| CELEX | 62024CJ0615 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 15 janvier 2026 |
ARRÊT DE LA COUR (septième chambre)
15 janvier 2026 ( *1 )
« Renvoi préjudiciel – Aides d’État – Secteur agricole – Règlement (UE) no 1408/2013 – Aide de minimis – Contrôle – État membre prévoyant l’octroi et le versement d’aides de minimis sans exiger une déclaration spécifique de l’entreprise demanderesse relative au montant et à la nature des aides d’État éventuellement perçues au cours d’une période de trois exercices fiscaux – Production d’une auto-certification relative à de telles aides »
Dans l’affaire C 615/24,
ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par la Corte suprema di cassazione (Cour de cassation, Italie), par décision du 19 septembre 2024, parvenue à la Cour le 20 septembre 2024, dans la procédure
Ambito territoriale di caccia Ancona 2
contre
Azienda Agricola Camarzano di RK,
LA COUR (septième chambre),
composée de M. F. Schalin (rapporteur), président de chambre, MM. M. Gavalec et Z. Csehi, juges,
avocat général : M. A. Rantos,
greffier : M. A. Calot Escobar,
vu la procédure écrite,
considérant les observations présentées :
| – | pour l’Ambito territoriale di caccia Ancona 2, par Me M. Fioretti, avvocato, |
| – | pour le gouvernement italien, par M. S. Fiorentino, en qualité d’agent, assisté de Mme L. Vignato, avvocato dello Stato, et M. P. Passolunghi, procuratore dello Stato, |
| – | pour le gouvernement bulgare, par Mme T. Mitova et M. R. Stoyanov, en qualité d’agents, |
| – | pour la Commission européenne, par M. I. Georgiopoulos et Mme C. Molinari, en qualité d’agents, |
vu la décision prise, l’avocat général entendu, de juger l’affaire sans conclusions,
rend le présent
Arrêt
| 1 | La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 3 et de l’article 6, paragraphes 1 et 2, du règlement (UE) no 1408/2013 de la Commission, du 18 décembre 2013, relatif à l’application des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne aux aides de minimis dans le secteur de l’agriculture (JO 2013, L 352, p. 9). |
| 2 | Cette demande a été présentée dans le cadre d’un litige opposant l’Azienda Agricola Camarzano di RK (ci-après l’« Azienda Agricola »), une exploitation agricole, à l’Ambito territoriale di caccia Ancona 2 (secteur territorial de chasse d’Ancône 2, Italie) (ci-après l’« ATC ») au sujet de la demande d’indemnisation des dommages causés par la faune sauvage aux cultures de blé dur biologique de l’Azienda Agricola en 2014. |
Le cadre juridique
| 3 | Les considérants 1, 20 et 21 du règlement no 1408/2013 sont libellés comme suit :
[...]
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| 4 | L’article 3 de ce règlement, intitulé « Aides de minimis », prévoit : « 1. Sont considérées comme ne remplissant pas tous les critères énoncés à l’article 107, paragraphe 1, du traité et comme n’étant pas soumises, de ce fait, à l’obligation de notification prévue à l’article 108, paragraphe 3, du traité, les mesures d’aide qui satisfont aux conditions énoncées dans le présent règlement. 2. Le montant total des aides de minimis octroyées par État membre à une entreprise unique ne peut excéder 15000 [euros] sur une période de trois exercices fiscaux. 3. Le montant cumulé des aides de minimis octroyées par État membre aux entreprises exerçant des activités dans la production primaire de produits agricoles sur une période de trois exercices fiscaux n’excède pas le plafond national fixé à l’annexe. 4. Les aides de minimis sont considérées comme étant octroyées au moment où le droit légal de recevoir ces aides est conféré à l’entreprise en vertu du régime juridique national applicable, quelle que soit la date du versement de l’aide de minimis à l’entreprise. [...] 7. Si l’octroi de nouvelles aides de minimis porte le montant total des aides de minimis au-delà du plafond fixé au paragraphe 2 ou du plafond national visé au paragraphe 3, aucune de ces nouvelles aides ne peut bénéficier du présent règlement. [...] » |
| 5 | L’article 6 du règlement no 1408/2013, intitulé « Contrôle », dispose : « 1. Lorsqu’un État membre envisage d’octroyer une aide de minimis à une entreprise conformément au présent règlement, il l’informe par écrit du montant potentiel de cette aide, exprimé en équivalent-subvention brut, ainsi que de son caractère de minimis, en renvoyant explicitement au présent règlement et en en citant le titre et la référence de publication au Journal officiel de l’Union européenne. [...] Avant l’octroi de l’aide, l’État membre doit également obtenir de l’entreprise concernée une déclaration sur support papier ou sous forme électronique au sujet des autres aides de minimis éventuelles relevant du présent règlement ou d’autres règlements de minimis qu’elle a reçues au cours des deux exercices fiscaux précédents et de l’exercice fiscal en cours. 2. Lorsqu’un État membre a mis en place un registre central des aides de minimis contenant des informations complètes sur toutes les aides de minimis octroyées par ses différentes autorités, le paragraphe 1 cesse de s’appliquer à partir du moment où le registre couvre une période de trois exercices fiscaux. 3. Un État membre n’octroie une nouvelle aide de minimis conformément au présent règlement qu’après avoir vérifié qu’elle ne portera pas le montant total des aides de minimis octroyées à l’entreprise concernée au-delà du plafond fixé à l’article 3, paragraphe 2, et du plafond national visé à l’article 3, paragraphe 3, et que toutes les conditions énoncées dans le présent règlement sont respectées. [...] » |
Le litige au principal et les questions préjudicielles
| 6 | Le 28 juin 2014, l’Azienda Agricola a présenté à l’ATC, au moyen du formulaire spécifique mis à disposition par ce dernier, une demande urgente d’expertise en vue de l’indemnisation des dommages causés par la faune sauvage à ses cultures agricoles, en vertu de l’article 34 de la legge della Regione Marche n. 7 – Norme per la protezione della fauna selvatica e per la tutela dell’equilibrio ambientale e disciplina dell’attività venatoria (loi régionale des Marches no 7 portant dispositions sur les normes pour la conservation de la faune sauvage et la protection de l’équilibre environnemental et réglementant la chasse), du 5 janvier 1995. |
| 7 | Le 4 juillet 2014, un expert agronomique, mandaté par l’ATC, est intervenu sur place, et a constaté que l’Azienda Agricola avait subi des dommages causés par la faune sauvage à hauteur de 1000 euros. |
| 8 | Malgré les conclusions de cet expert, l’Azienda Agricola n’a pas reçu d’indemnisation et a donc envoyé une mise en demeure à l’ATC afin d’obtenir un paiement en ce sens. Ce dernier a déclaré ne pas pouvoir procéder à l’indemnisation à court terme, la Regione Marche (Région des Marches, Italie) n’ayant pas versé les fonds nécessaires à cet effet, mais n’a pas informé, à cette occasion, l’Azienda Agricola que l’indemnisation demandée avait un caractère de minimis, ni lui a demandé de présenter une déclaration relative à l’éventuelle perception d’autres aides de minimis pendant l’exercice fiscal en cours et les deux exercices fiscaux précédents. |
| 9 | Le 19 janvier 2016, l’Azienda Agricola a formé un recours devant le Giudice di pace di Jesi (juge de paix de Jesi, Italie) et lui a demandé qu’il soit enjoint à l’ATC de lui payer l’indemnisation en question. Le Giudice di pace di Jesi (juge de paix de Jesi) ayant fait droit à cette demande par une ordonnance immédiatement exécutoire, l’ATC a formé opposition contre cette ordonnance en affirmant, entre autres, que l’Azienda Agricola n’avait pas droit à indemnisation, faute d’avoir présenté la déclaration relative à l’éventuelle perception d’autres aides de minimis pendant l’exercice fiscal en cours et les deux exercices fiscaux précédents. |
| 10 | Le Giudice di pace di Jesi (juge de paix de Jesi) a confirmé cette injonction en rejetant l’opposition formée par l’ATC. Il a considéré que l’obtention de la déclaration relative à l’éventuelle perception d’autres aides de minimis pendant l’exercice fiscal en cours et les deux précédents ne constituait pas une condition nécessaire au paiement d’une aide dès lors que le respect des règles en matière de cumul d’aides de minimis, prévues par le règlement no 1408/2013, pouvait également être constaté lors du contrôle de ces aides au moyen du registre spécial mis en place par l’État. |
| 11 | Saisi par l’ATC, le Tribunale di Ancona (tribunal d’Ancône, Italie) a confirmé le jugement du Giudice di pace di Jesi (juge de paix de Jesi) en jugeant, entre autres, que l’Azienda Agricola ne pouvait être considérée comme étant tenue au respect de la procédure prévue à l’article 6 du règlement no 1408/2013, dès lors que la réglementation régionale en vigueur à la date de la demande d’indemnisation déposée par celle-ci ne prévoyait pas la présentation d’une déclaration relative à l’éventuelle perception d’autres aides de minimis pendant l’exercice fiscal en cours et les deux exercices fiscaux précédents. Selon cette juridiction, la divergence entre la réglementation de l’Union et la réglementation régionale avait donné lieu à une situation d’incertitude objective et manifeste. |
| 12 | L’ATC a ensuite formé, devant la Corte suprema di cassazione (Cour de cassation, Italie), qui est la juridiction de renvoi, un pourvoi contre l’arrêt du Tribunale di Ancona (tribunal d’Ancône) en demandant la cassation de cet arrêt. À cet effet, il a fait valoir que cette juridiction avait violé le droit de l’Union en matière d’aides d’État, en n’ayant pas assuré la coordination entre les normes juridiques selon leur hiérarchie, puisque les principes affirmés par un règlement de l’Union, d’application immédiate, doivent prévaloir sur toute disposition nationale contraire. |
| 13 | De son côté, l’Azienda Agricola soutient qu’elle a agi dans le respect des formalités imposées par la réglementation régionale et que l’absence d’application du règlement no 1408/2013 était imputable à l’ATC, qui n’avait exercé aucune activité de contrôle et ne lui avait jamais demandé de produire une auto-certification relative à d’éventuelles aides de minimis reçues au cours des trois années précédant sa demande d’indemnisation. |
| 14 | Dans ce contexte, la juridiction de renvoi fait état des doutes qu’elle nourrit sur l’interprétation du règlement no 1408/2013. Elle se demande si, en 2014, pour être éligible à l’indemnisation pour les dommages causés par la faune sauvage à ses cultures, l’Azienda Agricola était tenue, sous peine de rejet de sa demande d’indemnisation, de présenter une « auto-certification » relative aux aides de minimis perçues au cours des exercices fiscaux précédents. À cet égard, elle s’interroge sur les conséquences qu’il convient de tirer du fait que, d’une part, l’ATC n’ait pas demandé à l’Azienda Agricola de fournir un tel document et que, d’autre part, il ait été établi, au moment du contrôle ultérieur, que le seuil maximal prévu par ce règlement n’avait pas été dépassé. |
| 15 | Dans ces conditions, la Corte suprema di cassazione (Cour de cassation) a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes :
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Sur les questions préjudicielles
Sur la première question
| 16 | Par sa première question, la juridiction de renvoi sollicite l’interprétation de l’article 3 et de l’article 6, paragraphes 1 et 2, du règlement no 1408/2013. |
| 17 | À cet égard, il importe de relever que, en matière de contrôle du caractère de minimis des aides, l’article 6, paragraphe 2, de ce règlement vise l’hypothèse dans laquelle un État membre a mis en place un registre central des aides de minimis contenant des informations complètes sur toutes les aides octroyées par ses différentes autorités. Or, ainsi qu’il ressort de la décision de renvoi, le registre central des aides n’a été mis en place par la République italienne que le 12 août 2017, à savoir à une date postérieure à la demande d’aide en cause au principal de sorte que la question de l’application et de l’interprétation de cette disposition ne se pose pas en l’occurrence. |
| 18 | Il convient également de rappeler que, en vertu d’une jurisprudence constante de la Cour, le fait que la juridiction de renvoi a formulé une question en se référant seulement à certaines dispositions du droit de l’Union ne fait pas obstacle à ce que la Cour lui fournisse tous les éléments d’interprétation qui peuvent être utiles au jugement de l’affaire dont elle est saisie, qu’elle y ait fait ou non référence dans l’énoncé de ses questions. Il appartient, à cet égard, à la Cour d’extraire de l’ensemble des éléments fournis par la juridiction nationale, et notamment de la motivation de la décision de renvoi, les éléments du droit de l’Union qui appellent une interprétation compte tenu de l’objet du litige (arrêt du 7 mars 2017, X et X, C‑638/16 PPU, EU:C:2017:173, point 39 ainsi que jurisprudence citée). |
| 19 | Or, compte tenu de l’objet du litige au principal et des interrogations de la juridiction de renvoi, il y a lieu, afin de lui fournir une réponse utile, d’interpréter l’article 6, paragraphe 3, du règlement no 1408/2013 selon lequel un État membre n’octroie une nouvelle aide de minimis conformément à ce règlement qu’après avoir vérifié qu’elle ne portera pas le montant total des aides de minimis octroyées à l’entreprise concernée au-delà du plafond fixé à l’article 3, paragraphe 2, dudit règlement et du plafond national visé à l’article 3, paragraphe 3, du même règlement et que toutes les conditions énoncées dans celui-ci sont respectées. |
| 20 | Partant, il y a lieu de considérer que, par sa première question, la juridiction de renvoi demande, en substance, si l’article 3 et l’article 6, paragraphes 1 et 3, du règlement no 1408/2013 doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à une réglementation nationale qui prévoit l’octroi et le versement d’aides de minimis à l’agriculture, durant la première période de trois ans suivant la création d’un registre central des aides au niveau national, sans exiger une déclaration spécifique de l’entreprise demanderesse de l’aide relative au montant et à la nature d’autres aides d’État qu’elle a reçues au cours de l’exercice fiscal en cours et des deux exercices fiscaux précédents. |
| 21 | Il y a lieu de relever, d’une part, que les articles 3 et 6 du règlement no 1408/2013 doivent être resitués dans le contexte d’ensemble de ce règlement qui a pour objet de permettre de déroger, pour les aides d’État d’un montant limité, à la règle selon laquelle toute aide doit, préalablement à toute mise en œuvre, être notifiée à la Commission (voir, en ce sens, arrêt du 28 octobre 2020, INAIL, C‑608/19, EU:C:2020:865, point 26 et jurisprudence citée). |
| 22 | En outre, il y a lieu de relever que, étant donné que le règlement no 1408/2013 contient une dérogation à la règle générale prévoyant la notification de toute nouvelle aide d’État, les articles 3 et 6 de ce règlement doivent faire l’objet d’une interprétation stricte (voir, en ce sens, arrêt du 28 octobre 2020, INAIL, C‑608/19, EU:C:2020:865, point 27). |
| 23 | Cette interprétation doit tenir compte non seulement des termes de ces dispositions, mais également du contexte dans lequel elles s’inscrivent ainsi que des objectifs que poursuit l’acte dont elles font partie (arrêt du 28 octobre 2020, INAIL, C‑608/19, EU:C:2020:865, point 28 et jurisprudence citée). |
| 24 | Il ressort du libellé de l’article 3, paragraphe 1, du règlement no 1408/2013 que ce règlement ne s’applique que si toutes les conditions qui y sont énoncées sont remplies. Quant à l’article 6, paragraphe 3, dudit règlement, il découle du libellé de cette disposition qu’un État membre veille à ce que le plafond fixé à l’article 3, paragraphe 2, du même règlement ne soit pas dépassé avant l’octroi d’une aide de minimis. |
| 25 | Il s’ensuit que, tant que le registre central visé à l’article 6, paragraphe 2, du règlement no 1408/2013 n’est pas opérationnel dans l’État membre concerné pour une période de trois exercices fiscaux, l’obtention de la déclaration visée à l’article 6, paragraphe 1, de ce règlement constitue, dans le cadre dudit règlement, une condition nécessaire à l’octroi d’une nouvelle aide de minimis. Une telle déclaration est essentielle en ce qu’elle permet à l’État membre concerné de vérifier si l’aide demandée relève du champ d’application du même règlement et, partant, de savoir si l’aide est, ou n’est pas, exemptée de l’obligation de notification. |
| 26 | Une telle interprétation est également confirmée au regard du contexte dans lequel s’insèrent ces dispositions et de l’objectif du règlement no 1408/2013. |
| 27 | D’une part, s’agissant de ce contexte, il ressort des Considérants 20 et 21 du règlement no 1408/2013 que l’obtention de la déclaration visée à l’article 6, paragraphe 1, de ce règlement s’inscrit dans le cadre de l’obligation de contrôle à remplir avant l’octroi de l’aide en cause. |
| 28 | D’autre part, s’agissant de l’objectif du règlement no 1408/2013, il vise à simplifier la charge administrative des entreprises, de la Commission et des États membres en partant du principe que les aides d’un montant ne dépassant pas le plafond de minimis n’affectent pas les échanges entre les États membres et ne sont pas de nature à fausser la concurrence (voir, en ce sens, arrêt du 28 octobre 2020, INAIL, C‑608/19, EU:C:2020:865, point 41). |
| 29 | À cet égard, ainsi qu’il ressort du considérant 1 du règlement no 1408/2013, l’exemption de l’obligation de notification des aides d’État trouve sa raison d’être dans le montant limité de l’aide qui peut être accordée à une entreprise unique pendant une période donnée au titre de ce règlement. Toutefois, afin de bénéficier d’une telle exemption, il importe de vérifier au préalable si le plafond de minimis n’est pas dépassé pendant cette période. |
| 30 | Eu égard aux considérations qui précèdent, il y a lieu de répondre à la première question que l’article 3 et l’article 6, paragraphes 1 et 3, du règlement no 1408/2013 doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à une réglementation nationale qui prévoit l’octroi et le versement d’aides de minimis à l’agriculture avant la création complète et intégrale d’un registre central des aides au niveau national, sans exiger une déclaration spécifique de l’entreprise demanderesse de l’aide relative au montant et à la nature d’autres aides d’État qu’elle a reçues au cours de l’exercice fiscal en cours et des deux exercices fiscaux précédents. |
Sur la seconde question
| 31 | Par sa seconde question, la juridiction de renvoi demande, en substance, si l’article 3 et l’article 6, paragraphes 1 et 3, du règlement no 1408/2013 doivent être interprétés en ce sens que la production d’une déclaration relative à d’éventuelles aides reçues durant la période de trois ans précédant la création complète et intégrale d’un registre central des aides au niveau national est une condition d’admissibilité de la présentation de la demande d’aide et de l’octroi de l’aide, ou si une telle déclaration peut être obtenue ultérieurement et, partant, après la perception de cette aide. |
| 32 | Ainsi qu’il résulte de l’examen de la première question, la déclaration visée à l’article 6, paragraphe 1, du règlement no 1408/2013 constitue, tant que cette disposition n’a pas cessé de s’appliquer en vertu de l’article 6, paragraphe 2, de ce règlement, une condition d’octroi d’une nouvelle aide de minimis à l’agriculture, au sens de l’article 3 et de l’article 6, paragraphe 3, dudit règlement. |
| 33 | S’agissant de la présentation des demandes d’aides et de la déclaration relative à d’éventuelles aides reçues antérieurement, force est de constater que le règlement no 1408/2013 ne contient aucune exigence procédurale quant à la manière et à la date à laquelle cette déclaration doit être demandée ou fournie. Les seules exigences figurant à l’article 6, paragraphe 1, de ce règlement portent sur le fait que ladite déclaration doit être obtenue « [a]vant l’octroi de l’aide » et qu’elle doit indiquer les aides reçues par l’entreprise concernée au cours des deux exercices fiscaux précédents et de l’exercice fiscal en cours. |
| 34 | Toutefois, force est de constater que de telles exigences ont trait à l’applicabilité du régime prévu par ledit règlement, mais ne constituent pas des conditions d’admissibilité de la présentation d’une demande d’aide. Dès lors, une telle déclaration peut être produite à un stade ultérieur de la procédure administrative relative à la demande d’aide, pour autant que cette déclaration, sur demande de l’État membre concerné, ait été obtenue avant l’octroi de l’aide. |
| 35 | Il en ressort que la présentation de la déclaration n’est pas une condition d’admissibilité d’une demande d’aide. Toutefois, en l’absence d’un registre central des aides de minimis couvrant une période de trois exercices fiscaux, cette déclaration constitue une condition d’octroi et, partant, de versement d’une aide ce qui implique qu’une telle déclaration soit nécessaire avant l’octroi de l’aide et non après. |
| 36 | Par ailleurs, bien que la procédure de demande d’aide soit en principe régie par le droit national, il convient de rappeler qu’il ressort de l’article 6, paragraphe 1, du règlement no 1408/2013, lu à la lumière du considérant 20 de ce règlement, que c’est à l’État membre concerné qu’il appartient d’obtenir la déclaration sur l’honneur dès lors que celle-ci lui est nécessaire pour pouvoir vérifier si les conditions d’application dudit règlement sont remplies. À cet égard, il convient encore de préciser que, lorsque l’aide n’a pas été accordée, notamment en raison de l’absence de demande d’une telle déclaration, l’autorité compétente peut rétroactivement réclamer cette déclaration afin d’évaluer si l’aide peut encore être octroyée. |
| 37 | Eu égard aux considérations qui précèdent, il y a lieu de répondre à la seconde question que l’article 3 et l’article 6, paragraphes 1 et 3, du règlement no 1408/2013 doivent être interprétés en ce sens que la production d’une déclaration relative à d’éventuelles aides reçues durant la période de trois ans précédant la création complète et intégrale d’un registre central des aides au niveau national n’est pas une condition d’admissibilité de la présentation de la demande d’aide, mais qu’une telle déclaration constitue une condition de l’octroi de l’aide de sorte qu’elle doit être obtenue par l’État membre avant l’octroi d’une telle aide. |
Sur les dépens
| 38 | La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations à la Cour, autres que ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement. |
| Par ces motifs, la Cour (septième chambre) dit pour droit : |
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| Signatures |
( *1 ) Langue de procédure : l’italien.
Jurisprudence CJUE — 62026TO0410
14/08/2026
Ordonnance du président du Tribunal du 12 août 2026.#TB contre Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.#Référé – Fonction publique – Agent temporaire – Contrat à durée déterminée – Résiliation du contrat – Demande de sursis à exécution et de mesures provisoires – Défaut d’urgence.#Affaire T-310/26 R.
12/08/2026
Ordonnance du président du Tribunal du 11 août 2026.#SX contre Parlement européen.#Référé – Réglementation concernant les frais et indemnités des députés au Parlement – Indemnité d’assistance parlementaire – Recouvrement des sommes indûment versées – Demande de sursis à exécution – Défaut d’urgence.#Affaire T-294/26 R.
11/08/2026
Ordonnance du Tribunal (troisième chambre) du 6 août 2026.#Albos-Energy EOOD contre Commission européenne.#Recours en carence – Aide d’État – Régime bulgare d’aide à la production d’énergie à partir de sources renouvelables – Informations fournies dans une plainte traitées comme des renseignements d’ordre général concernant le marché – Contournement de l’expiration du délai pour introduire un recours en annulation – Irrecevabilité.#Affaire T-688/25.
06/08/2026