| CELEX | 62025CO0875 |
| Type | Ordonnance CJUE |
| Date | mercredi 24 juin 2026 |
ORDONNANCE DE LA COUR (chambre d’admission des pourvois)
24 juin 2026 (*)
« Pourvoi – Union économique et monétaire – Union bancaire – Règlement (UE) no 806/2014 – Mécanisme de résolution unique des établissements de crédit et de certaines entreprises d’investissement (MRU) – Admission des pourvois – Article 170 ter du règlement de procédure de la Cour – Demande ne démontrant pas l’importance d’une question pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union – Non‑admission du pourvoi »
Dans l’affaire C‑875/25 P,
ayant pour objet un pourvoi au titre de l’article 56 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, introduit le 30 décembre 2025,
MeSoFa Vermögensverwaltungs AG, établie à Vienne (Autriche), représentée par Me M. Fernandez, avocat, Mes N. Hohler et J. Jansen, Rechtsanwälte,
partie requérante,
l’autre partie à la procédure étant :
Conseil de résolution unique (CRU),
partie défenderesse en première instance,
LA COUR (chambre d’admission des pourvois),
composée de M. T. von Danwitz, vice-président de la Cour, MM. J. Passer et B. Smulders (rapporteur), juges,
greffier : M. A. Calot Escobar,
vu la proposition du juge rapporteur et l’avocate générale, Mme T. Ćapeta, entendue,
rend la présente
Ordonnance
1 Par son pourvoi, MeSoFa Vermögensverwaltungs AG demande l’annulation de l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne du 15 octobre 2025, MeSoFa/CRU (T‑291/23, ci-après l’« arrêt attaqué », EU:T:2025:962), par lequel celui-ci a rejeté son recours tendant à l’annulation de cinq décisions prises à la suite d’une demande d’accès aux documents de cette société se rapportant à l’adoption d’un dispositif de résolution à l’égard de Sberbank banka d.d. Ces décisions sont, premièrement, la décision confirmative du Conseil de résolution unique (CRU) du 19 août 2022, concernant cette demande d’accès aux documents (ci-après la « première décision confirmative »), deuxièmement, la décision du comité d’appel du CRU (ci-après le « comité d’appel ») du 8 mars 2023, prise à la suite de cette décision confirmative (ci-après la « première décision du comité d’appel »), troisièmement, la réponse négative du CRU au sens de l’article 8, paragraphe 3, du règlement (CE) no 1049/2001 du Parlement européen et du Conseil, du 30 mai 2001, relatif à l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission (JO 2001, L 145, p. 43), quatrièmement, la décision confirmative du CRU du 21 décembre 2023, concernant la même demande d’accès aux documents (ci-après la « seconde décision confirmative »), et, cinquièmement, la décision du comité d’appel du 22 mai 2024, portant sur cette dernière décision (ci-après la « seconde décision du comité d’appel »).
Sur la demande d’admission du pourvoi
2 En vertu de l’article 58 bis, premier alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, l’examen des pourvois formés contre les décisions du Tribunal portant sur une décision d’une chambre de recours indépendante du CRU est subordonné à leur admission préalable par la Cour.
3 Conformément à l’article 58 bis, troisième alinéa, de ce statut, le pourvoi est admis, en tout ou en partie, selon les modalités précisées dans le règlement de procédure de la Cour, lorsqu’il soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union.
4 Aux termes de l’article 170 bis, paragraphe 1, du règlement de procédure, dans les situations visées à l’article 58 bis, premier alinéa, dudit statut, la partie requérante annexe à sa requête une demande d’admission du pourvoi dans laquelle elle expose la question importante que soulève le pourvoi pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union et qui contient tous les éléments nécessaires pour permettre à la Cour de statuer sur cette demande.
5 Conformément à l’article 170 ter, paragraphes 1 et 3, du règlement de procédure, la Cour statue sur la demande d’admission du pourvoi dans les meilleurs délais par voie d’ordonnance motivée.
Argumentation de la partie requérante
6 À l’appui de sa demande d’admission du pourvoi, la requérante fait valoir que les six moyens invoqués dans son pourvoi soulèvent chacun une question importante pour l’unité, la cohérence et le développement du droit de l’Union.
7 En premier lieu, la requérante fait valoir que, aux points 19 et 20 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a commis une erreur de droit en substituant la seconde décision du comité d’appel à sa première décision, violant ainsi les droits de la défense de la requérante et outrepassant sa compétence juridictionnelle, telle qu’elle résulte notamment de l’article 13, paragraphe 2, TUE, de l’article 19 TUE ainsi que des articles 256 et 263 TFUE. Ainsi, la requérante considère, d’une part, que cette erreur de droit l’a privée d’un recours juridictionnel régulier et effectif, en faisant obstacle à un examen effectif de la première décision du comité d’appel. Cette erreur affecterait les appréciations apportées par le Tribunal aux quatrième et cinquième moyens soulevés en première instance. La requérante souligne, à cet égard, que l’appréciation du Tribunal, selon laquelle la seconde décision du comité d’appel a remplacé intégralement la première décision du comité d’appel dans ses effets à l’égard de la requérante, est erronée, dès lors que les conclusions du comité d’appel dans sa première décision s’imposeraient au CRU lors de l’adoption de sa deuxième décision confirmative. Cette question serait importante pour l’unité, la cohérence et le développement du droit de l’Union.
8 D’autre part, la requérante soutient que le Tribunal a outrepassé sa compétence, en jugeant que la première décision du comité d’appel avait été remplacée par la seconde décision du comité d’appel, alors que, selon elle, ce comité ne s’était pas prononcé sur ce sujet. À cet égard, la requérante fait valoir que la répartition des compétences entre l’organisme administratif et le juge de l’Union soulève une question importante de nature constitutionnelle et que la protection juridique et juridictionnelle effective présente une dimension transversale dans l’ordre juridique de l’Union. Elle ajoute que les conditions dans lesquelles une décision quasi juridictionnelle peut être regardée comme étant remplacée par une autre décision de même nature, sans aucune base juridique au stade de la procédure administrative et sans qu’un tel pouvoir ait été conféré au Tribunal, constitue une question importante. Cette question serait également susceptible de concerner les décisions d’autres agences de l’Union européenne qui sont soumises au contrôle de légalité exercé par une chambre de recours indépendante, puis, le cas échéant, par le juge de l’Union.
9 En deuxième lieu, la requérante soutient que le Tribunal a commis une erreur de droit, aux points 35 à 60 de l’arrêt attaqué, en n’examinant pas de manière appropriée les exceptions d’illégalité qu’elle avait soulevées sur le fondement de l’article 277 TFUE. Elle fait valoir que ces exceptions d’illégalité n’ayant pas été examinées par le comité d’appel et ensuite par le Tribunal, mais uniquement par ce dernier, elles ne relèveraient pas du champ d’application de l’article 58 bis du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, dès lors que l’objectif de filtrage poursuivi par cet article 58 bis était dépourvu de pertinence. Selon la requérante, ces exceptions d’illégalité n’ayant été appréciées qu’une seule fois, et non à deux reprises, la Cour serait tenue de les examiner afin de lui assurer une protection juridictionnelle effective.
10 En troisième lieu, la requérante reproche au Tribunal d’avoir, aux points 61 à 68 de l’arrêt attaqué, éludé la question du délai écoulé après le renvoi de l’affaire au CRU par le comité d’appel. Il aurait ainsi omis de tenir compte de ce que les vices entachant une procédure administrative ne se limitent pas aux motifs de refus prévus à l’article 4 du règlement no 1049/2001. Elle relève que le comité d’appel a considéré que ce délai n’était pas raisonnable, tout en estimant qu’une décision éventuellement favorable à la requérante, après le renvoi, serait « sans objet » ou « contre-productive » et que la question dudit délai devait être tranchée par les juridictions. Or, selon elle, le comité d’appel n’a pas procédé à un réexamen approprié, impartial, équitable et efficace, propre à garantir ses droits. Elle ajoute que le caractère excessif de ce délai, qui n’est pas contesté, n’ayant été examiné qu’une seule fois par le comité d’appel, il devrait être réexaminé par la Cour afin d’assurer sa protection juridictionnelle effective. Enfin, elle soutient que, en tout état de cause, cette question présente une importance particulière, non seulement afin d’éviter qu’une telle approche ne puisse servir de précédent lors de l’adoption de décisions par d’autres agences de l’Union et ne prive les requérants d’un contrôle juridictionnel effectif, mais également en raison de l’absence de contrôle effectif à deux niveaux, que l’article 58 bis du statut de la Cour de justice de l’Union européenne exigerait.
11 En quatrième lieu, la requérante soutient que le Tribunal a commis une erreur de droit, aux points 115 à 128 de l’arrêt attaqué, dans son appréciation de l’« exception politique » prévue à l’article 4, paragraphe 1, sous a), quatrième tiret, du règlement no 1049/2001. Elle fait valoir que, dès lors que le comité d’appel avait, dans sa première décision, rejeté le motif de refus invoqué par le CRU sur le fondement de cette disposition, le CRU ne pouvait à nouveau se fonder sur ce motif dans sa deuxième décision confirmative sans violer l’article 85, paragraphe 8, du règlement (UE) no 806/2014 du Parlement européen et du Conseil, du 15 juillet 2014, établissant des règles et une procédure uniformes pour la résolution des établissements de crédit et de certaines entreprises d’investissement dans le cadre d’un mécanisme de résolution unique et d’un Fonds de résolution bancaire unique, et modifiant le règlement (UE) no 1093/2010 (JO 2014, L 225, p. 1), les articles 41 et 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la « Charte ») et les droits de la défense de la requérante. Elle soutient, en outre, que le Tribunal ne pouvait juger que la première décision du comité d’appel a été remplacée par la seconde décision de ce comité. Selon elle, si le CRU pouvait toujours invoquer le même motif juridique de refus après le renvoi de l’affaire par le comité d’appel en application de l’article 85, paragraphe 8, du règlement no 806/2014, cela priverait la procédure d’appel prévue à cette disposition de sa substance et de son efficacité. Cette question présenterait une importance pour l’unité, la cohérence et le développement du droit de l’Union, dès lors que les décisions des chambres de recours indépendantes ne sauraient être ignorées par l’organisme de l’Union concerné.
12 En cinquième lieu, la requérante soutient que le Tribunal a, aux points 142 à 149, commis une erreur de droit en refusant de reconnaître l’existence d’un intérêt public supérieur justifiant la divulgation des informations demandées. Elle lui reproche de ne pas avoir tenu compte de la première décision du comité d’appel et de ses conclusions. La requérante affirme que, d’une part, ces informations présentent un intérêt public et sont de nature à renforcer la politique de résolution bancaire de l’Union, d’autant plus lorsque cet intérêt public fait lui-même partie du droit de l’Union, comme cela est le cas dans le cadre de l’article 18 du règlement no 806/2014. Elle cite, à cet égard, l’arrêt de la Cour du 5 mars 2024, Public.Resource.Org et Right to Know/Commission e.a. (C‑588/21 P, EU:C:2024:201, points 69, 70 et 80). D’autre part, la requérante affirme que le CRU a lui‑même estimé, dans d’autres décisions antérieures, que la divulgation des documents de résolution répondait à un intérêt public supérieur manifeste. Selon la requérante, la question soulevée présente une importance pour l’unité, la cohérence et le développement du droit de l’Union, dès lors qu’elle porte sur les conditions dans lesquelles les effets contraignants de dispositions analogues à celles de l’article 85, paragraphe 8, du règlement no 806/2014 doivent être mis en œuvre par les chambres de recours indépendantes relevant de l’article 58 bis du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, ainsi que sur la portée des décisions de ces chambres afin de garantir l’effectivité du contrôle et la sauvegarde des droits des personnes dans le cadre du mécanisme de filtrage prévu à cet article 58 bis.
13 En sixième lieu, la requérante reproche au Tribunal d’avoir commis une erreur de droit en omettant d’examiner d’office l’existence de procédures parallèles dirigées contre la seconde décision confirmative, introduites simultanément par la requérante devant le comité d’appel du CRU et devant le Tribunal, alors même qu’il ressortirait des points 11 à 13 de l’arrêt attaqué qu’il avait connaissance de cette situation. La requérante fait valoir que, dans la seconde décision confirmative, le CRU l’avait informée qu’elle disposait de deux voies de recours parallèles contre cette décision, à savoir un recours devant le comité d’appel et un recours en annulation devant le Tribunal, et qu’elle avait exercé ces deux recours parallèlement. Or, ce « contrôle parallèle » par le comité d’appel et le Tribunal de la seconde décision confirmative serait incompatible avec la répartition des compétences respectives du Tribunal et du comité d’appel ainsi qu’avec les principes fondamentaux de l’ordre juridique de l’Union. Elle soutient que le Tribunal n’a pas examiné cette question d’office ni ne l’a traitée lors de l’examen des exceptions d’illégalité, aux points 35 à 68 de l’arrêt attaqué. La requérante renvoie, à cet égard, à l’argumentation développée dans le cadre des deuxième et troisième moyens du pourvoi.
14 La requérante reproche, en conséquence, au Tribunal de ne pas avoir annulé d’office la seconde décision du comité d’appel, alors que ce comité aurait excédé sa compétence. Il en irait de même du CRU, compte tenu de l’indication de voies de recours erronées figurant dans la seconde décision confirmative. Selon elle, le CRU et son comité d’appel ont excédé leur compétence en recueillant des informations pour poursuivre une procédure relative à un second recours, alors qu’une procédure dirigée contre la même décision était pendante devant le Tribunal. Elle soutient que l’absence d’examen d’office de cette question par le Tribunal lui a porté préjudice, dès lors qu’un tel examen aurait pu le conduire à annuler la seconde décision du comité d’appel et à ne pas substituer cette seconde décision à la première.
15 À cet égard, la requérante fait valoir que cette question présente une importance pour l’unité, la cohérence et le développement du droit de l’Union, en ce que ce moyen illustre un exemple d’atteinte au principe de sécurité juridique et au droit à un recours juridictionnel effectif, tel qu’établi à l’article 47 de la Charte et à l’article 58 bis du statut de la Cour de justice de l’Union européenne. Ladite question de l’examen d’office soulèverait également les questions de l’organisation d’un système de contrôle juridictionnel effectif comportant plusieurs instances, de la délimitation des compétences exclusives respectives des chambres de recours quasi juridictionnelles et du Tribunal ainsi que du respect de la primauté du droit de l’Union.
Appréciation de la Cour
16 À titre liminaire, il convient de relever que c’est à la partie requérante qu’il incombe de démontrer que les questions soulevées par son pourvoi sont importantes pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union (ordonnances du 10 décembre 2021, EUIPO/The KaiKai Company Jaeger Wichmann, C382/21 P, EU:C:2021:1050, point 20, et du 18 novembre 2025, EUIPO/Versiontech, C‑411/25 P, EU:C:2025:943, point 20).
17 En outre, ainsi qu’il ressort de l’article 58 bis, troisième alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, lu en combinaison avec l’article 170 bis, paragraphe 1, et l’article 170 ter, paragraphe 4, du règlement de procédure, la demande d’admission du pourvoi doit contenir tous les éléments nécessaires pour permettre à la Cour de statuer sur l’admission du pourvoi et de déterminer, en cas d’admission partielle de ce dernier, les moyens ou les branches du pourvoi sur lesquels le mémoire en réponse doit porter. En effet, étant donné que le mécanisme d’admission préalable des pourvois prévu à l’article 58 bis de ce statut vise à limiter le contrôle de la Cour aux questions revêtant une importance pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union, seuls les moyens soulevant de telles questions et établis par la partie requérante doivent être examinés par la Cour dans le cadre du pourvoi (ordonnances du 10 décembre 2021, EUIPO/The KaiKai Company Jaeger Wichmann, C382/21 P, EU:C:2021:1050, point 21, et du 18 novembre 2025, EUIPO/Versiontech, C‑411/25 P, EU:C:2025:943, point 21).
18 Ainsi, une demande d’admission du pourvoi doit, en tout état de cause, énoncer de façon claire et précise les moyens sur lesquels le pourvoi est fondé, identifier avec la même précision et la même clarté la question de droit soulevée par chaque moyen, préciser si cette question est importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union et exposer de manière spécifique les raisons pour lesquelles ladite question est importante au regard du critère invoqué. En ce qui concerne, en particulier, les moyens du pourvoi, la demande d’admission du pourvoi doit préciser la disposition du droit de l’Union ou la jurisprudence qui aurait été méconnue par l’arrêt ou l’ordonnance sous pourvoi, exposer de manière succincte en quoi consiste l’erreur de droit prétendument commise par le Tribunal et indiquer dans quelle mesure cette erreur a exercé une influence sur le résultat de l’arrêt ou de l’ordonnance sous pourvoi. Lorsque l’erreur de droit invoquée résulte de la méconnaissance de la jurisprudence, la demande d’admission du pourvoi doit exposer, de façon succincte mais claire et précise, premièrement, où se situe la contradiction alléguée, en identifiant tant les points de l’arrêt ou de l’ordonnance sous pourvoi que la partie requérante remet en cause que ceux de la décision de la Cour ou du Tribunal qui auraient été méconnus, et, deuxièmement, les raisons concrètes pour lesquelles une telle contradiction soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union (ordonnances du 24 octobre 2019, Porsche/EUIPO, C‑613/19 P, EU:C:2019:905, point 15, et du 18 novembre 2025, EUIPO/Versiontech, C‑411/25 P, EU:C:2025:943, point 22).
19 En effet, une demande d’admission du pourvoi ne contenant pas les éléments énoncés au point précédent de la présente ordonnance ne saurait être susceptible de démontrer que le pourvoi soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union justifiant son admission (ordonnances du 24 octobre 2019, Porsche/EUIPO, C‑613/19 P, EU:C:2019:905, point 16, et du 19 janvier 2026, Hesse/Ferrari et EUIPO, C‑598/25 P, EU:C:2026:25, point 14.
20 En l’espèce, s’agissant premièrement de l’argumentation résumée aux points 7 et 8 de la présente ordonnance, la requérante précise, certes, que ces erreurs de droit consisteraient en ce que le Tribunal a, en substance, outrepassé ses compétences juridictionnelles au détriment de celles du comité d’appel et violé les droits de la défense ainsi que le droit à un recours juridictionnel effectif de la requérante. Toutefois, cette dernière n’a pas exposé de manière spécifique les raisons pour lesquelles ces erreurs de droit soulèvent une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union.
21 En effet, en se bornant à soutenir que la répartition des compétences constitue une question importante de nature constitutionnelle, que la protection juridique et juridictionnelle effective présente une nature transversale dans l’ordre juridique de l’Union et que la compétence du Tribunal pour juger qu’une décision quasi juridictionnelle a été remplacée par une autre décision de même nature est une question importante dans la mesure où elle ne se limite pas au domaine de la résolution bancaire régi par le règlement no 806/2014, mais pourrait également concerner les décisions d’autres agences de l’Union qui sont soumises au contrôle d’une chambre de recours indépendante puis, le cas échéant, à celui du juge de l’Union, la requérante se limite à invoquer des arguments d’ordre général. Elle n’expose pas à suffisance les raisons pour lesquelles les erreurs de droit prétendument commises par le Tribunal lors de l’appréciation de son intérêt à agir contre la première décision confirmative et la première décision du comité d’appel affectent l’unité du droit de l’Union, voire sa cohérence. Elle n’expose pas davantage dans quelle mesure ces erreurs sont susceptibles d’avoir une incidence sur le développement du droit de l’Union.
22 S’agissant, deuxièmement, de l’argumentation résumée au point 9 de la présente ordonnance, il importe de rappeler que, en application de l’article 58 bis du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, l’admission des pourvois dépend non pas de la question de savoir si une question de droit a été soulevée pour la première fois devant le Tribunal, mais bien de la question de savoir si le pourvoi soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union. Ainsi, l’auteur d’une demande d’admission d’un pourvoi est toujours tenu de démontrer une telle importance en fournissant des indications précises non seulement sur le caractère nouveau de la question concernée, mais également sur les raisons pour lesquelles ladite question de droit est importante au regard desdits critères (voir, en ce sens, ordonnance du 15 décembre 2023, Sanity Group/EUIPO, C‑533/23 P, EU:C:2023:1002, point 21 et jurisprudence citée). Or, la requérante n’expose pas la raison pour laquelle les erreurs prétendument commises par le Tribunal dans l’appréciation des exceptions d’illégalité qu’elle avait invoquées soulèvent une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union.
23 S’agissant, troisièmement, de l’argumentation résumée au point 10 de la présente ordonnance, contrairement à ce que soutient la requérante, l’application de l’article 58 bis du statut de la Cour de justice de l’Union européenne ne dépend pas de la circonstance qu’une question juridique a été appréciée par une chambre de recours et non pas par le Tribunal, ou inversement, mais bien de la démonstration par la requérante que le pourvoi soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union. Ainsi, le fait que le caractère déraisonnable du délai écoulé après le renvoi de l’affaire au CRU à la suite de la première décision du comité d’appel et que les conséquences de ce délai aient été appréciées par le comité d’appel et non par le Tribunal ne suffit pas à justifier l’admission du pourvoi. Cette appréciation de l’admission du pourvoi de la requérante ne contrevient pas au principe de protection juridictionnelle effective garanti à l’article 47 de la Charte, dès lors que ce principe vise le droit d’accès non pas à un double degré de juridiction, mais seulement à un tribunal (arrêt du 21 décembre 2023, Scuola europea di Varese, C‑431/22, EU:C:2023:1021, point 93 et jurisprudence citée).
24 S’agissant, quatrièmement, de l’argumentation résumée au point 11 de la présente ordonnance, il importe de relever, ainsi qu’il ressort de la jurisprudence citée au point 18 de la présente ordonnance, que la demande d’admission du pourvoi doit indiquer dans quelle mesure l’erreur de droit prétendument commise par le Tribunal a exercé une influence sur le résultat de l’arrêt attaqué. Or, s’agissant de la prétendue erreur de droit portant sur l’« exception relative à la protection de la politique financière, monétaire ou économique », prévue à l’article 4, paragraphe 1, sous a), quatrième tiret, du règlement no 1049/2001, le Tribunal a considéré, au point 120 de l’arrêt attaqué, qu’il n’y avait pas lieu d’examiner le bien-fondé des arguments y relatifs au motif que, en l’espèce, l’exception visée à l’article 4, paragraphe 2, premier tiret, du règlement no 1049/2001, relative à la protection des intérêts commerciaux, pouvait justifier à elle seule la non-divulgation des informations demandées. La requérante n’explique cependant pas pour quels motifs cette appréciation serait erronée en droit.
25 S’agissant, cinquièmement, de l’argumentation résumée au point 12 de la présente ordonnance, en ce compris de la référence à d’autres décisions antérieures du comité d’appel, manifestement opérée par la requérante pour renforcer l’argument tiré de la première décision du comité d’appel, elle a trait à l’absence d’examen par le Tribunal de la première décision du comité d’appel et présuppose dès lors que la requérante a justifié d’un intérêt à agir contre cette décision. Or, pour les motifs exposés aux points 20 et 21 de la présente ordonnance, il n’est pas démontré que l’appréciation par laquelle le Tribunal a retenu l’absence d’intérêt à agir de la requérante contre ladite décision soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union, susceptible de remettre en cause cette appréciation. Partant, l’argumentation résumée au point 12 de la présente ordonnance est inopérante aux fins de l’admission du présent pourvoi.
26 Enfin, sixièmement, s’agissant de l’argumentation résumée aux points 13 et 14 de la présente ordonnance, la requérante n’établit pas, contrairement aux exigences rappelées au point 18 de celle-ci, en quoi les constats opérés par le Tribunal aux points 11 à 14 de l’arrêt attaqué auraient dû le conduire à examiner d’office la question de l’exercice parallèle de recours.
27 Partant, le sixième moyen du pourvoi, tiré de ce que le Tribunal aurait omis d’examiner d’office l’existence d’un « contrôle parallèle » de la seconde décision confirmative par lui-même et par le comité d’appel du CRU ne satisfait pas à l’exigence de précision requise pour justifier l’admission du pourvoi.
28 Dans ces conditions, la demande présentée par la requérante n’est pas de nature à établir que le pourvoi soulève une question importante pour l’unité, la cohérence ou le développement du droit de l’Union.
29 Eu égard aux considérations qui précèdent, il y a lieu de ne pas admettre le pourvoi.
Sur les dépens
30 Aux termes de l’article 137 du règlement de procédure, applicable à la procédure de pourvoi en vertu de l’article 184, paragraphe 1, de ce règlement, il est statué sur les dépens dans l’ordonnance qui met fin à l’instance.
31 La présente ordonnance étant adoptée avant que le pourvoi n’ait été signifié à l’autre partie à la procédure et, par conséquent, avant que celle-ci n’ait pu exposer des dépens, il convient de décider que la requérante supportera ses propres dépens.
Par ces motifs, la Cour (chambre d’admission des pourvois) ordonne :
1) Le pourvoi n’est pas admis.
2) MeSoFa Vermögensverwaltungs AG supporte ses propres dépens.
Signatures
* Langue de procédure : l’anglais.
Ordonnance de rectification du 20 juillet 2026.#International Management Group (IMG) contre Commission européenne.#Rectification d’arrêt.#Affaire C-790/24 P.
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Ordonnance de la Cour (huitième chambre) du 16 juillet 2026.#M.O.#Renvoi préjudiciel – Article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour – Directive (UE) 2017/1132 – Publicité et actualisation des indications concernant les sociétés – Cessation des fonctions par des membres du conseil d’administration – Fondation – Inapplicabilité – Article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Absence de mise en œuvre du droit de l’Union – Irrecevabilité manifeste.#Affaire C-358/25.
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Ordonnance de la Cour (neuvième chambre) du 15 juillet 2026.#Harouna Douamba contre Conseil de l'Union européenne.#Pourvoi – Article 181 du règlement de procédure de la Cour – Article 168, paragraphe 2, et article 119, paragraphes 2 et 4, du règlement de procédure – Pourvoi manifestement irrecevable – Absence de production d’un document officiel ou d’un mandat dans le délai imparti.#Affaire C-106/26 P.
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