... est déchargée de l’obligation de payer. L’HNFC est condamné à verser 1 500 euros à Mme A... au titre des frais de justice.
Avocat : AARPI LANDBECK ET BOCHER-ALLANET
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2500016
Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la demande de M. A..., réserviste radié, qui sollicitait la réparation des préjudices financier et moral résultant de l’illégalité de la décision de résiliation de son contrat. Le tribunal a jugé que si la décision initiale du 23 novembre 2023 avait été annulée pour un vice de procédure, cette illégalité n’était pas fautive et ne pouvait donc pas engager la responsabilité de l’État. Il a également écarté les critiques portées contre le rapport d’enquête, estimant que les faits reprochés étaient matériellement établis et justifiaient une sanction. La requête a été rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles fondées sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : CABINET FIDELIO AVOCATS (SELARL)
Tribunal Administratif de Mayotte — N° TA107-2500764
Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R.541-1 du code de justice administrative, a condamné le département de Mayotte à verser à la société Bureau Veritas Construction une provision de 5 850 euros. Cette somme correspond au montant non contesté de deux factures impayées relatives à une mission de coordination de sécurité et de protection de la santé sur des chantiers routiers. La décision assortit cette provision des intérêts moratoires prévus par le code de la commande publique et accorde également une somme de 268,96 euros au titre des frais de recouvrement.
Avocat : GAUDIN JUNQUA-LAMARQUE & CALONI
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2600098
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l’article L.521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme C..., ressortissante algérienne, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 200 euros par jour de retard. Le juge a caractérisé l’urgence en raison de la suspension des droits sociaux de la requérante et de l’absence de décision administrative faisant obstacle à la mesure sollicitée. Cette décision s’appuie sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Tribunal Administratif de la Guadeloupe — N° TA105-2300849
Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe (2ème chambre) a statué sur le recours de M. A... contestant une saisie administrative à tiers détenteur émise pour le recouvrement de 46 237,54 euros (impôt sur le revenu 2018-2019, taxe foncière et taxe d'habitation 2020). Le tribunal a prononcé la décharge partielle de l'obligation de payer, en application des articles L. 622-7, L. 622-21 et L. 622-24 du code de commerce, constatant que la créance d'impôt sur le revenu 2018 était forclose pour défaut de déclaration dans les deux mois suivant l'ouverture du redressement judiciaire de M. A... (13 décembre 2019). Il a également constaté que les taxes foncière et d'habitation 2020 avaient été réglées avant l'émission de la saisie. En revanche, la somme de 3 475,64 euros prélevée a été imputée sur l'impôt sur le revenu 2019, qui reste dû, et n'a donc pas été restituée.
Avocat : JUDIJURISOL
Tribunal Administratif de la Guadeloupe — N° TA105-2301517
Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe a examiné la requête de M. B... contestant des impositions supplémentaires (109 044 € pour 2017 et 53 505 € pour 2018) et des pénalités. Le tribunal a constaté qu'un dégrèvement partiel de 30 054 € avait été accordé par l'administration, rendant les conclusions sans objet sur ce point. Sur le fond, le tribunal a rejeté le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de rectification, estimant que la proposition de rectification était suffisamment motivée au sens des articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales. La solution retenue est le non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement et le rejet du surplus des conclusions de M. B....
Avocat : MICHEL-GABRIEL
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2400712
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par M. B..., attaché territorial évincé irrégulièrement du service entre 2015 et 2018, afin d’obtenir le versement du reliquat de l’indemnité due pour cette éviction, soit 73 361,86 euros, ainsi qu’une indemnisation pour préjudice moral. La commune de Saint-Esprit soutenait que le comptable public avait pu légalement compenser la somme due avec une créance détenue par la commune. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la compensation opérée par le comptable était légale et que le préjudice moral n’était pas justifié. La décision s’appuie sur les principes généraux de la responsabilité de la puissance publique et les règles de compensation applicables aux comptables publics.
Avocat : JURISCARIB
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2400725
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par la société Caraib Moter d’un litige en plein contentieux relatif au solde d’un marché public de travaux de reconstruction d’un ouvrage hydraulique conclu avec la commune de Case-Pilote. La société demandait le paiement de 630 314,74 euros TTC, incluant des travaux supplémentaires, des quantités d’acier excédentaires et une indemnisation pour l’allongement du chantier. Le tribunal a rejeté l’intégralité des demandes de la société requérante, considérant que les travaux supplémentaires n’avaient pas été ordonnés par un ordre de service et n’étaient pas indispensables, que les quantités d’acier supplémentaires n’étaient pas justifiées, et que l’allongement du chantier n’était pas imputable à la commune. Il a fixé le solde du marché à la somme de 169 685,54 euros TTC en faveur de la société, conformément au décompte général établi par le maître d’ouvrage, et a rejeté les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Cette décision a été rendue en application du code de la commande publique et du cahier des
Avocat : PREVOT
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2400777
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de la société Eco Restauration, qui demandait la condamnation solidaire de la commune de Sainte-Marie et de sa caisse des écoles au paiement de 1 519 859,32 euros au titre du solde d’un contrat de concession pour la restauration scolaire. Le tribunal a jugé la requête irrecevable, car la société n’avait pas lié le contentieux à l’égard de la caisse des écoles, seule partie au contrat, faute d’une réclamation préalable indemnitaire suffisante. La solution retenue s’appuie sur les principes régissant la liaison du contentieux dans les contrats administratifs.
Avocat : ADAMAS - AFFAIRES PUBLIQUES