Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2302340
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de l’entreprise XAS TP, qui demandait la condamnation de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la Marne en Champagne pour des fautes liées à la signature et à l’exécution d’une convention d’amodiation. Le tribunal a estimé que les demandes indemnitaires étaient irrecevables en raison de la prescription de l’action en responsabilité contractuelle, et que la CCI n’avait commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité. Il a également rejeté les demandes reconventionnelles de la CCI, faute de preuve suffisante des sommes réclamées. La décision s’appuie notamment sur les articles 1304 et 2224 du code civil relatifs à la prescription extinctive.
Avocat : SELARL COUPE PEYRONNE
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2106186
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de la SARL Cergnul constructions, qui contestait des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour les années 2016 et 2017, assortis de la majoration de 40 % pour manquement délibéré. La société invoquait un vice de procédure lié à l'absence de mention de la prorogation du délai de réponse sur la seconde page de la proposition de rectification, mais le tribunal a jugé que cette omission n'avait pas privé le contribuable d'une garantie, le liquidateur judiciaire ayant disposé d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Sur le fond, le tribunal a estimé que l'administration avait correctement reconstitué la base taxable de la TVA, en se fondant sur les données comptables et les déclarations de la société, et que les arguments de la requérante, notamment sur les exonérations ou les régularisations, n'étaient pas étayés. Enfin, la majoration pour manquement délibéré a été maintenue, le tribunal considérant que la société ne démontrait pas avoir été trompée par son cédant et que les erreurs déclaratives étaient réitérées et importantes. La décision s'appuie sur les
Avocat : FIDAL
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2109025
Le Tribunal Administratif de Lille a partiellement fait droit à la requête de la SARL Audil, qui contestait le montant des majorations et pénalités (30 631 euros) consécutives à un redressement de TVA. Le juge a relevé que le dégrèvement partiel des droits en principal (de 61 509 à 34 829 euros) n'avait pas été répercuté sur le calcul de la majoration de 40 % pour manquement délibéré, pourtant proportionnelle aux droits dus en application de l'article 1729 du code général des impôts. En conséquence, le tribunal a accordé la décharge de cette majoration à hauteur de 10 672 euros et condamné l'État à verser 1 500 euros à la société au titre des frais de justice.
Avocat : VAN DEN SCHRIECK
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2512484
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de la décision implicite du préfet du Nord rejetant la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A..., ressortissant gabonais. Le juge a retenu que la condition d'urgence était remplie en raison de la suspension du contrat de travail du requérant. Il a également estimé que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2 de l'accord franco-gabonais du 5 juillet 2007 était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande et de délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans l'attente.
Avocat : CABINET CENTAURE AVOCATS
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2526600
Le Tribunal administratif de Paris, statuant en formation collégiale, a été saisi par Mme C..., praticienne attachée associée, d’une demande d’annulation du refus du Groupe hospitalier 93 de lui verser l’indemnité de précarité et d’une demande de provision. Le tribunal a fait droit à sa demande, en application des articles R. 6152-610 et R. 6152-633 du code de la santé publique et de l’arrêté du 21 octobre 2003. Il a jugé que l’indemnité de précarité est due à l’issue de chaque contrat à durée déterminée non renouvelé, quelle qu’en soit l’initiative, et que Mme C... y avait droit au terme de son troisième contrat d’un an. Le tribunal a donc annulé la décision de refus et enjoint au Groupe hospitalier 93 de verser à Mme C... la somme de 4 018,92 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 mai 2025.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2533620
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) visant à prescrire une expertise préventive avant les travaux de restructuration de l'hôpital de l'Hôtel-Dieu, prévus début 2026. La solution retenue consiste à désigner une experte chargée de constater l'état des immeubles voisins susceptibles d'être affectés par les travaux et, le cas échéant, de rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant leur exécution. La mission de l'expert est maintenue jusqu'à l'achèvement du chantier, et l'ordonnance a été rendue au contradictoire de l'ensemble des parties listées par le demandeur.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2308426
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de Mme C... contestant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour 2018 et 2019, issues d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle. La requérante invoquait notamment l'absence de réception de l'avis d'examen et un défaut de débat contradictoire. Le tribunal a jugé que l'administration avait prouvé la distribution régulière de l'avis d'examen et que la procédure était régulière, les plis de demandes de justifications ayant été présentés sans être retirés. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes de décharge, de sursis de paiement et de frais, sur le fondement des articles L. 47 et L. 80 CA du livre des procédures fiscales.
Avocat : GNADRE
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2400101
Réclamation d'un contribuable relative au refus de la réduction d'impôt "Pinel" (article 199 novovicies du CGI) pour un investissement locatif réalisé en 2018. Le Tribunal Administratif de Versailles rejette la requête de M. C..., qui contestait le refus de l'administration fiscale. Le tribunal juge que le contribuable n'a pas démontré que son locataire respectait les plafonds de ressources exigés par la loi, ayant fourni un faux avis d'imposition. En conséquence, l'administration était fondée à lui refuser le bénéfice de la réduction d'impôt.
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2524127
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B... contestant son ajournement à l’examen d’entrée au CRFPA. La requérante invoquait l’urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision, en raison du non-respect de son plan d’accompagnement personnalisé (PAEH) et des règles de composition du jury. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, faute pour la requérante de justifier d’un préjudice suffisamment grave et immédiat. Les textes appliqués sont le code de justice administrative et le décret n°91-1197 du 27 novembre 1991 organisant la profession d’avocat.
Avocat : SARL RD AVOCAT
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2205886
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en plein contentieux, a examiné la demande indemnitaire de M. B... suite à l’annulation définitive, par un jugement du 16 juin 2020, de l’arrêté du 9 mars 2018 par lequel le maire de Boisemont avait refusé de lui délivrer un permis de construire. Le tribunal a rejeté la requête en tierce opposition formée par le préfet de région contre ce jugement d’annulation, confirmant ainsi l’illégalité fautive de la décision municipale. Sur le fondement de cette faute, le tribunal a condamné la commune de Boisemont à verser à M. B... une somme de 126 977 euros au titre de la hausse des prix de la construction, ainsi que 2 000 euros pour son préjudice moral, tout en rejetant le surplus de ses demandes indemnitaires. La solution retenue s’appuie sur les principes de la responsabilité pour faute de l’administration et sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative pour les frais de justice.
Avocat : CABINET GENTILHOMME
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2304342
Le Tribunal Administratif de MELUN (10ème chambre) a statué sur les requêtes de la SARL A... C..., spécialisée dans le dépannage et la vente de matériels électroménagers, qui contestait des rappels de TVA et des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés pour les exercices 2017 et 2018. La société invoquait notamment l’insuffisance de motivation de la décision de rejet de sa réclamation, de la proposition de rectification et des pénalités, ainsi que le caractère non fondé des impositions. Le tribunal a rejeté le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la décision de rejet de la réclamation comme inopérant, et a jugé que la proposition de rectification était régulière car elle désignait les impôts, les années et les bases d’imposition, et énonçait les motifs de droit et de fait. La solution retenue est le rejet des requêtes, sans préciser explicitement le sort des autres moyens, mais en se fondant sur les dispositions des articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales.
Avocat : MICHALLON
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2302253
Le Tribunal Administratif de MELUN a examiné les requêtes de la SARL A... C... contestant des rappels de TVA et d’impôt sur les sociétés pour les exercices 2017 et 2018, suite à une vérification de comptabilité. La société invoquait des vices de procédure, notamment l’insuffisance de motivation de la décision de rejet de sa réclamation, de la proposition de rectification et des pénalités, ainsi que le non-fondé des impositions. Le tribunal a rejeté le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la décision de rejet comme inopérant, mais a jugé que la proposition de rectification était suffisamment motivée au regard des articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales. La solution retenue par le tribunal n’est pas explicitée dans l’extrait fourni, mais l’analyse porte sur la régularité de la procédure d’imposition.
Avocat : MICHALLON
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2203579
Le Tribunal Administratif de MELUN a rejeté la requête de M. B... qui demandait le remboursement par anticipation du prélèvement à la source effectué sur ses pensions de retraite perçues à tort en 2020 et 2021. Le tribunal a constaté que les excédents de prélèvement pour les années 2020 et 2021 avaient déjà été restitués via les avis d'imposition, et que celui de 2022 le serait ultérieurement. Il a rappelé, sur le fondement de l'article 204 A du code général des impôts, que la restitution de l'excédent d'impôt s'effectue lors de la liquidation annuelle de l'impôt et non par anticipation. La solution retenue est le rejet de la demande.
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2207570
Le Tribunal Administratif de Melun a examiné le litige opposant la société Beming à l'école nationale vétérinaire d'Alfort concernant le solde d'un marché de maîtrise d'œuvre pour la construction et la réhabilitation de bâtiments. La société requérante contestait le rejet de son mémoire en réclamation et demandait le versement de 207 787,27 euros, invoquant notamment des modifications de programme justifiant une régularisation de sa rémunération et contestant l'application de pénalités de retard. Le tribunal a rejeté l'ensemble des demandes de la société Beming, considérant que les modifications invoquées ne constituaient pas des changements de programme au sens du CCAP et que les pénalités de retard étaient justifiées. En conséquence, la société Beming a été condamnée à verser à l'école la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : RICHER & ASSOCIES
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2211029
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de la SCI CJM Ile-de-France, qui contestait des cotisations supplémentaires de taxe annuelle sur les surfaces de stationnement pour les années 2016 à 2018. La société soutenait que ses locaux situés à Valenton, séparés physiquement et sur des parcelles distinctes, ne constituaient pas un même groupement topographique, et invoquait la doctrine administrative. Le tribunal a jugé que, pour le calcul du seuil d'exonération de 500 m², l'article 1599 quater C du code général des impôts impose de prendre en compte l'ensemble des surfaces de stationnement de même nature appartenant à un même propriétaire à une même adresse ou dans un même groupement topographique, sans que la configuration des lieux ne permette de les individualiser. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge.
Avocat : UGGC AVOCATS
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2502677
Cette décision du Tribunal Administratif de Rouen, statuant en référé, fait droit à la demande de M. C..., agent public, qui sollicitait une expertise médicale sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. L'expertise vise à évaluer les préjudices complémentaires subis suite à deux accidents de service reconnus imputables (mai et septembre 2023), conformément à la jurisprudence permettant la réparation des préjudices personnels et patrimoniaux non couverts par la rente. Le tribunal a désigné un expert pour examiner l'état de santé de l'agent, décrire les séquelles en lien avec chaque accident et fixer la date de consolidation. En revanche, les conclusions relatives à la charge des frais d'expertise et à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.
Avocat : SEYREK
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2202801
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de Mme B... qui contestait le calcul de son indemnité de licenciement par la communauté de communes Dômes Sancy Artense. Les conclusions indemnitaires ont été jugées irrecevables faute de liaison du contentieux, la requérante ne justifiant pas de la réception de sa réclamation préalable par l'administration. Les conclusions visant à obtenir une injonction de reconstituer l'assiette de son ancienneté ont également été déclarées irrecevables, car il n'appartient pas au juge administratif d'adresser de telles injonctions à titre principal. La décision s'appuie sur les articles R. 421-1 et R. 611-7 du code de justice administrative.
Avocat : SCP TEILLOT MAISONNEUVE GATIGNOL JEAN FAGEOLE
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2300427
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de la société Bouygues Telecom, qui contestait son assujettissement à l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER) pour ses stations radioélectriques dans plusieurs départements au titre des années 2020 à 2022. La société invoquait l'incompatibilité de l'article 1519 H du code général des impôts avec les directives européennes 2002/20/CE et 2018/1972. Le tribunal a appliqué la jurisprudence récente du Conseil d'État du 5 février 2025, qui a jugé que cette imposition n'entre pas dans le champ des taxes administratives couvertes par ces directives. Par conséquent, la requête a été rejetée, y compris les conclusions accessoires.
Avocat : CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2202356
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de Mme A... contestant des titres exécutoires émis par le centre hospitalier Jacques Lacarin de Vichy pour le recouvrement de frais d’hospitalisation. La requérante demandait l’annulation de deux titres exécutoires et la décharge des sommes correspondantes. Le tribunal a jugé que les titres étaient suffisamment motivés au regard de l’article 24 du décret du 7 novembre 2012, car ils mentionnaient la période, la nature des créances et le calcul du reste à charge. Il a également écarté comme inopérant le moyen tiré du défaut d’information préalable sur les frais, fondé sur l’article L. 1111-3 du code de la santé publique. Enfin, le moyen tiré du caractère « exorbitant » des sommes a été rejeté faute de précisions.
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2200261
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a examiné la requête de M. A... qui, après une chute due à un nid-de-poule, demandait la condamnation de la commune de Chamalières ou de la métropole Clermont Auvergne Métropole pour défaut d'entretien de la voirie. Le tribunal a mis hors de cause la commune de Chamalières, la compétence en matière de voirie ayant été transférée à la métropole au 1er janvier 2017. Il a retenu la responsabilité de la métropole pour défaut d'entretien normal de la chaussée, sans faute de la victime, et l'a condamnée à verser à M. A... une somme totale de 92 000 euros en réparation de ses préjudices (notamment déficit fonctionnel, souffrances, préjudice esthétique et d'agrément). La métropole a également été condamnée à rembourser à la CPAM du Puy-de-Dôme ses débours, soit 117 856,37 euros, sur le fondement des articles L. 376-1 du code de la sécurité sociale et L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : NOLOT