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AccueilDroit européen62025TJ0349
Jurisprudence CJUE62025TJ0349

Arrêt du Tribunal (première chambre) du 22 avril 2026.#Mariano Barranco Rodriguez et Pablo Barranco Schnitzler contre Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.#Marque de l’Union européenne – Procédure de nullité – Demande de marque de l’Union européenne figurative G MOTION – Marque de l’Union européenne figurative antérieure GM Germany Motions – Causes de nullité relative – Absence de risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), et article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement (UE) 2017/1001 – Absence d’atteinte à la renommée – Article 8, paragraphe 5, et article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement 2017/1001.#Affaire T-349/25.

CELEX62025TJ0349
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 22 avril 2026

Résumé IA

Le Tribunal de l'Union européenne a rejeté le recours formé par Mariano Barranco Rodriguez et Pablo Barranco Schnitzler contre l'EUIPO, confirmant le maintien de la marque figurative G MOTION. Il a jugé qu'il n'existait pas de risque de confusion avec la marque antérieure GM Germany Motions, ni d'atteinte à la renommée de cette dernière, en application des articles 8, §1 b) et 8, §5 du règlement 2017/1001. Cette décision précise les conditions strictes requises pour établir un risque de confusion ou un profit indûment tiré du caractère distinctif ou de la renommée d'une marque antérieure.

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (première chambre)

22 avril 2026 (*)

« Marque de l’Union européenne – Procédure de nullité – Demande de marque de l’Union européenne figurative G MOTION – Marque de l’Union européenne figurative antérieure GM Germany Motions – Causes de nullité relative – Absence de risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), et article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement (UE) 2017/1001 – Absence d’atteinte à la renommée – Article 8, paragraphe 5, et article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement 2017/1001 »

Dans l’affaire T‑349/25,

Mariano Barranco Rodriguez, demeurant à Esplugues de Llobregat (Espagne),

Pablo Barranco Schnitzler, demeurant à Esplugues de Llobregat,

représentés par Mes J. Iglesias Monravá et P. Bauzá Martínez, avocats,

parties requérantes,

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par M. J. Ivanauskas, en qualité d’agent,

partie défenderesse,

les autres parties à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO ayant été

Mariusz Snowacki, demeurant à Toruń (Pologne),

Zbigniew Kilichowski, demeurant à Toruń,

Jarosław Osiński, demeurant à Toruń,

Łukasz Bubiłek, demeurant à Toruń,

LE TRIBUNAL (première chambre),

composé de MM. E. Buttigieg, président, J. Schwarcz et Mme M. Kancheva (rapporteure), juges,

greffier : M. V. Di Bucci,

vu la phase écrite de la procédure,

vu l’absence de demande de fixation d’une audience présentée par les parties dans le délai de trois semaines à compter de la signification de la clôture de la phase écrite de la procédure et ayant décidé, en application de l’article 106, paragraphe 3, du règlement de procédure du Tribunal, de statuer sans phase orale de la procédure,

rend le présent

Arrêt

1 Par leur recours fondé sur l’article 263 TFUE, les requérants, MM. Mariano Barranco Rodriguez et Pablo Barranco Schnitzler, demandent l’annulation et la réformation de la décision de la première chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 1er avril 2025 (affaire R‑1752/2024‑1) (ci-après la « décision attaquée »).

Antécédents du litige

2 Le 18 octobre 2023, les requérants ont présenté à l’EUIPO une demande de nullité de la marque de l’Union européenne ayant été enregistrée le 17 janvier 2023 à la suite d’une demande déposée le 28 septembre 2022, pour le signe figuratif suivant :

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3 Les produits couverts par la marque contestée pour lesquels la nullité était demandée relevaient de la classe 7 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondaient à la description suivante :

« Pièces de transmission de puissance autres que pour véhicules terrestres ; composants de transmission de machines, autres que ceux pour les véhicules terrestres ; pièces de train d’engrenages autres que pour véhicules terrestres ; organes de transmission autres que pour véhicules terrestres ; mécanismes de propulsion électriques pour machines ; transmissions électriques pour machines ; mécanismes d’entraînement pour moteurs électriques à courant alternatif ; moteurs électriques pour machines ; accouplements et organes de transmission (à l’exception de ceux pour véhicules terrestres) ; machines d’accouplement et composants de transmission, ainsi que leurs pièces, et autres que pour véhicules terrestres ; freins pour machines ; freins pour machines industrielles ; freins magnétiques pour machines ; freins à cône en tant que parties de machines ; freins à disque pour machines ; freins à disque en tant que pièces de machines ; transmissions hydrauliques autres que pour véhicules terrestres ; dispositifs d’engrenages hélicoïdaux en tant que pièces de machines ; dispositifs d’engrenages hélicoïdaux à usage industriel ; mécanismes d’entraînement [parties de machines] ; mécanismes d’entraînement pour machines-outils ; mécanismes de propulsion pour véhicules non terrestres ; mécanismes de transmission de puissance autres que pour véhicules terrestres ; mécanismes d’entraînement motorisés autres que pour véhicules terrestres ; mécanismes de commande de transmissions ; dispositifs de commande de machines ou de moteurs ; dispositifs d’entraînement motorisés autres que pour véhicules terrestres ; variateurs de vitesse pour machines ; guides pour machines [pièces de machines] ; guidages de machines ; transmissions articulées pour machines ; transmissions de machines ; mécanismes de transmission autres que pour véhicules terrestres ; entraînements par engrenages montés sur arbres autres que pour véhicules terrestres ; transmissions de puissance et systèmes d’engrenages pour machines autres que pour véhicules terrestres ; engrenages multiplicateurs pour machines ; pignons réducteurs [pièces de machines] ; démultiplicateurs autres que pour véhicules terrestres ; engrenages à vis sans fin pour machines ; engrenages pour machines ; engrenages autres que pour véhicules terrestres ; transmissions à changements de vitesse [autres que pour véhicules terrestres] ; convertisseurs de couple pour machines ; convertisseurs de couple autres que pour véhicules terrestres ; réducteurs de vitesse [parties de machines] ; dispositifs de réducteurs d’engrenages à vis sans fin ; régulateurs pour moteurs ; régulateurs pour machines ; régulateurs de vitesse de machines et de moteurs ; régulateurs de vitesse mécaniques pour machines, propulseurs et moteurs ; régulateurs de vitesse pour machines ; régulateurs de vitesse pour moteurs ; servomoteurs à courant alternatif ; servomoteurs ; servocommandes [parties de machines] ; moteurs à courant alternatif autres que pour véhicules terrestres ; moteurs à courant continu autres que pour véhicules terrestres ; embrayages pour machines ; accouplements de sécurité autres que pour véhicules terrestres ; accouplements et transmissions de machines autres que pour véhicules terrestres ; dispositifs d’entraînement pour machines ; arbres de transmission pour machines ».

4 La demande en nullité était fondée sur la marque de l’Union européenne antérieure déposée le 25 novembre 2015 et enregistrée le 25 mai 2016, reproduite ci-après :

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5 La marque antérieure couvrait notamment les produits relevant de la classe 7 et correspondant à la description suivante : « Moteurs pour lits, moteurs électriques autres que pour véhicules terrestres, dispositifs d’entraînement pour machines, commandes électriques pour moteurs, arbres de broche [pièces de moteurs], accouplements et organes de transmission (à l’exception de ceux pour véhicules terrestres) ».

6 Les causes invoquées à l’appui de la demande en nullité étaient celles visées à l’article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1), lu conjointement avec l’article 8, paragraphe 1, sous b), de ce règlement et l’article 8, paragraphe 5, dudit règlement.

7 Par décision du 11 juillet 2024, la division d’annulation a rejeté la demande en nullité.

8 Le 5 septembre 2024, les requérants ont formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de la division d’annulation.

9 Par la décision attaquée, la chambre de recours a rejeté le recours, au motif qu’il n’existait pas de risque de confusion au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 et qu’il n’était pas satisfait aux conditions visées à l’article 8, paragraphe 5, du même règlement, faute de preuve de la renommée de la marque antérieure.

Conclusions des parties

10 Les requérants concluent, en substance, à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée ;

– déclarer la nullité de la marque contestée ;

– condamner l’EUIPO aux dépens.

11 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours ;

– condamner les requérants aux dépens exposés par lui en cas de convocation à une audience.

En droit

12 À l’appui de leur recours, les requérants invoquent deux moyens, tirés, le premier, de la violation de l’article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement 2017/1001, lu conjointement avec l’article 8, paragraphe 1, sous b), de ce règlement et, le second, de la violation de l’article 60, paragraphe 1, sous a), dudit règlement, lu conjointement avec l’article 8, paragraphe 5, du même règlement.

Sur le premier moyen, tiré de la violation de l’article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement 2017/1001, lu conjointement avec l’article 8, paragraphe 1, sous b), du même règlement

13 Par le premier moyen, les requérants allèguent qu’il existe un risque de confusion en l’espèce et reprochent à la chambre de recours d’avoir conclu, à tort, à l’absence d’un tel risque.

14 L’EUIPO conteste les arguments des requérants.

15 Conformément à l’article 60, paragraphe 1, sous a), du règlement 2017/1001, lu conjointement avec l’article 8, paragraphe 1, sous b), du même règlement, la marque de l’Union européenne est déclarée nulle sur demande présentée auprès de l’EUIPO lorsque, en raison de son identité ou de sa similitude avec la marque antérieure et en raison de l’identité ou de la similitude des produits ou des services que les deux marques désignent, il existe un risque de confusion dans l’esprit du public du territoire dans lequel la marque antérieure est protégée. Le risque de confusion comprend le risque d’association avec la marque antérieure.

16 Constitue un risque de confusion le risque que le public puisse croire que les produits ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement. Le risque de confusion doit être apprécié globalement, selon la perception que le public pertinent a des signes et des produits ou des services en cause, et en tenant compte de tous les facteurs pertinents en l’espèce, notamment de l’interdépendance de la similitude des signes et de celle des produits ou des services désignés [voir arrêt du 9 juillet 2003, Laboratorios RTB/OHMI – Giorgio Beverly Hills (GIORGIO BEVERLY HILLS), T‑162/01, EU:T:2003:199, points 30 à 33 et jurisprudence citée].

17 Aux fins de l’application de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, un risque de confusion présuppose à la fois une identité ou une similitude des marques en conflit et une identité ou une similitude des produits ou des services qu’elles désignent. Il s’agit là de conditions cumulatives [voir arrêt du 22 janvier 2009, Commercy/OHMI – easyGroup IP Licensing (easyHotel), T‑316/07, EU:T:2009:14, point 42 et jurisprudence citée].

18 En l’espèce, à titre liminaire, il n’y a pas lieu de remettre en cause les constatations de la chambre de recours relatives au public pertinent, au demeurant non contestées par les requérants, selon lesquelles, d’une part, les produits en cause, étant des machines, des moteurs ainsi que des pièces et des mécanismes de commande pour machines ou moteurs, s’adressaient au public professionnel affichant un niveau d’attention élevé et, d’autre part, la marque antérieure étant une marque de l’Union européenne, l’appréciation devait être fondée sur le territoire de l’Union européenne.

19 De même, il n’y a pas lieu de remettre en cause l’appréciation, sur laquelle s’accordent au demeurant les requérants, par laquelle la chambre de recours a supposé l’identité de tous les produits en cause, car il s’agissait du scénario le plus favorable aux requérants, étant donné qu’une partie des produits désignés par la marque contestée, tels les composants de transmission de machines, autres que ceux pour les véhicules terrestres, étaient contenus à l’identique dans la liste des produits couverts par la marque antérieure.

Sur la comparaison des signes

20 Les requérants allèguent que les marques en conflit sont similaires à un degré élevé.

21 L’appréciation globale du risque de confusion doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, phonétique ou conceptuelle des signes en conflit, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par ceux-ci, en tenant compte, notamment, de leurs éléments distinctifs et dominants. La perception des marques qu’a le consommateur moyen des produits ou des services en cause joue un rôle déterminant dans l’appréciation globale dudit risque. À cet égard, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 35 et jurisprudence citée).

22 Il y a lieu d’opérer la comparaison en examinant les marques en conflit, considérées chacune dans son ensemble. Ainsi, l’appréciation de la similitude entre deux marques ne peut, en principe, se limiter à prendre en considération uniquement un composant d’une marque complexe et à le comparer avec une autre marque. Ce n’est que dans des circonstances où l’impression d’ensemble produite dans la mémoire du public pertinent par une marque complexe est dominée par un ou plusieurs de ses composants et où tous les autres composants de cette marque sont négligeables que l’appréciation de la similitude pourra se faire, par exception, sur la seule base de l’élément dominant [arrêt du 6 novembre 2024, House of Prince/EUIPO – Biały (AROMA KING), T‑118/23, non publié, EU:T:2024:778, point 30 ; voir également, en ce sens, arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, points 41 et 42].

23 En l’espèce, les signes à comparer sont les suivants :


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Marque contestée

Marque antérieure



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