Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2300798
Le Tribunal administratif de Rennes a rejeté la requête de M. B... qui demandait l'indemnisation de l'État pour le retard dans l'octroi du concours de la force publique en vue de l'expulsion d'occupants. Le tribunal a jugé irrecevables les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale rejetant sa demande indemnitaire, cette décision ayant pour seul effet de lier le contentieux. S'agissant des conclusions indemnitaires, le tribunal a relevé que la requête, qui tend au paiement d'une somme d'argent, n'était pas dispensée du ministère d'avocat en application de l'article R. 431-3 du code de justice administrative. En conséquence, la requête, présentée sans avocat, a été déclarée irrecevable sur le fondement de l'article R. 431-2 du même code.
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2404215
Le Tribunal administratif de Rennes a été saisi par la famille F... d’une demande de provision complémentaire, sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative, en raison des préjudices résultant d’une faute du CHU de Brest lors de la prise en charge néonatale de leur enfant. Le tribunal, qui avait déjà accordé une première provision en 2015, a partiellement fait droit à la demande en allouant une provision de 86 893,50 euros à M. D... F... pour ses préjudices temporaires (déficit fonctionnel, souffrances, préjudice esthétique), et une provision de 5 000 euros à ses parents pour leurs frais de déplacement. En revanche, il a rejeté les demandes de provisions pour les préjudices permanents de M. D... F... (tierce personne, déficit fonctionnel permanent, préjudice esthétique permanent) ainsi que les demandes de ses parents et de sa sœur pour préjudice d’affection, préjudice extrapatrimonial exceptionnel et perte de gains professionnels, faute de lien de causalité ou de caractère non sérieusement contestable établi.
Avocat : SOCIETE D'AVOCATS SIAM CONSEIL
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2506849
Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné l'expulsion sans délai de la famille D..., occupante sans droit ni titre du parking de la salle polyvalente de la commune de Morand et d'une partie de la voie publique contiguë. La juridiction a retenu que l'occupation du domaine public communal était dépourvue de titre, que les lieux étaient dépourvus d'installations sanitaires et que la famille avait refusé de se rendre sur une aire d'accueil des gens du voyage disponible, caractérisant ainsi l'absence de contestation sérieuse et l'urgence. En cas de non-exécution spontanée, la commune est autorisée à requérir le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion et à l'enlèvement des biens et déchets.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2301485
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par la société Bouygues Energies et Services d'une demande de provision de 94 202,69 euros sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, dans le cadre d'un litige portant sur le solde d'un marché public de travaux d'éclairage public conclu en 2018 avec l'État (préfet du Nord). Le tribunal a rejeté l'exception de non-lieu soulevée par le préfet, estimant que l'établissement d'un décompte général n'éteignait pas l'objet de la requête qui tendait au paiement d'une somme. Il a également écarté l'irrecevabilité tirée de l'absence de demande de paiement finale, en se référant aux stipulations du CCAG Travaux 2009 et du CCAP. La solution retenue par le juge des référés est de reconnaître que la créance de la société n'est pas sérieusement contestable, ouvrant droit au versement de la provision sollicitée.
Avocat : CABINET FRECHE & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2512166
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet du renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour de M. A..., ressortissant béninois. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car l'autorisation provisoire de séjour, délivrée sur le fondement de l'accord franco-béninois du 28 novembre 2007, ne peut être assimilée à un titre de séjour et ne crée pas de présomption d'urgence. De plus, le requérant a saisi le juge plus de huit mois après sa demande, ce qui contredit l'existence d'une urgence. La solution retenue est le rejet de la requête.
Avocat : CABINET CENTAURE AVOCATS
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2506287
Le Tribunal administratif de Lyon a été saisi par M. I... d’une demande d’expertise, sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, afin de déterminer les causes des désordres affectant sa propriété (fissures, infiltration d’eaux pluviales) qu’il impute à des ouvrages communaux (racines d’un arbre abattu, toit d’un préau, tôle). La commune s’opposait à cette mesure en invoquant notamment le défaut d’intérêt à agir du requérant et la prescription de l’action indemnitaire. Le juge des référés a écarté ces fins de non-recevoir, constatant que M. I... est seul propriétaire et que la réalité et l’étendue des préjudices n’étaient pas entièrement révélées. Estimant que l’expertise présentait un caractère utile pour un litige potentiel, il a fait droit à la demande et désigné un expert.
Avocat : SELARL HESTEE AVOCAT
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2522054
Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur la demande de M. F..., a ordonné une expertise médicale pour déterminer les préjudices subis et les responsabilités encourues lors de sa prise en charge à l’hôpital Lariboisière le 6 novembre 2022. La mesure est fondée sur l’article R. 532-1 du code de justice administrative, qui permet de prescrire toute expertise utile. Le tribunal a désigné deux experts (chirurgien orthopédique et infectiologue) et fixé leur mission, mais a rejeté les conclusions visant à autoriser un sapiteur sans autorisation préalable ou à imposer un pré-rapport, ces formalités n’étant pas obligatoires en droit administratif.
Avocat : SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524735
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur une demande de Mme B..., a ordonné une expertise médicale pour évaluer les préjudices subis lors de sa prise en charge à l’hôpital Cochin le 24 mai 2018, dans le cadre d’une pose de prothèse de hanche. La mesure a été jugée utile sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue d’une éventuelle action en responsabilité. L’expert désigné devra examiner le dossier médical et déterminer les responsabilités encourues, sans que le juge puisse imposer un pré-rapport. Les demandes relatives à la charge des frais d’expertise ont été réservées à une phase ultérieure.
Avocat : CABINET JASPER AVOCATS
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2000672
Le Tribunal administratif de Melun rejette la requête de Mme A..., infirmière au centre hospitalier Les Murets, qui demandait 10 000 euros en réparation d'un préjudice moral suite à des mesures disciplinaires (suspension, retrait des heures supplémentaires, changement d'affectation) consécutives à des accusations de maltraitance par une patiente. Le tribunal juge que la suspension de fonctions, fondée sur des faits précis et circonstanciés, était justifiée par l'intérêt du service et ne constitue pas une faute. Il écarte également les autres griefs, estimant que la requérante n'établit pas de lien de causalité entre les décisions contestées et le préjudice allégué. La décision s'appuie sur l'article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983.
Avocat : HOUDART ET ASSOCIES SOCIETE D'AVOCATS
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2008443
Le Tribunal Administratif de MELUN a examiné la demande de la SCI Le Pot’je, qui sollicitait la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2019 et 2020, en invoquant l’exonération de deux ans prévue à l’article 1383 du code général des impôts pour une construction nouvelle. Le tribunal a rejeté la requête. Il a d’abord jugé irrecevables les conclusions relatives à l’année 2020, faute de réclamation préalable. Sur le fond, il a estimé que les travaux réalisés ne constituaient pas une construction nouvelle, une reconstruction ou une addition de construction au sens de l’article 1383, mais un simple réaménagement. Enfin, il a relevé que la commune d’Ivry-sur-Seine avait, par délibération, supprimé cette exonération pour les locaux d’habitation à compter de 2019.
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2010087
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la demande de M. A... tendant à être déchargé de la taxe foncière sur les propriétés bâties due au titre de 2020 pour sa maison au Kremlin-Bicêtre. Le requérant invoquait l'impossibilité d'occuper ou de louer son bien en raison de l'état de ruine d'un immeuble mitoyen et d'infiltrations. Le tribunal a jugé que le bien, acquis comme résidence principale, n'entrait pas dans le champ d'application de l'article 1389 du code général des impôts, qui prévoit un dégrèvement pour vacance ou inexploitation. Il a également estimé que M. A... n'apportait pas la preuve que la vacance résultait de circonstances indépendantes de sa volonté.
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2010237
Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la demande indemnitaire de Mme B..., éducatrice technique spécialisée, qui reprochait à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) une faute dans son recrutement et un défaut d’intégration dans le corps des éducateurs techniques spécialisés à compter de 2014. Le tribunal a estimé que la requérante n’établissait aucun préjudice en lien avec la faute alléguée lors de son recrutement. S’agissant de l’intégration tardive, le tribunal a considéré que le décret du 4 février 2014 n’avait pas créé un droit automatique à l’intégration pour Mme B... à cette date. La requête a été rejetée sans qu’il soit besoin d’examiner la prescription quadriennale opposée par l’AP-HP.
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2105704
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de la société Franprix Holding, qui demandait la décharge de cotisations de taxe foncière et taxes annexes pour 2018 concernant un établissement à Chennevières-sur-Marne. La société soutenait que son établissement n’était pas industriel selon une instruction de 1941 à valeur législative. Le tribunal a jugé que cette définition n’était plus en vigueur, car la majoration de valeur locative qu’elle instituait a été abrogée par la loi du 2 février 1968. En conséquence, la demande a été rejetée, ainsi que celle au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : CABINET FIDAL DIRECTION PARIS
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2521144
Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a fait droit à la demande du préfet de la Loire-Atlantique. Il a enjoint à M. A..., débouté de sa demande d’asile par une décision définitive de la CNDA, de libérer sans délai le logement d’hébergement d’urgence qu’il occupait indûment. Le juge a estimé que la mesure était urgente et utile, compte tenu de la saturation du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile dans le département, et qu’elle ne se heurtait à aucune contestation sérieuse, la situation de vulnérabilité invoquée par l’intéressé ne constituant pas une circonstance exceptionnelle de nature à y faire obstacle. La décision se fonde sur les articles L. 552-15 et L. 552-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Avocat : PAUGAM
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2521145
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné l'expulsion de M. A... d'un logement de la cité universitaire de Fresche Blanc qu'il occupait sans droit ni titre. Le juge a constaté que l'occupation indue faisait obstacle à l'attribution du logement à un autre étudiant, caractérisant ainsi une situation d'urgence et d'utilité pour la continuité du service public. La décision enjoint à M. A... de libérer les lieux sous huit jours et autorise le CROUS à recourir à la force publique en cas de besoin. Les textes appliqués sont le code de l'éducation, le code général de la propriété des personnes publiques et le code de justice administrative.
Avocat : SELARL PUBLI-JURIS
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2521697
Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par Mme D..., ressortissante angolaise, d’une demande d’annulation du refus de l’OFII de lui accorder les conditions matérielles d’accueil suite à sa demande de réexamen de l’asile. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant que la décision de l’OFII était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les dispositions des articles L. 551-15, L. 522-1 et L. 522-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il a estimé que l’administration avait procédé à un examen de la vulnérabilité de la requérante et n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation.
Avocat : SARL ALTG19
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2401835
Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a condamné l'association foncière de remembrement de Willems à verser à la société Hydram une provision de 9 435,60 euros pour des travaux d'entretien paysager impayés, ainsi que 931,02 euros au titre des intérêts moratoires et 40 euros d'indemnité forfaitaire de recouvrement. La créance a été jugée non sérieusement contestable, l'association défenderesse n'ayant pas produit d'observations malgré une mise en demeure, ce qui a emporté acquiescement aux faits. Les intérêts moratoires et l'indemnité forfaitaire ont été accordés en application des articles L. 2192-13, R. 2192-10, R. 2192-16, R. 2192-31 et D. 2192-35 du code de la commande publique. Enfin, une somme de 800 euros a été mise à la charge de l'association au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : FIDAL
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2512018
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a examiné la demande de suspension de l'arrêté du préfet du Nord du 29 août 2025 refusant l'admission au séjour de M. B..., ressortissant ivoirien. Le juge a reconnu l'urgence, notamment en raison de la suspension du contrat d'apprentissage du requérant, et a admis M. B... au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais l'analyse porte sur la condition d'urgence et les moyens soulevés, incluant la méconnaissance de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Avocat : RIVIERE
Tribunal Administratif d Amiens — N° TA80-2302439
Le Tribunal Administratif d’Amiens a été saisi par le syndicat CFDT Interco de la Somme d’un litige portant sur le montant de la subvention compensatrice due par le centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Somme en raison de l’absence de mise à disposition de locaux syndicaux pour les années 2019 à 2022. Le syndicat contestait la délibération du 27 février 2023 et le protocole d’accord du 30 janvier 2023, estimant que le montant alloué était insuffisant et que la procédure d’adoption était irrégulière. Le tribunal a rejeté l’ensemble des demandes du syndicat, jugeant que la procédure n’était pas entachée d’irrégularité et que le montant fixé par le centre de gestion ne constituait pas une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article 4 du décret du 3 avril 1985. En conséquence, il a également rejeté les conclusions indemnitaires et les demandes fondées sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : ABECASSIS
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2008372
Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par Mme B... d’une demande de décharge des cotisations supplémentaires de contribution à l’audiovisuel public pour 2017 et 2018, qu’elle contestait en invoquant l’absence de téléviseur à son domicile. En cours d’instance, l’administration a prononcé un dégrèvement de 577 euros, rendant sans objet les conclusions principales de la requête. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces conclusions. Il a rejeté le surplus des conclusions tendant au remboursement de 635 euros, faute pour la requérante de justifier cette somme. La décision applique les dispositions du code général des impôts et du livre des procédures fiscales.