| CELEX | 62025CO0872 |
| Type | Ordonnance CJUE |
| Date | mardi 30 juin 2026 |
ORDONNANCE DE LA COUR (chambre d’admission des pourvois)
30 juin 2026 (*)
« Pourvoi – Règlement (UE) 2017/2195 – Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) – Admission des pourvois – Article 170 ter du règlement de procédure de la Cour – Demande démontrant l’importance d’une question pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union – Admission du pourvoi »
Dans l’affaire C‑872/25 P,
ayant pour objet un pourvoi au titre de l’article 56 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, introduit le 24 décembre 2025,
Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER), représentée par MM. J. Nordstrom et E. Tremmel, en qualité d’agents, assistés de Me B. Creve, avocat,
partie requérante,
les autres parties à la procédure étant :
Swissgrid AG, établie à Aarau (Suisse),
partie demanderesse en première instance,
Commission européenne,
partie intervenante en première instance,
LA COUR (chambre d’admission des pourvois),
composée de M. T. von Danwitz, vice-président de la Cour, Mme O. Spineanu‑Matei et M. N. Fenger (rapporteur), juges,
greffier : M. A. Calot Escobar,
vu la procédure écrite,
vu la proposition du juge rapporteur et l’avocat général, M. M. Szpunar, entendu,
rend la présente
Ordonnance
1 Par son pourvoi, l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) demande l’annulation de l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne du 8 octobre 2025, Swissgrid/ACER (T‑556/23, ci‑après l’« arrêt attaqué », EU:T:2025:941), par lequel celui‑ci a annulé la décision A‑009‑2022 de la commission de recours de l’ACER, du 29 juin 2023, rejetant comme irrecevable le recours contre la décision 16/2022 de l’ACER, du 30 septembre 2022 (ci-après la « décision litigieuse »).
Sur la demande d’admission du pourvoi
2 En vertu de l’article 58 bis, premier alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, l’examen des pourvois formés contre les décisions du Tribunal portant sur une décision d’une chambre de recours indépendante de l’ACER est subordonné à leur admission préalable par la Cour.
3 Conformément à l’article 58 bis, troisième alinéa, de ce statut, le pourvoi est admis, en tout ou en partie, selon les modalités précisées dans le règlement de procédure de la Cour, lorsqu’il soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union.
4 Aux termes de l’article 170 bis, paragraphe 1, du règlement de procédure, dans les situations visées à l’article 58 bis, premier alinéa, dudit statut, la partie requérante annexe à sa requête une demande d’admission du pourvoi dans laquelle elle expose la question importante que soulève le pourvoi pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union et qui contient tous les éléments nécessaires pour permettre à la Cour de statuer sur cette demande.
5 Conformément à l’article 170 ter, paragraphes 1 et 3, du règlement de procédure, la Cour statue sur la demande d’admission du pourvoi dans les meilleurs délais par voie d’ordonnance motivée.
Argumentation de la partie requérante
6 À l’appui de sa demande d’admission du pourvoi, l’ACER fait valoir que son moyen unique soulève une question importante pour l’unité, la cohérence et le développement du droit de l’Union. Par ce moyen unique, l’ACER reproche au Tribunal d’avoir commis une erreur de droit en jugeant que la commission de recours de l’ACER avait violé l’article 28, paragraphe 1, du règlement (UE) 2019/942 du Parlement européen et du Conseil, du 5 juin 2019, instituant une agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (JO 2019, L 158, p. 22), en déclarant irrecevable le recours formé par Swissgrid AG contre la décision litigieuse.
7 Ce moyen unique comporte deux branches.
8 Par la première branche, l’ACER soutient que le Tribunal a apprécié de manière erronée l’effet juridique de cette décision à l’égard de Swissgrid, gestionnaire de réseau de transport d’électricité en Suisse. En ne tenant pas compte du fait que l’exclusion de jure de Swissgrid de la plateforme européenne pour le processus de compensation des déséquilibres (ci-après la « plateforme IN »), que cette société imputait à ladite décision, découlait directement du règlement (UE) 2017/2195 de la Commission, du 23 novembre 2017, concernant une ligne directrice sur l’équilibrage du système électrique (JO 2017, L 312, p. 6), le Tribunal aurait omis de prendre en considération le contexte dans lequel cette même décision avait été adoptée et l’absence de compétence de l’ACER pour décider de la participation de Swissgrid à cette plateforme.
9 Le Tribunal aurait lui-même relevé, aux points 27, 28, 32 et 36 de l’arrêt attaqué, que l’admission de Swissgrid sur les plateformes européennes d’équilibrage de l’énergie était déterminée soit par l’article 1er, paragraphes 6 et 7, du règlement 2017/2195, soit par un accord bilatéral conclu entre l’Union européenne et la Confédération suisse, confirmant ainsi que l’ACER n’était pas compétente pour décider de la participation de Swissgrid à la plateforme IN. Si le Tribunal avait tenu compte de cette absence de compétence, il aurait dû juger que l’exclusion de Swissgrid de la participation à ladite plateforme ne découlait pas de la décision litigieuse et en aurait dû déduire que le recours formé par Swissgrid devant la commission de recours de l’ACER n’était pas susceptible, par son résultat, de procurer un bénéfice à cette société.
10 L’approche adoptée par le Tribunal irait ainsi à l’encontre de la jurisprudence de la Cour selon laquelle le contexte de l’acte attaqué et les compétences de l’organe qui l’a adopté doivent être pris en considération lors de l’appréciation de la recevabilité du recours formé contre cet acte. L’ACER invoque, en particulier, l’ordonnance du 11 avril 2024, Atesos medical e.a./Commission e.a. (C‑491/23 P, EU:C:2024:320), dans laquelle la Cour aurait considéré un recours irrecevable au motif que l’effet juridique affectant les parties requérantes résultait d’un règlement et non de la décision faisant l’objet du recours.
11 Par la seconde branche de son moyen unique, l’ACER fait valoir que l’arrêt attaqué est entaché d’une contradiction de motifs.
12 Le Tribunal aurait retenu, au point 33 de l’arrêt attaqué, que la participation de Swissgrid à la plateforme IN était exclue en vertu du règlement 2017/2195, tout en jugeant, au point 69 de l’arrêt attaqué, que cette société ne pouvait plus maintenir sa participation à cette plateforme à la suite de l’adoption de la décision 16/2022. Selon l’ACER, cette seconde appréciation reviendrait à admettre implicitement que ladite société pouvait participer à ladite plateforme avant l’adoption de cette décision. Or, l’article 1er du règlement 2017/2195 n’a pas été modifié depuis son entrée en vigueur, à savoir le 18 décembre 2017, ce qui signifierait que la situation juridique de Swissgrid serait demeurée inchangée depuis cette date.
13 Aux points 62 à 65 de l’arrêt attaqué, le Tribunal aurait considéré à tort les contrats privés conclus entre les gestionnaires de réseaux de transport d’électricité, ainsi que la décision no 13/2020 de l’ACER, comme ayant eu pour effet d’admettre la participation de Swissgrid à ladite plateforme.
14 En outre, en estimant, au point 66 de l’arrêt attaqué, que l’interprétation du cadre de mise en œuvre de la plateforme IN à la lumière du règlement 2017/2195 n’était pas susceptible de lever tout doute quant à la possibilité pour cette société de continuer à participer à cette plateforme, le Tribunal aurait introduit un nouveau critère, tenant à l’existence d’un doute, pour apprécier les effets juridiques d’un acte. Un tel critère serait dépourvu de pertinence et méconnaîtrait la présomption de légalité des actes des institutions et organes de l’Union, le principe de sécurité juridique, l’État de droit et le principe iura novit curia. Selon l’ACER, aucun doute ne pouvait exister sur ce point, dès lors que la participation de Swissgrid à cette plateforme était clairement exclue au regard des appréciations figurant aux points 27 à 33 et 35 à 39 de l’arrêt attaqué.
15 Par ailleurs, le Tribunal se serait contredit en affirmant, d’une part, que l’ACER était compétente pour exclure Swissgrid de la participation à la plateforme IN et, d’autre part, que cette exclusion était déterminée soit par l’article 1er, paragraphes 6 et 7, du règlement 2017/2195, soit par un accord bilatéral.
16 Selon l’ACER, ces erreurs ont eu une incidence sur le dispositif de l’arrêt attaqué. À défaut de celles-ci, le Tribunal aurait confirmé l’appréciation de la commission de recours de l’ACER et rejeté le deuxième moyen de Swissgrid.
17 L’ACER soutient que la question juridique soulevée par son pourvoi excède largement le cadre de la présente affaire et revêt une importance pour l’unité, la cohérence et le développement du droit de l’Union.
18 Cette question serait relative à l’interprétation et à l’application de la notion d’« effet juridique direct » qui ferait « double emploi » avec le critère de l’affectation directe et individuelle prévu à l’article 28, paragraphe 1, du règlement 2019/942 et à l’article 263 TFUE. Elle concernerait, en particulier, la possibilité pour une juridiction ou une instance administrative d’appel de ne pas tirer les conséquences, lors de son examen de la recevabilité d’un recours, des constatations déjà formulées dans les autres motifs de sa décision, selon lesquelles l’effet juridique direct allégué découlerait d’un acte de rang supérieur à l’acte attaqué.
19 Tout d’abord, une telle possibilité serait contraire à la jurisprudence de la Cour selon laquelle le contexte de l’acte attaqué et les compétences de l’organe qui l’a adopté doivent être pris en compte lors de l’appréciation de la recevabilité d’un recours formé contre cet acte. Ensuite, une telle possibilité est susceptible de conduire à retenir des motifs contradictoires dans toutes les affaires dans lesquelles une juridiction ou une instance administrative d’appel doit, pour statuer sur la recevabilité d’un recours, apprécier les effets juridiques d’un acte de rang supérieur à l’acte attaqué. Enfin, l’approche retenue par le Tribunal, consistant à considérer qu’il peut exister un doute quant à l’interprétation d’un règlement devant le juge, imposerait aux organes administratifs d’appel de se demander, lors de l’examen des recours dont ils sont saisis, si le Tribunal pouvait éprouver un doute, ce qui porterait atteinte à la présomption de légalité des actes des institutions et organes de l’Union, telle que rappelée, notamment, dans l’arrêt du 12 février 2008, CELF et ministre de la Culture et de la Communication (C‑199/06, EU:C:2008:79).
Appréciation de la Cour
20 À titre liminaire, il convient de relever que c’est à la partie requérante qu’il incombe de démontrer que les questions soulevées par son pourvoi sont importantes pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union (ordonnances du 10 décembre 2021, EUIPO/The KaiKai Company Jaeger Wichmann, C‑382/21 P, EU:C:2021:1050, point 20, et du 24 mars 2026, Capella/EUIPO, C‑766/25 P, EU:C:2026:276, point 15).
21 En outre, ainsi qu’il ressort de l’article 58 bis, troisième alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, lu en combinaison avec l’article 170 bis, paragraphe 1, et l’article 170 ter, paragraphe 4, du règlement de procédure, la demande d’admission du pourvoi doit contenir tous les éléments nécessaires pour permettre à la Cour de statuer sur l’admission du pourvoi et de déterminer, en cas d’admission partielle de ce dernier, les moyens ou les branches du pourvoi sur lesquels le mémoire en réponse doit porter. En effet, étant donné que le mécanisme d’admission préalable des pourvois prévu à l’article 58 bis de ce statut vise à limiter le contrôle de la Cour aux questions revêtant une importance pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union, seuls les moyens soulevant de telles questions et établis par la partie requérante doivent être examinés par la Cour dans le cadre du pourvoi (ordonnances du 10 décembre 2021, EUIPO/The KaiKai Company Jaeger Wichmann, C‑382/21 P, EU:C:2021:1050, point 21, et du 24 mars 2026, Capella/EUIPO, C‑766/25 P, EU:C:2026:276, point 16).
22 Ainsi, une demande d’admission du pourvoi doit, en tout état de cause, énoncer de façon claire et précise les moyens sur lesquels le pourvoi est fondé, identifier avec la même précision et la même clarté la question de droit soulevée par chaque moyen, préciser si cette question est importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union et exposer de manière spécifique les raisons pour lesquelles ladite question est importante au regard du critère invoqué. En ce qui concerne, en particulier, les moyens du pourvoi, la demande d’admission du pourvoi doit préciser la disposition du droit de l’Union ou la jurisprudence qui aurait été méconnue par l’arrêt ou l’ordonnance sous pourvoi, exposer de manière succincte en quoi consiste l’erreur de droit prétendument commise par le Tribunal et indiquer dans quelle mesure cette erreur a exercé une influence sur le résultat de l’arrêt ou de l’ordonnance sous pourvoi. Lorsque l’erreur de droit invoquée résulte de la méconnaissance de la jurisprudence, la demande d’admission du pourvoi doit exposer, de façon succincte mais claire et précise, premièrement, où se situe la contradiction alléguée, en identifiant tant les points de l’arrêt ou de l’ordonnance sous pourvoi que la partie requérante remet en cause que ceux de la décision de la Cour ou du Tribunal qui auraient été méconnus, et, secondement, les raisons concrètes pour lesquelles une telle contradiction soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union (ordonnances du 10 décembre 2021, EUIPO/The KaiKai Company Jaeger Wichmann, C‑382/21 P, EU:C:2021:1050, point 22, et du 24 mars 2026, Capella/EUIPO, C‑766/25 P, EU:C:2026:276, point 17).
23 Conformément au principe selon lequel la charge de la preuve pèse sur l’auteur d’une demande d’admission d’un pourvoi, celui-ci doit démontrer que, indépendamment des questions de droit qu’il invoque dans son pourvoi, ce dernier soulève une ou plusieurs questions importantes pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union qui dépassent le cadre de l’arrêt sous pourvoi et, en définitive, celui de son pourvoi (voir, notamment, ordonnances du 29 avril 2025, SC/Eulex Kosovo, C‑881/24 P, EU:C:2025:313, point 17, et du 18 novembre 2025, EUIPO/Versiontech, C‑411/25 P, EU:C:2025:943, point 23).
24 Cette démonstration implique elle-même d’établir tant l’existence que l’importance de telles questions, au moyen d’éléments concrets et propres au cas d’espèce, et non pas simplement au moyen d’arguments d’ordre général (ordonnances du 29 avril 2025, SC/Eulex Kosovo, C‑881/24 P, EU:C:2025:313, point 18, et du 18 novembre 2025, EUIPO/Versiontech, C‑411/25 P, EU:C:2025:943, point 24).
25 En l’espèce, il convient de constater, en premier lieu, que la demande d’admission du pourvoi énonce avec précision et clarté le moyen unique invoqué dans le cadre du pourvoi, tiré, en substance, d’une erreur de droit dans l’interprétation de l’article 28, paragraphe 1, du règlement 2019/942 et identifie tant les points contestés de l’arrêt attaqué que les dispositions du droit de l’Union prétendument méconnues.
26 En effet, il ressort de la demande d’admission que l’ACER reproche au Tribunal, d’une part, la violation de la jurisprudence de la Cour selon laquelle le contexte de l’acte attaqué et les compétences de l’organe qui l’a adopté doivent être pris en considération lors de l’appréciation de la recevabilité d’un recours. Elle invoque, en particulier, l’ordonnance du 11 avril 2024, Atesos medical e.a./Commission e.a. (C‑491/23 P, EU:C:2024:320), dont les faits seraient analogues à ceux de l’espèce. Selon l’ACER, le Tribunal a commis une erreur de droit en ne tenant pas compte, aux points 60 et 61 de l’arrêt attaqué, du contexte dans lequel la décision litigieuse avait été adoptée, en particulier, premièrement, du fait que l’exclusion de jure de Swissgrid de la participation à la plateforme IN découlait du règlement 2017/2195 et, secondement, de l’absence de compétence de l’ACER pour admettre la participation de Swissgrid à cette plateforme.
27 D’autre part, ainsi qu’il a été exposé aux points 11 à 14 de la présente ordonnance, l’ACER invoque la violation de la présomption de légalité des actes des institutions et organes de l’Union, du principe de sécurité juridique, de l’État de droit et du principe iura novit curia. Elle reproche au Tribunal d’avoir retenu des motifs contradictoires quant à la participation de Swissgrid à ladite plateforme et à la compétence de l’ACER pour exclure une telle participation.
28 En deuxième lieu, la demande d’admission du pourvoi expose à suffisance dans quelle mesure les erreurs alléguées ont exercé une influence sur le résultat de l’arrêt attaqué. En effet, l’ACER soutient que, sans les violations alléguées, le Tribunal aurait retenu une autre appréciation de l’effet juridique de la décision litigieuse et aurait jugé que le recours formé par Swissgrid contre cette décision n’était pas susceptible de lui procurer un bénéfice.
29 En troisième lieu, l’ACER identifie la question de droit soulevée par son moyen unique, comme portant, en substance, sur la prise en compte du contexte de l’adoption de l’acte attaqué et des compétences de l’organe qui l’a adopté dans l’appréciation du critère de l’affectation directe et individuelle prévu à l’article 263 TFUE et repris à l’article 28, paragraphe 1, du règlement 2019/942.
30 En quatrième et dernier lieu, la demande d’admission expose à suffisance les raisons concrètes pour lesquelles le moyen unique soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union.
31 En effet, premièrement, en soutenant que la question en cause est susceptible de se poser également dans toutes les affaires dans lesquelles une juridiction ou une instance administrative d’appel est appelée à apprécier les effets juridiques d’un acte de rang supérieur à l’acte attaqué pour statuer sur la recevabilité d’un recours, l’ACER démontre que la question juridique ainsi soulevée dépasse le cadre de son pourvoi, dès lors qu’elle concerne, au-delà du cas d’espèce, les conditions dans lesquelles la recevabilité d’un recours doit être appréciée.
32 Deuxièmement, l’ACER souligne que l’approche retenue par le Tribunal dans l’arrêt attaqué engendre un risque d’insécurité juridique, en ce qu’elle méconnaît la jurisprudence de la Cour sur cette question et, en particulier, celle rappelée aux points 61 à 64 de l’ordonnance du 11 avril 2024, Atesos medical e.a./Commission e.a. (C‑491/23 P, EU:C:2024:320).
33 Enfin, troisièmement, l’ACER relève que, en considérant qu’il peut exister un doute quant à l’interprétation d’un règlement devant le juge, le Tribunal a introduit un critère nouveau et dépourvu de pertinence pour apprécier l’existence d’un « effet juridique direct » des actes des institutions et organes de l’Union. Une telle approche imposerait aux organes d’appel administratifs, lors de l’examen des recours dont ils sont saisis, de rechercher si le Tribunal pouvait éprouver un tel doute, remettant ainsi en cause la présomption de légalité de ces actes, le principe de sécurité juridique, l’État de droit et le principe iura novit curia.
34 Compte tenu des éléments exposés par l’ACER, la présente demande d’admission du pourvoi démontre à suffisance de droit que ce pourvoi soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union.
35 Eu égard aux considérations qui précèdent, il y a lieu d’admettre le pourvoi.
Sur les dépens
36 Aux termes de l’article 170 ter, paragraphe 4, du règlement de procédure, lorsque le pourvoi est admis, en tout ou en partie, au regard des critères énoncés à l’article 58 bis, troisième alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, la procédure se poursuit conformément aux articles 171 à 190 bis de ce règlement.
37 En application de l’article 137 dudit règlement, applicable à la procédure de pourvoi en vertu de l’article 184, paragraphe 1, de ce même règlement, il est statué sur les dépens dans l’arrêt ou l’ordonnance qui met fin à l’instance.
38 Par suite, la demande d’admission du pourvoi étant accueillie, il y a lieu de réserver les dépens.
Par ces motifs, la Cour (chambre d’admission des pourvois) ordonne :
1) Le pourvoi est admis.
2) Les dépens sont réservés.
Signatures
* Langue de procédure : l’anglais.
Ordonnance de rectification du 20 juillet 2026.#International Management Group (IMG) contre Commission européenne.#Rectification d’arrêt.#Affaire C-790/24 P.
20/07/2026
Ordonnance de la Cour (huitième chambre) du 16 juillet 2026.#Napag Italia S.r.l. contre Agenzia delle Entrate – Direzione Regionale del Lazio.#Renvoi préjudiciel – Article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour – Absence de mise en œuvre du droit de l’Union – Incompétence manifeste de la Cour.#Affaire C-67/26.
16/07/2026
Ordonnance de la Cour (huitième chambre) du 16 juillet 2026.#M.O.#Renvoi préjudiciel – Article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour – Directive (UE) 2017/1132 – Publicité et actualisation des indications concernant les sociétés – Cessation des fonctions par des membres du conseil d’administration – Fondation – Inapplicabilité – Article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Absence de mise en œuvre du droit de l’Union – Irrecevabilité manifeste.#Affaire C-358/25.
16/07/2026
Ordonnance de la Cour (neuvième chambre) du 15 juillet 2026.#Harouna Douamba contre Conseil de l'Union européenne.#Pourvoi – Article 181 du règlement de procédure de la Cour – Article 168, paragraphe 2, et article 119, paragraphes 2 et 4, du règlement de procédure – Pourvoi manifestement irrecevable – Absence de production d’un document officiel ou d’un mandat dans le délai imparti.#Affaire C-106/26 P.
15/07/2026