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AccueilDroit européen62026CN0107
Jurisprudence CJUE62026CN0107

Affaire C-107/26, Skupina poslancov Národnej rady Slovenskej republiky: Demande de décision préjudicielle présentée par l’Ústavný súd Slovenskej republiky (République slovaque) le 20 février 2026 – Skupina 46 poslancov Národnej rady Slovenskej republiky/Národná rada Slovenskej republiky

CELEX62026CN0107
TypeJurisprudence CJUE
Datevendredi 20 février 2026

Résumé IA

Cette affaire préjudicielle, introduite par la Cour constitutionnelle slovaque, porte sur la compatibilité avec le droit de l'Union européenne d'une législation nationale relative à la composition et au fonctionnement du parlement slovaque. Le juge de renvoi interroge la CJUE sur l'interprétation des principes de démocratie et de représentation proportionnelle au regard des traités, notamment en ce qui concerne les droits des minorités parlementaires. La décision de la Cour permettra de clarifier les limites imposées par le droit de l'UE aux réformes constitutionnelles nationales affectant l'équilibre des pouvoirs législatifs.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/3288

29.6.2026

Demande de décision préjudicielle présentée par l’Ústavný súd Slovenskej republiky (République slovaque) le 20 février 2026 – Skupina 46 poslancov Národnej rady Slovenskej republiky/Národná rada Slovenskej republiky

(Affaire C-107/26, Skupina poslancov Národnej rady Slovenskej republiky)

(C/2026/3288)

Langue de procédure: le slovaque

Juridiction de renvoi

Ústavný súd Slovenskej republiky

Parties à la procédure au principal

Partie requérante: Skupina 46 poslancov Národnej rady Slovenskej republiky

Partie défenderesse: Národná rada Slovenskej republiky

Questions préjudicielles

1)

a)

L’exigence de «procédures [...] effectives et non discriminatoires ainsi que de critères transparents, objectifs, non discriminatoires et proportionnés préalablement établis» posée à l’article 5, paragraphe 2, du règlement (UE) 2024/1083 du Parlement européen et du Conseil (1) du 11 avril 2024, établissant un cadre commun pour les services de médias dans le marché intérieur et modifiant la directive 2010/13/UE (règlement européen sur la liberté des médias), dit «règlement européen sur la liberté des médias» (ci-après le «RELM»), doit-elle être interprétée en ce sens qu’une législation nationale doit directement préciser les critères concrets de sélection du candidat retenu, ou suffit-il que la législation énumère seulement les principales exigences en termes de compétence des candidats potentiels?

b)

Les décisions de nomination ou de révocation de la direction ou d’un membre du conseil d’administration devant pouvoir être soumises à un contrôle juridictionnel, dans quelle mesure ces décisions doivent-elles être motivées? Dans quelle mesure la procédure de sélection doit-elle être soumise à un contrôle juridictionnel? Faut-il, pour assurer un effet utile de l’article 5, paragraphe 2, du RELM, notamment à la lumière de l’article 11 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, que le contrôle juridictionnel puisse aussi être initié par quelqu’un d’autre qu’un candidat non retenu?

2)

Comment, dans le contexte de la nomination et de la révocation des organes d’un diffuseur de service public et à la lumière de l’article 4, paragraphe 2, du RELM, convient-il d’interpréter l’exigence d’une «indépendance fonctionnelle» des médias de service public visée à l’article 5, paragraphe 1, du RELM et l’exigence d’«indépendance» de la direction ou des membres du conseil d’administration visée à l’article 5, paragraphe 2, du RELM?

a)

Ces exigences d’«indépendance» sont-elles satisfaites lorsque la législation nationale ne contient qu’une liste exhaustive et restreinte de fonctions incompatibles, sans garantir une distance par rapport à l’exercice de l’autorité publique au moyen d’une exception générale d’incompatibilité, sur la base d’une appréciation factuelle de la proximité avec l’exercice de l’autorité publique?

b)

Ces exigences d’«indépendance» sont-elles satisfaites lorsque la législation nationale prévoit, d’une part, que le ministre de la Culture nomme et révoque quatre des neuf membres du conseil de la STVR, dont trois sont des spécialistes dans le domaine des médias et de l’audiovisuel, de l’économie, du droit ou des technologies de l’information, et dont le quatrième est un spécialiste de l’économie nommé sur proposition du ministre des Finances et, d’autre part, que les cinq autres membres du conseil de la STVR sont élus et révoqués par le Parlement slovaque sur proposition du comité compétent de ce dernier, à la majorité absolue des députés présents, de sorte que le conseil de la STVR soit composé d’un spécialiste du secteur de la télédiffusion, d’un spécialiste du secteur de la radiodiffusion, d’un spécialiste de l’économie, d’un spécialiste du droit et d’un spécialiste des technologies de l’information, ledit processus de nomination et d’élection étant précédé d’une procédure de sélection ouverte? Dans l’affirmative, ces modalités de constitution du conseil de la STVR peuvent-elles être considérées comme suffisantes pour garantir une distance effective des membres de ce conseil par rapport au pouvoir exécutif, le cas échéant quels garde-fous, outre le contrôle juridictionnel visé à la question 1, la législation nationale devrait-elle prévoir pour garantir la distance effective prévue par le RELM?

3)

Si l’exigence prévue à l’article 5, paragraphe 2, du RELM, lue notamment à la lumière du considérant 31 du RELM, ne s’applique pas aux membres de la commission d’éthique, quelles exigences découlent de l’article 5, paragraphe 1, du RELM pour cette commission, qui est l’organe consultatif du conseil de la STVR et dont le rôle est (uniquement), d’une part, d’émettre des avis sur le respect du statut du personnel chargé de la programmation, des autres professionnels chargés de la création et des collaborateurs de la Slovenská televízia a rozhlas (Télévision et radio slovaques; ci-après la «STVR»), ainsi que sur le respect des principes généraux d’éthique par les employés de la STVR et ses collaborateurs externes dans l’exercice de leur activité, et, d’autre part, de proposer les mesures appropriées pour en garantir le respect, lesquels avis et mesures doivent toujours être approuvés par le conseil du diffuseur de service public?

4)

Quels garde-fous concrets devrait prévoir la législation nationale pour assurer, aux employés d’un média de service public chargés de la création, l’«indépendance éditoriale», au sens de l’article 4, paragraphe 2, de l’article 5, paragraphe 1, et de l’article 6, paragraphe 3, du RELM, vis-à-vis des organes administratifs de ce média ou des tiers? La surveillance, par un régulateur indépendant, d’un média de service public en application de l’article 5, paragraphe 4, du RELM et des dispositions générales de la législation en matière de médias, en particulier du zákon č. 264/2022 Z. z. o mediálnych službách a o zmene a doplnení niektorých zákonov (zákon o mediálnych službách) v znení neskorších predpisov [(loi no 264/2022 Z. z. relative aux services de médias et modifiant et complétant certaines lois (loi sur les services de médias), telle que modifiée], peut-elle être considérée comme suffisante pour assurer le respect de tels garde-fous, ou la mise en œuvre effective de l’article 4, paragraphe 2, de l’article 5, paragraphe 1, et de l’article 6, paragraphe 3, du RELM requiert-elle impérativement qu’il soit possible de sanctionner un auteur, quel qu’il soit, pour l’éventuelle violation de ces dispositions, y compris la direction ou des membres du conseil d’administration du média de service public ou n’importe quel autre auteur de cette violation?

5)

Eu égard au résultat escompté tel que prescrit à l’article 5 du RELM, peut-on qualifier de violation de l’obligation de coopération loyale visée à l’article 4, paragraphe 3, TUE la décision du législateur qui, au moyen d’une loi promulguée et entrée en vigueur avant même l’entrée en vigueur (la mise en œuvre) du RELM, a remplacé le média de service public initial par un nouveau média de service public? Dans l’affirmative, à quelles conditions?

(1) JO L, 2024/1083.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3288/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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