COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 26.2.2025
COM(2025) 74 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Progrès réalisés en matière de compétitivité des énergies propres
| CELEX | 52025DC0074 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 26 février 2025 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 26.2.2025
COM(2025) 74 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Progrès réalisés en matière de compétitivité des énergies propres
RAPPORT 2025 SUR LES PROGRÈS RÉALISÉS EN MATIÈRE DE COMPÉTITIVITÉ DES ÉNERGIES PROPRES
Table des matières
Résumé
1. Introduction
2. Évaluation de la compétitivité du secteur des énergies propres de l’UE
2.1. Le contexte économique mondial et la compétitivité du secteur des technologies «zéro net» de l’UE
2.1.1. Évolution des prix et des coûts de l’énergie
2.1.2. Soutien aux technologies «zéro net» sur les marchés mondiaux
2.2. Les chaînes de valeur des technologies «zéro net» dans l’UE: opportunités et défis pour une industrie propre
2.2.1. Chaînes d’approvisionnement du secteur de la fabrication
2.2.2. Décarbonation des industries à forte intensité énergétique
2.2.3. Capital humain et compétences
2.3. Le paysage de l’innovation dans le secteur des énergies propres
2.3.1. Tendances en matière de R&I
2.3.2. Évolutions des investissements en capital-risque
3. Évaluation de la compétitivité de l’UE dans les technologies «zéro net»
3.1. Énergie solaire photovoltaïque
3.2. Énergie solaire thermique
3.3. Énergie éolienne terrestre et en mer
3.4. Énergie océanique
3.5. Batteries et stockage de l’énergie
3.6. Technologies des pompes à chaleur
3.7. Énergie géothermique
3.8. Technologies de l’hydrogène: électrolyseurs et piles à combustible
3.9. Technologies durables de biogaz et de biométhane
3.10. Technologies de captage et de stockage du dioxyde de carbone (CSC)
3.11. Technologies des réseaux électriques: lignes électriques et transformateurs
3.12. Technologies de l’énergie nucléaire de fission
3.13. Hydroélectricité
3.14. Carburants de substitution durables
3.15. Technologies de récupération de la chaleur industrielle excédentaire
4. Conclusions
Résumé
Le rapport 2025 sur les progrès réalisés en matière de compétitivité des énergies propres donne un aperçu des tendances et des défis des technologies «zéro net» et de leur fabrication dans l’UE. Il comprend tout d’abord une partie horizontale sur la compétitivité du secteur des énergies propres de l’UE, suivie d’une analyse sectorielle portant sur 15 technologies. Le rapport s’appuie sur le rapport Draghi et la boussole pour la compétitivité et soutient la mise en œuvre du règlement pour une industrie «zéro net», en tant que rapport de suivi de ce règlement. Adopté parallèlement au pacte pour une industrie propre et au plan d’action pour une énergie abordable, le rapport sous-tend les deux initiatives en fournissant des informations sur les technologies nécessaires pour décarboner l’industrie de l’UE tout en renforçant sa compétitivité et en réduisant les coûts de l’énergie.
Compétitivité du secteur des énergies propres de l’UE
Les technologies énergétiques propres restent très compétitives sur le plan des coûts dans l’UE, en raison de leurs faibles coûts d’exploitation. En 2024, les énergies renouvelables ont généré 48 % de l’électricité dans l’UE, un nouveau record historique, après avoir atteint 45 % en 2023 et 41 % en 2022.
Alors que le taux de déploiement des technologies énergétiques propres connaît une croissance dynamique, l’industrie «zéro net» de l’UE est confrontée à un environnement commercial tendu et à une concurrence féroce. Comme le souligne le rapport Draghi, en tant qu'acteur mondial de premier plan en matière d’innovation dans le domaine des technologies propres, l’UE doit saisir les opportunités économiques offertes par leur déploiement mondial. Dans le même temps, les politiques industrielles et les nouvelles restrictions à l’importation, par exemple aux États-Unis et en Chine, ont une incidence croissante sur l’environnement des entreprises, les relations commerciales et les décisions d’investissement.
L’UE abrite une industrie de production de technologies «zéro net» diversifiée, mais elle peine à conserver des parts de marché à l’échelle mondiale, la Chine étant parvenue à dominer la production dans des secteurs clés. Pour ce qui est des différentes technologies «zéro net», l’UE reste dépendante de composants technologiques spécifiques ou de matières premières essentielles au sein de la chaîne d’approvisionnement, ce qui pose des problèmes pour sa résilience économique globale et son autonomie stratégique. Cette situation est étroitement liée aux difficultés auxquelles l’UE est confrontée dans les industries à forte intensité énergétique, qui fournissent des métaux et des produits chimiques aux fabricants de technologies «zéro net».
Les technologies énergétiques propres offrent des emplois de qualité, mais des défis tels que la disponibilité de travailleurs qualifiés et le vieillissement de la main-d’œuvre persistent. L’emploi a continué de croître en 2023, le secteur des énergies renouvelables dans l’UE atteignant 1,8 million d’emplois. Dans le secteur plus large des énergies propres, environ un tiers des emplois concernent la fabrication de technologies «zéro net», ce qui confirme l’importance sociale et économique de ces chaînes de valeur.
L’UE reste bien placée dans la recherche sur les technologies énergétiques propres mais, confrontée à une forte concurrence mondiale, son avantage concurrentiel en matière d’innovation s’est érodé ces dernières années. Les données les plus récentes indiquent que la moitié des États membres déclarants ont augmenté leurs dépenses de recherche et d’innovation (R&I) dans le domaine des technologies énergétiques en 2023. Si ces déclarations partielles s’avéraient représentatives, il en résulterait une augmentation de 9 % du soutien aux priorités de l’union de l’énergie en matière de R&I. Dans l’ensemble, l’UE joue un rôle de premier plan au niveau mondial en ce qui concerne les dépenses publiques consacrées à la R&I dans les technologies énergétiques propres. Toutefois, les investissements privés dans la R&I, qui continuent de fournir plus des trois quarts du financement de la R&I pour les technologies énergétiques propres dans les principales économies, restent nettement plus élevés dans les grandes économies asiatiques. Comme le souligne le rapport Draghi et comme le reconnaît la boussole pour la compétitivité, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour faire en sorte que l’UE reste parmi les acteurs de premier plan de la R&I dans le domaine des technologies propres et améliore ses performances médiocres dans la mise sur le marché de ces innovations.
L’accès au capital-risque reste un défi majeur pour les entreprises de l’UE en phase de démarrage ou d'expansion dans le secteur des technologies énergétiques propres. Pour 2024, les premières données indiquent qu’un environnement macroéconomique difficile a contribué à une diminution importante — -34 % par rapport à 2023 — des investissements en capital-risque dans les technologies énergétiques propres dans l’UE. Cette diminution est liée à une baisse de l’activité de capital-risque et à un nombre plus faible d’investissements à grande échelle, par rapport à 2023, année lors de laquelle des transactions à grande échelle ont été réalisées dans des installations de fabrication de batteries et d’acier à base d’hydrogène. Ces transactions ont joué un rôle majeur dans la stimulation des investissements en capital-risque de l’UE dans le secteur, qui ont atteint 9,2 milliards d’EUR en 2023 (+ 20 % par rapport à 2022). Dans le même temps, les données provisoires indiquent que la part de l’UE dans les investissements mondiaux en capital-risque dans les technologies énergétiques propres est restée relativement stable en 2024. L’UE a occupé la deuxième place mondiale en 2023, avec une part de 28 %, entre les États-Unis (30 %) et la Chine (24 %).
Compétitivité de l’UE dans le domaine des technologies «zéro net»
En 2024, l’UE se classait en deuxième position, après la Chine, en ce qui concerne la capacité solaire photovoltaïque nouvellement installée. Les fabricants de l’UE opèrent dans un environnement très difficile et peinent à faire face à la concurrence mondiale. L’UE est fortement dépendante des importations de panneaux solaires en provenance de Chine, où se trouvent plus de 90 % des installations de production qui existent dans le monde. Dans le même temps, l’UE continue de jouer un rôle important dans la R&I pour des applications photovoltaïques spécifiques.
L’UE conserve une forte capacité de production dans les technologies solaires thermiques. L’énergie solaire thermique est une technologie mature, mais elle a continué à éprouver des difficultés en 2023 et 2024 pour ne pas se faire devancer par d’autres solutions renouvelables. Alors que le marché de la chaleur solaire thermique s’est contracté en 2023, le segment de la chaleur industrielle a connu une évolution prometteuse, multipliant par trois sa croissance annuelle à l’échelle mondiale.
L’UE reste hautement compétitive dans le domaine de l’énergie éolienne. Toutefois, les acteurs de l’UE sont soumis à une pression croissante, notamment parce que les entreprises chinoises proposent des produits de plus en plus compétitifs à des prix plus bas. En 2024, l’UE représentait près de 13 % de la capacité de production mondiale de pales et de nacelles et environ 22 % de la production de tours. Les entreprises de l’UE détenaient une part de marché proche de 90 % sur le marché européen et de 23 % sur le marché mondial en 2023, ce qui représente une baisse d’environ 7 % sur le marché mondial par rapport à 2022.
Les technologies liées à l’énergie océanique ont fait l’objet d’un financement et d’un intérêt sans précédent en 2024. Environ 1 230 kW de nouvelles capacités d’énergie océanique ont été installées en Europe en 2024. Toutefois, la Chine est en tête des inventions de haute valeur dans ce secteur, devant l’UE. De nouvelles mesures sont nécessaires pour accroître la viabilité économique de l’énergie océanique et mettre sur le marché des technologies innovantes dans ce domaine.
Les fabricants de batteries de l’UE sont confrontés à de fortes résistances à l'heure où ils cherchent à accroître leur capacité de production et leurs parts de marché. La Chine est en tête dans le domaine de la technologie des batteries et représente plus de 85 % de la capacité de production mondiale en service en 2024, suivie de l’UE (environ 7 %) et des États-Unis (environ 5 %). Les fabricants de l’UE sont fortement dépendants de la Chine pour les cathodes et les anodes. Si les projets annoncés sont réalisés, l’UE semble être sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs de production pour 2030, avec une part de 10 % (1 510 GWh) des capacités opérationnelles mondiales de production de batteries prévues pour 2030. Les observateurs prévoient une offre excédentaire de cellules de batteries dans les années à venir qui pourrait entraîner une concurrence mondiale féroce.
Les fabricants de pompes à chaleur de l’UE jouent un rôle de premier plan au niveau mondial en ce qui concerne les solutions innovantes haut de gamme à usage domestique et les pompes à chaleur industrielles. La capacité d’assemblage finale dans l’UE est sur la bonne voie pour répondre aux besoins de déploiement de l’UE pour 2030. Toutefois, l’industrie de l’UE reste fortement dépendante des importations pour certains composants, tels que les compresseurs. Alors que le déficit de la balance commerciale de l’UE dans la chaîne d’approvisionnement a diminué d’un tiers en 2023, les ventes de pompes à chaleur dans l’UE ont diminué de 7,2 % en 2023, après une décennie de croissance. Cette tendance s’est aggravée en 2024, avec une diminution des ventes en Europe de 31 %. Il est donc nécessaire de redoubler d’efforts afin de relancer la dynamique du secteur.
Les entreprises de l’UE jouent un rôle important dans l’installation et l’assemblage final des technologies géothermiques déployées dans l’UE. Toutefois, le marché mondial des composants essentiels est dominé par des entreprises de pays tiers. L'apport de solutions à certaines difficultés sectorielles peut aider l’industrie de l’UE, par exemple faciliter la disponibilité des données sur le sous-sol.
Les entreprises européennes continuent de jouer un rôle important dans la fabrication d’électrolyseurs et, selon les estimations, elles ont fourni environ un tiers à un quart des capacités de production mondiales en 2024. Alors que la capacité d’électrolyse de l’hydrogène continue de croître de manière dynamique dans l’UE, des difficultés subsistent pour développer un secteur de l’hydrogène à grande échelle, garantissant la disponibilité de grandes quantités d’hydrogène compétitif sur le plan des coûts. En outre, l’UE a pris du retard dans la fabrication de piles à combustible.
L’UE abrite des entreprises d’envergure mondiale dans le domaine de la production de biogaz et de biométhane et de la fabrication de composants. L’Europe dispose d’une industrie mature du biogaz et du biométhane principalement destinée à la production d’électricité, avec des marchés en essor dans les secteurs de la chaleur et des transports. Près de 50 % de la production se situe en Europe, l’Allemagne répondant à elle seule à 20 % de la demande mondiale.
L’UE est bien positionnée en ce qui concerne les technologies de captage du CO2, mais elle accuse un retard par rapport aux États-Unis et au Canada en matière de transport et de stockage du CO2. Le nombre de projets de captage et de stockage du carbone (CSC) a connu une croissance rapide à l’échelle mondiale et en Europe. Les actions de l’UE visant à assurer la prévisibilité pour les investisseurs et à accroître la visibilité en matière de demande et d’offre de stockage sont essentielles à cet égard.
L’UE compte des acteurs de premier plan présents de longue date sur le marché et dans les technologies des lignes électriques et des transformateurs. Les entreprises européennes devraient être confrontées à une pression croissante de la part de concurrents internationaux à court et à moyen termes. La fabrication d’équipements de réseau dépend largement de l’accès à des matières premières telles que le cuivre, l’aluminium et l’acier électrique à grains orientés, pour lesquelles les fabricants de l’UE sont exposés à des dépendances à l’égard des importations.
Dans le domaine de l’énergie nucléaire, l’UE compte encore un constructeur de réacteurs opérationnel, avec une part de marché mondiale de 5,3 % des réacteurs en construction au début de l’année 2024. Étant donné que le parc nucléaire de l’UE et sa main-d’œuvre vieillissent, des efforts sont nécessaires pour rajeunir le secteur. L’alliance industrielle européenne pour les petits réacteurs modulaires (PRM) a été lancée en 2024 afin de faciliter le déploiement des PRM et de soutenir un écosystème européen qui soit compétitif dans cette technologie émergente.
Si l’industrie hydroélectrique de l’UE continue de jouer un rôle de premier plan au niveau mondial, elle a perdu des parts de marché en ce qui concerne la fabrication de turbines et d’autres composants au cours des dernières années. Après avoir culminé à 466 millions d’EUR en 2015, l’excédent commercial de l’UE a considérablement diminué pour s’établir à 213 millions d’EUR en 2023. Pour soutenir la solidité de l'industrie manufacturière des composants dans l’UE, le marché intérieur devrait être soutenu par de nouveaux investissements. Il existe également un potentiel encore inexploité pour développer l’hydroélectricité à accumulation par pompage afin de contribuer à la flexibilité du réseau.
L’UE figure parmi les acteurs de premier plan en matière d’innovation sur le marché émergent des carburants alternatifs durables dans les transports aériens et maritimes. La capacité de production reste limitée et doit être renforcée, tout en réduisant les prix de ces carburants.
L’excédent d’énergie provenant des processus industriels dans l’UE pourrait être converti en 150 TWh d’électricité par an à l’aide de centrales électriques à cycle organique de Rankine (ORC). Les fabricants de l’UE comptent parmi les principaux acteurs du marché mondial, mais il existe des obstacles, tels que de longs délais d’amortissement, à l’intensification du déploiement dans l’UE.
1.Introduction
La disponibilité de technologies énergétiques propres est une base essentielle pour que l’UE atteigne la neutralité climatique d'ici 2050, renforce la sécurité de son approvisionnement énergétique et stimule sa compétitivité. Au cours des dernières décennies, l’UE a joué un rôle central dans le déploiement de technologies propres, telles que l’énergie solaire et l’énergie éolienne. En 2024, les sources d’énergie renouvelables ont atteint 48 % du bouquet électrique de l’UE. Cette situation met en évidence la compétitivité et l’importance économique croissantes des technologies énergétiques propres par rapport aux sources d’énergie fossiles. Pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 et au-delà, l’Europe devra poursuivre dans cette direction et intensifier ses efforts.
Dans le même temps, l’industrie de l’UE est confrontée à une pression croissante sur sa compétitivité dans le domaine des technologies «zéro net». L'avance dans les technologies développées dans l’UE et leur fabrication se déplacent de plus en plus vers d’autres grandes économies, telles que la Chine et les États-Unis, qui sont en train de développer leurs capacités de production.
La compétitivité est devenue une priorité dans la politique de l’UE, y compris en ce qui concerne les technologies «zéro net». Les conclusions du Conseil européen d’avril 2024 ont exhorté l’UE à devenir plus compétitive 1 . La nouvelle boussole pour la compétitivité définit un ensemble de mesures visant à renforcer la compétitivité de l’UE dans les années à venir, en s’appuyant sur les conclusions du rapport annuel sur le marché unique et la compétitivité et sur l’analyse approfondie figurant dans le rapport Draghi 2 . Le rapport Draghi souligne les possibilités économiques que les technologies propres représentent pour l’UE en tant qu'acteur de premier plan en matière d’innovation dans ce domaine 3 . Il énumère les principaux obstacles à la compétitivité de l’UE et appelle à une stratégie harmonisée et ciblée, qui tienne compte des différences entre les secteurs industriels. Le rapport Draghi et le rapport Letta évoquent également l’importance de renforcer, parallèlement, le marché unique de l’énergie et les infrastructures connexes afin de réaliser le potentiel de l’UE dans le domaine des énergies renouvelables, dans le but de garantir une énergie sûre et abordable pour ses industries 4 .
Pour soutenir l’autonomie stratégique de l’UE, sécuriser sa base industrielle et maintenir son potentiel d’innovation, il est essentiel de fabriquer en Europe les technologies «zéro net» d’aujourd’hui et de demain. Le pacte pour une industrie propre est un nouveau plan pour la prospérité et la compétitivité de l’UE 5 . Grâce au pacte pour une industrie propre, la Commission entend améliorer l’accès de l’industrie de l’UE aux financements, aux flux de matériaux et à la main-d’œuvre qualifiée, tout en créant de nouveaux marchés pilotes et en renforçant la résilience des chaînes de valeur. Dans le même temps, la Commission entreprendra un effort de simplification sans précédent qui permettra de réduire la charge pesant sur les entreprises. Cet effort ouvrira la voie à des industries plus compétitives et à des emplois de qualité, en mettant l’accent en particulier sur les technologies propres et stratégiques.
L’accès à une énergie abordable est un facteur clé pour la compétitivité de l’UE et l’objectif central du nouveau plan d’action pour une énergie abordable 6 . Le plan d’action complète le pacte pour une industrie propre en proposant des mesures visant à réduire les coûts de l’énergie pour l’industrie, les entreprises et les ménages, tout en accélérant les réformes structurelles nécessaires. Il s’articule autour de l’objectif visant à accélérer la transition vers une énergie propre, abordable et produite au niveau national, en s’appuyant sur les technologies couvertes par le présent rapport. Le plan d’action vise à achever l’union de l’énergie et à garantir un marché intérieur de l’énergie pleinement intégré avec les interconnexions physiques requises.
Le présent rapport fournit un suivi et des préconisations fondés sur des données probantes en ce qui concerne la compétitivité des technologies énergétiques propres et de leurs fabricants en Europe. Entré en vigueur en 2024, le règlement pour une industrie «zéro net» renforce encore le rôle du rapport, en le désignant comme le principal outil de suivi des progrès de l’UE en ce qui concerne les objectifs de production qu’il fixe. Avec le règlement pour une industrie «zéro net», l’UE vise à renforcer sa capacité de production intérieure de technologies propres essentielles et à accroître la compétitivité et la résilience de son industrie. L’objectif est de réduire les dépendances à l’égard d’acteurs extérieurs en atteignant une capacité de production qui corresponde à au moins 40 % des besoins annuels de déploiement de l’UE pour les technologies nécessaires à la réalisation de ses objectifs en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030, ainsi qu’en atteignant une part de 15 % de la production mondiale d’ici à 2040 7 .
La partie I du rapport fournit des informations générales sur des questions clés relatives à la compétitivité du secteur des technologies «zéro net» de l’UE dans son ensemble, couvrant des aspects tels que les coûts de l’énergie, la fabrication, la décarbonation industrielle, les compétences, les tendances en matière d’investissements, la recherche et l’innovation, ainsi que le contexte mondial. La partie II du rapport dresse un état des lieux de la compétitivité de l’industrie de l’UE dans 15 technologies «zéro net», en mettant en évidence les points forts et les faiblesses des chaînes de valeur respectives.
Il s’agit de la cinquième édition de ce rapport sur les progrès réalisés en matière de compétitivité, qui est publié depuis 2020 en application de l’article 35, paragraphe 1, point m), du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat. Le présent rapport s’appuie sur les données de l’Observatoire des technologies énergétiques propres (CETO) 8 .
2.Évaluation de la compétitivité du secteur des énergies propres de l’UE
2.1.Le contexte économique mondial et la compétitivité du secteur des technologies «zéro net» de l’UE
2.1.1.Évolution des prix et des coûts de l’énergie
La situation du marché de l’énergie dans l’UE s’est améliorée en 2023 et 2024. Les prix de l’énergie étaient nettement inférieurs à ceux de 2022, mais ils sont restés supérieurs aux niveaux d’avant la crise et nettement plus élevés que dans les régions concurrentes. La diversification croissante des importations de gaz et l’augmentation des capacités de production d’énergie renouvelable, conjuguées à une baisse de la consommation, ont contribué à réduire les prix de gros du gaz et de l’électricité.
Les prix de gros du gaz en 2024 ont été inférieurs à ceux de 2023 et nettement inférieurs aux prix observés au cours des premiers mois suivant l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Toutefois, ils sont restés supérieurs aux niveaux d’avant la crise. Pour 2024, le prix de gros moyen du gaz s’est stabilisé à 34 EUR/MWh. Alors que les prix sont tombés à des niveaux proches de 30 EUR/MWh au cours du premier semestre de l’année, ils ont augmenté régulièrement pour atteindre une fourchette de 35 à 45 EUR/MWh à la fin de 2024 et ont de nouveau augmenté début 2025.
En ce qui concerne l’électricité, l’année 2024 a également été marquée par le maintien de fondamentaux positifs du marché, qui a entraîné une baisse des prix de gros de l’électricité. La baisse des prix du gaz, la faiblesse de la demande et l’augmentation de la production d’énergie renouvelable et nucléaire sont autant d'éléments qui ont contribué à faire baisser les prix de gros de l’électricité sur tous les marchés de l’UE. L'indice de référence européen de l'électricité s’est élevé en moyenne à 95 EUR/MWh en 2023, soit une baisse de 57 % par rapport à 2022. Au cours des trois premiers trimestres de 2024, il est tombé à 70 EUR/MWh en moyenne, mais les prix ont augmenté au dernier trimestre. Globalement, le prix moyen de 2024 s’est élevé à 76 EUR/MWh. La consommation d’électricité dans l’UE en 2024 a légèrement augmenté (+ 2 %), la demande industrielle s’étant légèrement redressée.
En raison de la crise énergétique, les hausses significatives des prix de gros de l’électricité ont été répercutées sur les consommateurs finals, parfois avec un décalage dans le temps. En conséquence, les prix de détail de l’électricité pour les ménages ont augmenté en 2022 et sur une partie de l'année 2023 9 . Dans la droite ligne des efforts déployés par l’UE, les États membres ont mis en place des mesures temporaires pour atténuer l’incidence des prix élevés sur les consommateurs. Toutefois, les prix élevés sont restés un problème, en particulier pour les consommateurs vulnérables. L’évolution des prix de détail pour les ménages en 2024 indique que les prix dans l’ensemble de l’UE ont légèrement diminué ou sont restés comparables aux prix de 2023.
Les prix de l’électricité pour les utilisateurs industriels ont considérablement diminué au cours du premier semestre 2024 par rapport à la même période en 2023. Cette baisse s’est échelonnée entre 13 % et 27 % (hors taxes) et entre 6 % et 27 % (y compris les taxes non récupérables) 10 dans différentes tranches de consommation, ce qui a intensifié la tendance à la baisse amorcée en 2023. Toutefois, l’industrie européenne est actuellement confrontée à des prix de l’électricité qui sont environ deux fois plus élevés qu’aux États-Unis ou en Chine, avec une moyenne de 0,16 EUR par kWh en 2024 11 .
La part des énergies renouvelables dans le bouquet électrique de l’UE a augmenté pour atteindre un nouveau niveau record de 48 % en 2024 (contre 45 % en 2023 et 41 % en 2022 12 ), tandis que la part des combustibles fossiles a chuté de manière significative pour atteindre 24 % (contre 28 % en 2023). La production d’énergie solaire et d’énergie éolienne en mer a enregistré une augmentation significative en 2024: l’éolien en mer a augmenté de 17 % (+ 9 TWh), tandis que la production d’énergie solaire a augmenté de 19 % (+ 37 TWh). L’hydroélectricité a amélioré sa production de 7 % (+ 22 TWh), la production d’énergie éolienne terrestre est restée à peu près stable (-1 TWh) et la production nucléaire a augmenté de 5 % (+ 29 TWh) au cours de la même période 13 . Dans le même temps, l’électrification ne s’est pas accélérée, la part de l’électricité dans le bouquet énergétique restant stable à environ 20 % depuis 2000 14 .
La figure 1 présente une vue d’ensemble des coûts totaux moyens actualisés de l’énergie produite (LCOE) dans l’UE 15 , estimés sur la base des caractéristiques spécifiques des systèmes électriques de chaque État membre pour 2023. Les coûts d’investissement, ainsi que les coûts d’exploitation et de maintenance, ont augmenté en 2023 en raison de l’inflation, de la hausse des coûts des matériaux et de l’augmentation des coûts de la main-d’œuvre. L’inflation et les taux d’intérêt élevés ont joué un rôle majeur en affectant ou en reportant les décisions d’investissement en 2023, tant pour les promoteurs de projets que pour les fabricants.
Figure 1: Aperçu des coûts totaux moyens actualisés de l’énergie produite (LCOE) par parc de technologies pour l’année 2023. Les lignes bleues pleines représentent la médiane et les barres bleu clair indiquent une fourchette de ± 25 % dans l’ensemble de l’UE qui met en évidence les différences entre les États membres.
Source: simulation du modèle METIS du JRC 16
Malgré ces coûts croissants, les parcs de technologies à coûts variables faibles (y compris les coûts d’exploitation, par exemple les coûts de maintenance et les frais de combustible), tels que les sources d’énergie renouvelables comme l’éolien terrestre et le solaire, restent plus compétitifs sur le plan des coûts que les technologies de production à coûts variables élevés, telles que les sources d’énergie fossiles comme le gaz et le charbon, affectées par les frais de combustible. Dans l’ensemble, les énergies renouvelables continuent d’être très compétitives sur le plan des coûts dans l’UE.
La valeur des LCOE d’une technologie donnée est influencée, entre autres, par le rapport entre le volume de production annuel de la technologie et sa capacité installée. Moins une technologie est utilisée, plus la valeur de ses LCOE sera élevée. C’est la raison pour laquelle les technologies conventionnelles, telles que le lignite, les turbines à gaz à circuit ouvert (TGCO) et le charbon, dont la production a été plus faible dans certains États membres, enregistrent de grandes dispersions vers les valeurs élevées de leurs LCOE. En revanche, la dispersion des LCOE pour une technologie telle que les turbines à gaz à cycle combiné (TGCC) reste très faible, étant donné que le taux d’utilisation des centrales électriques à cycle combiné est élevé dans la plupart des États membres.
Les sources d’énergie renouvelables restent les technologies les plus compétitives sur le plan des coûts, tandis que les turbines à gaz à cycle combiné sont devenues la technologie thermique la plus compétitive sur le plan des coûts. Cette tendance s’explique en partie par la forte baisse des prix du gaz naturel par rapport à l’année précédente. En outre, alors que l’année 2022 a été marquée par une tendance importante au changement de combustible entre le gaz et le charbon en raison de la fluctuation des prix, en 2023, ce sont les effets de la hausse des coûts fixes pour toutes les technologies qui ont été davantage pris en considération.
Au cours de la dernière décennie, les LCOE de diverses technologies de production en Europe ont évolué de manière considérable, en raison de plusieurs facteurs clés. Les progrès technologiques ont permis d’accroître l’efficacité et la capacité, en particulier dans les domaines de l’énergie solaire photovoltaïque et de l'énergie éolienne, ce qui a entraîné une baisse notable des coûts. Les économies d’échelle, en particulier grâce à des projets de plus grande envergure et à la production de masse, ont encore réduit les coûts des énergies renouvelables. Le soutien apporté dans le cadre des politiques, y compris les subventions, les incitations fiscales et la tarification du carbone, a encouragé l’adoption de sources d’énergie plus propres tout en augmentant les coûts associés aux combustibles fossiles tels que le charbon et le gaz naturel. L’amélioration des chaînes d’approvisionnement et des procédés de fabrication a accru la compétitivité globale des technologies renouvelables. Ces effets combinés ont modifié le paysage énergétique, rendant les énergies renouvelables plus rentables et réduisant la dépendance à l’égard des sources d’énergie traditionnelles.
Le rapport Draghi a souligné que l’énergie était un moteur essentiel de la compétitivité de l’UE et a proposé une combinaison de mesures visant à s'attaquer aux causes du niveau élevé des prix de l’énergie dans l’UE, afin de permettre aux utilisateurs finals de bénéficier de la décarbonation de l’énergie 17 . L’énergie figure au centre du nouveau pacte pour une industrie propre et, avec le plan d’action pour une énergie abordable, la Commission propose des mesures concrètes pour réduire les coûts de l’énergie pour les ménages et l’industrie.
2.1.2.Soutien aux technologies «zéro net» sur les marchés mondiaux
Au cours des dernières années, de nouvelles dynamiques géopolitiques et une phase marquée à la fois par des taux d’intérêt et une inflation élevés ont modifié l’environnement commercial des technologies «zéro net». Le marché mondial des technologies «zéro net» clés produites en série devrait presque tripler d’ici à 2035, pour atteindre une valeur annuelle d’environ 1 900 milliards d’EUR 18 . Dans la course au renforcement des capacités de production pour satisfaire la demande attendue, il demeure essentiel de veiller à ce que l’industrie de l’UE soit compétitive et capable de jouer son rôle dans la fourniture des technologies nécessaires à la transition énergétique en Europe et dans le monde. Dans le même temps, les incertitudes constituent un défi pour les investissements à long terme, y compris dans les installations de fabrication ou de production. Pour permettre à l’UE et à ses industries d’être compétitives pour obtenir des parts de marché en 2030 et au-delà, les décisions prises et mises en œuvre à l’heure actuelle seront décisives. Les retards dans la mise en place de capacités de production de technologies «zéro net» risquent d’avoir une incidence sur la compétitivité de l’UE au cours des prochaines décennies. Si l’électrification accélérée réduira la dépendance à l’égard des importations de combustibles fossiles, des chaînes de valeur résilientes pour les technologies «zéro net», telles que l’énergie éolienne ou les batteries, seront nécessaires pour éviter de nouvelles dépendances 19 .
En réaction aux crises récentes et en tant que stratégies visant à soutenir les entreprises dans la transition énergétique, des politiques industrielles visant à accroître la fabrication de technologies énergétiques propres ont été mises en place dans le monde entier, y compris dans des pays tels que le Canada, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis. Avec l’adoption de la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act, IRA), les États-Unis ont proposé des subventions pour soutenir l’installation de technologies avancées ainsi que des crédits d’impôt pour les investissements dans des installations de production d’équipements énergétiques propres (pour un montant total estimé à 461 milliards d’EUR 20 , dont 60 % sont destinés au secteur de l’énergie). Dans le même temps, la Chine est devenue un producteur prédominant de nombreuses technologies «zéro net» et est à la tête du soutien aux technologies propres grâce à une économie centrée sur les investissements 21 . En ce qui concerne plus particulièrement le secteur de l’énergie solaire, plus de 90 % des installations de production sont situées en Chine 22 .
De plus, les restrictions à l’importation aux États-Unis et dans d’autres pays accentuent la pression sur les fabricants de l’UE sur leurs marchés nationaux. En outre, une augmentation des capacités de production à l’échelle mondiale, qui, pour certaines technologies, pourraient dépasser, selon les projections actuelles, les capacités de déploiement, entraîne un risque de surcapacité. Une telle évolution pourrait s'avérer très préjudiciable pour certains segments de la production de l’UE, y compris les technologies «zéro net». Les prévisions pour 2025 indiquent que les surcapacités mondiales persisteront dans les principales technologies énergétiques propres, notamment pour l’ensemble des chaînes de valeur des batteries et de l’énergie solaire, et pour les nacelles d'éoliennes 23 .
Les estimations indiquent que les subventions totales de la Chine sont trois à neuf fois supérieures à celles d’autres pays de l’OCDE tels que les États-Unis ou l’Allemagne 24 . L’UE a clôturé une enquête antisubventions sur les importations de véhicules électriques à batterie en provenance de Chine, en instituant des droits compensateurs sur ces importations 25 . Pour évaluer l'échelle et la portée des subventions ainsi que la conformité avec les règles du commerce international, d’autres canaux de soutien public doivent être envisagés. L’UE coopérera également avec ses partenaires commerciaux internationaux et sollicitera l’assistance d’institutions internationales telles que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour le suivi de la situation.
Pour que la transition énergétique mondiale puisse être menée à bien, les perspectives et les gains économiques devront être partagés tout au long de la chaîne de valeur. À cet égard, des partenariats mondiaux et des conditions de concurrence équitables seront essentiels pour que l'UE parvienne à la résilience et à l’autonomie stratégique . L’actuelle stratégie «Global Gateway» de l’UE promeut les investissements dans des pays tiers dans des domaines clés pour l’UE et ses transitions écologique et numérique. La stratégie «Global Gateway» vise à mobiliser jusqu’à 300 milliards d’EUR d’investissements 26 . La négociation, la conclusion et la mise en œuvre d’accords commerciaux ambitieux contribueront à élargir l’accès au marché et à favoriser la résilience économique 27 . En outre, les partenariats pour des échanges et des investissements propres peuvent compléter les accords commerciaux et soutenir les efforts de décarbonation dans l’UE et à l’étranger, en tenant compte des intérêts commerciaux de l’UE et de ses partenaires commerciaux dans le secteur des énergies propres.
Dans l’UE, l’accélération de la décarbonation et de la transition vers une énergie propre s'est inscrite au cœur du pacte vert pour l’Europe et des mesures stratégiques ultérieures, y compris le paquet «Ajustement à l’objectif 55» et le plan industriel du pacte vert. L’UE dispose d’un cadre solide favorisant les technologies «zéro net», qui combine un soutien à la R&I, des incitations économiques telles que la tarification du carbone dans le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE) et des instruments réglementaires tels que la directive sur les énergies renouvelables et le règlement pour une industrie «zéro net». La facilité pour la reprise et la résilience (FRR) a fourni un budget de 650 milliards d’EUR pour soutenir les réformes et les investissements entrepris par les États membres, avec une part d’au moins 37 % de mesures vertes dans les plans nationaux pour la reprise et la résilience. En outre, les fonds de la politique de cohésion de l’UE provenant du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion, du Fonds pour une transition juste et d’Interreg fournissent près de 120 milliards d’EUR d’investissements dans des mesures vertes (le coût total des investissements atteignant plus de 166 milliards d’EUR). Cela représente une contribution moyenne de 40 % à l’action pour le climat en ce qui concerne ces fonds, ce qui va bien au-delà des engagements réglementaires minimaux 28 . De plus, REPowerEU a joué un rôle essentiel dans la réduction rapide de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles russes et dans l’accélération rapide de la transition écologique.
La plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP) a été créée par l’UE pour soutenir l’industrie européenne et stimuler les investissements dans les technologies critiques en Europe, y compris les technologies énergétiques propres. Grâce à une combinaison d’incitations financières et de mesures visant à faciliter le financement de projets, la plateforme STEP mobilise des financements en faveur de technologies critiques au titre des programmes et fonds existants de l’UE, y compris les fonds de la politique de cohésion, InvestEU, Horizon Europe, le Fonds européen de la défense, le Fonds pour l’innovation du SEQE de l’UE et la facilité pour la reprise et la résilience. Par ailleurs, jusqu’en 2024, le pôle 5 «Climat, énergie et mobilité» du programme Horizon Europe a fourni plus de 3 milliards d’EUR pour soutenir la recherche et l’innovation dans le domaine des technologies énergétiques propres.
2.2.Les chaînes de valeur des technologies «zéro net» dans l’UE: opportunités et défis pour une industrie propre
2.2.1.Chaînes d’approvisionnement du secteur de la fabrication
Ces dernières années, l’UE a pris des mesures pour accroître ses capacités de production de technologies «zéro net», dans le but de réduire ses dépendances stratégiques et d’accroître sa résilience tout en contribuant à la réalisation de ses objectifs en matière de climat et d’énergie.
Alors que l’UE intensifie ses efforts, elle est freinée par ses concurrents mondiaux. Ces dernières années, sa position dans la production de technologies «zéro net» s’est détériorée à l’échelle mondiale, malgré ses atouts dans des domaines tels que la recherche et l’innovation, la main-d’œuvre qualifiée et les normes réglementaires. L’UE conserve une base manufacturière solide dans certaines technologies «zéro net», telles que l’énergie éolienne et les électrolyseurs, tandis que d’autres régions du monde dominent de plus en plus certaines chaînes de valeur, comme l’énergie solaire photovoltaïque et les batteries. Les difficultés ne proviennent pas seulement de la dépendance à l’égard de certaines technologies «zéro net» en tant que telles, mais aussi de la dépendance à l’égard de composants technologiques spécifiques dans la chaîne d’approvisionnement. Par exemple, l’UE est bien positionnée dans le domaine de la fabrication des pompes à chaleur hydroniques, dont elle reste le principal producteur, mais la Chine fournit la plupart des vannes à 4 voies et des compresseurs 29 . En outre, l’UE reste fortement dépendante d’un certain nombre de matières premières critiques essentielles à la production de toute une série de technologies «zéro net».
Les investissements mondiaux dans la production de technologies propres ont augmenté rapidement jusqu’en 2023. En 2024, les investissements sont restés à un niveau similaire, avec 129 milliards d’EUR (133 milliards d’EUR en 2023) 30 . Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’UE et les États-Unis ont réussi à porter leur part cumulée dans le total des investissements réalisés dans la production de technologies propres à 16 % en 2023 (contre 11 % en 2022) 31 . Dans le même temps, la Chine a continué d’occuper une place de premier plan dans les investissements dans le secteur de la production. Pour 2024, il ressort des estimations que la Chine représentait 81 % des investissements mondiaux dans la chaîne d’approvisionnement des technologies propres 32 .
Les coûts de production dans l’UE et aux États-Unis restent structurellement plus élevés qu’en Chine. Les coûts de fabrication des modules solaires photovoltaïques sont de 35 à 65 % inférieurs en Chine par rapport à l’UE et aux États-Unis 33 . Les composants d’éoliennes terrestres coûtent environ 355 EUR/kW en Chine, tandis que dans l’UE et aux États-Unis, les coûts varient entre 448 et 485 EUR/kW 34 . L’assemblage final des pompes à chaleur dans l’UE et aux États-Unis coûte environ deux fois plus qu’en Chine 35 .
Plusieurs facteurs contribuent à ces écarts de coûts, notamment les prix élevés de l’énergie, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, l’inflation monétaire, la hausse des taux d’intérêt, l’intense concurrence sur le marché, divers programmes de subventions et l’incertitude de la demande future. Une analyse récente de l’AIE montre que la Chine reste la région la plus rentable pour les investissements en capital dans les installations de production, les coûts dans l’UE et aux États-Unis étant de 70 % à 195 % plus élevés par unité de capacité de production 36 . Si l'UE doit relever des défis considérables pour renforcer son industrie manufacturière, elle n'en recèle pas moins, étant l’un des principaux marchés pour le développement et le déploiement de technologies «zéro net», un fort potentiel d’exploitation des possibilités économiques offertes par la transition énergétique mondiale.
De nombreuses régions de l’UE produisent des technologies «zéro net», chacune avec des spécialisations différentes. Alors que la part de l’UE dans la production mondiale de panneaux solaires photovoltaïques a diminué ces dernières années, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la France et l’Autriche disposent toujours de sites de production. En ce qui concerne l’énergie éolienne, si la production des composants est répartie dans toute l’UE, les principaux fabricants de turbines sont concentrés au Danemark et en Allemagne, une importante capacité de production de tours existant également en Espagne. La production de batteries de l’UE est en cours de développement, avec une production en Pologne, en Allemagne, en Hongrie, en France, en Suède et dans d’autres États membres. Dans le secteur de l’hydrogène, plus de la moitié de la production d’électrolyseurs de l’UE est concentrée en Allemagne, avec des capacités supplémentaires au Danemark, en Espagne, au Portugal, en Italie et en France. En ce qui concerne les pompes à chaleur, l’Allemagne, la Suède, la Finlande et le Danemark font partie des pays ayant une production importante. Dans le domaine de l’énergie géothermique, l’Italie occupe la première place dans le domaine de la production, avec des volumes notables en Allemagne et en France également. L’Italie joue également un rôle de premier plan dans la production de câbles dans l’UE, suivie de la Suède, de l’Allemagne, de la France, de la Pologne et du Danemark. L’UE est également un des principaux producteurs de biogaz et de biométhane, avec une production importante en particulier en Allemagne et en Italie, ainsi qu’en Tchéquie, en Espagne et en Pologne pour les composants concernés 37 .
L’UE a adopté le règlement pour une industrie «zéro net» afin de réduire sa dépendance à l’égard des technologies «zéro net» importées, de renforcer la résilience des chaînes de valeur et de construire une base manufacturière intérieure solide. L’objectif est d’établir un cadre réglementaire pour garantir l’accès de l’UE à un approvisionnement sûr et durable en technologies «zéro net», y compris en augmentant la capacité de production de ces technologies et de leurs chaînes d’approvisionnement.
En outre, les États membres adoptent de plus en plus de politiques spécifiques qui favorisent la production de technologies «zéro net». Ces cadres stratégiques et juridiques nationaux pour les technologies «zéro net» comprennent une combinaison de mécanismes d’incitation, de mesures fiscales, de politiques budgétaires et de politiques en matière de compétences et d’éducation. Nombre de ces stratégies nationales se concentrent sur des technologies spécifiques plutôt que sur les technologies «zéro net» en général. Une étude récente conclut qu’une majorité des politiques recensées dans les États membres se concentrent sur les électrolyseurs et les piles à combustible, suivies par les batteries et les technologies de stockage, l’énergie éolienne et l’énergie solaire photovoltaïque. Par exemple, l’Allemagne et l’Espagne ont mis en place des stratégies spécifiques pour les technologies de l’hydrogène, tandis que l’Irlande et la Pologne disposent de stratégies sectorielles pour les technologies relatives à l’énergie éolienne 38 .
L’un des défis à relever pour la production généralisée de technologies «zéro net» est l’octroi de permis pour les sites de production, une question largement abordée dans le règlement pour une industrie «zéro net». Les règles varient d’un pays à l’autre, ce qui peut avoir une incidence sur le calendrier de mise en œuvre de ces technologies. Toutefois, les États membres s’orientent vers des solutions telles que la numérisation, la mise en place de guichets uniques et l'octroi de la priorité aux projets écologiques. Parmi les exemples figurent l’élaboration par l’Italie de guichets uniques pour les activités commerciales, la priorité donnée temporairement par la Finlande aux projets de transition écologique et la classification par la Hongrie de certains projets en tant qu’investissements prioritaires. La loi française relative à l’industrie verte vise également à réduire les délais d’octroi de permis grâce à la conduite en parallèle de différentes étapes de la procédure et à l'accélération des procédures pour les projets stratégiques 39 .
Le rapport Draghi souligne la nécessité de maintenir et de renforcer la production de technologies propres dans l’UE afin de pouvoir exploiter les possibilités de croissance offertes par un marché en expansion dans l'UE et en dehors, en s’appuyant sur les fondamentaux solides de l’UE en matière d’innovation et de fabrication. En outre, le rapport recense plusieurs difficultés auxquelles sont confrontés les fabricants de l’UE dans le domaine de ces technologies pour se développer et faire face à la concurrence, et propose plusieurs mesures visant à soutenir la compétitivité de l’UE dans ce domaine. Parmi ses propositions, le rapport souligne le rôle crucial d’une mise en œuvre complète et rapide du règlement pour une industrie «zéro net» pour soutenir l’industrie manufacturière 40 .
Le pacte pour une industrie propre définit une approche de la décarbonation axée sur la compétitivité, qui vise à faire de l’UE un espace attractif pour l’industrie manufacturière, y compris pour les industries à forte intensité énergétique et les technologies propres. De plus, le futur Fonds européen pour la compétitivité contribuera à faire en sorte que les technologies stratégiques, y compris les technologies propres, soient à la fois développées et produites dans l’UE 41 .
2.2.2.Décarbonation des industries à forte intensité énergétique
Les matériaux produits par les industries à forte intensité énergétique, qui vont des métaux tels que l’acier et l’aluminium aux produits chimiques, sont stratégiques pour l’économie de l’UE, y compris comme base pour la conception et la production de technologies «zéro net». La construction d’une éolienne nécessite de l’acier pour la tour et sa fondation, de l’aluminium pour la nacelle et les pales, ainsi que des revêtements chimiques spéciaux pour ces éléments. Dans le même temps, les technologies «zéro net», qui vont des sources d’énergie renouvelables à la production d’hydrogène, à l’efficacité énergétique et aux technologies de captage et de stockage du carbone, permettent la décarbonation des industries à forte intensité énergétique. Cela illustre à quel point les produits industriels à forte intensité énergétique sont essentiels pour les chaînes de valeur des technologies «zéro net», et inversement.
Par conséquent, pour accroître l’autonomie stratégique de l’UE, il est nécessaire d’adopter une approche fondée sur la chaîne de valeur, qui tienne compte de tous les composants et matériaux essentiels des technologies «zéro net». Le règlement pour une industrie «zéro net» reconnaît l’importance des technologies industrielles de transformation pour décarboner la production de matériaux de base, tels que l’acier, l’aluminium, les métaux non ferreux, les produits chimiques et le ciment. Il prévoit un soutien aux projets de décarbonation de l’industrie à forte intensité énergétique, qui font partie de la chaîne d’approvisionnement d’une technologie «zéro net» 42 . Ces projets bénéficient en particulier de l’octroi accéléré de permis. En outre, l’UE soutient la transition des combustibles fossiles vers des sources d’énergie renouvelables et à faibles émissions de carbone, notamment grâce à une électrification économe en énergie, par exemple en utilisant des pompes à chaleur pour récupérer la chaleur de l’air évacué et la réutiliser.
Les industries à forte intensité énergétique représentent plus de la moitié de la consommation d’énergie de l’industrie dans l’Union 43 et sont les plus touchées par la hausse structurelle des prix de l’énergie dans l’UE par rapport à d’autres grandes économies. Malgré les efforts déployés dans le cadre de REPowerEU, la production des industries à forte intensité énergétique de l’UE a diminué de 10 % à 15 % depuis 2021 44 . Dans le même temps, les industries à forte intensité énergétique représentent une part importante des émissions de gaz à effet de serre de l’UE. Leur décarbonation est essentielle pour parvenir à la neutralité climatique, mais nécessite des investissements importants, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les entreprises de l’UE. Dans l’ensemble, cette situation exerce une forte pression sur la compétitivité des industries à forte intensité énergétique dans l’UE, par rapport aux pays qui bénéficient de prix de l’énergie plus faibles et d’un programme de décarbonation moins ambitieux. La perte de volumes de production de produits industriels essentiels en raison de cette pression affaiblirait les chaînes d’approvisionnement de l’UE dans le domaine des technologies «zéro net», augmenterait les dépendances à l’égard des importations et réduirait la prospérité.
Le rapport Draghi souligne l’importance des industries à forte intensité énergétique pour l’économie de l’UE et l’immense défi auquel elles sont confrontées au regard de la nécessité d'investir dans la décarbonation, parallèlement à l’augmentation des prix des émissions de carbone et à la concurrence sur les marchés mondiaux. À cet égard, le rapport met en évidence l’absence de conditions de concurrence équitables, notamment en ce qui concerne les entreprises bénéficiant de subventions élevées dans des pays tels que la Chine, qui connaît une croissance rapide de sa production. Sur la base de cette analyse, le rapport Draghi suggère d’apporter un soutien coordonné aux industries à forte intensité énergétique de l’UE dans leur transition, par des mesures allant de la facilitation de l’octroi des permis à des soutiens financiers, notamment en créant une demande de produits verts afin de fournir des arguments économiques solides en faveur d’investissements dans une production propre. Dans le même temps, le rapport recommande d’uniformiser les conditions de concurrence avec la concurrence internationale, en s’appuyant par exemple sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’UE 45 .
Le pacte pour une industrie propre met fortement l’accent sur le soutien à l’industrie de l’UE et à sa compétitivité sur la voie de la décarbonation. En particulier, la Commission proposera un acte législatif visant à accélérer la décarbonation de l’industrie afin de soutenir les industries en transition, en créant des marchés pilotes pour les produits propres et en accélérant les procédures de planification, d’appel d’offres et d’octroi de permis pour la construction ou la transformation d’usines de fabrication, en mettant particulièrement l’accent sur les industries à forte intensité énergétique. La nouvelle boussole pour la compétitivité prévoit des plans d’action sur mesure pour les secteurs à forte intensité énergétique, tels que l’acier, les métaux et les produits chimiques, qui constituent l’épine dorsale du système manufacturier européen. En outre, la boussole pour la compétitivité propose des actions relatives aux catalyseurs horizontaux de la compétitivité, notamment en ce qui concerne la simplification de l’environnement réglementaire et la réduction de la charge réglementaire pesant sur l’industrie de l’UE.
2.2.3.Capital humain et compétences
Une main-d’œuvre qualifiée constitue la base de la capacité de l’UE à concevoir, fabriquer, construire et connecter des technologies et des infrastructures énergétiques propres, et à en assurer la maintenance. Selon le dernier rapport de l’IRENA, quelque 1,8 million de personnes travaillaient dans le secteur des énergies renouvelables dans l’UE en 2023 46 . Les données des associations industrielles montrent qu’environ 826 000 personnes étaient employées dans le secteur de l’énergie solaire de l’UE à la fin de 2023 (avec 362 000 emplois directs), ce qui représente une croissance de 27 % du nombre d’emplois dans ce secteur depuis 2022, 5 % des emplois étant occupés dans la production 47 . Dans le secteur des pompes à chaleur, le nombre d’emplois directs a avoisiné les 170 000 la même année, avec 39 % de ces emplois dans la production 48 . Toutefois, des tendances négatives en 2024 et au-delà pourraient avoir une incidence sur le marché de l’emploi dans le secteur. À cet égard, il convient de noter le rôle que jouent les technologies énergétiques propres dans le segment manufacturier, qui représente environ un tiers des emplois dans le secteur des énergies propres au sens large. Cela souligne le rôle important des technologies «zéro net» et de leur production également en ce qui concerne l’emploi.
Bien que la situation se soit légèrement améliorée en 2024, les pénuries de main-d’œuvre restent préoccupantes. Au troisième trimestre de 2024, le taux de vacance d’emploi dans le secteur de l’approvisionnement énergétique était de 1,6 %, tandis que le taux global dans l’économie de l’UE était de 2,3 % 49 . Le taux d’entreprises faisant état de pénuries de main-d’œuvre dans le secteur de la fabrication d’équipements électriques a diminué, passant de 20 % au dernier trimestre de 2023 à 15 % au dernier trimestre de 2024 50 . À cet égard, le vieillissement de la main-d’œuvre dans de nombreux États membres est un facteur clé susceptible d’exacerber les pénuries structurelles de main-d’œuvre dans les années à venir 51 .
Plusieurs politiques et initiatives à différents niveaux contribuent déjà à remédier aux pénuries de main-d’œuvre et de compétences, mais il convient de poursuivre les efforts. Les États membres accordent une grande importance à la reconversion et à la réaffectation des travailleurs entre les professions, les secteurs et les régions. Dans la mesure du possible, les objectifs et les mesures en matière de compétences font partie de la politique en matière de recherche, d’innovation et de compétitivité dans les plans nationaux en matière d’énergie et de climat 52 . Au niveau de l’UE, à la suite de l’Année européenne des compétences en 2023, la stratégie en matière de compétences est restée un domaine prioritaire. Le plan d’action de 2024 sur les pénuries de main-d’œuvre et de compétences dans l’UE définit de nouvelles actions pour l’UE, les États membres et les partenaires sociaux afin de soutenir le renforcement des compétences et la reconversion professionnelle, en particulier dans les secteurs touchés par les transitions écologique et numérique 53 . Trois partenariats à grande échelle dans le cadre du pacte pour les compétences (sur les énergies renouvelables en mer, les énergies renouvelables terrestres et la numérisation du secteur de l’énergie) et trois académies de compétences «zéro net» (une académie des batteries en 2022, une académie solaire en juin 2024 et une académie des matières premières en décembre 2024) ont été mis en place pour remédier aux pénuries de compétences spécifiques dans des secteurs clés des technologies énergétiques propres. En outre, d’autres académies sont planifiées, dans le domaine des technologies de l’énergie éolienne et de l’hydrogène.
Une industrie compétitive des énergies propres et la transition énergétique nécessitent donc des efforts importants, renforcés et ciblés de coordination entre les secteurs public et privé pour attirer les travailleurs et leur proposer des programmes de reconversion et de renforcement des compétences, afin de disposer d’une main-d’œuvre suffisante. Des efforts continus seront nécessaires pour accroître la part des femmes employées dans le secteur du développement, de la fabrication et du déploiement de technologies énergétiques propres, pour inciter les jeunes à s’orienter vers des professions dans le domaine de l’énergie et pour développer des réserves de talents dans le domaine de l’énergie propre. Dans la boussole pour la compétitivité, la Commission souligne la nécessité de prendre de nouvelles mesures pour combler les déficits de compétences et de main-d’œuvre afin de soutenir les industries visées par la boussole, et en présente les grandes lignes. Ces mesures comprendront l’établissement d’une union des compétences et une attention renouvelée portée au financement des compétences dans le budget de l’UE, en mettant l’accent sur les secteurs participant à la transition écologique et numérique. Ces mesures revêtiront une importance particulière pour les technologies énergétiques propres et la réussite de la transition énergétique.
2.3.Le paysage de l’innovation dans le secteur des énergies propres
2.3.1.Tendances en matière de R&I
Historiquement, l’UE a cherché et réussi à atteindre l’excellence scientifique et technique dans le domaine des technologies énergétiques propres, en parvenant par ailleurs à la traduire en succès sur le marché grâce à l’avantage conféré par sa position de précurseur. Toutefois, cet avantage concurrentiel s’est estompé ces dernières années. Que ce soit en progressant dans la R&I, en utilisant des marchés captifs pour le transfert de technologies ou en recourant à l’apprentissage par la pratique, d’autres économies rattrapent ou dépassent la capacité d’innovation de l’UE, ce qui a des effets concomitants sur la compétitivité. C’est pourquoi la réduction de l’écart en matière d’innovation est l’un des trois volets de la boussole pour la compétitivité, qui définit des mesures visant à renforcer les performances de l’UE en ce qui concerne l’innovation.
Dans le même temps, l’UE dispose toujours d’une base solide en matière de technologies énergétiques propres, pour lesquelles elle reste bien placée dans de nombreux secteurs. Toutefois, l’UE est à la traîne par rapport aux États-Unis et à la Chine dans les domaines numériques, tant globalement que lorsqu’ils sont liés aux technologies propres 54 . Compte tenu de la pertinence horizontale de la numérisation dans toutes les technologies, cela entraîne également des répercussions sur la compétitivité de l’UE.
Si l’on considère les dépenses consacrées à la R&I dans les technologies énergétiques propres en pourcentage du PIB dans les grandes économies, l’UE affiche un niveau élevé de dépenses publiques de R&I, mais ce niveau est contrasté par des niveaux comparativement plus faibles de dépenses privées consacrées à la R&I. Les données les plus récentes disponibles montrent que la moitié des États membres qui ont déjà communiqué des chiffres pour 2023 55 ont augmenté leurs dépenses publiques de R&I. Si ces déclarations partielles étaient représentatives, il en résulterait — toutes choses égales par ailleurs — un montant supplémentaire de 0,7 milliard d’EUR (soit une augmentation de 9 %) en faveur des priorités de l’union de l’énergie en matière de R&I 56 .
Les investissements publics dans la recherche et l’innovation dans les priorités de l’union de l’énergie en matière de R&I n’ont cessé d’augmenter, les chiffres communiqués par les États membres en 2022 étant supérieurs de 23 % à ceux de 2021 57 . Environ la moitié des États membres qui ont fourni des données 58 ont augmenté, par rapport à 2021, leurs investissements publics dans la R&I dans les priorités de l’union de l’énergie en 2022. Complétés par des fonds de l’UE, les investissements publics déclarés en 2022 ont dépassé les 9 milliards d’EUR. Selon ces chiffres et selon les estimations pour la Chine et les États-Unis, l’UE est en tête des dépenses publiques de R&I dans les technologies énergétiques propres parmi les grandes économies, tant en termes absolus qu’en pourcentage du PIB (0,057 %, suivie du Japon avec 0,055 %).
Figure 2: Investissements publics et privés dans la R&I dans les priorités de l’union de l’énergie en la matière, en pourcentage du PIB, dans les grandes économies
Source: JRC, à partir de données de l’AIE 59 , de l’initiative Mission Innovation 60 , et de données d'analyse propres 61 .
Les dernières hausses signifient que les investissements des États membres, à partir de 2021, ont dépassé le pic observé il y a dix ans, avant les effets du ralentissement économique, à la fois en termes nominaux et compte tenu de l’inflation. Au cours de la même période, la part des investissements publics consacrés à la R&I a connu un transfert conséquent vers les priorités de l’union de l’énergie en la matière. Historiquement, la sûreté nucléaire était le domaine le plus important, attirant près d’un tiers des investissements publics dans la R&I; ces dernières années, les transports durables ont attiré une part similaire, en premier lieu les technologies des batteries et de l’hydrogène.
Les investissements publics des États membres sont complétés par des financements apportés par l’UE. Le programme-cadre de l’UE pour la R&I, Horizon Europe, continue de soutenir les technologies énergétiques propres et leur compétitivité. Par exemple, au titre du pôle 5 «Climat, énergie et mobilité» d’Horizon Europe ont été investis environ 320 millions d’EUR pour la R&I dans l’énergie solaire photovoltaïque, 70 millions d’EUR dans l’énergie géothermique et plus de 230 millions d’EUR pour faire progresser les technologies avancées dans le domaine des carburants alternatifs durables dans les transports aériens et maritimes entre 2021 et 2024. Horizon Europe prévoit également des efforts visant à mobiliser des investissements privés dans le cadre de partenariats européens, tels que le partenariat pour l’hydrogène propre, BATT4EU et le partenariat pour l’énergie solaire photovoltaïque.
Les investissements privés continuent de fournir la majorité (plus des trois quarts) du financement de la R&I pour les technologies énergétiques propres, tant dans l’UE que dans toutes les grandes économies, les investissements en pourcentage du PIB restant nettement plus élevés dans les grandes économies asiatiques que dans l’UE et aux États-Unis. La plupart des investissements privés dans la R&I axée sur les technologies énergétiques propres dans l’UE sont consacrés aux technologies de transport durables. Le secteur automobile détient la plus grande part des investissements dans la R&D industrielle dans l’UE. Ce secteur est en tête des investissements industriels dans la R&D à l’échelle mondiale, et investit 8 fois plus que l’industrie énergétique (technologies propres et autres 62 ). Près d’un quart des activités innovantes du secteur sont axées sur des technologies plus durables, dont plus d’un tiers ont porté, par exemple, sur l’électromobilité (y compris les batteries) 63 .
Le rapport Draghi a souligné le rôle clé de l’innovation dans l’augmentation de la productivité, tout en insistant sur la nécessité d’un effort collectif pour lever les obstacles à l’innovation et combler l’écart avec la Chine et les États-Unis dans les technologies clés. À cet égard, le rapport souligne que l’avantage de l’UE dans le domaine des technologies vertes est soumis à une pression croissante 64 . Dans le même temps, l’analyse des principaux investisseurs de l’UE dans la R&D fait apparaître une diminution des rendements des investissements dans ce domaine, ce qui suggère que l’incitation à investir davantage peut à elle seule s’avérer insuffisante si l’on ne tient pas compte d’autres facteurs tels que la rétention des talents 65 . En 2024, le groupe d’experts indépendants présidé par Manuel Heitor a recensé un certain nombre de mesures que l’UE peut prendre pour s'assurer un rôle de chef de file dans le domaine de la R&I et soutenir la compétitivité dans un paysage technologique en mutation rapide. Ces mesures vont de l’augmentation du financement et de la redéfinition de la collaboration à la restructuration des politiques et des instruments de R&I 66 . Le suivi continu des performances de l’UE ainsi que de son positionnement concurrentiel en matière de R&I contribueront à mettre en œuvre les changements et à en évaluer les effets en fonction des besoins.
Si l’UE continue d’afficher de bons résultats, la Chine occupe une place de plus en plus prépondérante dans les résultats de la recherche sur les technologies propres. En ce qui concerne les publications scientifiques, l’UE est plus spécialisée que les États-Unis, mais stagne derrière la Chine dans les domaines des transports intelligents, verts et intégrés et d'une énergie sûre, propre et efficace. Néanmoins, elle continue de jouer un rôle de premier plan en matière de spécialisation, lorsque les productions scientifiques sont regroupées au titre de l’objectif de développement durable pour une énergie propre et d’un coût abordable 67 .
La part des dépôts de brevets pour la protection des technologies d’atténuation du changement climatique dans toutes les inventions a culminé en 2011. Parallèlement au ralentissement des dépôts de brevets «verts» depuis lors, les demandes d’enregistrement de marques connexes se sont multipliées, ce qui indique que l’accent est désormais mis sur la mise en œuvre et le déploiement plutôt que sur la recherche et l’innovation 68 . L’UE conserve une position de force au niveau mondial en ce qui concerne le nombre de dépôts de brevets de haute valeur 69 liés aux priorités de l’union de l’énergie en matière de R&I dans le domaine des énergies renouvelables (29 %) et de l’efficacité énergétique (23 %). Elle occupe la deuxième place derrière le Japon dans le domaine des transports durables et derrière les États-Unis en ce qui concerne le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CUSC) et la sûreté nucléaire, mais n’a pas regagné de terrain dans le domaine des systèmes intelligents. Après avoir passé plusieurs années à adapter ses dépôts de brevets à son marché intérieur, la Chine cible de plus en plus la protection internationale pour les innovations en matière d’énergie propre. Elle est déjà chef de file en ce qui concerne les dépôts de brevets de haute valeur pour les systèmes intelligents (33 %) et progresse dans tous les autres domaines. Néanmoins, l’UE n’a cessé de maintenir une spécialisation supérieure à la moyenne mondiale dans les domaines des énergies renouvelables, des transports durables et du captage, de l’utilisation et du stockage du carbone. L’UE conserve également un avantage de spécialisation dans plusieurs technologies telles que l’énergie éolienne, l’hydrogène pour les transports et la bioénergie.
Avec le plan stratégique pour les technologies énergétiques (plan SET), qui est le principal instrument de mise en œuvre de la dimension de l’union de l’énergie consacrée à la recherche, à l’innovation et à la compétitivité, les États membres et la Commission travaillent ensemble et en partenariat étroit avec l’industrie et les instituts de recherche pour établir des programmes communs de recherche et d’innovation dans le domaine des technologies «zéro net». À la suite de la révision du plan SET en 2023 70 , le règlement pour une industrie «zéro net» a encore renforcé le rôle du plan SET et de son groupe de pilotage afin de contribuer à soutenir le développement de technologies énergétiques propres, efficaces et compétitives en termes de coût au moyen de la coordination et de la collaboration 71 .
En 2023 et 2024, les travaux menés dans le cadre du plan SET ont connu des progrès constants. Compte tenu des liens thématiques étroits entre les groupes de travail du plan SET, le travail collaboratif dans le cadre de ce plan s’est intensifié, l’année 2024 ayant connu le plus grand nombre de collaborations entre les groupes de travail depuis la création du plan SET. Par exemple, une étroite collaboration a été établie entre le groupe sur les systèmes énergétiques et celui sur l’utilisation durable et efficace de l’énergie dans l’industrie. Les groupes de travail du plan SET continuent de mettre à jour et de réviser leurs plans de mise en œuvre spécifiques à chaque technologie. Par exemple, dans le domaine des technologies à courant continu (CC), un nouveau plan de mise en œuvre pour le courant continu à basse tension a été publié en 2024, visant à développer et à démontrer des microréseaux en courant continu à basse tension dans les bâtiments et les installations industrielles. Le rapport 2024 sur l’état d’avancement du plan SET 72 met en évidence de manière plus détaillée les développements récents, y compris, par exemple, la vision élaborée dans le cadre du plan pour le secteur géothermique d’ici à 2050.
Dans sa nouvelle boussole pour la compétitivité, la Commission a souligné la nécessité de placer la recherche et l’innovation, en tant que moteur essentiel de la compétitivité, au cœur de l’économie de l’UE. Parmi les mesures visant à combler le fossé qui existe en matière d’innovation, la Commission présentera un acte législatif sur l’espace européen de la recherche visant à renforcer les investissements dans la R&D et à les porter à hauteur de la cible de 3 % du PIB. En outre, le Conseil européen de la recherche et le Conseil européen de l’innovation seront élargis 73 .
2.3.2.Évolutions des investissements en capital-risque
Le financement des entreprises actives dans l'énergie propre est essentiel pour favoriser la résilience énergétique et la souveraineté technologique de l’UE. Le capital-risque, qui est au cœur de l’écosystème qui finance les jeunes pousses et les entreprises en expansion innovantes, a un rôle essentiel à jouer pour faire en sorte que l’UE saisisse les possibilités industrielles offertes par les technologies énergétiques propres émergentes.
Le développement des investissements en capital-risque dans le secteur des énergies propres de l’UE témoigne du travail entrepris par l’UE pour développer son industrie du capital-risque, mobiliser les investisseurs publics pour combler d’importants déficits de financement et attirer d’autres bailleurs de fonds, tels que les investisseurs institutionnels et les entreprises. L’UE détient la part relative la plus élevée de capital-risque fournie par les pouvoirs publics (par rapport au total du capital-risque) 74 , ce qui illustre le rôle important joué par les investissements publics par rapport aux investissements privés.
Un tableau contrasté se dégage pour 2023 et 2024, faisant état à la fois d'opportunités et de défis pour l’UE. En 2023, dans un contexte de contraction mondiale du financement en capital-risque, l’UE a démontré sa capacité à attirer des accords stratégiques favorisant la croissance pour les grandes installations de production de batteries et d’acier à base d’hydrogène. Ces accords exceptionnels ont stimulé la croissance des investissements en capital-risque dans les technologies énergétiques propres dans l’UE, qui ont atteint 9,2 milliards d’EUR en 2023 (+ 20 % par rapport à 2022) 75 .
En 2024, la persistance d’un environnement macroéconomique défavorable a entraîné une diminution du nombre d’accords et une baisse significative du total des investissements en capital-risque de l’UE. Cette chute (-34 % par rapport à 2023) a révélé une forte dépendance à l’égard d’un très petit nombre d’accords à grande échelle (plus de 1 milliard d’EUR de financements en capital-risque). En 2023, trois entreprises ont mobilisé ces montants, qui représentaient ensemble 43 % du total des investissements en capital-risque dans les technologies énergétiques propres dans l’UE. Parmi ces entreprises, le cas du fabricant suédois de batteries Northvolt, qui a sollicité une protection contre la faillite en novembre 2024, met en évidence la difficulté d'une expansion rapide de la production. Cette dépendance à l’égard d’accords de grande envergure a été encore plus marquée en 2024, avec un seul accord de ce type s’élevant à 2,4 milliards d’EUR et représentant à lui seul 39 % des investissements en capital-risque dans les technologies énergétiques propres dans l’UE 76 .
En raison de ces accords majeurs, l’année 2023 a enregistré l’écart d’investissement le plus faible entre l’UE, où la part des technologies énergétiques propres dans le total des investissements en capital-risque de l’UE a augmenté, et les États-Unis et la Chine, où les investissements en capital-risque ont chuté. Ainsi, l’UE représentait une part, croissante, de 28 % des investissements mondiaux en capital-risque dans les technologies énergétiques propres en 2023 et se situait entre les États-Unis (30 %) et la Chine (24 %). Cette part est restée relativement stable en 2024.
Dans l’ensemble, l’accès au financement reste un obstacle majeur pour la plupart des entreprises de l’UE qui développent et fabriquent des technologies énergétiques propres. Les exemples de réussite devront être reproduits, y compris dans d’autres technologies pour lesquelles l’UE est actuellement encore à la traîne.
Parallèlement, les investissements en capital-risque dans les technologies solaires photovoltaïques ont augmenté dans l’UE, qui a capté 20 % du total des investissements dans le monde entre 2021 et 2023. Toutefois, ces investissements ont principalement profité aux intégrateurs de solutions solaires et n’ont pas contribué au développement d’une production intérieure de modules solaires. Les entreprises chinoises ont mobilisé 2,7 fois plus d’investissements en capital-risque que leurs homologues de l’UE, dont la plupart ont profité aux entreprises en expansion qui développent et fabriquent de nouveaux types de cellules et modules solaires.
L’UE a également représenté 15 % des investissements mondiaux en capital-risque dans les technologies de l’hydrogène entre 2021 et 2023. Toutefois, sa position a été affaiblie par la diminution des investissements en capital-risque en 2023 et par une série d’accords plus vastes auxquels ont participé des fabricants chinois de piles à combustible en 2021 et 2022, et des fabricants américains d’électrolyseurs en 2023. En 2023, les jeunes pousses américaines qui développent des technologies d’électrolyseurs ont progressé à plein régime, mobilisant 8 fois plus de financements en capital-risque que leurs concurrents de l’UE, dans le but d’accroître leurs capacités de production, de réduire les coûts de production et de s’attaquer aux marchés étrangers.
Les jeunes pousses nord-américaines prévalent traditionnellement dans toutes les autres technologies «zéro net» et ont attiré la plupart des investissements en capital-risque connexes. C’est le cas du captage, de l’utilisation et du stockage du carbone, de l’énergie solaire à concentration, de la géothermie, de l’hydroélectricité, du nucléaire, des carburants renouvelables d’origine non biologique et des carburants de substitution durables, l’UE représentant systématiquement de faibles parts du total des investissements en capital-risque réalisés dans le monde entier dans ces technologies.
Toutefois, l’UE a développé une base d’entreprises convaincante dans les domaines de la bioénergie, de la recharge des véhicules électriques, des pompes à chaleur, des nouveaux moyens de stockage de l’énergie, des technologies dans le domaine de l'énergie des océans, de l'énergie solaire thermique et de l'énergie éolienne. Ensemble, elles représentaient 18,5 % (dont la moitié pour la recharge des véhicules électriques) des investissements en capital-risque dans les technologies «zéro net» dans l’UE entre 2021 et 2023. En 2023, l’UE représentait la plus grande part du total des investissements mondiaux dans chacune de ces technologies, au même niveau que les États-Unis. Malgré l’augmentation des niveaux d’investissement depuis 2021, les entreprises de l’UE qui développent ces technologies et composants ne parviennent toujours pas à conclure des accords plus vastes qui leur permettraient d’acquérir un avantage concurrentiel et de soutenir le déploiement de ces technologies à grande échelle.
Il existe plusieurs instruments de financement de l’UE qui favorisent les investissements dans les technologies propres innovantes, tels que le Fonds pour l’innovation, InvestEU et le volet «investissements de capital-risque» du Conseil européen de l’innovation (CEI), le Fonds du CEI. Entrée en vigueur en 2024, la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» (STEP) soutient les investissements dans les jeunes pousses, les PME et les petites entreprises à moyenne capitalisation de l’UE qui développent et fabriquent des technologies énergétiques propres critiques 77 .
Pour exploiter pleinement le potentiel de l’écosystème entrepreneurial de l’UE dans le domaine des énergies propres, il est nécessaire de supprimer les obstacles à l’investissement et de mettre en place une intervention publique ciblée 78 . Le rapport Draghi considère le sous-développement du marché du capital-risque comme l’un des obstacles aux technologies propres dans l’UE et appelle à stimuler les investissements privés 79 . Comme le suggère le rapport, l’augmentation des investissements dans les technologies énergétiques propres implique de renforcer et de rationaliser le budget au niveau de l’UE et de mettre en place des régimes de financement pour soutenir les investissements privés et à haut risque dans les entreprises innovantes, de façon à permettre l'expansion des entreprises stratégiques de l’UE ou des projets de transition à long terme.
Dans ses orientations politiques, la Commission reconnaît la nécessité de prendre de nouvelles mesures en matière d’investissements publics et de réduction des risques liés aux capitaux privés. Il est particulièrement important de faciliter le financement des entreprises à croissance rapide par les banques, les investisseurs et le capital-risque. Sur la base du rapport Letta 80 , la Commission proposera une union européenne de l’épargne et des investissements, incluant les marchés bancaires et des capitaux 81 . L’approfondissement des marchés bancaires et des capitaux de l’UE est une condition préalable essentielle pour libérer des sources de financement supplémentaires, encourager les investissements transfrontières et rendre les entreprises en expansion plus attrayantes pour les investisseurs en améliorant leurs possibilités de sortie.
Pour faire en sorte que les flux financiers soient à l’échelle nécessaire pour combler le déficit d’investissement de l’UE, les technologies énergétiques propres devront être considérées comme une priorité stratégique. À cet égard, la Commission a annoncé la création d’un Fonds européen pour la compétitivité dans le prochain cadre financier pluriannuel, qui doit permettre de débloquer des investissements dans les technologies propres et stratégiques. Une stratégie spécifique de l’UE en faveur des jeunes pousses et des entreprises en expansion permettra de lever les obstacles qui empêchent l’émergence et l’expansion de nouvelles entreprises 82 .
3.Évaluation de la compétitivité de l’UE dans les technologies «zéro net»
3.1.Énergie solaire photovoltaïque
L’énergie solaire photovoltaïque est la technologie de production d’électricité à partir de sources renouvelables qui connaît la croissance la plus rapide. En 2024, l’UE était sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de la stratégie de l’UE pour l’énergie solaire, à savoir une capacité photovoltaïque installée de 600 GWac (~ 720 GWp) d’ici à 2030 83 . Sur la base des données préliminaires pour 2024, la croissance annuelle s’est ralentie, mais les installations ont tout de même augmenté de manière substantielle, passant de plus de 56 GWp en 2023 à 63 GWp en 2024. Au cours de ces deux années, l’UE occupait la deuxième place derrière la Chine (374 GWp en 2024) en ce qui concerne le déploiement, suivie des États-Unis (45 GWp en 2024) 84 . Dans la plupart des pays, les coûts de production d’électricité photovoltaïque sont désormais inférieurs à ceux des solutions fondées sur les combustibles fossiles 85 .
Le règlement pour une industrie «zéro net» fait référence à l’objectif de l’alliance européenne pour l’industrie solaire photovoltaïque d’atteindre 30 GWp de capacité de production solaire photovoltaïque annuelle tout au long de la chaîne de valeur d’ici à 2025 86 . Cet objectif est déjà dépassé pour les onduleurs (82 GWp en 2023 87 ) et est sur le point d’être atteint pour le silicium polycristallin (29 GWp en 2024). Toutefois, la situation est différente pour d’autres parties de la chaîne de valeur. La capacité de production photovoltaïque actuelle de l’UE pour les lingots et les plaquettes est inférieure à 1 GWp, tandis que pour les cellules et les modules, le chiffre est inférieur à 3 GWp 88 , la production réelle en 2023 étant, selon certaines indications, d’environ 2 GWp pour ces derniers 89 . Dans l’ensemble, l’UE est fortement dépendante des importations de panneaux solaires en provenance de Chine, où se situent 91 % des installations de production en service. En revanche, l’UE, les États-Unis et l’Inde représentent chacun une part respective de 1 % 90 .
Selon les estimations, le coût de production d’un module photovoltaïque est environ 60 % plus élevé dans l’UE qu’en Chine 91 . Ces différences s'expliquent par des coûts d’investissement, de la main-d’œuvre et de l’énergie plus élevés, ainsi que par des échelles de production plus petites et par un manque d’intégration verticale. Les fabricants européens sont également confrontés à d’autres difficultés, telles que le niveau élevé des stocks et l’offre excédentaire en provenance de Chine, qui ont fait chuter les prix des modules sur le marché au comptant, de plus de 25 % en glissement annuel, jusqu'à la valeur de 0,105 EUR/Wp en janvier 2025 92 . Bien que cette situation encourage le déploiement, elle exerce une forte pression sur les fabricants. Les installations de production de cellules et de modules enregistrent un faible taux d’utilisation moyen, d’environ 50 % au niveau mondial 93 .
Dans l’ensemble, les fabricants d’équipements photovoltaïques de l’UE peinent à faire face à la concurrence mondiale, en particulier sur le plan des prix. La concentration des capacités de production photovoltaïque dans un seul pays, la Chine, est source de risques pour la résilience de la chaîne de valeur et la stabilité des prix 94 . L’UE continue de jouer un rôle important dans la recherche et l’innovation dans le domaine de l’énergie solaire photovoltaïque, en particulier en ce qui concerne des applications spécifiques telles que le photovoltaïque intégré dans les bâtiments, l’agriculture, les infrastructures ou les véhicules 95 .
Pour que l’UE puisse gagner en compétitivité dans la production photovoltaïque, elle devrait mettre à l'échelle des technologies innovantes dans de grandes usines à l’échelle du gigawatt intégrées tout au long de la chaîne de valeur. Avec la charte solaire européenne 96 , signée en avril 2024, la Commission, 23 États membres et des représentants de l’industrie se sont engagés à prendre une série de mesures volontaires en faveur du secteur de la production photovoltaïque de l’UE.
3.2.Énergie solaire thermique
La stratégie de l’UE pour l’énergie solaire 97 a fixé comme objectif de tripler la demande d’énergie couverte par la chaleur solaire entre 2022 et 2030. Toutefois, le secteur a accompli des progrès limités à ce jour et a été confronté à différentes difficultés en 2023 et 2024. Les investissements ont ralenti en raison de la concurrence du photovoltaïque et des pompes à chaleur en tant que solution d’énergie renouvelable de substitution, ainsi que de l’effet de la baisse des prix du gaz et de l’évolution des incitations au déploiement 98 . L’UE a ajouté 1,3 GWth à sa capacité de production de chaleur solaire thermique en 2023, ce qui représente une baisse de 24 % par rapport à 2022. L’augmentation nette de 1,3 % de la capacité qui en résulte (y compris le déclassement d'anciens systèmes) est bien inférieure au taux requis pour tripler la capacité d’ici à 2030 99 .
Le marché mondial a également connu un ralentissement, avec 21 GWth de nouvelles installations en 2023, contre 23 GWth en 2022 100 . De façon plus encourageante, la croissance du segment de la chaleur industrielle a triplé en glissement annuel à l’échelle mondiale pour atteindre une capacité totale de 0,95 GWth en 2023. Cette hausse inclut la nouvelle plus grande centrale solaire thermique à concentration de l’UE (30 MWth avec un stockage de 68 MWh) en Espagne. En ce qui concerne l’énergie solaire à concentration, il n’y a pas eu d’augmentation de la capacité de production de l’UE, qui reste pratiquement inchangée depuis 2013 (2,30 GW, presque toutes les capacités étant installées en Espagne) 101 . Entre-temps, la Chine est devenue le principal porteur de projets de centrales solaires à concentration au niveau mondial, avec 1 GW de nouvelles capacités en service et 2 GW supplémentaires en développement 102 .
L’UE dispose d’un secteur manufacturier solide pour les chauffe-eau solaires thermiques et, selon des estimations antérieures, elle couvrait jusqu’à 90 % de la demande intérieure, ce qui est nettement supérieur au niveau de référence en matière de production fixé par le règlement pour une industrie «zéro net». Malgré une consolidation au cours de la dernière décennie, en particulier en Allemagne et en Espagne, le secteur présente toujours un éventail diversifié d’acteurs proposant différents produits. Les fabricants grecs de thermosiphons ont pu tirer parti de la forte croissance du marché, avec également de gros volumes d'exportations 103 . Plusieurs entreprises de l’UE entrent actuellement sur le marché des grandes installations de chauffage urbain et de production de chaleur industrielle à partir d’énergie solaire thermique, qui devraient connaître une croissance significative au cours de la prochaine décennie. Les données commerciales relatives aux chauffe-eau solaires et non électriques montrent une croissance considérable des importations, bien que l’UE ait maintenu une balance commerciale globalement positive de 27 millions d’EUR en 2023 104 .
La technologie solaire thermique est une option de décarbonation mature, mais il reste à voir si elle peut constituer une part de marché importante. Actuellement, l’énergie solaire thermique ne couvre que 0,9 % de la demande mondiale d’énergie thermique 105 . Le coût actualisé de la chaleur solaire peut être compétitif par rapport aux sources conventionnelles, en particulier dans les zones où les ressources solaires sont bonnes. Toutefois, la technologie solaire thermique est souvent installée dans un système doté d’une autre source de chaleur, tandis que les pompes à chaleur peuvent offrir des solutions autonomes pour de nombreuses applications. L’énergie solaire thermique bénéficierait d’efforts coordonnés et de feuilles de route claires pour mettre la croissance sur la voie de la réalisation de l’objectif à l’horizon 2030.
Les entreprises de l’UE sont bien placées en tant que fournisseurs de technologies, mais des efforts continus sont nécessaires en matière de normalisation et de développement d’un réseau d’installateurs disposant d’une expertise en matière de solutions rentables, y compris l’hybridation avec d’autres technologies renouvelables. En ce qui concerne l’énergie solaire à concentration, l'éventuel regain du marché de l’UE reposera largement sur la proposition de l’Espagne d’ajouter 2,5 GW d’ici à 2030 106 . Dans ce domaine également, la normalisation dans la conception et la fabrication serait essentielle pour atteindre des niveaux de coûts compétitifs.
3.3.Énergie éolienne terrestre et en mer
L’UE est à la pointe de l’industrie éolienne mondiale et a jusqu’à présent occupé une position forte. Toutefois, sa compétitivité est de plus en plus soumise à la pression de la Chine. L’éolien joue un rôle central dans la transition énergétique de l’UE, avec 219 GW de puissance éolienne totale installée à la date de 2023, dont 91 % de puissance terrestre et 9 % de puissance en mer 107 . En 2023, une nouvelle capacité de 16,8 GW a été installée, dont 83 % dans des installations éoliennes terrestres et 17 % en mer 108 . Cette évolution marque une accélération du rythme d’installation (l’installation combinée pour 2022 a été de 15,5 GW) et fait de 2023 une année record en ce qui concerne les installations annuelles. Les chiffres préliminaires pour 2024 montrent que l’UE a installé une capacité éolienne supplémentaire de 13,6 GW, dont 10,7 GW de capacité terrestre et 2,9 GW de capacité en mer 109 .
Avec le règlement pour une industrie «zéro net», l’UE entend atteindre une capacité de production éolienne d’au moins 36 GW d’ici à 2030 110 . En 2024, l’UE représentait 12,6 % de la production mondiale de pales (~ 25 GW), 12,5 % de l’assemblage mondial de nacelles (~ 35 GW) et 21,8 % de la fabrication de tours (~ 38 GW) 111 . En 2023, les entreprises de l’UE ont fourni dans le monde des éoliennes pour une capacité de plus de 27 GW 112 . Toutefois, la part de marché mondiale des fabricants de l’UE a diminué en 2023, passant de 30 % l’année précédente à 23 %, tandis que celle des fabricants chinois a augmenté, passant de 46 % à 55 %. Sur le marché européen, les entreprises de l’UE continuent de dominer avec une part de marché de 89 % en 2023. La capacité de production de l’UE devra être augmentée pour répondre à la demande future, en se fondant sur l’augmentation attendue du taux d’installation. Une telle hausse est essentielle pour réduire les dépenses en capital pour les nouvelles installations, pour faire en sorte que l’offre réponde à la demande à des prix compétitifs et pour éviter les goulets d’étranglement dans l'approvisionnement ou l’augmentation des coûts.
Les principaux défis auxquels sont confrontées les entreprises de l’UE sont notamment liés à une concurrence intense de la part de la Chine. Les fabricants chinois sont en mesure d’offrir des prix beaucoup plus bas que leurs concurrents européens, les turbines exportées depuis la Chine étant environ 32 % moins chères que celles de leurs concurrents 113 , dans un contexte où le prix des éoliennes et de leurs composants a augmenté d’environ 26 % au niveau mondial par rapport aux niveaux d’avant la pandémie 114 . Cette situation pourrait créer des conditions de concurrence inégales pour les entreprises de l’UE et entraver leur compétitivité future sur le marché mondial.
À mesure que l’environnement macroéconomique s’est amélioré, les investissements dans l’énergie éolienne ont commencé à reprendre 115 , avec un investissement record de 48 milliards d’EUR en 2023 dans l’UE (contre moins de 20 milliards d’EUR en 2022). En 2023, l’éolien terrestre est resté à un niveau d’investissement comparable à celui de 2022, avec environ 18 milliards d’EUR, tandis que le niveau d’investissement de l’éolien en mer est passé de 0,4 milliard d’EUR en 2022 à 30 milliards d’EUR en 2023.
L’industrie éolienne mondiale dépend fortement de chaînes d’approvisionnement complexes, qui peuvent être vulnérables aux perturbations, aux tensions commerciales et aux pénuries de matières premières critiques. Les besoins en matériaux tels que le cuivre et l’acier sont substantiels, car ces derniers sont utilisés dans divers composants des éoliennes tels que les générateurs, les tours, les pales et les boîtes de vitesses. La forte dépendance à l’égard des terres rares chinoises 116 , qui sont essentielles à la production d’aimants permanents pour les éoliennes, est particulièrement préoccupante. Des vulnérabilités existent également en ce qui concerne les composants et sous-composants, tels que les générateurs, et accroissent le risque de perturbations de la chaîne d’approvisionnement. L’approvisionnement en matériaux et en composants est susceptible d’être concentré dans un petit nombre de pays, ce qui peut créer des risques pour la chaîne d’approvisionnement en raison de dépendances géopolitiques et souligne la nécessité de disposer de chaînes d’approvisionnement diversifiées et résilientes pour soutenir la croissance de l’industrie éolienne.
Avec le plan d’action de l’UE en matière d’énergie éolienne, la Commission a proposé des mesures visant à soutenir la compétitivité de l’industrie éolienne de l’UE 117 . L’une des initiatives connexes, la charte européenne de l’éolien 118 , a été signée en décembre 2023. La charte réunit 26 États membres qui se sont engagés à soutenir le secteur éolien de l’UE, notamment en renforçant les capacités de production dans l’UE et en améliorant et en simplifiant le processus d’enchères et d’octroi de permis. Les efforts déjà engagés pour soutenir le déploiement, y compris l’accélération des procédures d’octroi de permis, la visibilité de la réserve de projets et les investissements dans le réseau, devront être poursuivis afin de garantir que les investissements dans les futurs parcs éoliens restent attractifs et que l’industrie éolienne de l’UE soit en mesure de tirer parti des possibilités offertes par l’expansion mondiale de l’énergie éolienne.
3.4.Énergie océanique
L’énergie océanique comprend plusieurs technologies, les plus avancées étant l’énergie hydrolienne et l’énergie houlomotrice. Bien que certaines de ces technologies aient atteint des niveaux élevés de maturité technologique, les technologies liées à l’énergie océanique ne sont pas encore déployées à l’échelle industrielle.
L’UE est un acteur mondial de premier plan dans le développement des technologies de l’énergie océanique, en particulier dans le domaine de l’énergie hydrolienne et houlomotrice. Toutefois, elle est confrontée à une concurrence croissante de la part d’autres grandes économies, telles que les États-Unis et la Chine. Les États-Unis ont investi 546 millions d’EUR 119 dans l’énergie océanique au cours des cinq dernières années. En 2023 et 2024, le marché a fait l’objet d’un financement et d’un intérêt sans précédent. Les données provisoires pour 2024 montrent qu’au moins 1 230 kW de nouvelles capacités d’énergie océanique ont été installées en Europe en 2024 120 . Dans l’UE, une capacité de 878 kW a été installée en 2022, et de 250 KW en 2023 121 . Le soutien par les États membres aux recettes (par exemple, les contrats d’écart compensatoire ou les tarifs de rachat) et les financements nationaux et de l’UE ont été les principaux moteurs en 2023 et 2024 pour attirer des investissements privés et stimuler le développement de ces projets en Europe. Les représentants de l’industrie s’attendent à une réserve de projets représentant une puissance de 165 MW répartie dans 15 installations pilotes et précommerciales 122 . Parmi les États membres, la France, le Danemark et les Pays-Bas possèdent la majeure partie de la capacité installée cumulée dans le domaine de l’énergie hydrolienne, tandis que le Portugal et l’Espagne sont à la pointe du déploiement de dispositifs d’énergie houlomotrice.
L’industrie de l’UE joue un rôle de premier plan dans le développement du secteur, 41 % des porteurs de projets dans le domaine de l’énergie hydrolienne et 52 % des porteurs de projets dans le domaine de l’énergie houlomotrice étant établis dans l’UE 123 . La fabrication de boîtes de vitesses, de générateurs et de systèmes de contrôle est essentiellement européenne, et les projets devraient créer au moins 415 postes équivalents temps plein dans l’UE. À l’échelle mondiale, l’UE détient 20 % des inventions de haute valeur, juste derrière la Chine (32 %) 124 .
Le principal défi reste le coût élevé du capital, qui ralentit l’investissement et le déploiement et entraîne des répercussions sur l’industrialisation. Le plan stratégique pour les technologies énergétiques (plan SET) fixe des objectifs à cet égard, qui visent à ramener les coûts de production à 0,10 EUR/kWh d’ici à 2030 pour l’énergie hydrolienne et à 0,15 EUR/kWh d’ici à 2030 pour l’énergie houlomotrice 125 . Il est prévu d'atteindre cet objectif en particulier au moyen d’enchères spécifiques à une technologie pour les parcs pilotes et les parcs au stade préalable à la commercialisation, qui font encore défaut dans certains États membres. La concrétisation de la réserve de projets et la réalisation de cet objectif nécessitent des instruments permettant de réduire le risque lié aux investissements. Ces instruments de réduction des risques pourraient inclure des garanties de prêts pour les premiers parcs se trouvant au stade préalable à la commercialisation afin de réduire le coût du capital, d’attirer les investisseurs et d’accélérer les déploiements. Cette approche permettra de réaliser des économies d’échelle et de réduire encore les coûts, comme cela a déjà été démontré avec les énergies renouvelables bien établies.
3.5.Batteries et stockage de l’énergie
L’ambition de l’Europe de mener la transition mondiale vers une énergie propre dépend de sa capacité à développer, produire et intégrer rapidement et à grande échelle des technologies avancées de batteries. Le règlement pour une industrie «zéro net» fait référence à l’objectif consistant à atteindre une capacité de production de batteries dans l’UE d’au moins 550 GWh d’ici à 2030 126 .
Au début de l’année 2024, l’UE semblait sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs pour 2030. Dans l’intervalle, toutefois, la société suédoise Northvolt a sollicité une protection contre la faillite en novembre 2024. D’après les estimations, un volume d’environ 616 GWh de capacités de production planifiés en Europe devrait faire l’objet d'annulations, de retards ou de révisions à la baisse, ce qui pourrait compromettre les objectifs pour 2030 127 . En conséquence, la part de l’UE dans la production opérationnelle mondiale de batteries, qui s’élevait à 7 % en 2024, est inférieure aux estimations antérieures. Dans le même temps, la production mondiale globale devrait pratiquement être multipliée par cinq au cours des cinq prochaines années et la part de l'UE dans la production mondiale, qui devrait être de 10 % selon les projections, couvrirait pleinement ses besoins estimés pour 2030, si cette part devait se concrétiser 128 .
La production de cellules dans l’UE est confrontée à des risques liés aux chaînes d’approvisionnement critiques, notamment en raison d’une forte dépendance à l’égard de la Chine pour les cathodes et les anodes, et de coûts de production plus élevés — généralement 70 % à 130 % plus élevés par unité de capacité de production qu’en Chine 129 . L’augmentation de la surproduction mondiale de cellules et la baisse de la demande de véhicules électriques ont conduit les sites de production européens à fonctionner en deçà de leur capacité ou à arrêter/suspendre des lignes de production, comme l'a fait l’usine Volkswagen de Salzgitter (20 GWh seulement au lieu de 40 GWh) 130 . Pour 2030, les prévisions prévoient une offre mondiale excédentaire de cellules de batteries. En outre, les mesures de défense commerciale sont en hausse, par exemple, les droits de douane américains sur les véhicules électriques chinois. Une nouvelle escalade des tensions commerciales serait susceptible de faire augmenter les coûts et d'avoir une incidence sur les décisions d’achat dans la chaîne d’approvisionnement des batteries 131 . Dans l’UE, la Commission a clôturé une enquête antisubventions sur les importations de véhicules électriques à batterie en provenance de Chine en 2024, qui a donné lieu à l'institution de droits compensateurs sur les véhicules importés 132 .
La capacité globale des systèmes de stockage d’énergie par batterie (BESS) à l’échelle du réseau a atteint 168 GWh en 2024, soit une augmentation substantielle par rapport aux 96,1 GWh déployés en 2023 133 . La Chine représentait 67 % des déploiements de systèmes de stockage d’énergie par batterie à l’échelle mondiale, suivie des États-Unis et du Canada, l’Europe étant actuellement en retard dans ce domaine. Le stockage d’énergie en aval du compteur a atteint 40 GWh dans le monde en 2024. D’ici à 2035, les applications stationnaires devraient représenter 16 % des batteries déployées dans le monde, contre 6 % en 2020 134 . La plupart des principaux fournisseurs de batteries utilisées dans des systèmes de stockage d’énergie par batterie ont leur siège en Asie.
Pour se maintenir face à ses concurrents, l’UE doit déployer des capacités de production plus rapidement et mettre en place des chaînes de valeur fiables, investir davantage dans la R&D en ce qui concerne de nouvelles technologies de batteries et combler les lacunes critiques de sa chaîne de valeur au moyen de solutions de substitution.
3.6.Technologies des pompes à chaleur
Les fabricants de pompes à chaleur au stade de l'assemblage final situés dans l’UE figurent parmi les leaders mondiaux des solutions hydroniques haut de gamme à usage résidentiel, tandis que les entreprises chinoises dominent le marché des climatiseurs réversibles air-air 135 . Les fabricants de l’UE ont annoncé des augmentations de la capacité d’assemblage final de plus de 30 GWth au cours de cette décennie, la capacité existante étant d’environ 24 GWth en 2023. Avec ces augmentations prévues, l’industrie de l’UE est sur le point de répondre à ses besoins de déploiement pour 2030, à savoir environ 60 GWth, ainsi que l'a déterminé l’Agence internationale de l’énergie 136 . Alors que l’UE est sur la bonne voie pour atteindre l’objectif du règlement pour une industrie «zéro net» d’au moins 31 GWth de capacité de production pour l’assemblage final des pompes à chaleur, les entreprises de l’UE ne sont actuellement pas aussi bien placées en ce qui concerne la fabrication de certains composants.
Le déficit de la balance commerciale de l’UE en ce qui concerne les pompes à chaleur hydroniques a été réduit d’un tiers en 2023, en raison d’une baisse de 13 % des importations et d’une augmentation de 14 % des exportations 137 . Dans le même temps, les ventes de pompes à chaleur dans l’UE ont chuté de 7,2 % en 2023 par rapport à 2022, après une décennie de croissance constante 138 . Cette tendance s’est accentuée en 2024, les ventes en Europe ayant chuté de 31 % par rapport à 2023 139 . Cela s’est traduit par un chômage partiel et des suppressions d’emplois dans le secteur, ainsi que par des incertitudes quant aux décisions d’investissement dans la production. La croissance des capacités de production de l’UE a elle aussi ralenti en 2023 140 . Pour inverser cette tendance, l’industrie plaide en faveur d’objectifs ambitieux de l’UE en matière de décarbonation du chauffage des locaux, de cadres d’action nationaux à long terme stables et d’un ratio favorable entre le prix de l’électricité et celui du gaz 141 .
On estime que l’étape d’assemblage final d’une pompe à chaleur coûte environ 184 à 230 EUR/KW 142 en Europe et aux États-Unis aujourd’hui, soit environ deux fois le coût estimé pour la Chine. Étant donné que les composants représentent 75 % du coût final, les fabricants intégrés verticalement sont plus compétitifs 143 . L’industrie de l’UE reste largement dépendante des importations pour les composants, tels que les compresseurs, les échangeurs de chaleur, les vannes et les fluides frigorigènes. Pour renforcer la compétitivité et la résilience du secteur de la fabrication de pompes à chaleur résidentielles, il serait nécessaire de diversifier davantage l’approvisionnement et de consolider les chaînes de valeur de l’UE afin de réduire ces dépendances.
En ce qui concerne les pompes à chaleur industrielles, les fabricants de l’UE ont joué un rôle de premier plan au niveau mondial et couvrent l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement 144 . Selon l’Agence internationale de l’énergie, environ 30 % de la demande de chaleur industrielle jusqu’à 400 °C devraient être couverts par les pompes à chaleur industrielles jusqu’en 2050, et déjà la moitié d’ici à 2030 145 . Les pompes à chaleur industrielles ont également le potentiel de couvrir les besoins en chaleur inférieurs à 200 °C, qui représentent 37 % des besoins en chaleur industrielle 146 , avec les applications existantes dans l’industrie des produits alimentaires et des boissons et l’industrie papetière.
Pour poursuivre le développement des pompes à chaleur industrielles, des projets de R&D sont nécessaires pour élargir l’éventail d’applications et permettre l’application et la normalisation des technologies le plus rapidement possible 147 . En outre, des investissements dans la chaîne d’approvisionnement de l’UE sont nécessaires pour accroître les capacités de production et réduire les coûts des produits. L’industrie considère que les pompes à chaleur industrielles ont le potentiel pour devenir un succès européen.
3.7.Énergie géothermique
En 2024, l’énergie géothermique a suscité davantage d'intérêt de la part du public et des responsables politiques. Cet élan politique s’est notamment traduit par la résolution du Parlement européen sur l’énergie géothermique 148 et les conclusions du Conseil sur l’énergie géothermique 149 . En 2023, la puissance géothermique nette installée dans l’UE était d’environ 0,9 GWe 150 (14,8 GWe au niveau mondial 151 ). L’utilisation de chaleur géothermique directe a augmenté de manière constante, avec 298 systèmes de chauffage et de refroidissement urbains en place en 2023 152 .
Les entreprises de l’UE jouent un rôle important dans le marché unique, qui va des travaux d’étude de sites au déclassement, étant donné que les chaînes de valeur du déploiement sont généralement entièrement domestiques 153 . En ce qui concerne la fabrication de produits finis, le secteur devrait, selon les estimations, atteindre l’objectif fixé par le règlement pour une industrie «zéro net», qui prévoit que 40 % des besoins de déploiement doivent être couverts par la production intérieure 154 . En revanche, le marché mondial des composants tels que les turbines, les turbodétendeurs, les pompes, les vannes et les systèmes de contrôle est dominé par des entreprises de pays tiers. Le Japon produit 82 % des turbines pour les centrales à vapeur à cycle flash et Israël 74 % des détendeurs pour les centrales à cycle binaire. Les fabricants européens de ces technologies sont principalement établis en Italie et, dans une moindre mesure, en Allemagne et en France 155 . Dans le domaine de la recherche et de l’innovation, l’UE était autrefois le leader mondial des inventions de haute valeur, avant d’être dépassée par la Chine en 2019 156 .
La coproduction de lithium et d’autres matières premières peut accroître la viabilité économique des centrales géothermiques. En ce qui concerne les dépendances à l’égard des matières, la technologie elle-même dépend fortement de l’acier, dont une grande partie est importée d’Asie. Dans une moindre mesure, le secteur géothermique a également besoin de matières premières critiques telles que l’aluminium 157 , le cuivre et le titane 158 . Le récent rapport d’initiative du Parlement européen 159 et les conclusions du Conseil 160 recommandent, entre autres, les mesures suivantes: i) accroître la visibilité stratégique et la prise de conscience générale du potentiel et des défis de la géothermie; ii) s’attaquer au problème de la disponibilité des données; iii) réduire les risques liés aux investissements par la mise en œuvre de systèmes de garantie; iv) rationaliser et accélérer les procédures d’octroi de permis; v) promouvoir les bonnes pratiques; vi) remédier à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée; et vii) améliorer l’acceptation par le public.
3.8.Technologies de l’hydrogène: électrolyseurs et piles à combustible
L’électrolyse de l’eau est un processus qui consiste à produire de l’hydrogène à partir de l’eau en utilisant de l’électricité. Si l’électricité provient de sources renouvelables et à faibles émissions de carbone, cette technologie est susceptible de jouer un rôle clé dans la décarbonation des secteurs industriels où il est difficile de réduire les émissions, en particulier la production de matériaux à forte intensité énergétique (par exemple, l’acier, le ciment), les engrais et les secteurs maritime et aérien. La capacité de production des électrolyseurs est en augmentation en Europe, soutenue par des cadres réglementaires et financiers 161 . La première enchère de la Banque européenne de l’hydrogène en 2024 a permis de financer sept projets à hauteur de 720 millions d’EUR. Bien que cela permette à un plus grand nombre de projets de parvenir à des décisions d’investissement définitives, les entreprises européennes continuent d’être confrontées à des obstacles financiers et opérationnels.
La capacité installée des électrolyseurs en Europe est passée de 228 MWe en 2023 à 663 MWe en 2024 (projets en phase d'exploitation ou ayant fait l’objet d’une décision d’investissement), dont 517 MWe dans les pays de l’UE 162 . La capacité installée mondiale est passée de 1,4-1,7 GWe en 2023 à 5 GWe en 2024 163 . Sur ce total, 2,7 GWe se trouvent en Chine et environ 300 MWe aux États-Unis.
Selon les estimations, la capacité de production des stacks d’électrolyseurs en Europe se situe entre 10 et 15,7 GWe par an en 2024 164 , tandis que la capacité mondiale est estimée entre 40 et 54 GWe par an 165 . La Chine a la capacité de production la plus élevée, estimée à environ 20 GWe en 2024 166 .
Malgré l’augmentation des capacités de production et l’accroissement de la taille des systèmes, les réductions de coûts attendues n’ont pas encore été réalisées. Cela est dû à l’inflation et à d’autres coûts tels que les coûts des composants auxiliaires, les coûts du raccordement électrique et les coûts indirects. Les études les plus récentes indiquent que les coûts liés aux dépenses en capital pour les systèmes alcalins de 100 MW s’élèvent à 3 050 EUR par kW et à 2 630 EUR par kW pour les systèmes de 200 MW 167 , soit au moins quatre fois plus qu’en Asie. Certains fabricants européens indiquent qu’ils ne trouvent pas suffisamment d’acheteurs pour leur production, ce qui a une incidence sur leur capacité à réduire les coûts d’investissement par kW et sur la viabilité de nombreux modèles économiques pour l’hydrogène renouvelable et bas carbone.
La croissance de l’offre en Europe ralentit. Cela est dû à des pénuries dans la chaîne d’approvisionnement en amont, à l’absence de volumes de demande appropriés et à la dépendance à l’égard des matières premières critiques (par exemple, les métaux du groupe platine) 168 et des composants 169 . Ces facteurs contribuent également à l’augmentation des coûts de fabrication. La compétitivité des entreprises européennes d’électrolyseurs est donc modérée. D’une part, des produits sont disponibles dans le commerce pour les principaux groupes d’électrolyseurs 170 , et les acteurs de l’UE sont bien placés en ce qui concerne les brevets de haute valeur 171 . D’autre part, les délais de mise en œuvre pour l’assemblage des empilements sont longs, la chaîne de valeur présente des faiblesses en amont et les systèmes plus coûteux ont une incidence sur la compétitivité des fabricants européens. Le modèle économique peut également être affecté par d’autres aspects, tels que les garanties accordées après la fabrication et les coûts d’exploitation élevés liés à la production d’hydrogène renouvelable.
Les coûts de l’électricité jouent un rôle important dans le coût actualisé de l’hydrogène (LCOH). En effet, l’électricité représente une part importante des coûts totaux, sa part relative variant selon les sites et les spécifications des électrolyseurs 172 . À titre d’exemple, dans le cadre des récents projets aux Pays-Bas, le LCOH 173 se situait entre 12 et 14 EUR/kg d’hydrogène pour l’électricité en mer pour les systèmes d’électrolyseurs de 100 à 200 MWe. Le LCOH dépendra dans une large mesure de la conception, de l’exploitation et de la localisation des projets.
Les défis qui subsistent en matière de recherche et d’innovation concernent le remplacement des «polluants éternels» utilisés dans les membranes, la diminution des coûts des systèmes, l’amélioration de leurs performances et de leur durée de vie, la réduction de la consommation d’eau douce et l’utilisation dans les secteurs d’utilisation finale à des prix compétitifs.
Les piles à combustible sont des systèmes permettant de produire efficacement de l’électricité à partir d’hydrogène propre. Elles apportent une valeur ajoutée en fournissant des solutions décarbonées pour les transports, le chauffage ou l’électricité hors réseau. Elles sont principalement utilisées dans les véhicules électriques, les bus et les trains régionaux à piles à combustible et, dans une moindre mesure, dans le chauffage, les machines et les solutions fixes d’alimentation électrique hors réseau. Dans l’UE, les normes d’émission et les prix du carbone créent des incitations supplémentaires aux investissements. En 2023, la capacité installée estimée était de 7,8 GW dans le monde, principalement en Asie (72 %), aux États-Unis et au Canada (18 %) et en Europe avec 0,6 GW (8 %) 174 , la majeure partie du marché se concentrant sur la mobilité 175 .
Les fabricants européens proposent des bus à piles à combustible, mais ces dernières sont, dans la plupart des cas, achetées auprès d’autres fournisseurs, notamment le Canada et le Japon. Des prototypes de piles à combustible sont mis au point dans l’UE pour les véhicules utilitaires lourds, car l’intérêt pour des transports propres augmente et le coût total de propriété pourrait atteindre la parité de coût avec les camions diesel après 2035. On estime que les véhicules utilitaires lourds à piles à combustible resteront plus chers que les véhicules électriques à batteries. Les piles à combustible utilisées pour le chauffage ne joueront probablement qu’un rôle de niche dans l’UE.
La résilience des chaînes de valeur, tant pour les électrolyseurs que pour les piles à combustible, doit être renforcée, de l’approvisionnement en matières premières à la fabrication en passant par la fourniture de composants, afin de raccourcir les délais de livraison de systèmes complets en Europe à des coûts compétitifs. La disponibilité de grandes quantités d’hydrogène renouvelable et bas carbone compétitif en matière de coûts demeure une priorité stratégique.
3.9.Technologies durables de biogaz et de biométhane
L’Europe dispose d’une industrie mature principalement pour la production d’électricité à partir de biogaz, avec des marchés en croissance dans le domaine du chauffage et des transports stimulés par l’injection de biométhane dans le réseau. Près de 50 % de la production se situe en Europe, l’Allemagne répondant à elle seule à 20 % de la demande mondiale 176 . La digestion anaérobie reste la principale technologie commerciale utilisée pour produire du biogaz, qui est ensuite transformé en biométhane. L’UE est l’un des principaux producteurs de biogaz et de biométhane, avec une production combinée d’environ 22,1 milliards de mètres cubes en 2023 177 . Elle joue également un rôle de premier plan dans la fabrication d’équipements. La capacité de production de biométhane de l’UE à partir de la digestion anaérobie était de 3,8 milliards de m³ en 2023, la production annuelle réelle étant estimée à 3,5 milliards de m³, mais la croissance de la capacité de production devrait augmenter d’un facteur de 5 d’ici à 2030 178 . Le taux de croissance actuel du biométhane dans l’UE suit de près les objectifs fixés pour 2030 dans les plans nationaux en matière d’énergie et de climat, sur la base de l’objectif du plan REPowerEU.
L’UE abrite des entreprises de premier plan au niveau mondial dans la production de biogaz et de biométhane et dans la fabrication de composants (par exemple, digesteurs, équipements de lavage du biogaz, gazéificateurs) 179 . De nouvelles voies sont en cours d’élaboration, l’UE étant chef de file 180 . Le programme Horizon de l’UE a investi plus de 120 millions d’EUR dans 20 projets innovants, faisant progresser la technologie dans ce domaine. Les technologies innovantes de production directe de biométhane, telles que la gazéification des résidus et des déchets de biomasse, ne sont pas encore largement démontrées dans l’UE (2 000 t/an de capacité de production installée et opérationnelle en 2023, bien que la production de biométhane devrait augmenter pour passer à 0,7 milliard de m³ en 2030 181 ). Les usines de production de bioGNL représentent une option intéressante dans l’UE, avec une capacité d’environ 7,3 TWh en 2023, qui devrait passer à 15,4 TWh d’ici à 2025 182 .
L’UE représente une part importante des investissements dans le biogaz et occupe la première place en ce qui concerne les brevets de haute valeur 183 . Les technologies du biogaz (digestion anaérobie et valorisation du gaz) ne présentent pas de dépendance critique à l’égard des matériaux, des composants ou des fournisseurs et ne dépendent pas des équipements, des matériaux ou des fournisseurs de technologies spécifiques à un gazéificateur 184 . L’UE ne dépend pas non plus des importations de matières premières biologiques 185 . Toutefois, des dépendances à l’égard de fournisseurs de pays tiers existent pour les moteurs à gaz et les turbines pour la production d’électricité, comme c’est le cas pour tous les combustibles gazeux.
Les coûts élevés entravent actuellement la poursuite du déploiement du biométhane, étant donné que le coût d’investissement d’une installation de digestion anaérobie pour produire du biogaz est d’environ 1 500 à 2 000 EUR/KW 186 et que le coût total de la production et de la valorisation du biogaz est estimé à environ 100 EUR/MWh 187 . De même, pour une installation de production de biométhane par gazéification, le coût d’investissement est compris entre 2 000 et 3 600 EUR/KW et le coût de production est d’environ 89 à 112 EUR/MWh 188 .
Afin de préserver la compétitivité de l’UE dans ce secteur, il convient de soutenir davantage l’innovation dans les technologies de production durable de biométhane à partir de la gazéification et de la valorisation du biogaz produit par digestion anaérobie afin d’accroître la capacité de production et de réduire les coûts de production. En outre, l’accès au réseau pour les installations de biogaz et de biométhane devrait être facilité.
3.10.Technologies de captage et de stockage du dioxyde de carbone (CSC)
Avec sa stratégie de gestion industrielle du carbone 189 adoptée en février 2024, l’UE expose la vision d’un cadre réglementaire et d’investissement solide pour les technologies de captage, de transport, d’utilisation et de stockage du carbone ainsi que pour les technologies d’élimination du carbone atmosphérique. Soutenue par le règlement pour une industrie «zéro net», qui fixe un objectif minimal de 50 millions de tonnes de capacité opérationnelle annuelle d’injection de CO2 dans les sites de stockage de l’UE d’ici à 2030 190 , la stratégie définit des actions concrètes pour soutenir les technologies de CSC.
L’UE occupe une bonne place en ce qui concerne les technologies de captage du CO2, cinq des 16 principaux fournisseurs de technologies de captage du CO2 énumérés étant des entreprises de l’UE 191 . Toutefois, en ce qui concerne le transport, le stockage et l’ensemble de la chaîne de valeur du CO2, l’Europe est à la traîne par rapport aux États-Unis et au Canada, étant donné que très peu d’entreprises fournissent ces technologies 192 . Ces dernières années, l’UE a rattrapé son retard en matière de dépenses publiques de R&D. En 2022, l’UE représentait environ 22 % des dépenses mondiales, juste devant le Canada et le Japon 193 , la majorité des investissements étant consacrés au stockage du CO2.
En 2023, le nombre de projets de CSC à différents stades de développement a doublé par rapport à l’année précédente et a atteint 392 installations dans le monde (119 projets se trouvant en Europe), soit 361 Mtpa de CO2 194 . En Europe, les projets de CSC à différents stades de développement soutiennent des industries telles que la production d’hydrogène, d’ammoniac et d’engrais (20 installations), la production d’électricité et de chaleur (19 installations), la production de ciment (17 installations) et la production de biomasse pour l’électricité/la chaleur (15 installations) 195 .
En Europe, sur 35 projets relatifs au transport et aux réseaux de transport du CO2 en cours de développement, plusieurs sont des projets d’intérêt commun (PIC) clés qui sous-tendent un réseau transnational de transport du dioxyde de carbone au sein de l’UE 196 . Si les capacités de stockage recensées continuent d’être concentrées en mer du Nord, de nouveaux sites pour les projets de CSC sur terre et en mer ont été répertoriés dans des États membres tels que la Bulgarie, la Croatie, la Grèce et l’Italie. En 2024, les premières licences d’exploration pour le stockage terrestre de CO2 ont été accordées au Danemark, ce qui a doublé le nombre total de licences d’exploration pour le stockage du CO2 197 . En janvier 2025, la Commission a octroyé un financement de 250 millions d’EUR au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe dans le domaine de l’énergie afin de soutenir la construction de trois projets et le financement de neuf études préparatoires pour des projets d’intérêt commun en matière d’infrastructures de CO2 198 .
L’UE est bien positionnée dans les secteurs essentiels de la fabrication de composants CSC pour les technologies de captage, telles que les solvants aminés utilisés pour l’absorption (la technologie la plus mature). Toutefois, elle n’opère pas à grande échelle et ne dispose pas encore de chaînes de valeur spécialisées. Après une période de stagnation au cours de la dernière décennie, la production de solvants aminés dans l’UE a atteint 260 millions d’EUR en 2023, soit une augmentation de 8 % par rapport à l’année précédente. L’UE est bien placée dans la mise au point de méthodes innovantes, notamment dans le domaine des membranes (polymères, céramiques) et des adsorbants, tandis que la Chine joue un rôle de premier plan au niveau mondial en ce qui concerne les articles évalués par les pairs. Les projets relevant du programme Horizon 2020 de l’UE devraient fortement améliorer les processus et faire en sorte que ces méthodes parviennent au stade commercial 199 .
Malgré la dynamique qui s’est déclenchée autour du CSC dans l’UE au cours de l’année écoulée, le rythme de déploiement du stockage du CO2 devra augmenter de manière exponentielle pour atteindre les volumes importants de captage du CO2 nécessaires à la réalisation des objectifs pour 2030, 2040 et 2050. L’UE met en place des mesures visant à accroître la visibilité de l’offre et de la demande de stockage et établit le cadre nécessaire à un accès ouvert et non discriminatoire et à une infrastructure multimodale de CO2. Ces mesures permettront de relever les principaux défis liés au déploiement de solutions de gestion industrielle du carbone, d’accroître la prévisibilité pour les investisseurs et de réduire les risques liés aux investissements. La Commission proposera de nouvelles mesures visant à encourager et à accroître le recours aux technologies de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC) 200 .
3.11.Technologies des réseaux électriques: lignes électriques et transformateurs
Le plan d’action de l’UE pour les réseaux 201 recense les tendances mondiales (par exemple, l’augmentation de la consommation d’électricité, la numérisation et l’intégration des énergies renouvelables), qui contribuent à accroître la demande mondiale de composants de réseau, y compris de lignes électriques et de transformateurs 202 . L’analyse par Europacable des plans décennaux de développement du réseau 2024 203 suggère que près de 100 000 km de nouvelles lignes de transport et câbles seront installés en Europe entre 2024 et 2033 (soit une révision à la hausse de 10 % par rapport au chiffre de 2022). En ce qui concerne le réseau de distribution, Eurelectric prévoit qu’une moyenne annuelle de 262 000 km de conducteurs devra être installée entre 2025 et 2050, y compris des nouvelles lignes et des remplacements 204 . En outre, le développement du réseau de distribution dans l’UE et en Norvège pourrait nécessiter à lui seul jusqu’à 172 000 unités de transformateurs, ajoutées chaque année entre 2025 et 2050, doublant ainsi leur nombre, qui passera de 4,5 millions à 9 millions d’ici le milieu du siècle 205 . Dans l’ensemble, la modernisation des infrastructures européennes de transport et de distribution d’électricité pourrait nécessiter jusqu’à 730 milliards d’EUR d’investissements jusqu’en 2040 206 .
L’UE compte des acteurs de premier plan présents de longue date sur le marché et dans les technologies des lignes électriques et des transformateurs. Le marché des fils et câbles électriques de l'UE est approvisionné principalement par des entreprises européennes, même si la pression concurrentielle d'acteurs internationaux pourrait augmenter entre le court le moyen termes. En ce qui concerne le marché européen des transformateurs, la situation est quelque peu différente: si quelques grandes entreprises multinationales dominent le segment des transformateurs de transport de grande taille, le segment des transformateurs de taille moyenne et les fabricants de transformateurs de distribution comprennent à la fois des fabricants nationaux historiques et des entreprises familiales européennes, ainsi que des concurrents internationaux.
Les chaînes d’approvisionnement en cuivre et en aluminium sont essentielles pour la fabrication. Alors qu’elles devraient rester en phase avec une croissance constante de la demande à court terme, la forte demande et la concentration de la production de cuivre affiné pourraient provoquer des perturbations sur le long terme 207 . Le principal composant de haute valeur des transformateurs, le noyau, est fabriqué à partir d’acier électrique à grains orientés. Selon les estimations, la valeur du marché mondial de l’acier électrique à grains orientés devrait presque doubler d’ici à 2032 208 , sous l’effet de la demande de l’industrie manufacturière de transformateurs. Bien que l’UE soit un producteur important, un grand nombre de ses fabricants de transformateurs dépendent des importations d’acier pour noyaux 209 .
La demande croissante de composants de réseau tels que les lignes électriques et les transformateurs a entraîné des retards de livraison, de longs délais d’exécution et de nouvelles hausses de prix. En réponse, plusieurs grands fabricants européens de câbles auraient commencé à mettre en œuvre des décisions d’investissement d’une valeur de 4 milliards d’EUR, contribuant ainsi au doublement des capacités de production de câbles à haute et à très haute tension en Europe 210 . Une enquête menée auprès de fabricants de transformateurs de l’UE et de pays tiers indique que l’on peut s’attendre à une augmentation de la capacité de production de 10 % à court terme (jusqu’en 2026), et jusqu’à 30 % d’ici 2030, si la tendance à la hausse de la demande se confirme 211 . Néanmoins, la demande devrait continuer de croître plus rapidement que l’offre dans les années à venir et dans les années 2030.
L’un des plus grands défis auxquels l’industrie est confrontée est la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Près de la moitié des fabricants de transformateurs interrogés ont fait état de capacités sous-utilisées en raison d’un manque de travailleurs qualifiés 212 . Dans son plan d’action pour les réseaux, la Commission a recensé des mesures visant à garantir que les réseaux électriques de l’UE fonctionneront plus efficacement et seront déployés plus rapidement 213 . Une coopération plus étroite entre les autorités publiques, les gestionnaires de réseau et les fournisseurs de technologies sera essentielle pour élaborer des spécifications technologiques communes, améliorer la visibilité des réserves de projets liés aux réseaux, faciliter les investissements dans les capacités de production et sécuriser les chaînes d’approvisionnement. Au cours du mandat actuel, la Commission examinera le cadre juridique des réseaux européens afin de soutenir l’électrification et d’accélérer l’octroi de permis 214 . La Commission présentera un plan d’action en faveur de l’électrification afin de soutenir l’électrification dans tous les secteurs d’utilisation finale et proposera un train de mesures sur les réseaux européens afin de moderniser et d’étendre son réseau d’infrastructures de transport et de distribution d’énergie.
3.12.Technologies de l’énergie nucléaire de fission
Les centrales nucléaires font partie des technologies qui fournissent de l’électricité à faible intensité de carbone intégrable dans un système d'appel modulable 215 . Le coût unitaire de l’électricité produite à partir de centrales nucléaires se situe généralement entre celui des énergies renouvelables et celui des technologies fossiles. Les centrales nucléaires ont produit 22,8 % de l’électricité dans l’UE en 2023, soit une légère hausse par rapport aux 21,9 % de 2022 216 rendue possible par trois leviers: prolongation de la durée de vie, construction de nouvelles grandes centrales nucléaires et déploiement de petits réacteurs modulaires (PRM).
La plupart des nouveaux réacteurs en cours de construction sont situés en Asie. Début 2024, la capacité des réacteurs en construction dans le monde atteignait environ 61 GW, dont plus de la moitié en Chine et en Inde. L’UE conserve un fabricant de réacteurs actifs 217 , qui construit 5,3 % de la capacité susmentionnée 218 . Cela illustre la nécessité pour l’industrie de l’UE d’améliorer sa compétitivité conformément aux objectifs du règlement pour une industrie «zéro net».
En 2024, la Commission a lancé l’alliance industrielle européenne pour les PRM afin de faciliter leur déploiement d’ici le début des années 2030 et de soutenir un écosystème européen compétitif 219 . Les PRM se caractérisent par des conceptions innovantes et sont construits autour de composants modulaires susceptibles d’être produits en série. Ils n’ont pas encore été déployés dans l’UE, bien que les premiers PRM soient déjà en service en Chine et en Russie 220 .
Pour atteindre la capacité prévue dans l’UE, il est nécessaire d’augmenter les capacités de production 221 . En outre, il convient de remédier au vieillissement de la main-d’œuvre dans le secteur en attirant des personnes qui entrent sur le marché du travail et en procédant à la reconversion professionnelle des travailleurs d’autres industries. Les programmes de développement des compétences propres au nucléaire doivent être encouragés. La diversification de la chaîne d’approvisionnement du combustible nucléaire, des services liés au cycle du combustible et des pièces détachées doit se poursuivre afin de remédier aux dépendances à l’égard d’un seul partenaire non fiable, en particulier à l’égard de la Russie 222 . Il convient de continuer à mettre l’accent sur le maintien de la sûreté nucléaire, sur la diversification des approvisionnements, sur la gestion sûre des déchets et sur la progression des nouvelles technologies 223 . Toute utilisation future du nucléaire doit être subordonnée au respect des normes de sûreté nucléaire les plus strictes, ainsi qu’à l’élimination sûre de tous les types de déchets nucléaires et de combustible usé.
3.13.Hydroélectricité
La capacité hydroélectrique mondiale était de 1 416 GW en 2023 224 , une capacité supplémentaire d’environ 160 GW (dont environ 15 à 16 GW en Europe) étant prévue aux alentours de 2030 225 . L’hydroélectricité à accumulation par pompage demeure la technologie de stockage d’énergie la plus courante, représentant plus de 90 % de l’ensemble des installations de stockage à l’échelle du réseau dans le monde et une capacité de pompage de 46 GW installée dans l’UE 226 . Alors que les entreprises de l’UE sont actives dans le monde entier sur de nouveaux projets hydroélectriques, l’UE met l'accent en particulier sur la modernisation et la rénovation d'installations existantes, qui représentent environ 153 GW de capacité installée 227 .
L’industrie manufacturière européenne de composants hydroélectriques reste forte en 2024, ce qui laisse entrevoir des perspectives positives en ce qui concerne les progrès vers la réalisation des objectifs du règlement pour une industrie «zéro net». Si la chaîne d’approvisionnement de l’UE est bien développée, il existe un risque de dépendance future à l’égard des aimants permanents en tant que composants 228 . La valeur des pièces et turbines fabriquées dans l’UE s’élevait à 605 millions d’EUR en 2023, mais l’excédent commercial a considérablement diminué ces dernières années pour retomber à 213 millions d’EUR en 2023, contre un pic de 466 millions d’EUR en 2015. Cela se reflète également dans la part de l’UE dans les exportations mondiales, qui est toutefois restée élevée, à 44 % entre 2021 et 2023 229 . La perte de valeur de la production au cours des dernières années montre que, si l’industrie de l’UE reste compétitive, elle est confrontée à une concurrence mondiale accrue, étant donné notamment que la Chine a développé sa position dans le domaine de la technologie hydroélectrique 230 .
Si l’industrie hydroélectrique de l’UE continue de jouer un rôle de premier plan au niveau mondial, on peut s’attendre à ce que cette situation soit remise en question à moyen et à long terme. À cet égard, un problème particulier pour l’industrie de l’UE est le potentiel plus faible de nouveaux projets hydroélectriques en Europe, où la recherche de nouveaux sites hydroélectriques durables reste un défi majeur. Un autre défi pour la production hydroélectrique de l’UE consiste à maintenir les compétences dans ce secteur.
L’UE doit conserver une position de premier plan au niveau mondial dans le domaine de l’hydroélectricité en investissant davantage dans la recherche et l’innovation que ses concurrents mondiaux et en préservant son marché intérieur avec de nouveaux investissements. En particulier, il existe un potentiel inexploité d’expansion de l’hydroélectricité à accumulation par pompage qui permettrait de contribuer à accroître la flexibilité du réseau, y compris en modernisant les installations hydroélectriques existantes.
3.14.Carburants de substitution durables
231 Les carburants de substitution durables, tels que définis dans le règlement pour une industrie «zéro net», sont des carburants durables et bas carbone destinés à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs aérien et maritime. L’UE est bien positionnée dans ces technologies, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour développer une production de masse compétitive dans l’UE. Dans l’ensemble, l’UE possède actuellement un avantage technologique en matière de production: elle possède la plupart des installations commerciales qui existent dans le monde et joue un rôle important dans le développement de technologies nouvelles et innovantes.
232 233 234 Le carburant issu d'esters et d'acides gras hydrotraités (HEFA) est actuellement la seule technologie entièrement commercialisée pour les carburants d’aviation. Bien qu’il n’existe actuellement aucune production essentielle de carburants durables d’aviation (CDA) dans l’UE, les installations de production de carburants issus d’huiles végétales hydrotraitées (HVO) existantes pourraient être modernisées pour produire environ 1,07 Mtep de carburants HEFA avancés par an. Cela représenterait plus du double de la production totale de carburants durables d’aviation dans le monde en 2023 et moins de la moitié de la demande générée par les politiques de l’UE. La production de l’UE à partir de matières premières éligibles issues de la biomasse devrait passer à 1,5 Mtep par an d’ici à 2030. Pour l'usage maritime, l’UE produit actuellement 0,1 Mtep par an à partir de matières premières à base de déchets. Une augmentation à 2,1 Mtep par an est prévue pour 2030, soit environ la moitié de la demande générée par les politiques de l’UE. Selon les prévisions annoncées de l’industrie, la production de kérosène de synthèse atteindra 1 129 Mtep par an d’ici à 2023, tandis que la production de méthanol de synthèse et d’ammoniac de synthèse s’élèvera à 1 464 Mtep par an. Cela représente respectivement environ 3 % et 4 % de la demande prévue de l’UE.
235 Sur les 28 installations commerciales (NMT 9) produisant des carburants durables d’aviation à l’échelle mondiale, 15 sont situées dans l’UE (dont 14 installations HEFA) et 6 aux États-Unis. Il existe également 6 installations précommerciales (NMT 8) pour le carburant HEFA et les technologies avancées dans l’UE, contre 4 aux États-Unis. En ce qui concerne l’usage maritime, seules 3 installations de biométhane innovantes opérationnelles (NMT 8) existent (1 dans l’UE). Cela illustre la compétitivité actuelle de l’UE dans ce secteur émergent et la nécessité d’accélérer la commercialisation de technologies avancées pour la maintenir.
236 Il n’existe pas de dépendance critique à l’égard des technologies, étant donné que de nombreux développeurs de technologies et fabricants d’équipements se trouvent dans l’UE, et le risque de dépendance à l’égard des matières critiques est faible. Pour les technologies avancées en matière de biocarburants, il n’y a pas de dépendance critique à l’égard des importations de matières premières. En revanche, pour les carburants renouvelables d’origine non biologique, il existe une dépendance critique à l’égard des pays tiers produisant des matériaux de catalyse (cobalt, chrome, vanadium et tungstène), ainsi que de la disponibilité de l’électricité renouvelable, de l’hydrogène renouvelable (voir la section 3.8 sur les technologies de l’hydrogène) et du CO2 utilisé comme matière première.
237 238 Les coûts de production varient d’une technologie à l’autre et demeurent un défi, étant donné que ces technologies doivent encore être développées pour atteindre une échelle commerciale. Le coût pour le HVO provenant de matières premières avancées varie entre 15 et 32 EUR par MWh, et pour le biométhanol obtenu par gazéification, entre 89 et 112 EUR par MWh. Le coût des carburants renouvelables d’origine non biologique dépend largement du coût de l’hydrogène renouvelable, de l’électricité et du CO2 et est compris entre 90 et 180 EUR par MWh pour l’usage maritime, mais il est beaucoup plus élevé pour le kérosène de synthèse produit à partir de méthanol de synthèse.
239 Les prix des CDA sont actuellement 3 à 10 fois plus élevés que ceux des carburants conventionnels, même s’ils devraient diminuer considérablement à mesure que les technologies de production se développent. La poursuite des activités de recherche et d’innovation pourrait réduire considérablement les coûts. Combinée à la mise en place d'installations de démonstration et d’installations se trouve au début du stade commercial pour réduire les coûts d’investissement et d’exploitation, une réduction de 5 à 27 % des coûts de production globaux pourrait être obtenue. En outre, des marchés et des installations de production de carburants renouvelables pour le transport routier, l’aviation et le transport maritime pourraient être développés en parallèle afin de créer des synergies entre tous les secteurs des transports. Par exemple, la production de carburants d’aviation par l’intermédiaire de nombreuses filières avancées de biocarburants crée un marché de sous-produits pour le diesel vert (pour les camions) et le naphta (pour les navires). L’exploitation de la valeur économique des sous-produits peut entraîner une réduction du coût du carburant primaire. Les synergies entre les biocarburants avancés et les carburants renouvelables d’origine non biologique sont également essentielles pour l’utilisation de l’hydrogène vert, du CO2 biogénique, et des technologies connexes.
3.15.Technologies de récupération de la chaleur industrielle excédentaire
Les technologies permettant de récupérer la chaleur excédentaire issue des processus industriels sont essentielles pour accroître l’efficacité énergétique dans l’industrie 240 . Plusieurs techniques existent. En général, la chaleur est d’abord extraite (par exemple des gaz d’échappement) au moyen d’échangeurs de chaleur. Elle peut ensuite être transférée localement vers un autre procédé (par exemple, le préchauffage des matières premières), soit directement, soit par l’intermédiaire d’un fluide, ou exporté vers un réseau de chauffage urbain. La chaleur récupérée peut être valorisée (par exemple, au moyen de pompes à chaleur, voir section 3.6) pour être utilisée à une température plus élevée ou convertie pour la réfrigération. La chaleur peut également être convertie en énergie mécanique ou électrique.
La présente section se concentre sur la récupération de la chaleur et la conversion en énergie électrique au moyen de la technologie du cycle de Rankine, qui utilise la chaleur pour détendre un fluide en vue d’entraîner une turbine et un générateur électrique. Tant les cycles organiques de Rankine (organic Rankine cycle, ORC) que les cycles de Rankine à vapeur (steam Rankine cycle, SRC) sont disponibles sur le marché, tandis que la recherche et l’innovation continuent à améliorer les ORC. La technologie du cycle au CO2 supercritique (sCO2) pourrait être plus efficace et plus compacte, mais elle n’est pas encore parvenue à maturité.
Dans l’UE, le potentiel théorique de la chaleur industrielle excédentaire a été estimé à 920 TWh par an, ce qui correspond à un potentiel lié à l'efficacité de Carnot de 279 TWh 241 . Selon les estimations, l’excédent d’énergie provenant des processus industriels dans l’UE pourrait être converti en 150 TWh d’électricité chaque année par les centrales à ORC 242 .
Le marché mondial des installations ORC a été estimé à 750 millions d’EUR en 2023 et sa croissance devrait se poursuivre 243 . Cette technologie s’applique principalement à l’énergie géothermique (77 %), à la récupération de chaleur industrielle excédentaire (11 %) et à la biomasse (10 %) 244 . Les principaux composants des systèmes ORC et SRC sont les échangeurs de chaleur, les condenseurs, les pompes d’alimentation et les turbines couplées à des générateurs. Les matériaux utilisés sont l’acier, l’aluminium et les fluides (organiques), ainsi que le cuivre et les aimants pour le générateur, et d’autres composants pour l’électronique de contrôle.
L’Europe compte un grand nombre de fabricants de systèmes ORC et d'activités d’innovation dans ce domaine. Une entreprise américaine et deux entreprises européennes dominent le marché mondial de l'ORC et détiennent la majorité du marché (78 % pour la période 2016-2020) 245 . L’Europe joue un rôle de premier plan dans les activités de R&D dans le domaine de l'ORC 246 , mais l’intérêt a augmenté à l’échelle mondiale et le nombre de documents scientifiques sur le sujet a plus que doublé par rapport à la période 2014-2018, pour atteindre 3 329 en 2019-2023. Parmi ces publications, 523 ont été publiées dans l’UE, derrière la Chine (860) et devant l’Iran (368), le Royaume-Uni (176) et les États-Unis (165) 247 .
Certains obstacles au déploiement du cycle de Rankine et d’autres technologies de récupération de chaleur continuent d’entraver la poursuite du développement de l’industrie. Les coûts initiaux et de maintenance de la récupération de chaleur, ainsi que le prix de l’électricité produite, peuvent être très différents, ce qui entraîne des périodes d’amortissement différentes 248 , tandis que la disponibilité future de la fourniture de chaleur peut être incertaine en raison de changements potentiels dans le processus industriel concerné (par exemple, l’électrification).
Les conditions propres au processus et au site augmentent l’effort nécessaire pour planifier, concevoir et installer des systèmes de récupération de chaleur. Le déploiement et la chaîne d’approvisionnement de la récupération de chaleur excédentaire bénéficieraient de composants plus normalisés, conçus pour répondre aux besoins de la plupart des installations d’un sous-secteur industriel donné. Au niveau de l’UE, davantage d'échanges entre les fournisseurs de technologies et les secteurs d’utilisation finale, potentiellement dans le cadre du plan stratégique pour les technologies énergétiques, pourraient contribuer à accélérer le déploiement et à renforcer la compétitivité de l’UE.
4.Conclusions
Le secteur des technologies «zéro net» ouvre des perspectives économiques considérables pour l’UE et est essentiel à la transition énergétique. Le marché mondial des principales technologies énergétiques propres pourrait presque tripler et atteindre environ 1 900 milliards d’EUR d’ici à 2035 249 . L’industrie de l’UE est susceptible de jouer un rôle clé dans la fourniture de ces technologies, grâce à une base industrielle toujours solide et à ses performances en matière de recherche et d’innovation (R&I). Il n'y a pas d’autre domaine technologique susceptible de connaître une croissance aussi rapide et dans lequel l’UE pourrait être aussi bien placée.
L’UE reste l’un des plus grands marchés mondiaux pour les technologies «zéro net». Les sources d’énergie renouvelables sont très compétitives sur le plan des coûts dans l’UE et ont atteint un niveau record de déploiement, fournissant 48 % de l’électricité dans l’UE en 2024. Dans le même temps, les prix de l’énergie dans l’UE restent nettement plus élevés que dans de nombreuses autres grandes économies, en particulier les États-Unis et la Chine. Il s’agit d’un désavantage structurel pour l’industrie de l’UE, et en particulier pour ses industries à forte intensité énergétique, mais aussi pour la compétitivité de nombreux fabricants dans le secteur des technologies «zéro net» de l’UE. Alors que l’UE poursuit sa transition énergétique, accroît l’électrification et réduit sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles, les technologies «zéro net» deviendront encore plus pertinentes. La compétitivité des fabricants de l’UE déterminera si une partie essentielle de cette transition sera réalisée dans l’UE ou si elle sera importée. Il s’agit non seulement d’une question de sécurité de l’approvisionnement, mais aussi de prospérité et d’emploi.
L’UE reste bien placée dans la recherche sur les technologies énergétiques propres, mais continue d’accuser un retard en ce qui concerne les investissements privés dans la R&I. Horizon Europe continue de soutenir la R&I dans les technologies énergétiques propres et leur compétitivité, y compris les efforts visant à mobiliser les investissements privés au moyen de partenariats européens. Dans le même temps, les défis de longue date liés aux investissements privés dans la R&I et à l’expansion des entreprises continuent de freiner l’UE. En 2023, l’UE est mieux parvenue à attirer du capital-risque dans le secteur des technologies énergétiques propres, mais cela s’explique par un nombre limité d’accords majeurs. Il s’agit d’un facteur clé expliquant la baisse du capital-risque dans le secteur, comme le montrent les données préliminaires pour 2024. Cela souligne également la nécessité de poursuivre les efforts de l’UE pour mobiliser des financements privés permettant aux entreprises de se développer.
Face à une concurrence de plus en plus compétitive en matière de coûts, l’UE risque de perdre encore du terrain au niveau de la compétitivité et de la fabrication. La Chine domine déjà la production mondiale de panneaux solaires et de batteries et devrait considérablement accroître ses capacités de production de nouvelles technologies énergétiques propres dans les années à venir. Les problèmes actuels que rencontre l’industrie émergente des batteries de l’UE pour augmenter sa production montrent les énormes défis que pose le renforcement des capacités de production de technologies à grande échelle, dont le centre de gravité et le savoir-faire en matière de fabrication ne se trouvent plus en Europe, malgré d’importants investissements publics et privés. Les prochaines années seront cruciales pour déterminer si l’expertise existante de l’UE en matière de R&I dans le domaine du solaire et des batteries peut contribuer à relancer ces secteurs dans l’UE, par exemple en recherchant des solutions nécessitant moins de matières premières critiques.
L’UE conserve une position de force dans la fabrication de plusieurs technologies «zéro net», dont l’énergie éolienne et les pompes à chaleur. Ces deux technologies continueront de gagner en importance à l’échelle mondiale, et les estimations indiquent une sous-capacité potentielle de production par rapport à la demande mondiale attendue. Alors que l’industrie éolienne de l’UE reste bien positionnée, les concurrents chinois ont commencé à pénétrer sur les marchés mondiaux, où les entreprises de l’UE ont déjà perdu des parts de marché ces dernières années. Les solutions de pompes à chaleur joueront un rôle essentiel pour répondre aux besoins de chauffage tant domestique qu’industriel à l’avenir. L’UE conserve une position forte, mais le secteur a besoin d’un nouvel élan. Un soutien supplémentaire à ces industries stratégiques sera nécessaire pour renforcer les chaînes de valeur de l’UE.
Il existe d’autres technologies établies pour lesquelles des industries européennes compétitives présentent un potentiel de croissance. L’Union dispose d’une industrie du biogaz et du biométhane mature. Les entreprises établies dans l’UE occupent également une position de force dans l’approvisionnement en composants de réseaux électriques, qui font l’objet d’une demande mondiale croissante à mesure que l’électrification progresse. Toutefois, le secteur est susceptible de subir de nouvelles pressions concurrentielles à l’avenir. Comme de nombreuses autres technologies «zéro net», la fabrication de composants de réseau est fortement dépendante des matériaux, tels que le cuivre et l’acier spécial. L’industrie de l’UE possède une longue tradition dans le domaine de l’hydroélectricité, mais elle a perdu des parts de marché au niveau mondial ces dernières années. Il existe un potentiel inexploité dans le domaine de l’hydroélectricité dans l’UE également. L’extension de l’hydroélectricité à accumulation par pompage, y compris au moyen de la modernisation des installations existantes, pourrait contribuer à accroître la flexibilité du réseau.
En outre, plusieurs technologies sont encore émergentes et nécessitent un soutien supplémentaire pour démontrer leur potentiel commercial. Il s’agit de technologies telles que les technologies de l’énergie océanique, les petits réacteurs modulaires, les carburants de substitution durables, ainsi que le captage et le stockage du carbone. Ces technologies nécessitent un soutien ciblé pour pouvoir accroître leur viabilité commerciale et les déployer à plus grande échelle.
L’innovation a un rôle central à jouer pour stimuler la compétitivité de l’UE, à la fois pour mettre sur le marché de nouvelles technologies et pour améliorer les solutions existantes. La R&I est nécessaire pour renforcer l’efficacité et pourrait limiter la dépendance à l’égard des matières premières critiques, telles que le lithium dans la technologie des batteries. Des efforts supplémentaires sont également nécessaires pour accroître la circularité et la durabilité, par exemple en luttant contre l’utilisation des PFAS dans les électrolyseurs. À mesure que les investissements mondiaux dans les technologies «zéro net» se développent, l’UE devra redoubler d’efforts pour rester à la pointe de la R&I. Cet impératif transparaît dans l’axe d’action défini par la boussole pour la compétitivité visant à combler l’écart en matière d’innovation. Le plan stratégique pour les technologies énergétiques, récemment renforcé, a un rôle essentiel à jouer pour coordonner et aligner les priorités en matière de recherche, en réunissant les parties prenantes publiques et privées, et pour accroître l’efficacité des dépenses de R&I dans l'ensemble des États membres, y compris dans le cadre du partenariat européen pour la transition vers une énergie propre 250 .
Pour tirer pleinement parti des avantages économiques de la transition énergétique mondiale, il est essentiel que l’UE augmente ses capacités de production. Une approche fondée sur la chaîne de valeur reste essentielle, en tenant compte de l’ensemble de la chaîne, des matières premières à la fabrication et à l’installation finale, en passant par les industries à forte intensité énergétique pour les matériaux. Les pénuries de compétences resteront un autre défi de taille dans les années à venir, auquel il convient de remédier pour que le secteur puisse prospérer.
La mise en œuvre du règlement pour une industrie «zéro net» peut jouer un rôle clé dans la fourniture d’un soutien coordonné à la production de technologies «zéro net» dans l’UE. Pour ce faire, il conviendra de recourir à tous les outils qu’il fournit, de l’octroi des permis à l’utilisation de critères autres que le prix dans les procédures de passation de marchés publics et d’enchères. La plateforme «Europe zéro net» a un rôle important à jouer pour coordonner les politiques dans l’UE et collaborer avec l’industrie. Avec l’entrée en vigueur du règlement pour une industrie «zéro net», le présent rapport sur les progrès réalisés en matière de compétitivité a été désigné comme son principal outil de suivi. Dans les années à venir, le rapport continuera de suivre de près les évolutions liées à la compétitivité de l’UE dans le domaine des technologies «zéro net» et d’examiner les questions relatives à la mise en œuvre du règlement pour une industrie «zéro net».
Avec la boussole pour la compétitivité, le pacte pour une industrie propre et le plan d’action pour une énergie abordable, la Commission a placé le renforcement de la compétitivité de l’UE au centre de ses plans pour les années à venir. Ensemble, ces trois documents définissent des actions clés qui s’appuient sur le secteur des technologies «zéro net» et le renforcent. Il s’agit notamment de la feuille de route commune pour la décarbonation et la compétitivité de l’industrie de l’UE prévue par le pacte pour une industrie propre, et des actions visant à améliorer l’accès à une énergie abordable décrites dans le plan d’action pour une énergie abordable.
Dans ce contexte, la Commission continuera de soutenir les technologies «zéro net», à la fois en tant que secteur industriel important et en tant que technologies génériques pour la décarbonation de l’économie dans son ensemble, ce qui nécessitera la poursuite d'efforts coordonnés au niveau de l’UE et au niveau national.
Conseil européen (2024), Conclusions de la réunion extraordinaire du Conseil européen (17 et 18 avril 2024); Conseil européen (2024), Déclaration de Budapest sur le nouveau pacte pour la compétitivité européenne (7 et 8 novembre 2024).
COM(2025) 30 final et COM(2025) 26 final.
Mario Draghi, The future of European competitiveness , 2024.
Enrico Letta, Much more than a market , 2024.
[ESPACE RÉSERVÉ POUR LA RÉFÉRENCE AU PACTE POUR UNE INDUSTRIE PROPRE].
[ESPACE RÉSERVÉ POUR LA RÉFÉRENCE AU PLAN D’ACTION POUR UNE ÉNERGIE ABORDABLE].
JO L, 2024/1735, 28.6.2024, article 5.
Pour en savoir plus et consulter les rapports du CETO: Observatoire des technologies énergétiques propres .
Eurostat ( nrg_pc_204 ), consulté le 12.2.2025.
Eurostat ( nrg_pc_205 ), consulté le 12.2.2025.
Eurostat, Statistiques sur les prix de l’électricité . Remarque: les prix se réfèrent à la tranche de consommation ID, les prélèvements récupérables étant déduits.
Données de 2022 fondées sur Eurostat .
Les données pour 2023 et 2024 figurant dans ce paragraphe sont fondées sur la plateforme de transparence du REGRT‑E .
COM(2025) 26 final.
La méthode des coûts totaux moyens actualisés de l’énergie produite (LCOE) permet de comparer le coût moyen de production d’une unité d’électricité (généralement mesurée en mégawattheures, MWh) sur toute la durée de vie d’un actif ou d’un projet de production d’électricité, en tenant compte de tous les coûts liés à la construction et à l’exploitation de la centrale électrique [dépenses en capitaux, coûts d’exploitation et de maintenance, frais de combustible (le cas échéant), coûts de financement et coûts de déclassement (le cas échéant)].
Conformément à: Gasparella, A., Kostolen, D. et Zucker, A., The Merit Order and price setting Dynamics in European Electricity Markets, Office des publications de l’Union européenne, 2023. Calcul fondé sur les coûts annualisés pour l’année 2023. Les Capex et Opex sont basés sur le scénario de référence PRIMES pour la fixation d'un objectif climatique à l’horizon 2040, annualisés en fonction des durées de vie techniques et du coût moyen pondéré du capital. Les coûts annualisés sont actualisés à l’aide de facteurs de capacité dérivés du modèle METIS. Les coûts variables sont basés sur les prix des matières premières en 2023, les Opex variables et la distribution appliquée dans la simulation METIS.
Mario Draghi, The future of European competitiveness , 2024.
AIE, Energy Technology Perspectives, 2024. Estimations du marché mondial pour l’énergie solaire photovoltaïque, l’énergie éolienne, les véhicules électriques, les batteries, les électrolyseurs et les pompes à chaleur. Le rapport fait état d’un montant de 2 000 milliards d’USD, converti en EUR à la fin de 2024.
Commission européenne, Rapport annuel 2025 sur le marché unique et la compétitivité , voir ICP 18 sur l’électrification.
En utilisant le taux de change moyen de 0,9239 EUR pour1 dollar US sur l’année 2024, sur la base des données de la BCE .
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Pour de plus amples informations, voir la section suivante sur l’énergie solaire photovoltaïque.
BloombergNEF, Trade & Supply Chains: 10 Things to Watch in 2025, 2025.
Kiel Institute for the World Economy, Foul Play? On the Scale and Scope of Industrial Subsidies in China, 2024.
JO L, 2024/2754, 29.10.2024.
Pour en savoir plus: https://international-partnerships.ec.europa.eu/policies/global-gateway_fr .
COM(2025) 30 final.
Pour en savoir plus: Exploring investments 2021-2027 – Cohesion policy support to climate action .
Voir la section sur les technologies des pompes à chaleur au chapitre 3 du présent rapport.
BloombergNEF, Energy Transition Investment Trends 2025, 2025. Les données couvrent la production au regard de parties essentielles des batteries (y compris les mines et les raffineries), de l’énergie solaire photovoltaïque, de l’énergie éolienne et de la chaîne d’approvisionnement en hydrogène. Conversion au taux de change moyen de 0,9239 EUR pour 1 dollar US sur l’année 2024, sur la base des données de la BCE .
Agence internationale de l’énergie (AIE), Advancing Clean Technology Manufacturing, 2024.
BloombergNEF, Energy Transition Investment Trends 2025, 2025. Les données couvrent la production au regard de parties essentielles des batteries (y compris les mines et les raffineries), de l’énergie solaire photovoltaïque, de l'énergie éolienne et de la chaîne d’approvisionnement en hydrogène.
AIE, Advancing Clean Technology Manufacturing, 2024.
Avec un taux de change moyen de 0,9239 EUR pour 1 dollar US sur l’année 2024, sur la base des données de la BCE .
AIE, Advancing Clean Technology Manufacturing, 2024.
AIE, Advancing Clean Technology Manufacturing, 2024.
Ecorys, The Net-Zero manufacturing industry landscape across Member States - Rapport final, 2025. Liste non exhaustive d’exemples.
Ibidem.
Ibidem.
Mario Draghi, The future of European competitiveness , 2024.
Orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2024-2029 .
JO L, 2024/1735, 28.6.2024, article 2, paragraphe 3.
Voir: https://single-market-economy.ec.europa.eu/industry/strategy/energy-intensive-industries_en .
Mario Draghi, The future of European competitiveness , 2024.
Ibidem.
IRENA et OIT, Renewable energy and jobs: Annual review 2024, 2024.
Solar Power Europe: EU Solar Jobs Report 2024 – a solar workforce ready for stronger growth, 2024.
Association européenne des pompes à chaleur, European Heat Pump Market and Statistics Report 2024 , 2024.
Eurostat (jvs_q_nace2) , consulté le 13.2.2025.
Commission européenne, DG ECFIN, base de données des enquêtes auprès des entreprises et des consommateurs, données sous-sectorielles . Le code «NACE 27: fabrication d’équipements électriques», est utilisé comme indicateur représentatif pour l’industrie manufacturière dans le domaine des énergies propres, étant donné que de nombreuses technologies énergétiques propres relèvent de cette catégorie.
AIE, World Energy Employment, 2024; Cedefop, Electroengineering workers: skills opportunities and challenges, 2023.
Rapports des États membres sur les plans nationaux en matière d’énergie et de climat, dans lesquels des informations sont fournies.
COM(2024) 131 final.
Commission européenne, direction générale de la recherche et de l’innovation, Science, research and innovation performance of the EU 2024 , 2024.
Il n’est pas facile d’obtenir des informations actualisées, solides et comparables sur les tendances en matière de R&I dans le domaine des technologies énergétiques propres. Cela s’explique, en partie, par le décalage temporel inhérent à certaines statistiques, mais aussi par le fait qu’il n’existe pas toujours de définition claire des domaines technologiques concernés et que ceux-ci sont souvent à cheval sur plusieurs domaines plus larges, tels que l’énergie, les transports ou l’environnement bâti. En raison de la fragmentation des rapports, il est difficile d’avoir une vue d’ensemble cohérente et c’est l’un des domaines qui nécessitent une attention particulière, afin d’améliorer le suivi et la coordination dans le domaine de la R&I. Voir également SWD(2023) 646 final.
COM(2015) 80 final.
Une part importante de l’augmentation en 2021 et 2022 est due à une modification dans la portée des données communiquées par l’Espagne et à des révisions effectuées par la France. Ces deux États membres ont représenté une part supplémentaire de 1 milliard d’EUR d’investissements dans la R&D en 2022; la France représente également une grande partie de l’augmentation de 2023. Source: Agence internationale de l’énergie (AIE), Energy Technology RD&D Budgets - Database documentation , 2024.
22 États membres sont membres de l’AIE: AT, BE, CZ, DE, DK, EL, ES, FI, FR, HU, IE, IT, LT, LU, NL, PL, PT, SE, SK (EL et LU ne font pas rapport, IT n'a pas rendu son rapport). Pour 2022, BE, DE, EE, ES, FR, LT, IE, PL, PT et FI ont fait part d’une augmentation à l’AIE pour 2022. À ce jour, AT, BE, FR, LT, IE et SK ont fait part d’une augmentation pour 2023.
Adapté de: Agence internationale de l’énergie (AIE), IEA energy technology RD&D budgets database , 2024. Estimations des dépenses publiques de R&I pour les États-Unis, sur la base des données de l’AIE et de Myslikova, Z., Gallagher, K. S., Zhang, F., Narassimhan, E., Oh S., et Chi, K., Global Public Energy RD&D Expenditures Database , 2024.
Mission Innovation, Country Highlights , 2020. Estimation des dépenses publiques de R&I pour la Chine, sur la base des données fournies pour les années précédentes et d'autres sources.
Commission européenne, Centre commun de recherche, SET Plan information system Research and Innovation Data ; les investissements privés dans la R&I sont une estimation de la tendance sur 5 ans.
Commission européenne, Centre commun de recherche, 2024 EU industrial R&D investment scoreboard , 2024.
Commission européenne, Centre commun de recherche, 2023 EU Industrial R&D Investment Scoreboard , 2023.
Mario Draghi, The future of European competitiveness , 2024.
Commission européenne, Centre commun de recherche, 2024 EU industrial R&D investment scoreboard , 2024.
Commission européenne: direction générale de la recherche et de l’innovation, Align, act, accelerate – Research, technology and innovation to boost European competitiveness , 2024.
Ibidem.
Cervantes, M. et al., Driving low-carbon innovations for climate neutrality, OECD Science, Technology and Industry Policy Papers , nº 143, 2023.
JRC, sur la base de tous les dépôts inclus dans l’édition du printemps 2024 du Patstat de l’OEB. Constatations établies pour les trois années les plus récentes couvertes par des statistiques complètes (2018-2020) afin d’éviter une distorsion des tendances due au décalage des données. Pour en savoir plus: Patent-Based Indicators: Main Concepts and Data Availability .
COM(2023) 634 final.
JO L, 2024/1735, 28.6.2024.
Commission européenne, Centre commun de recherche, Kuzov, T., Letout, S., Georgakaki, A., Volt, S., Tumara, D., Martinez Castilla, G., Lauritzen, A., Sobczak, A., Paunescu, G., Fromentin, M., Degiorgis, E., Volkanovski, A., Tzimas, E., SET Plan Progress Report , 2024.
Voir Orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2024-2029 ; COM(2025) 30 final .
Commission européenne, Science, research and innovation performance of the EU – A competitive Europe for a sustainable future , 2024.
Sélection du JRC sur la base des secteurs d’activité verticaux définis par PitchBook et des analyses approfondies effectuées pour le CETO et du tableau de bord européen de la compétitivité pour une industrie neutre pour le climat. Pour plus de détails, voir la publication de la Commission européenne: JRC, Georgakaki, A., Taylor, N., Ince, E., Koukoufikis, G., Kuokkanen, A., Kuzov, T., Letout, S., Mountraki, A., Murauskaite-Bull, I., Mancini, L., Miletic, M., Pennington, D., Ozdemir, E. et Terça, G., CETO, Overall Strategic Analysis of Clean Energy Technology in the European Union, 2024.
Sur la base des données de Pitchbook, données partielles de 2024 extraites en janvier 2025, sélection du JRC pour le CETO.
JO L, 2024/795, 29.2.2024. Pour en savoir plus: https://strategic-technologies.europa.eu .
Banque européenne d’investissement (BEI), The scale-up gap , 2024.
Mario Draghi, The future of European competitiveness , 2024.
Enrico Letta, Much more than a market , 2024.
Pour en savoir plus: Call for evidence on the European Savings and Investments Union .
COM(2025) 30 final.
COM(2022) 221 final.
Jaeger-Waldau, A., Snapshot of Photovoltaics, 2025 (à paraître).
AIE, Advancing Clean Technology Manufacturing, 2024.
JO L, 2024/1735, 28.6.2024, considérant 16.
Solar Power Europe, Inverter Explained 2.0, juin 2024.
Commission européenne, JRC, Chatzipanagi, A., Jaeger-Waldau, A., Letout, S., Mountraki, A., Gea Bermudez, J., Georgakaki, A., Ince, E. et Schmitz, A., CETO, Photovoltaics in the European Union , 2024.
ESMC, Letter to the European Commission , janvier 2024.
CETO, Photovoltaics in the European Union , 2024.
AIE, Renewables 2023 - Analysis and forecast to 2028, 2024.
PV Exchange, Solar Market Analysis January 2025 - PV module prices at crossroads , 2025.
AIE, Advancing Clean Technology Manufacturing, 2024.
European Solar Charter , 2024.
CETO, Photovoltaics in the European Union , 2024.
European Solar Charter , 2024.
COM(2022) 221.
EurObserv’ER, Baromètre de l’énergie solaire thermique et de l’énergie solaire à concentration, 2024.
Ibidem
Weiss, W., Spörk-Dür, M., Solar Heat Worldwide , 2024.
Eurostat ( nrg_inf_epcrw ), consulté le 12.2.2025, et Commission européenne, JRC, Carlsson, J., Taylor, N., Georgakaki, A., Letout, S., Mountraki, A., Ince, E., Schmitz, A. et Gea Bermudez, J., CETO, Solar Thermal Energy in the European Union , 2024.
REN21, Renewables 2024 Global Status Report Collection: Energy Supply, 2024.
EurObserv’RE, Baromètre 2023 de l’énergie solaire thermique et de l’énergie solaire à concentration.
CETO, Solar Thermal Energy in the European Union , 2024.
AIE, Renewables 2023 , 2024.
Gouvernement espagnol, Plan national intégré en matière d’énergie et de climat, mise à jour 2023-2030, 2024.
Eurostat ( nrg_inf_epcrw ), consulté le 12.2.2025.
Eurostat ( nrg_inf_epc ), consulté le 12.2.2025.
JRC, à partir de données du GWEC et de Rystad, 2025.
JO L, 2024/1735, 28.6.2024, considérant 16.
JRC, à partir de données de BloombergNEF et de Rystad.
Commission européenne, JRC, Mc Govern, L., Tapoglou, E., Georgakaki, A., Mountraki, A., Letout, S., Ince, E., Gea Bermudez, J., Schmitz, A. et Grabowska, M., CETO, Wind Energy in the European Union , 2024.
BloombergNEF, Wind Turbine Price Index 2H 2024, 27 décembre 2024.
BloombergNEF, Rising costs dampen the outlook for offshore wind, 3 juillet 2024.
Rystad et WindEurope, rapport : Rebound in wind energy financing in 2023 shows that the right policies attract investors , 21 mars 2024.
Commission européenne, direction générale du marché intérieur, de l’industrie, de l’entrepreneuriat et des PME, Study on the Critical Raw Materials for the EU 2023 : Final Report , 2023.
COM(2023) 669 final.
European Wind Charter , 2023.
Avec un taux de change moyen de 0,9239 EUR pour 1 dollar US sur l’année 2024, sur la base des données de la BCE .
Données préliminaires d’Ocean Energy Europe.
Eurostat ( nrg_inf_epc ), consulté le 12.2.2025.
ETIP Ocean, Strategic Research and Innovation Agenda for Ocean Energy , 2024.
Commission européenne, JRC, Tapoglou, E., Mc Govern, L., Georgakaki, A., Mountraki, A., Letout, S., Ince, E., Gea Bermudez, J., Schmitz, A. et Grabowska, M., CETO, Ocean Energy in the European Union , 2024.
CETO, Ocean Energy in the European Union , 2024.
Plan SET, Ocean energy implementation plan , 2021; CETO, Ocean Energy in the European Union , 2024.
JO L, 2024/1735, 28.6.2024, considérant 16.
BloombergNEF, Northvolt Collapse Underscores Importance of Supply Chains, 2024.
237 GWh de capacité de production dans l’UE contre une capacité de production mondiale de 3 347 GWh en 2024 et une capacité de production estimée à 1 510 GWh dans l’UE par rapport à une capacité de production mondiale de 14 903 GWh en 2030, à partir de données de BloombergNEF, consulté le 20.2.2025.
AIE, Advancing Clean Technology Manufacturing Report, 2024.
Reuters, Volkswagen's German battery plant to stay at half capacity amid cost pressures, 2024.
BloombergNEF, Energy Storage:10 Things to Watch in 2025, 2025.
JO L, 2024/2754, 29.10.2024.
Energy Storage News, Global BESS deployments soared 53% in 2024 , 2025.
À partir de données de BloombergNEF, janvier 2025.
Données Comext/Comtrade pour le code SH 841861 — pompes à chaleur; autres que les machines et appareils pour le conditionnement de l’air: exportations de l’UE dans le monde: 3 837 millions d’EUR, dont 603 millions d’EUR hors UE; exportations chinoises dans le monde: 971 millions d’EUR. Données Comext/Comtrade pour le code SH 841581 — machines et appareils pour le conditionnement de l’air: exportations de l’UE dans le monde: 782 millions d’EUR, dont 177 millions d’EUR hors UE; exportations chinoises dans le monde: 549 millions d’EUR.
AIE, Advancing Clean Technology Manufacturing, 2024. Scénario «zéro émission nette» d’ici à 2050; domaine d’application: pompes à chaleur pour le chauffage des locaux et de l’eau dans les bâtiments résidentiels et commerciaux, climatiseurs réversibles, y compris lorsqu’ils sont utilisés comme équipements de chauffage principal.
SH 841861 — Pompes à chaleur (à l’exclusion des machines et appareils pour le conditionnement de l’air). Pour plus de détails: Commission européenne, JRC, Toleikyte, A., Lecomte, E., Volt, J., Lyons, L., Roca Reina, J.C., Georgakaki, A., Letout, S., Mountraki, A., Wegener, M., Schmitz, A., CETO, Heat Pumps in the European Union , 2024.
Association européenne pour les pompes à chaleur (EHPA), rapport de marché 2024, limité à AT, BE, CZ, DE, DK, EE, ES, FI, FR, HU, IE, IT, LT, NL, PL, PT, SE, SK. Sont couvertes principalement les pompes à chaleur pour le chauffage des locaux et la production d’eau chaude sanitaire.
BloombergNEF, Europe’s Heat Pump Market Collapse Triggers Spending Dip, 2025.
AIE, Advancing Clean Technology Manufacturing, 2024.
EHPA, EU Heat Pump Accelerator , 2023.
Avec un taux de change moyen de 0,9239 EUR pour 1 dollar US sur l’année 2024, sur la base des données de la BCE .
AIE, Advancing Clean Technology Manufacturing, 2024.
Programme de collaboration technologique de l’AIE pour les technologies des pompes à chaleur (HPT TCP), Annex 58 High-Temperature Heat Pumps , 2023. 20 technologies dans l’UE et 7 en Norvège; 24 au Japon, dont 9 technologies de recompression mécanique de vapeur (MVR); ainsi que des installations MVR en Chine.
AIE, Net Zero by 2050, 2021.
TNO, Strengthening Industrial Heat Pump Innovation , 2020.
Programme de collaboration technologique de l’AIE sur les technologies de pompes à chaleur (HPT TCP), Annex 58 High-Temperature Heat Pumps , 2023.
Résolution du Parlement européen du 18 janvier 2024 sur l’énergie géothermique [2023/2111(INI)].
Conclusions du Conseil de l’Union européenne sur la promotion de l’énergie géothermique, 16 décembre 2024.
Eurostat ( nrg_inf_epcrw ), consulté le 12.2.2025.
Renewable Energy Policy Network for the 21st Century (REN21), Renewables Global Status Report, 2024.
Conseil européen de l’énergie géothermique (EGEC), Geothermal Market Report 2023, 2024.
EGEC, Geothermal Market Report 2023, 2024.
Commission européenne, JRC, Taylor, N., Georgakaki, A., Ince, E., Letout, S. Mountraki, Gea Bermudez, J. et Schmitz, A., CETO, Geothermal Energy in the European Union , 2024.
EGEC, Geothermal Market Report 2023 , 2024.
CETO, Geothermal Energy in the European Union , 2024.
EGEC, Geothermal Market Report 2023 , 2024.
Commission européenne, direction générale de la recherche et de l’innovation, Schleker, T., Hicks, M., Cressida Howard, I., Ohrvik-Stott, J. et al., Study on clean energy R&I opportunities to ensure European energy security by targeting challenges of distinct energy value chains for 2030 and beyond , 2024.
Résolution du Parlement européen du 18 janvier 2024 sur l’énergie géothermique [2023/2111(INI)].
Conclusions du Conseil de l’Union européenne sur la promotion de l’énergie géothermique, 16 décembre 2024.
Y compris les objectifs en matière de consommation d’énergie de la directive (UE) 2023/2413 sur les énergies renouvelables, l’objectif du partenariat relatif aux électrolyseurs visant à atteindre 25 GWe par an d’ici à 2025, et 4 PIIEC sur l'hydrogène et les piles à combustible, voir: https://competition-policy.ec.europa.eu/state-aid/ipcei/approved-ipceis_en .
Sur la base de l’ensemble de données sur les projets relatifs à l’hydrogène de l’AIE, consulté en janvier 2025 pour l’UE, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suisse.
Commission européenne, JRC, Bolard, J., Dolci, F., Gryc, K., Eynard, U., Georgakaki, A., Letout, S., Mountraki, A., Ince, E., Shtjefni, D., Rózsai, M. et Wegener, M., CETO, Water Electrolysis and Hydrogen in the European Union , 2024; AIE, Global Hydrogen Review, 2024. L’AIE fait état en 2024 d’une puissance installée nettement inférieure pour les États-Unis, par rapport à la base de données des projets en 2023, qui s’élevait à 717 MWe.
AIE, Global Hydrogen Review, 2024; CETO, Water Electrolysis and Hydrogen in the European Union , 2024. Le haut de la fourchette se réfère à Rystadt Energy et inclut la capacité de production en cours de construction (octobre 2024).
AIE, Global Hydrogen Review, 2024. Données de la fourchette supérieure projetées dans BloombergNEF, Electrolysers, too many fish in the Pond, 2024.
AIE, Global Hydrogen Review, 2024. Le haut de la fourchette se réfère aux sièges des FEO en Chine.
À partir de données de BloombergNEF, Electrolyser Price Survey, 2024; TNO, Evaluation of the levelised cost of hydrogen based on proposed electrolyser projects in the Netherlands, 2024.
À partir de données du JRC, Supply chain analysis and material demand forecast in strategic technologies and sectors in the EU , 2023. 1 à 5 % des matières premières critiques pour les électrolyseurs proviennent d’Europe.
À partir de données de BloombergNEF, Electrolyser Overcapacity, 2024.
Les quatre principales technologies commercialisées sont les suivantes: l’électrolyse alcaline, l’électrolyse à membrane échangeuse de protons, l’électrolyse à oxyde solide, l’électrolyse à membrane échangeuse d’anion. La technologie des électrolytes céramiques à conduction protonique est une nouvelle technologie en cours de développement.
Tableau de bord européen de la compétitivité pour une industrie neutre pour le climat (CIndECS). 31 % des inventions de haute valeur proviennent de l’UE.
CETO, Water Electrolysis and Hydrogen in the European Union , 2024.
TNO, Evaluation of the levelised cost of hydrogen based on proposed electrolyser projects in the Netherlands , 2024.
À partir de données de Rystad Energy, Fuel Cell Installed Capacity Dataset, 2024.
Observatoire européen de l’hydrogène, Fuel Cell Market Dataset , 2021.
AIE, Renewables 2023, Special section: Biogas and biomethane , 2024.
D’après les données de la European Biogas Association (EBA ), Statistical report , 2024.
Commission européenne, direction générale de la recherche et de l’innovation, Development of outlook for the necessary means to build industrial capacity for drop-in advanced biofuels , (annexe 3), 2024.
Commission européenne, direction générale de la recherche et de l’innovation, Study on energy technology dependence , 2020.
Commission européenne, JRC, Motola, V., Scarlat, N, Buffi, M., Hurtig, O., Rejtharova, J., Georgakaki, A., Mountraki, A., Letout, S., Salvucci, R., Rózsai, M. et Schade, B., CETO, Bioenergy in the European Union , 2024.
Commission européenne, direction générale de la recherche et de l’innovation, Development of outlook for the necessary means to build industrial capacity for drop-in advanced biofuels , (annexe 3), 2024.
CETO, Bioenergy in the European Union , 2024.
CETO, Bioenergy in the European Union , 2024.
Commission européenne, direction générale de la recherche et de l’innovation, Study on energy technology dependence , 2020.
CETO, Bioenergy in the European Union , 2024.
Commission européenne, direction générale de la recherche et de l’innovation, Development of outlook for the necessary means to build industrial capacity for drop-in advanced biofuels , 2023.
AIE, Outlook for Biogas and Biomethane, 2020; Commission européenne, direction générale de la recherche et de l’innovation, Development of outlook for the necessary means to build industrial capacity for drop-in advanced biofuels , (annexe 3), 2024.
Commission européenne, direction générale de la recherche et de l’innovation, Development of outlook for the necessary means to build industrial capacity for drop-in advanced biofuels , (annexe 3), 2024.
COM(2024) 62 final.
JO L, 2024/1735, 28.6.2024, considérant 36.
Commission européenne, JRC, Martinez Castilla, G., Tumara, D., Mountraki, A., Letout, S., Jaxa-Rozen, M., Schmitz, A., Ince, E. et Georgakaki, A., CETO, Carbon Capture, Utilisation and Storage in the European Union , 2024.
CETO, Carbon Capture, Utilisation and Storage in the European Union , 2024.
Ibidem.
Installations en cours de déploiement, en construction ou en exploitation; à l’exclusion de la capacité des projets de transport et/ou de stockage de CO2 (afin d’éviter un double comptage) autres que les installations de transport et/ou de stockage de CO2 qui ne disposent pas de leur propre source de captage de CO2.
Global CCS Institute, Global Status of CCS 2023, Scaling up through 2030.
Tels que les projets PORTHOS et ARAMIS aux Pays-Bas et Antwerp@C en Belgique. La nouvelle liste des projets d’intérêt commun et des projets d’intérêt mutuel de l’Union dans le domaine de l’énergie (europa.eu) comprend 14 projets concernant le réseau de CO2.
Ministère danois du climat, de l’énergie et des services d’utilité publique, The first exploration licenses for land-based storage of CO2 in Denmark have been granted, 20 juin 2024.
Voir https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_25_377 .
CETO, Carbon Capture, Utilisation and Storage in the European Union , 2024.
Lettre de mission à Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, 17 septembre 2024.
COM(2023) 757 final.
Alors que cette édition se concentre sur les lignes électriques et les transformateurs, la dernière édition était axée sur les systèmes en courant continu à haute tension (CCHT) et les stations de conversion, voir COM(2023) 652 final.
REGRT-G et REGRT-E, Ten-Year Network Development Plans (TYNDP), mai 2024.
Cela devrait conduire à une extension nette du réseau de l’UE et de la Norvège de 10 à 16,8 millions de km entre 2025 et 2050.
Eurelectric, Grids for speed , 2024.
Commission européenne, direction générale de l’énergie, Finesso, A., Kralli, A., Bene, C., Goodall, F. et al., Investment needs of European energy infrastructure to allow a décarbonised economy , 2025.
AIE, Critical Minerals Market Review, 2023.
Fortune Business Insights , Grain Oriented Electrical Steel Market Size, Share & Industry Analysis , 2024 .
T&D Europe, Transformer Commodities Indices , avril 2024.
Europacable, Lettre au vice-président exécutif de la Commission européenne Maroš Šefčovič , 5 mars 2024.
Transformers Magazine’s Industry Navigator, Investments 2024 – Outlook to 2033 , 2024.
Ibidem.
COM(2023) 757 final.
Lettre de mission à Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, 17 septembre 2024.
Les États membres sont libres de choisir leur bouquet énergétique, conformément aux traités.
Analyse de la Commission fondée sur: Eurostat, Production nette d’électricité par type de combustible — données mensuelles, code des données en ligne: nrg_cb_pem , dernière mise à jour le 28.1.2025; REGRT-E, Statistical Factsheet 2023, 2024; service de recherche du Parlement européen, Strategic autonomy and the future of nuclear energy in the EU, 2024; SWD(2024) 63 final, partie 1/5.
Dans les années 1980, il y avait quatre fabricants européens de réacteurs: ABB (Suède/Suisse), Framatome (France), Kraftwerk Union/Siemens (Allemagne) et National Nuclear Corp. (Royaume-Uni). Seul Framatome est actif aujourd’hui. Agence pour l’énergie nucléaire, Nuclear New build: Insights into Financing and Project Management, 2015.
Analyse de la Commission fondée sur les données PRIS de l’AIEA (31 décembre 2023). Framatome a achevé la construction d’Olkiluoto 3 (Finlande), qui a commencé ses activités commerciales en mai 2023.
Données PRIS de l’AIEA (31 décembre 2023).
En outre, selon les analyses de l’Agence d’approvisionnement d’Euratom (AAE), il manquera d’ici à 2030 une capacité d’enrichissement de l’ordre de 2 500 tSWU en Occident, les réacteurs occidentaux manquant, dans le scénario d’une demande stable, d’une capacité de conversion par an d’environ 6 000 tU. AAE, Euratom Supply Agency Annual Report, 2022.
Cinq États membres exploitent des réacteurs de type VVER. Historiquement, il n’y a qu’un seul fournisseur, russe, de services de combustible pour ces réacteurs, ce qui représente une vulnérabilité pour la sécurité de l’approvisionnement. En 2022, la Commission a lancé des consultations avec les États membres exploitant des réacteurs de type VVER afin d’accélérer le processus de diversification de l’approvisionnement en combustibles conformément aux objectifs du plan REPowerEU.
Lettre de mission à Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, 17 septembre 2024.
Commission européenne, JRC, Quaranta, E., Georgakaki, A., Letout, S., Mountraki, A., Ince, E. et Gea Bermudez, J., CETO, Hydropower and Pumped Storage Hydropower in the European Union , 2024.
IRENA, The changing role of hydropower: Challenges and opportunities , 2023; AIE, Hydropower Special Market Report Analysis and forecast to 2030, 2021.
CETO, Hydropower and Pumped Storage Hydropower in the European Union , 2024.
Eurostat ( nrg_inf_epc ), consulté le 12.2.2025.
Commission européenne, direction générale de la recherche et de
Non-opposition à une concentration notifiée (Affaire M.12187 — SMFG / JEFFERIES / JAPANESE EQUITIES JV)
23/12/2025
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Accélérer la transition de l'Europe vers une économie circilaire: un projet pilote pour renforcer la circularité des plastiques
23/12/2025
Notification préalable d’une concentration (Affaire M.12205 — UMICORE / HSAM / EMM) — Cas susceptible d’être traité selon la procédure simplifiée
22/12/2025
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS relative au retrait de la proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL modifiant les règlements (UE) 2021/522, (UE) 2021/1057, (UE) 2021/1060, (UE) 2021/1139, (UE) 2021/1229, et (UE) 2021/1755 en ce qui concerne les modifications apportées aux montants des fonds destinés à certains programmes et fonds
22/12/2025