Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2521636
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande d'expertise médicale présentée par Mme et M. F... concernant la prise en charge de leur fille à l'hôpital Necker. Les requérants sollicitaient une expertise pour évaluer les préjudices liés à une erreur de débit de nutrition parentérale survenue le 17 avril 2023. Le juge a estimé que la mesure n'était pas utile, car un rapport d'expertise détaillé de la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) d'Île-de-France, déposé le 2 août 2024, avait déjà conclu à l'absence de lien de causalité entre l'incident fautif et l'état de santé actuel de l'enfant. La solution retenue est le rejet de la requête, faute d'utilité démontrée pour une nouvelle expertise au regard des éléments déjà disponibles.
Avocat : CABINET BIROT-RAVAUT ET ASSOCIES - 33000
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2501997
Le Tribunal Administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale concernant la prise en charge de Mme B... par le centre hospitalier de L'Aigle. La requérante allègue un retard de diagnostic d'une fracture du col fémoral droit, initialement traitée comme une lombalgie, et un manquement aux règles de l'art. Le juge a fait droit à la demande, estimant la mesure utile pour éclairer un éventuel litige en responsabilité, en l'absence de contestation du centre hospitalier et d'absence manifeste de lien de causalité.
Avocat : LEJARD-RICCOBONO
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2503773
Le Tribunal administratif de Dijon, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme et M. B..., agissant pour leur fille mineure. Cette mesure vise à déterminer les conditions de la prise en charge de Mme B... par le CHU de Dijon lors de son accouchement le 15 mars 2024, marqué par des complications infectieuses et cicatricielles. Ni l'ONIAM ni le CHU de Dijon ne s'opposent à l'expertise, bien qu'ils formulent des réserves sur leur éventuelle responsabilité. Un collège de deux experts est désigné pour évaluer la conformité des soins prodigués aux données acquises de la science et identifier d'éventuelles fautes médicales ou organisationnelles.
Avocat : BRIOLLET INGRID
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2206829
Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la requête de Mme A..., assistante familiale licenciée par le département du Tarn après avoir renoncé à son agrément. La décision de licenciement du 21 juillet 2022 a été jugée suffisamment motivée et la procédure contradictoire prévue à l'article L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles n'était pas applicable, le licenciement ne reposant pas sur un motif réel et sérieux mais sur la renonciation volontaire de l'intéressée. Par conséquent, le tribunal a également rejeté les conclusions indemnitaires, estimant qu'aucune faute de l'administration n'était établie et qu'aucune indemnité de licenciement n'était due en cas de perte volontaire de l'emploi.
Avocat : MOLY
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2105207
Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par M. A..., agent contractuel de Toulouse Métropole, d'une demande d'indemnisation pour les fautes commises lors de la fin de son contrat à durée déterminée. Le tribunal a rejeté l'ensemble de ses conclusions indemnitaires, estimant que la décision de non-renouvellement n'était pas illégale et que les autres manquements allégués (délai de prévenance, absence d'entretien préalable) n'étaient pas établis ou avaient été régularisés. Il a également jugé que le recours aux contrats à durée déterminée n'était pas abusif. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale.
Avocat : SABATTÉ
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2600413
Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a été saisi par la commune de Lunel sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. La commune demandait la désignation d'un expert pour constater les désordres d'un immeuble situé rue de la Libération, présentant un risque pour la sécurité des occupants. Le juge des référés a fait droit à cette demande en désignant un expert. La mission de l'expert consiste à examiner le bâtiment, déterminer l'existence d'un péril grave et imminent, et proposer des mesures pour y mettre fin.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2600419
Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a été saisi par la commune de Siran sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. La commune demandait la désignation d'un expert pour constater les désordres d'un immeuble menaçant la sécurité publique. Le juge a fait droit à cette demande en désignant un expert, dont la mission est d'examiner l'immeuble et son mitoyen, de déterminer l'existence d'un péril grave et imminent, et de proposer des mesures conservatoires. Cette décision est fondée sur les dispositions combinées des articles L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation et R. 556-1 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2305239
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la demande de M. A... tendant à la réduction de sa taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2022. Le requérant contestait le coefficient d'entretien de 1,2 appliqué à sa maison, estimant que des travaux d'isolation et de menuiseries justifiaient un coefficient de 1. Le tribunal a jugé que le moyen tiré de l'absence de coordonnées du conciliateur fiscal dans la décision de rejet était inopérant, et que le requérant n'apportait pas la preuve que les travaux réalisés, notamment en 2001 et 2013, avaient modifié l'état d'entretien de l'immeuble au 1er janvier 2022. La solution retenue est fondée sur les articles 1380, 1388, 1415, 1494 et 1495 du code général des impôts, ainsi que sur les articles 324 M, 324 P et 324 Q de son annexe III.
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2301357
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de la SAS Storage, qui contestait des impositions supplémentaires d’impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée pour l’année 2017. La société, n’ayant pas présenté de comptabilité lors d’une vérification, avait été taxée d’office sur la base d’une reconstitution de son chiffre d’affaires et de ses résultats. Le tribunal a jugé que la charge de la preuve incombait à la requérante, qui n’a pas démontré le caractère exagéré des impositions, et a également opposé une fin de non-recevoir aux conclusions relatives à la TVA faute de production de la décision préalable.
Avocat : LEHUEDE (A.A) GUENNO-LE PARC CHEVALIER KERVIO
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2303684
Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par la société Nextpharma d'une demande de réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2021 et 2022, concernant son site de Ploërmel. La société soutenait que diverses immobilisations, notamment des salles blanches, des systèmes de traitement d'air et des cloisons spécifiques, devaient bénéficier de l'exonération prévue au 11° de l'article 1382 du code général des impôts, réservée aux biens spécifiquement adaptés à une activité industrielle. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la société n'apportait pas la preuve que ces immobilisations étaient, par leur nature et leur agencement, indispensables et spécifiquement adaptées à son activité de fabrication pharmaceutique, au sens de la jurisprudence. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge et des conclusions accessoires.
Avocat : SELARL SUBLET-FURST & FAUVERGUE
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2304375
Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par la SAS Laiterie nouvelle de l’Arguénon d’une demande de réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2019 et 2020. La société contestait l’intégration dans les bases imposables de diverses immobilisations (sprinklage, tanks à lait, et 490 autres biens), invoquant notamment le principe de sécurité juridique et l’exonération prévue au 11° de l’article 1382 du code général des impôts pour les outillages et équipements spécialisés. Le tribunal a rejeté l’ensemble des conclusions de la requête, considérant que les biens litigieux constituaient des accessoires immobiliers imposables ou ne remplissaient pas les conditions d’exonération. Aucune réduction de taxe foncière n’a été accordée, et les frais de justice ont été laissés à la charge de la société.
Avocat : TRUCHOT JÉRÔME
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2103947
Le Tribunal Administratif de Rennes (2ème chambre) a rejeté les requêtes de la société V3C Environnement contestant les titres de recettes émis par Saint-Malo Agglomération pour des pénalités de retard (43 797,60 € et 12 831 €) dans le cadre d’un marché de fourniture de caissons compacteurs. Le tribunal a jugé que les titres étaient réguliers, notamment car signés par l’ordonnateur compétent, et que les retards de livraison n’étaient pas imputables à la collectivité. Il a également estimé que les difficultés avec le sous-traitant portugais ou le versement tardif des acomptes ne constituaient pas des circonstances exonératoires, et que le montant des pénalités n’était pas manifestement excessif. La solution s’appuie sur les stipulations du marché public et les règles de la comptabilité publique.
Avocat : CABINET D'AVOCATS COUDRAY
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2203233
Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par la commune de Plougrescant d’un litige l’opposant à la société CVC 22, titulaire d’un marché de travaux portant sur l’installation de mouillages. La commune demandait la condamnation de la société pour des désordres affectant 64 bouées, constatés lors de la réception avec réserves, et invoquait la responsabilité contractuelle du constructeur. Le tribunal a retenu la responsabilité de la société CVC 22 pour manquement à ses obligations contractuelles, notamment l’insuffisance des études d’exécution et des longueurs de cordage, et l’a condamnée à indemniser la commune à hauteur de 50 % du coût des travaux de reprise, soit 24 894 euros TTC, sur le fondement des principes régissant la responsabilité contractuelle dans les marchés publics. Les demandes de la commune au titre des préjudices financier et moral ont été rejetées, de même que les conclusions reconventionnelles de la société CVC 22.
Avocat : SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2300784
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la demande de l’EPSMS Vallée du Loch, qui sollicitait la décharge de la taxe d’habitation pour les années 2021 et 2022 concernant l’ESAT Addequat. Le tribunal a jugé que l’irrégularité de la décision de rejet de la réclamation était sans incidence sur le bien-fondé de l’imposition. Il a estimé que l’ESAT, bien que géré par un établissement public social et médico-social, ne relevait pas des établissements publics d’assistance ou des catégories visées au 1° du II de l’article 1408 du code général des impôts, et ne pouvait donc bénéficier de l’exonération de taxe d’habitation. La solution s’appuie sur les articles 1407 et 1408 du code général des impôts, ainsi que sur les dispositions du code de l’action sociale et des familles.
Avocat : RIQUIER
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2301228
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de Mme B... qui demandait le rétablissement de son déficit foncier de l'année 2018. La requérante soutenait que le crédit d'impôt « modernisation du recouvrement » (CIMR) aurait dû neutraliser ses revenus fonciers de 2018, empêchant ainsi l'imputation du déficit foncier reporté de 2017. Le tribunal a jugé que le CIMR, institué par la loi de finances pour 2017, n'a pas pour effet de modifier les règles de calcul des revenus ou déficits fonciers prévues à l'article 156 du code général des impôts. En conséquence, l'administration a correctement imputé le déficit foncier antérieur sur les revenus fonciers de 2018.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2600569
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a fait droit à la demande de la commune de Glières-Val-de-Borne visant à désigner un expert pour examiner un bâtiment menaçant ruine. La solution retenue est la nomination d’un expert chargé de constater l’état du bâtiment, d’évaluer le péril imminent et de proposer des mesures de sécurité. Cette décision est fondée sur les articles L. 511-9 et R. 511-2 du code de la construction et de l’habitation, ainsi que sur l’article R. 531-1 du code de justice administrative. L’expert devra rendre son rapport sous cinq jours, et les frais seront taxés ultérieurement.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2318055
Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a fait droit à la demande du centre hospitalier du Mans d'étendre une expertise médicale judiciaire, initialement ordonnée le 7 novembre 2025 pour évaluer les préjudices subis par une patiente, au docteur A... E..., chirurgien ayant pris en charge l'intéressée en secteur hospitalier et libéral. La juridiction a jugé cette extension utile et recevable, en application de l'article R. 532-3 du code de justice administrative, afin d'assurer une bonne administration de la justice et le caractère contradictoire de l'expertise. Le rapport de l'expert a été reporté au 30 juin 2026.
Avocat : ACLH AVOCATS
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2505281
Référé provision rejeté par le Tribunal administratif de Nice. La SAS Azur Sécurité Privée demandait une provision de 937 829,53 euros sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, invoquant des manquements contractuels de la commune de Nice (absence de révision des prix, sous-rémunération de prestations, manque à gagner et éviction irrégulière). Le juge a estimé que la commune contestait de manière circonstanciée ces créances et que l'obligation alléguée ne présentait pas un caractère non sérieusement contestable. La demande de provision a donc été rejetée.
Avocat : SELARL HOURCABIE
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2507709
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné l'expulsion de Mme C... d'un logement universitaire géré par le CROUS de Nice-Toulon. La requête de la directrice générale du CROUS a été accueillie car le maintien de l'occupante, devenue sans droit ni titre suite à l'abrogation de son admission le 15 mai 2025, ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. L'urgence et l'utilité de la mesure ont été caractérisées par la nécessité de libérer le logement pour un autre étudiant, afin d'assurer le bon fonctionnement du service public. L'injonction a été prononcée sous un délai de quinze jours, en application du code général de la propriété des personnes publiques et du règlement intérieur des résidences universitaires.
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2507710
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné l'expulsion de M. A... d'un logement de la résidence universitaire Romain Gary à Nice. La juridiction a constaté que l'intéressé était occupant sans droit ni titre depuis l'abrogation de son admission par le CROUS de Nice-Toulon le 15 mai 2025. La condition d'urgence a été retenue car son maintien empêchait le logement d'un autre étudiant, portant atteinte au bon fonctionnement du service public. La solution retenue est l'injonction de libérer les lieux sous quinze jours, en application du code général de la propriété des personnes publiques et du règlement intérieur du CROUS.