| CELEX | 62026CO0106 |
| Type | Ordonnance CJUE |
| Date | mercredi 15 juillet 2026 |
ORDONNANCE DE LA COUR (neuvième chambre)
15 juillet 2026 (*)
« Pourvoi – Article 181 du règlement de procédure de la Cour – Article 168, paragraphe 2, et article 119, paragraphes 2 et 4, du règlement de procédure – Pourvoi manifestement irrecevable – Absence de production d’un document officiel ou d’un mandat dans le délai imparti »
Dans l’affaire C‑106/26 P,
ayant pour objet un pourvoi au titre de l’article 56 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, introduit le 17 février 2026,
Harouna Douamba, demeurant à Lomé (Togo), représenté par Me B. Poda, avocat,
partie requérante,
l’autre partie à la procédure étant :
Conseil de l’Union européenne,
partie défenderesse en première instance,
LA COUR (neuvième chambre),
composée de M. M. Condinanzi (rapporteur), président de chambre, MM. N. Jääskinen et A. Kornezov, juges,
avocat général : M. R. Norkus,
greffier : M. A. Calot Escobar,
vu la décision prise, l’avocat général entendu, de statuer par voie d’ordonnance motivée, conformément à l’article 181 du règlement de procédure de la Cour,
rend la présente
Ordonnance
1 Par son pourvoi, M. Harouna Douamba demande l’annulation de l’ordonnance du Tribunal de l’Union européenne du 15 décembre 2025, Douamba/Conseil (T‑143/25, EU:T:2025:1122), par laquelle ce dernier a rejeté comme étant, pour partie, manifestement irrecevable et, pour partie, manifestement non fondé le recours du requérant visant, d’une part, l’annulation du règlement d’exécution (UE) 2024/3188 du Conseil, du 16 décembre 2024, mettant en œuvre le règlement (UE) 2024/2642 concernant des mesures restrictives eu égard aux activités déstabilisatrices menées par la Russie (JO L, 2024/3188), dans la mesure où cet acte le concerne, et, d’autre part, à la réparation du préjudice qu’il aurait subi du fait de l’adoption de ce règlement d’exécution.
Le cadre juridique
2 Aux termes de l’article 45 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne :
« Des délais de distance seront établis par le règlement de procédure.
Aucune déchéance tirée de l’expiration des délais ne peut être opposée lorsque l’intéressé établit l’existence d’un cas fortuit ou de force majeure. »
3 L’article 119 du règlement de procédure de la Cour, intitulé « Obligation de représentation », dispose :
« 1. Les parties ne peuvent être représentées que par leur agent ou avocat.
2. Les agents et avocats sont tenus de déposer au greffe un document officiel ou un mandat délivré par la partie qu’ils représentent.
[...]
4. Si ces documents ne sont pas déposés, le greffier fixe à la partie concernée un délai raisonnable pour les produire. À défaut de cette production dans le délai imparti, le président décide, le juge rapporteur et l’avocat général entendus, si l’inobservation de cette formalité entraîne l’irrecevabilité formelle de la requête ou du mémoire. S’il l’estime nécessaire, le président peut déférer cette question à la Cour. »
4 L’article 168 de ce règlement, intitulé « Contenu de la requête en pourvoi », prévoit :
« 1. Le pourvoi contient :
[...]
d) les moyens et arguments de droit invoqués ainsi qu’un exposé sommaire desdits moyens ;
[...]
2. Les articles 119, 121, 122, paragraphe 1, du présent règlement sont applicables au pourvoi.
[...]
4. Si le pourvoi n’est pas conforme aux paragraphes 1 à 3 du présent article, le greffier fixe au requérant un délai raisonnable aux fins de la régularisation de la requête. À défaut de cette régularisation dans le délai imparti, le président décide, le juge rapporteur et l’avocat général entendus, si l’inobservation de cette formalité entraîne l’irrecevabilité formelle de la requête. S’il l’estime nécessaire, le président peut déférer cette question à la Cour. »
Sur le pourvoi
5 En vertu de l’article 181 du règlement de procédure, lorsque le pourvoi est, notamment, en tout ou en partie, manifestement irrecevable, la Cour peut, à tout moment, sur proposition du juge rapporteur, l’avocat général entendu, décider de rejeter ce pourvoi totalement ou partiellement par voie d’ordonnance motivée.
6 Il y a lieu de faire application de cette disposition dans la présente affaire.
7 Il importe de rappeler que, pour qu’un pourvoi soit recevable, il est nécessaire de démontrer que la personne concernée a réellement pris la décision d’introduire le pourvoi et que l’avocat qui prétend la représenter a effectivement été mandaté à cette fin (voir, par analogie, arrêt du 5 novembre 2019, BCE e.a./Trasta Komercbanka e.a., C‑663/17 P, C‑665/17 P et C‑669/17 P, EU:C:2019:923, point 57).
8 C’est précisément en vue de s’assurer que tel est bien le cas que l’article 119, paragraphe 2, du règlement de procédure, applicable à la procédure de pourvoi en vertu de l’article 168, paragraphe 2, de ce règlement, requiert du représentant de la partie requérante de déposer au greffe de la Cour un document officiel ou un mandat délivré par ladite partie, le défaut de production dudit document officiel ou dudit mandat pouvant entraîner, conformément au paragraphe 4 de cet article 119, l’irrecevabilité formelle de la requête (voir, par analogie, arrêt du 5 novembre 2019, BCE e.a./Trasta Komercbanka e.a., C‑663/17 P, C‑665/17 P et C‑669/17 P, EU:C:2019:923, point 57).
9 En l’espèce, par lettre du 19 février 2026 et en application de l’article 168, paragraphe 4, du règlement de procédure, le greffe de la Cour a demandé à ce que l’avocat ayant introduit le présent pourvoi régularise celui-ci au plus tard pour le 2 mars 2026, délais de distance inclus, en produisant, d’une part, conformément à l’article 119, paragraphe 2, de ce règlement, applicable à la procédure de pourvoi en vertu de l’article 168, paragraphe 2, de celui-ci, un pouvoir de représentation de la part du requérant et, d’autre part, en vertu de l’article 168, paragraphe 1, sous d), dudit règlement, un exposé sommaire des moyens de droit invoqués.
10 L’avocat ayant introduit le présent pourvoi a déposé la seconde pièce sollicitée dans le délai imparti. En revanche, il n’a produit aucun document officiel ou mandat délivré par le requérant, au sens de l’article 119, paragraphe 2, du règlement de procédure.
11 À cet égard, il y a lieu de relever, tout d’abord, que le défaut de production d’un tel document officiel ou d’un tel mandat ne s’accompagne d’aucune tentative d’expliquer, et a fortiori de démontrer, que le non-respect du délai imparti par le greffe dans la lettre du 19 février 2026 est dû à l’existence d’un cas fortuit ou de force majeure, au sens de l’article 45 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne.
12 Ensuite, la circonstance que, par lettre du 2 mars 2026, le pourvoi ait été partiellement régularisé, c’est-à-dire pour autant qu’il concerne l’exposé sommaire des moyens de droit invoqués, rend d’autant plus inexplicable l’absence de réponse à la demande de régularisation portant sur le défaut de production d’un document officiel ou d’un mandat en bonne et due forme.
13 Enfin, il n’apparaît pas que l’avocat ayant introduit le présent pourvoi ait produit, devant le Tribunal, un document officiel ou un mandat de la part du requérant l’habilitant à représenter celui-ci dans le cas d’une éventuelle procédure de pourvoi devant la Cour. Cet avocat ne le prétend d’ailleurs pas.
14 Il s’ensuit que le pourvoi doit être rejeté comme étant manifestement irrecevable.
Sur les dépens
15 Aux termes de l’article 137 du règlement de procédure, applicable à la procédure de pourvoi en vertu de l’article 184, paragraphe 1, de ce règlement, il est statué sur les dépens dans l’ordonnance qui met fin à l’instance.
16 La présente ordonnance étant adoptée avant que le pourvoi ne soit signifié à l’autre partie à la procédure et, par conséquent, avant que celle-ci n’ait pu exposer des dépens, il y a lieu de décider que le requérant supportera ses propres dépens.
Par ces motifs, la Cour (neuvième chambre) ordonne :
1) Le pourvoi est rejeté comme étant manifestement irrecevable.
2) M. Harouna Douamba supporte ses propres dépens.
Fait à Luxembourg, le 15 juillet 2026
| Le greffier | Le président de chambre |
| A. Calot Escobar | M. Condinanzi |
* Langue de procédure : le français.
Ordonnance de rectification du 20 juillet 2026.#International Management Group (IMG) contre Commission européenne.#Rectification d’arrêt.#Affaire C-790/24 P.
20/07/2026
Ordonnance de la Cour (huitième chambre) du 16 juillet 2026.#Napag Italia S.r.l. contre Agenzia delle Entrate – Direzione Regionale del Lazio.#Renvoi préjudiciel – Article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour – Absence de mise en œuvre du droit de l’Union – Incompétence manifeste de la Cour.#Affaire C-67/26.
16/07/2026
Ordonnance de la Cour (huitième chambre) du 16 juillet 2026.#M.O.#Renvoi préjudiciel – Article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour – Directive (UE) 2017/1132 – Publicité et actualisation des indications concernant les sociétés – Cessation des fonctions par des membres du conseil d’administration – Fondation – Inapplicabilité – Article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Absence de mise en œuvre du droit de l’Union – Irrecevabilité manifeste.#Affaire C-358/25.
16/07/2026
Ordonnance de la Cour (dixième chambre) du 15 juillet 2026.#Emilio De Capitani contre Conseil de l'Union européenne.#Pourvoi – Article 181 du règlement de procédure de la Cour – Accès aux documents – Règlement (CE) no 1049/2001 – Documents de travail émanant du secrétariat général du Conseil de l’Union européenne – Absence de publication dans le registre du Conseil des documents communiqués à la suite d’une demande d’accès – Article 10 et article 16, paragraphe 8, TUE – Article 15 TFUE – Absence de décision implicite de refus de publication – Absence d’acte attaquable – Pourvoi en partie manifestement irrecevable et en partie manifestement non fondé.#Affaire C-13/26 P.
15/07/2026