Jurisprudence administrative
582 081 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
582 081
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2510443
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté préfectoral lui retirant sa carte de résident de dix ans et l'obligeant à quitter le territoire. Le juge a estimé que la préfète de l'Isère avait légalement établi, par un faisceau d'indices, que ce titre avait été obtenu par fraude, en application de l'accord franco-tunisien de 1988 et du pouvoir général de retrait des décisions individuelles. Le tribunal a également considéré que cette mesure, justifiée par la prévention des infractions, ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu notamment de la fraude caractérisée et de l'absence d'ancrage familial durable en France.
Avocat : ALAMPI
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2405129
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté le recours en excès de pouvoir visant à annuler un permis de construire délivré par le maire de Sevrier pour un projet de quinze maisons individuelles. Le tribunal a jugé que le requérant n'avait pas démontré un intérêt à agir suffisant au sens des articles L. 600-1-2 et L. 600-1-3 du code de l'urbanisme, et a considéré que les autres moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la prétendue incomplétude du dossier, à la fraude ou à la méconnaissance du PLU, n'étaient pas fondés. La demande de condamnation pécuniaire a également été rejetée.
Avocat : SELARL CLDAA LIOCHON ET DURAZ
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2400028
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de conditions matérielles d'accueil (CMA) pour sa demande d'asile. Le tribunal a jugé irrecevable le recours contre la décision initiale du 19 octobre 2023, celle-ci ayant été remplacée par la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable obligatoire (RAPO). Concernant cette décision implicite, le tribunal a estimé que le refus des CMA était légal, car M. A... n'avait pas déposé sa demande d'asile dans le délai de 90 jours après son entrée sur le territoire, tel que prévu par les articles L. 551-15 et L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), sans que son incarcération ne constitue un motif légitime justifiant ce retard.
Avocat : HUARD
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2207993
Le Tribunal Administratif de Grenoble a annulé l'arrêté municipal du 6 octobre 2022 qui s'opposait à une déclaration préalable de travaux pour l'installation d'une "tiny house" en zone agricole. Le tribunal a jugé que le maire avait commis une erreur de droit en estimant que l'activité de permaculture de la requérante ne constituait pas une activité agricole et en exigeant que celle-ci soit exercée à titre principal, ce que ne prévoient pas les articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme applicable. La motivation formelle de l'arrêté était toutefois conforme aux exigences de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme.
Avocat : LAURENT
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2206958
**Sujet principal** : Recours en excès de pouvoir contre un arrêté municipal ordonnant la démolition d'une "tiny house" installée sans autorisation en zone agricole. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Grenoble (5ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la propriétaire. Il juge que le maire était compétent pour ordonner la démolition, car l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme l'autorise à prescrire les mesures nécessaires à la mise en conformité, y compris la démolition, après constatation d'une infraction. **Textes appliqués** : L'article L. 481-1 du code de l'urbanisme, éclairé par les travaux parlementaires de la loi du 27 décembre 2019, constitue le fondement légal du pouvoir de police du maire en la matière.
Avocat : LAURENT
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2206713
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en plein contentieux, a été saisi d'une demande en responsabilité contre le centre hospitalier universitaire de Grenoble suite au décès d'une patiente. La juridiction a retenu un manquement dans la surveillance de la patiente lors de son admission aux urgences, engageant la responsabilité de l'établissement. Elle a fixé le taux de perte de chance d'éviter le décès à 50% et a ordonné l'indemnisation des préjudices des requérantes sur cette base, en application des principes généraux de la responsabilité hospitalière.
Avocat : SELARL GALLIZIA DUMOULIN ALVINERIE
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2102667
Le Tribunal Administratif de Grenoble a annulé un permis de construire modificatif tacite, délivré par la commune de Peisey-Nancroix, au motif que le permis de construire initial était devenu caduc. Le juge a retenu que les travaux, débutés en 2010, avaient été interrompus pendant plus d'un an, entraînant la péremption du permis initial en application de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme. Par conséquent, la délivrance d'un permis modificatif sur la base d'une autorisation périmée était illégale.
Avocat : SELARL CLDAA LIOCHON ET DURAZ
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2601841
Le Tribunal administratif de Rennes, statuant en référé, donne acte du désistement du requérant. Le sujet principal est la demande de suspension d'une décision ministérielle constatant la perte de validité d'un permis de conduire. La juridiction constate que l'administration a retiré la décision contestée, rendant la requête sans objet. Les textes appliqués sont les articles L. 521-1, L. 522-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2601267
Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé, a fait droit à la demande du CROUS de Rennes-Bretagne d'expulser un étudiant occupant sans droit un logement universitaire. Le juge a considéré que l'occupation sans titre depuis l'échéance du bail et le nombre important de demandes non satisfaites créaient une urgence justifiant la mesure, afin d'assurer le fonctionnement normal du service public du logement étudiant. La décision s'appuie sur les conditions d'urgence et d'utilité prévues à l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Avocat : SELARL ARES
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2601193
Le Tribunal administratif de Rennes a rejeté la demande du préfet d’ordonner l’expulsion immédiate de deux demandeurs d’asile d’un centre d’hébergement. Le juge des référés a estimé que l’urgence n’était pas caractérisée, compte tenu de la situation familiale des occupantes, de la présence d’enfants mineurs et d’un recours en cours devant la Cour nationale du droit d’asile. La décision s’appuie sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, notamment ses articles L. 542-1 et L. 542-2, qui régissent la fin du droit au maintien sur le territoire et à l’hébergement.
Avocat : VAILLANT
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2500239
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante centrafricaine. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que le préfet avait légalement apprécié l'absence de communauté de vie effective avec son conjoint français, justifiant le refus de titre au titre de la vie privée et familiale. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Avocat : CAZAU
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2500116
Le Tribunal Administratif de Bordeaux annule la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge retient que le préfet de la Gironde a méconnu son obligation de communiquer les motifs de son refus implicite, en violation de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il n'est pas nécessaire d'examiner les autres moyens soulevés par le requérant.
Avocat : BABOU
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2406353
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus du conseil départemental de l'ordre des médecins de la Gironde de transmettre une plainte à la chambre disciplinaire. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que le médecin mis en cause, exerçant en tant que praticien hospitalier, était chargé d'un service public. En application de l'article L. 4124-2 du code de la santé publique, la transmission d'une telle plainte relève de la compétence exclusive des autorités énumérées par ce texte, et non de l'obligation générale de transmission prévue à l'article L. 4123-2 du même code.
Avocat : BAULIMON
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2600031
Le Tribunal Administratif de Toulouse statue sur une demande de liquidation d'une astreinte prononcée pour assurer l'exécution d'une injonction de relogement DALO. Le préfet soutient que l'injonction est exécutée, le requérant ayant été relogé dans un logement T3. Le tribunal, appliquant les articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative, devra vérifier si ce relogement répond aux caractéristiques ordonnées et décider en conséquence de la liquidation ou non de l'astreinte.
Avocat : BENHAMIDA
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2408001
Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en référé, a ordonné une expertise sur la base de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. La décision fait suite à une demande de la commune de Rouffiac-Tolosan et de la communauté de communes des coteaux de Bellevue concernant des désordres affectant un système de géothermie alimentant des bâtiments publics. Le juge a estimé que l'expertise, visant à établir les causes, l'étendue et le coût de réparation des dysfonctionnements, était utile dans la perspective d'un futur litige en indemnisation.
Avocat : SCP D'AVOCATS SALESSE ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2600015
Le Tribunal administratif de Nîmes, statuant en référé, a été saisi d'une demande de suspension d'un refus implicite de renouvellement de titre de séjour et d'injonction de délivrance. Le juge constate que la délivrance d'une carte de résident par le préfet a privé la requête de son objet, conduisant à un non-lieu à statuer sur les demandes principales. Il met néanmoins à la charge de l'État une somme de 500 euros au titre des frais exposés par l'avocat de la requérante, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Avocat : CAGNON
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2504369
**Sujet principal** : Recours contre le retrait d'une inscription en licence 3 de droit par une université pour défaut de validation des prérequis académiques. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nîmes (formation de 1ère Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a jugé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur l'annulation de la décision initiale de retrait (du 2 octobre 2025), celle-ci ayant été définitivement remplacée par une nouvelle décision (du 2 décembre 2025). Il a examiné la légalité de cette nouvelle décision. **Textes appliqués** : L'examen de la légalité s'appuie sur l'article L. 241-1 du code des relations entre le public et l'administration (conditions du retrait d'une décision créatrice de droits) et sur l'article D. 612-3 du code de l'éducation, combiné au règlement interne de l'université (fixant les conditions de progression d'une année à l'autre).
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2503757
Le Tribunal Administratif de Nîmes rejette la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté préfectoral lui interdisant le retour sur le territoire français pour un an. La juridiction estime que le préfet de Vaucluse était compétent et que la mesure, fondée sur des faits de voyeurisme reconnus, constitue une menace réelle et actuelle à l'ordre public justifiant une obligation de quitter le territoire. Elle considère également que l'ingérence dans le droit au respect de la vie privée (article 8 de la CEDH) est proportionnée, l'intéressé ne justifiant d'aucun lien familial stable en France, et que la décision est légalement fondée sur les articles L. 251-1 et L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Avocat : HUGENIN-VIRCHAUX
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2503591
Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que l'arrêté était légal, notamment car il était suffisamment motivé au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a également estimé que le préfet avait procédé à un examen individuel de la situation et que le moyen tiré de l'incompétence du signataire était infondé.
Avocat : BELAÏCHE
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2501571
**Sujet principal** : Recours en excès de pouvoir contre le refus de délivrance d'un permis d'aménager modificatif. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nîmes (1ère Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal annule l'arrêté de refus du maire. Il considère que le permis modificatif, qui réduit le nombre de lots et modifie la configuration interne sans toucher à l'accès initial, ne porte pas atteinte aux droits acquis du permis d'origine. Le motif de refus, fondé sur l'insuffisance de la voie d'accès (rue des Oliviers), n'est pas légal car il remet en cause un élément déjà autorisé et non modifié par la nouvelle demande. **Textes appliqués** : Code de l'urbanisme (notamment les principes relatifs aux droits acquis des permis et aux permis modificatifs).
Avocat : SCP JURIS EXCELL