| CELEX | 62025CO0358 |
| Type | Ordonnance CJUE |
| Date | jeudi 16 juillet 2026 |
ORDONNANCE DE LA COUR (huitième chambre)
16 juillet 2026 (*)
« Renvoi préjudiciel – Article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour – Directive (UE) 2017/1132 – Publicité et actualisation des indications concernant les sociétés – Cessation des fonctions par des membres du conseil d’administration – Fondation – Inapplicabilité – Article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Absence de mise en œuvre du droit de l’Union – Irrecevabilité manifeste »
Dans l’affaire C‑358/25 [Mazewicz] (i),
ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par le Sąd Okręgowy w Warszawie (tribunal régional de Varsovie, Pologne), par décision du 28 avril 2025, parvenue à la Cour le 28 mai 2025, dans la procédure
M.O.,
en présence de :
Skarb Państwa – Prezes Sądu Rejonowego dla m. st. Warszawy w Warszawie,
LA COUR (huitième chambre),
composée de Mme O. Spineanu‑Matei, présidente de chambre, MM. S. Rodin et N. Fenger (rapporteur), juges,
avocat général : M. J. Richard de la Tour,
greffier : M. A. Calot Escobar,
vu la procédure écrite,
considérant les observations présentées :
– pour le gouvernement polonais, par M. B. Majczyna, en qualité d’agent,
– pour le gouvernement allemand, par MM. J. Möller, M. Hellmann, Mme L. Hülsmann et M. A. Sahner, en qualité d’agents,
– pour la Commission européenne, par Mme U. Małecka, MM. G. Meeßen et M. Noll-Ehlers, en qualité d’agents,
vu la décision prise, l’avocat général entendu, de statuer par voie d’ordonnance motivée, conformément à l’article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour,
rend la présente
Ordonnance
1 La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la « Charte »), de l’article 14, sous d), de l’article 15, paragraphe 1, de l’article 16, paragraphe 3, et de l’article 17, paragraphe 1, de la directive (UE) 2017/1132 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, relative à certains aspects du droit des sociétés (JO 2017, L 169, p. 46), lus à la lumière des considérants 8 et 33 de celle-ci, ainsi que du considérant 22 de la directive (UE) 2025/25 du Parlement européen et du Conseil, du 19 décembre 2024, modifiant les directives 2009/102/CE et (UE) 2017/1132 en ce qui concerne l’extension et l’amélioration de l’utilisation des outils et processus numériques dans le domaine du droit des sociétés (JO L, 2025/25).
2 Cette demande a été présentée dans le cadre d’une procédure ayant trait à la suppression du registre judiciaire national de la désignation de M.O. en qualité de membre du conseil d’administration d’une fondation (ci‑après la « fondation en cause au principal »).
Le cadre juridique
Le droit de l’Union
La directive 2017/1132
3 La section 1 du chapitre III du titre I de la directive 2017/1132, intitulée « Dispositions générales », comprend les articles 13 à 28 de celle-ci.
4 L’article 13 de cette directive est ainsi rédigé :
« Les mesures de coordination prescrites par la présente section s’appliquent aux dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives aux formes de sociétés figurant à l’annexe II. »
5 L’annexe II de ladite directive énumère les formes de sociétés visées notamment à son article 13, au nombre desquelles figurent, pour la Pologne, les formes de sociétés suivantes : « spółka z ograniczoną odpowiedzialnością, spółka komandytowo-akcyjna, spółka akcyjna » (respectivement, société à responsabilité limitée, société en commandite par actions, société par actions).
La directive (UE) 2019/1151
6 Aux termes de l’article 2, paragraphe 1, de la directive (UE) 2019/1151 du Parlement européen et du Conseil, du 20 juin 2019, modifiant la directive (UE) 2017/1132 en ce qui concerne l’utilisation d’outils et de processus numériques en droit des sociétés (JO 2019, L 186, p. 80), qui est entrée en vigueur le 31 juillet 2019 et a modifié la directive 2017/1132 :
« Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 1er août 2021. [...] »
La directive 2025/25
7 L’article 4 de la directive 2025/25 est libellé comme suit :
« 1. Les États membres adoptent et publient, au plus tard le 31 juillet 2027, les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive. Ils en informent immédiatement la Commission [européenne].
2. Les États membres appliquent les dispositions visées au paragraphe 1 à partir du 31 juillet 2028.
[...] »
Le droit polonais
La loi sur les fondations
8 L’article 7, paragaphe 1, de l’ustawa o fundacjach (loi sur les fondations), du 6 avril 1984 (Dz. U. de 2023, position 166), prévoit :
« La fondation est tenue de s’inscrire au registre judiciaire national. »
La loi sur le registre judiciaire national
9 L’article 24 de l’ustawa o Krajowym Rejestrze Sądowym (loi sur le registre judiciaire national), du 20 août 1997 (Dz. U. de 2024, position 979), dispose :
« [...]
6. Lorsque la sécurité des transactions le justifie, le tribunal d’enregistrement peut, d’office, supprimer des mentions qui ne sont pas conformes à la réalité ou inscrire des mentions qui correspondent à la réalité, si les documents sur lesquels l’inscription ou la radiation est fondée figurent au dossier du registre et si les mentions sont pertinentes. »
Le litige au principal et les questions préjudicielles
10 La fondation en cause au principal est inscrite au Krajowy Rejestr Sądowy (registre judiciaire national).
11 M.O. est inscrit dans ce registre comme membre du conseil d’administration de cette fondation.
12 Le 2 décembre 2019, M.O. a démissionné de sa fonction de membre du conseil d’administration de ladite fondation.
13 Le 24 septembre 2020, M.O. a demandé à ce que ses données soient supprimées du registre judiciaire national.
14 Le 21 octobre 2020, le Sąd Rejestrowy (tribunal d’enregistrement, Pologne) a rejeté cette demande, pour défaut de qualité pour agir. Conformément à l’article 6943, paragraphe 1, de l’ustawa – Kodeks postępowania cywilnego (loi portant code de procédure civile), du 17 novembre 1964, dans sa version applicable au litige au principal (Dz. U. de 2024, position 1568), c’est l’entité qui fait l’objet de cette inscription qui demande l’inscription au registre judiciaire national. S’agissant des fondations, c’est le conseil d’administration qui gère les affaires de la fondation concernée. Par conséquent, les anciens membres du conseil d’administration de celle-ci n’ont pas qualité pour agir afin qu’il soit procédé à une modification ou à une suppression des données correspondantes.
15 Le 3 mars 2022, M.O. a réitéré sa requête en demandant au Sąd Rejestrowy (tribunal d’enregistrement) d’agir d’office en application de l’article 24, paragraphe 6, de la loi sur le registre judiciaire national.
16 Le Sąd Rejestrowy (tribunal d’enregistrement) a engagé une procédure dite « de mise en œuvre de l’obligation » à l’égard de la fondation en cause au principal en lui imposant, par une ordonnance du 22 février 2022, une amende et a également enjoint à cette fondation de présenter une demande de modification de ses données et de fournir la composition actuelle de son conseil d’administration dans un délai de sept jours, sous peine d’amende.
17 La fondation en cause au principal n’ayant pas donné suite à cette injonction, une procédure d’exécution a été engagée. Le 22 novembre 2023, le Sąd Rejestrowy (tribunal d’enregistrement) a mis fin à la procédure de mise en œuvre de l’obligation, parce que l’exécution de l’amende s’était avérée infructueuse.
18 Le 14 mars 2022, M.O. a présenté une nouvelle demande de suppression d’office de ses données du registre judiciaire national.
19 Le 22 juillet 2022, le fondateur de la fondation en cause au principal a déposé une demande de nomination d’un curateur pour cette fondation en raison de l’absence d’organes dans celle-ci.
20 Le 26 novembre 2024, le Sąd Rejestrowy (tribunal d’enregistrement) a entamé une procédure de dissolution sans liquidation de ladite fondation, procédure qui s’est terminée le 30 novembre 2024.
21 M.O. a introduit un recours visant à faire constater la durée excessive de la procédure d’enregistrement.
22 En réponse à ce recours, le président du Sąd Rejonowy dla m.st. Warszawy (tribunal d’arrondissement de Varsovie, Pologne) a indiqué que l’article 24, paragraphe 6, de la loi sur le registre judiciaire national n’imposait au Sąd Rejestrowy (tribunal d’enregistrement) aucune obligation d’engager la procédure de suppression des données, mais qu’il l’habilitait seulement à agir dans la mesure où il l’estimait justifié.
23 En outre, une procédure d’office tendant à la radiation de la fondation en cause au principal inscrite au registre judiciaire national, sans procédure de liquidation, était pendante, mais elle a été abandonnée.
24 Le Sąd Okręgowy w Warszawie (tribunal régional de Varsovie, Pologne), qui est la juridiction de renvoi, précise que, en vertu de la réglementation nationale, les données transcrites au registre judiciaire national sont présumées exactes. Ainsi, la mise à jour des données publiées dans ce registre revêt une importance fondamentale pour la sécurité des transactions juridiques. Toutefois, cette réglementation n’offre pas une protection suffisante aux anciens membres du conseil d’administration ou, comme en l’occurrence, aux anciens membres du conseil de fondation.
25 Selon la juridiction de renvoi, l’absence de publicité de la démission des membres du conseil d’administration porte atteinte à la sécurité des transactions et la réglementation actuelle ne garantit pas la mise en œuvre effective de la directive 2017/1132.
26 Elle précise, en outre, que, en vertu du droit national, une fondation est tenue de s’inscrire au registre judiciaire national.
27 Dans ces conditions, le Sąd Okręgowy w Warszawie (tribunal régional de Varsovie) a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes :
« 1) L’article 14, sous d), l’article 15, paragraphe 1, l’article 16, paragraphe 3, et l’article 17, paragraphe 1, ainsi que les considérants 8 et 33 de la directive [2017/1132] et le considérant 22 de la directive [2025/25] ne s’opposent-ils pas à l’article 24 de [la loi sur le registre judiciaire national], dans la mesure où cette réglementation ne garantit pas qu’une société ou une fondation assure, en temps utile et de manière effective, la publicité de l’information relative à la cessation des fonctions de personnes qui y exercent des fonctions dirigeantes, et où la procédure juridictionnelle visant à obliger une entité inscrite dans le registre à mettre à jour les données n’est pas efficace tandis qu’une juridiction ne peut agir d’office que dans les cas justifiés par la sécurité des transactions et si la juridiction chargée de la tenue du registre considère que les données à supprimer sont pertinentes ?
2) L’article 14, sous d), l’article 15, paragraphe 1, l’article 16, paragraphe 3, et l’article 17, paragraphe 1, ainsi que les considérants 8 et 33 de la directive [2017/1132], le considérant 22 de la directive [2025/25] et l’article 47 de la [Charte] ne s’opposent-ils pas à l’article 24 de [la loi sur le registre judiciaire national], à l’article 6943, paragraphe 1, de [la loi portant code de procédure civile] et à l’article 3, paragraphe 2, de l’ustawa o skardze na naruszenie prawa strony do rozpoznania sprawy w postępowaniu przygotowawczym prowadzonym lub nadzorowanym przez prokuratora i postępowaniu sądowym bez nieuzasadnionej zwłoki [(loi sur le recours en cas de violation des droits des parties à l’instruction d’une affaire dans le cadre d’une procédure préliminaire menée ou supervisée par un procureur et d’une procédure judiciaire sans retard indu), du 17 juin 2004 (Dz. U. n° 179, position 1843) (Dz. U. de 2023, position 1725)], dans la mesure où cette réglementation prive un ancien membre du conseil d’administration d’une société ou d’une fondation de sa qualité pour introduire une demande de modification de ses données dans le registre [judiciaire national], et donc aussi de sa qualité pour agir contre la durée excessive de la procédure, ainsi que d’un recours effectif à une juridiction dans le cadre d’une procédure d’enregistrement visant à supprimer ses données de ce registre ? »
Sur la recevabilité de la demande de décision préjudicielle
28 En vertu de l’article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour, lorsqu’une demande de décision préjudicielle est manifestement irrecevable, la Cour, l’avocat général entendu, peut à tout moment décider de statuer par voie d’ordonnance motivée, sans poursuivre la procédure.
29 Le gouvernement polonais et la Commission contestent, à divers titres, la recevabilité de la demande de décision préjudicielle.
30 En premier lieu, la Commission estime que les questions préjudicielles sont irrecevables dans la mesure où elles font référence aux sociétés, dès lors que le litige principal concerne un ancien membre du conseil d’administration d’une fondation.
31 À cet égard, il y a lieu de relever qu’il ressort de la demande de décision préjudicielle que le litige au principal se rapporte exclusivement à la procédure d’inscription au registre judiciaire national de données relatives à une fondation et ne vise pas les sociétés.
32 Partant, le fait de répondre aux questions préjudicielles dans la mesure où elles font référence aux sociétés reviendrait à examiner des questions ayant trait à des situations factuelles lesquelles ne sont pas en cause dans le litige au principal et donc manifestement à fournir une opinion consultative sur des questions hypothétiques, en méconnaissance de la mission impartie à la Cour dans le cadre de la coopération juridictionnelle instituée à l’article 267 TFUE (voir, en ce sens, arrêts du 16 décembre 1981, Foglia, 244/80, EU:C:1981:302, point 18, ainsi que du 22 février 2022, Stichting Rookpreventie Jeugd e.a., C‑160/20, EU:C:2022:101, point 84).
33 Il s’ensuit que les deux questions posées par la juridiction de renvoi sont irrecevables dans la mesure où elles visent les sociétés.
34 En deuxième lieu, le gouvernement polonais et la Commission font valoir que les questions préjudicielles sont également irrecevables dans la mesure où elles font référence aux fondations, parce que les actes de droit de l’Union dont l’interprétation est demandée par la juridiction de renvoi ne sont pas applicables aux fondations.
35 À cet égard, il y a lieu de relever que, par ses deux questions, la juridiction de renvoi sollicite l’interprétation de l’article 14, sous d), de l’article 15, paragraphe 1, de l’article 16, paragraphe 3, et de l’article 17, paragraphe 1, de la directive 2017/1132, lesquels relèvent de la section 1 du chapitre III du titre I de cette directive.
36 Or, le champ d’application de cette section est défini à l’article 13 de ladite directive, selon lequel les mesures de coordination prescrites à ladite section s’appliquent aux dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives aux formes de sociétés figurant à l’annexe II de celle-ci.
37 Il s’ensuit que la même section ne trouve pas à s’appliquer dans une situation dans laquelle l’entité concernée n’a pas la forme de l’une des sociétés figurant à cette annexe.
38 Or, il est constant que le litige au principal concerne la publication au registre judiciaire national de la cessation des fonctions d’un membre du conseil d’administration d’une entité qui est une fondation et qui n’a pas pris la forme d’une société figurant à ladite annexe.
39 En outre, pour autant que la juridiction de renvoi, dans ses questions, se réfère à l’un des considérants de la directive 2025/25, il suffit de relever qu’il ressort de l’article 4 de celle-ci que le délai de transposition n’est pas encore expiré.
40 Il s’ensuit que les dispositions du droit de l’Union dont la juridiction de renvoi sollicite l’interprétation ne sont pas applicables au litige au principal.
41 Par ailleurs, dans l’hypothèse où la juridiction de renvoi devrait considérer que, dès lors qu’une partie des faits est postérieure au 1er août 2021, date d’expiration du délai de transposition de la directive 2019/1151, figurant à l’article 2, paragraphe 1, de cette dernière directive, ces faits relèvent du champ d’application ratione temporis de la directive 2017/1132 ou de la directive 2017/1132, telle que modifiée par la directive 2019/1151, la conclusion figurant au point précédent resterait pertinente. En effet, les modifications introduites par cette dernière directive, en particulier à l’article 13 de la directive 2017/1132, sont sans incidence sur l’inapplicabilité aux fondations des dispositions de celle-ci dont l’interprétation est sollicitée.
42 En troisième lieu, la juridiction de renvoi semble considérer qu’une réponse aux questions posées lui serait néanmoins utile dès lors que les dispositions nationales relatives aux sociétés à responsabilité limitée, aux sociétés en commandite par actions et aux sociétés anonymes s’appliquent, par analogie, aux fondations en raison du fait que le registre national des entreprises couvre toutes les formes juridiques d’exercice d’une activité économique indépendante qui supposent que l’entreprise concernée dispose de la personnalité juridique ou de la capacité juridique.
43 Il ressort, à cet égard, de la demande de décision préjudicielle que, à l’instar des sociétés, les fondations sont tenues de s’inscrire au registre judicaire national en vertu de l’article 7, paragraphe 1, de la loi sur les fondations, dans sa version applicable au litige au principal.
44 Cela étant, ainsi que le relèvent, en substance, tant le gouvernement polonais que la Commission, ces éléments ne permettent pas de considérer que le droit polonais a opéré un renvoi au contenu de la directive 2017/1132 et, plus particulièrement, aux dispositions de celle‑ci dont l’interprétation est demandée, afin d’assurer à des situations ne relevant pas du champ d’application de cette directive le même traitement que celui prévu par ladite directive, au sens de la jurisprudence issue, notamment, de l’arrêt du 18 octobre 1990, Dzodzi (C‑297/88 et C‑197/89, EU:C:1990:360).
45 Force est donc de constater que la juridiction de renvoi ne fournit pas d’indications permettant de considérer qu’il conviendrait que la Cour statue sur cette interprétation, malgré le fait que ces dispositions ne sont pas applicables au litige pendant devant elle (voir, en ce sens, arrêts du 15 novembre 2016, Ullens de Schooten, C‑268/15, EU:C:2016:874, point 55, ainsi que du 24 octobre 2019, Belgische Staat, C‑469/18 et C‑470/18, EU:C:2019:895, point 24).
46 En quatrième lieu, en ce qui concerne l’interprétation de l’article 47 de la Charte, sollicitée par la seconde question, il importe de rappeler que l’article 51, paragraphe 1, de la Charte prévoit que les dispositions de celle-ci s’adressent aux États membres uniquement lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union. Lorsque, en revanche, une situation juridique ne relève pas du champ d’application du droit de l’Union, la Cour n’est pas compétente pour en connaître et les dispositions de la Charte éventuellement invoquées ne sauraient, à elles seules, fonder cette compétence (arrêt du 13 mai 2026, BRANDL, C‑286/25, EU:C:2026:398, point 24).
47 Or, il résulte des considérations qui précèdent que la situation en cause au principal ne relève pas de la mise en œuvre du droit de l’Union, au sens de l’article 51, paragraphe 1, de la Charte. Par conséquent, la Cour ne saurait non plus se prononcer sur l’interprétation de l’article 47 de la Charte.
48 Eu égard aux considérations qui précèdent, la demande de décision préjudicielle est manifestement irrecevable.
Sur les dépens
49 La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens.
Par ces motifs, la Cour (huitième chambre) dit pour droit :
La demande de décision préjudicielle introduite par le Sąd Okręgowy w Warszawie (tribunal régional de Varsovie, Pologne), par décision du 28 avril 2025, est manifestement irrecevable.
Signatures
* Langue de procédure : le polonais.
i Le nom de la présente affaire est un nom fictif. Il ne correspond au nom réel d’aucune partie à la procédure.
Ordonnance de rectification du 20 juillet 2026.#International Management Group (IMG) contre Commission européenne.#Rectification d’arrêt.#Affaire C-790/24 P.
20/07/2026
Ordonnance de la Cour (huitième chambre) du 16 juillet 2026.#Napag Italia S.r.l. contre Agenzia delle Entrate – Direzione Regionale del Lazio.#Renvoi préjudiciel – Article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour – Absence de mise en œuvre du droit de l’Union – Incompétence manifeste de la Cour.#Affaire C-67/26.
16/07/2026
Ordonnance de la Cour (neuvième chambre) du 15 juillet 2026.#Harouna Douamba contre Conseil de l'Union européenne.#Pourvoi – Article 181 du règlement de procédure de la Cour – Article 168, paragraphe 2, et article 119, paragraphes 2 et 4, du règlement de procédure – Pourvoi manifestement irrecevable – Absence de production d’un document officiel ou d’un mandat dans le délai imparti.#Affaire C-106/26 P.
15/07/2026
Ordonnance de la Cour (dixième chambre) du 15 juillet 2026.#Emilio De Capitani contre Conseil de l'Union européenne.#Pourvoi – Article 181 du règlement de procédure de la Cour – Accès aux documents – Règlement (CE) no 1049/2001 – Documents de travail émanant du secrétariat général du Conseil de l’Union européenne – Absence de publication dans le registre du Conseil des documents communiqués à la suite d’une demande d’accès – Article 10 et article 16, paragraphe 8, TUE – Article 15 TFUE – Absence de décision implicite de refus de publication – Absence d’acte attaquable – Pourvoi en partie manifestement irrecevable et en partie manifestement non fondé.#Affaire C-13/26 P.
15/07/2026