Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2301477
Le Tribunal Administratif de Caen a examiné la demande de la SCI Sophia Business Center, qui contestait le refus de l'administration fiscale de lui octroyer l'aide prévue par le décret n° 2022-967 du 1er juillet 2022, destinée à compenser la hausse des coûts de l'énergie. Le refus était motivé par l'existence d'une dette fiscale impayée supérieure à 1 500 euros, non couverte par un plan de règlement à la date de la demande. Le tribunal a jugé que la société justifiait avoir conclu un plan de règlement avec l'administration le 15 février 2023, soit avant le dépôt de sa demande le 1er mars 2023, et que ce plan était opposable à l'administration. Par conséquent, la condition prévue au 4° du I de l'article 2 du décret étant remplie, le tribunal a annulé la décision de rejet et enjoint à l'administration d'octroyer l'aide sollicitée.
Avocat : ALCADE & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2302562
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête de la SARL Nextalema, qui contestait sept titres de perception émis pour récupérer une aide du fonds de solidarité perçue durant la crise sanitaire. La société, exploitant un bar et une vente à emporter, soutenait que son activité principale (le bar) avait été interdite d’ouverture au public, justifiant l’aide. Le tribunal a jugé que l’interdiction ne portait que sur l’activité de bar, et non sur l’ensemble de l’établissement, et que la société ne remplissait pas les conditions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, notamment celles relatives à l’interdiction totale d’accueil du public. En conséquence, la créance de 56 981 euros a été maintenue, et les conclusions accessoires de la requête ont également été rejetées.
Avocat : CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2301436
Cette décision du Tribunal Administratif de Rennes (4ème Chambre) concerne la responsabilité du centre hospitalier intercommunal (CHI) de Redon-Carentoir pour des fautes commises lors d’une intervention chirurgicale subie par Mme B... le 6 mai 2020. Le tribunal retient la responsabilité de l’établissement sur le fondement du I de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique, en raison d’un défaut d’information et d’une perte de chance d’éviter une mastectomie, fixée à 50 %. Il condamne le CHI à verser à Mme B... une indemnité totale de 33 535,40 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 8 décembre 2022 avec capitalisation, et à la CPAM d’Ille-et-Vilaine la somme de 42 533,80 euros au titre de ses débours, ainsi que 1 191 euros au titre de l’indemnité forfaitaire de gestion. Les textes appliqués incluent le code de la santé publique, le code civil et le code de la sécurité sociale.
Avocat : JAMIER-JAVAUDIN
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2600364
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, rejette la demande de provision de M. A... qui sollicitait le versement d'une somme de 38 785,79 euros de la part de banques pour un prêt immobilier. Le juge des référés constate que le litige, opposant un particulier à des établissements bancaires pour un refus de prêt, relève du droit privé et non de la compétence du juge administratif. En application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la requête est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2413150
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, a été saisi d’une demande d’extension d’une expertise judiciaire ordonnée le 16 juin 2025 concernant des désordres affectant le lycée international Nelson Mandela (infiltrations, déformations du bardage, dysfonctionnements des brise-soleils). Sur le fondement de l’article R. 532-3 du code de justice administrative, le juge a fait droit à la demande en rendant les opérations d’expertise communes et opposables à plusieurs nouvelles parties, dont les sociétés AXA France Iard, Cibetanche, Allianz Iard, Construction Ossature Bois, Technostor-LJM, MIC Insurance Company, Cegelec Loire Océan, et la SCP Dolley Collet (mandataire judiciaire d’Arcalia). La solution retenue vise à garantir le contradictoire et à permettre à l’expert d’instruire l’ensemble des responsabilités potentielles liées aux différents désordres.
Avocat : SELARL CORNET VINCENT SEGUREL
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2522018
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. B..., ressortissant camerounais, afin d'obtenir la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour. Le préfet de la Sarthe a justifié avoir adressé le récépissé sollicité à l'intéressé le 18 décembre 2025. Par conséquent, le tribunal a constaté que la requête était devenue sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2522713
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise préventive à la demande de l'Office Public de l'Habitat Sèvre Loire Habitat. Cette mesure vise à constater l'état des immeubles riverains, notamment la propriété de M. et Mme C... située 6 rue Travot à Cholet, avant le début de travaux de construction d'un immeuble en R+4. Le tribunal a jugé la demande utile en raison de la nature et de l'importance des travaux, susceptibles de provoquer des désordres. En revanche, la demande visant à imposer à l'expert l'établissement d'un pré-rapport a été rejetée, l'expert restant libre d'organiser ses opérations dans le respect du contradictoire.
Avocat : SELARL CORNET VINCENT SEGUREL
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2300908
Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de Mme B... qui demandait la décharge de son obligation solidaire au paiement de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour 2018, dues avec son ex-époux. La solution retenue est fondée sur l'article 1691 bis du code général des impôts, qui subordonne le bénéfice de la décharge au respect des obligations déclaratives du demandeur après la fin de l'imposition commune. Le tribunal a constaté que Mme B... avait commis des omissions déclaratives en 2019, ce qui faisait obstacle à sa demande de décharge, sans qu'il soit nécessaire d'examiner sa bonne foi ou les agissements de son ex-mari. La demande subsidiaire d'échéancier a également été rejetée, le tribunal n'étant pas compétent pour accorder une remise gracieuse.
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2303054
Le Tribunal Administratif d'Orléans a examiné la requête de la société A&G Pautout Immobilier contestant des rappels de TVA et des pénalités pour 2019-2020. La société s'est désistée de ses conclusions en décharge des droits de TVA, ce dont le tribunal lui a donné acte. L'administration fiscale a partiellement fait droit à la demande en prononçant un dégrèvement des intérêts de retard à hauteur de 2 110 euros, créant un non-lieu à statuer sur cette partie. Le tribunal a rejeté le surplus des conclusions, notamment la contestation de la majoration pour manquement délibéré, en application des articles 1729 et 1727 du code général des impôts.
Avocat : SELAFA FIDUCIAL SOFIRAL
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2409627
Le Tribunal administratif de Lyon a condamné l'État à indemniser Mme A... épouse C..., ressortissante togolaise, pour le préjudice moral et les troubles dans ses conditions d'existence résultant du refus illégal de lui délivrer un titre de séjour « salarié » et de l'inexécution prolongée du jugement du 9 janvier 2024 annulant ce refus. La responsabilité de l'État a été engagée sur le fondement de l'illégalité fautive des décisions préfectorales, en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a accordé une somme de 2 000 euros, assortie des intérêts légaux à compter du 27 mai 2024, estimant que la précarité administrative subie, l'impossibilité de se rendre aux funérailles de sa mère et les difficultés professionnelles constituaient un préjudice direct et certain.
Avocat : EKINCI
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2506659
Cette décision du Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, fait droit à la demande de Mme B... visant à ordonner une expertise médicale sur les conditions de sa prise en charge par les Hospices civils de Lyon pour une escarre ayant conduit à une ostéite. Le juge a jugé la mesure utile et a désigné un collège d'experts. Il a également ordonné que l'expertise soit rendue commune et opposable à la société Synartis et à l'hôpital Saint-Luc Saint-Joseph, mais a rejeté la demande d'extension à l'infirmière libérale, faute d'identification suffisante.
Avocat : SELARL PERRON ET ASSOCIES AVOCATS
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2508010
Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi en référé par Mme I..., agissant pour elle-même et son fils mineur, afin d’ordonner une nouvelle expertise médicale sur les conditions de sa naissance au centre hospitalier de Vals d’Ardèche en 2018. La requérante estimait que le rapport d’expertise judiciaire déjà réalisé était incomplet, notamment car il n’avait pas pris en compte le diagnostic ultérieur d’une leucémie chez l’enfant et n’avait pas permis de chiffrer ses préjudices. Le tribunal a rejeté la demande, considérant que la requête s’apparentait à une demande de contre-expertise relevant du seul juge du fond et qu’elle ne présentait pas un caractère utile au sens de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. La solution retenue est donc le rejet de la requête, sans qu’il soit besoin de statuer sur la mise hors de cause des médecins.
Avocat : REBAUD
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2304886
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par Mme A... d’une demande d’indemnisation pour recours abusif aux contrats à durée déterminée et illégalité du non-renouvellement de son contrat par l’Intercom Bernay Terres de Normandie. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les conclusions indemnitaires étaient mal dirigées, l’employeur étant le centre intercommunal d’action sociale (CIAS), et que le contentieux n’était pas lié pour le grief de recours abusif aux CDD. Sur le fond, il a estimé que la décision de non-renouvellement, fondée sur l’intérêt du service, n’était pas entachée d’illégalité fautive, écartant ainsi les demandes de réparation. Les textes appliqués incluent l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : HUON SARFATI
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2404111
Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme B... contestant le refus de remise gracieuse d’un indu d’aide personnelle au logement (APL) de 681,72 euros. Saisi en plein contentieux, le juge a substitué son appréciation à celle de l’administration et examiné la situation de précarité de la requérante. Constatant que Mme B... n’a produit aucun justificatif de ses ressources et que la caisse d’allocations familiales du Var a établi l’absence de précarité, le tribunal a estimé que la décision attaquée n’était pas entachée d’erreur d’appréciation. La demande a été rejetée sur le fondement des articles L. 825-3 du code de la construction et de l’habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2500850
Le Tribunal Administratif de Toulon a annulé la décision du 4 février 2025 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var refusait une remise gracieuse de dette de 69 euros à Mme B..., correspondant à un trop-perçu d'aide personnelle au logement. La juridiction a estimé que la décision était entachée d'une erreur de fait, le quotient familial de la requérante étant de 852 euros et non de 1 111 euros comme mentionné. Constatant la bonne foi non contestée de Mme B..., le tribunal lui a accordé la remise gracieuse sollicitée. Cette solution s'appuie sur les articles L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2501194
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en formation de juge unique, a examiné la requête de Mme B... contestant le rejet de ses demandes de remise gracieuse de dettes pour un trop-perçu d'aide personnelle au logement (1 026 euros) et deux trop-perçus de prestations familiales (578,96 et 439,03 euros). S'agissant des prestations familiales, le tribunal s'est déclaré incompétent, renvoyant ces litiges au contentieux de la sécurité sociale relevant de l'ordre judiciaire, en application des articles L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire et L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Concernant l'aide personnelle au logement, relevant de la compétence administrative (article L. 825-1 du code de la construction et de l'habitation), le tribunal a rejeté la demande, estimant que la requérante ne justifiait pas d'une situation de précarité suffisante pour obtenir une remise de dette, conformément aux articles L. 825-3 et L. 553-2 des codes précités.
Conseil d'État — N° 511367
Avocat : AIRIAU
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2305720
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par la société Guinier génie électrique d’une demande de condamnation de la commune de Neuilly-sur-Seine à lui verser 776 611 euros TTC au titre du solde du lot n°4 « électricité » d’un marché de construction d’un complexe multisport. La société imputait les retards et surcoûts à des insuffisances de conception et à une défaillance de la commune dans le suivi du chantier, notamment en raison du retard du lot « gros œuvre ». La commune a conclu au rejet de la requête et, subsidiairement, à la fixation d’un solde en sa faveur de 214 003,88 euros TTC, compte tenu de pénalités de retard de 270 412,35 euros. Le tribunal a rejeté la requête de la société Guinier génie électrique, considérant que les retards n’étaient pas imputables à la commune et que les pénalités étaient justifiées.
Avocat : SCPA COURTEAUD-PELLISSIER
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2311511
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en plein contentieux, était saisi par M. B..., représentant légal de la société T.A Transport, d’un recours contre un refus d’octroi du fonds de solidarité pour les mois de février et mai 2021. En cours d’instance, l’administration fiscale a reconnu que la société remplissait les conditions pour l’aide de février 2021, proposant un versement intégral de 6 365 euros, et a admis un versement partiel de 7 029 euros pour mai 2021. Le tribunal, appliquant l’ordonnance n° 2020-317 et le décret n° 2020-371 relatifs au fonds de solidarité, a fait droit à la demande en annulant la décision de refus et en ordonnant le versement des aides selon les montants convenus.
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2505672
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé provision sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative, a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur la demande de provision de 183 577,88 euros présentée par Mme A... contre la commune de Gonesse. Cette décision fait suite au jugement n°2511940 du 8 janvier 2026, qui avait déjà constaté la pleine exécution du jugement initial n° 2012256 du 22 février 2024. La requête en référé, visant à obtenir une provision pour non-exécution de ce jugement, est donc devenue sans objet. Les conclusions accessoires, notamment celles relatives aux frais d’instance, ont été rejetées.
Avocat : ATHON-PEREZ