mercredi 7 août 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00695 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | RIQUELME |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et a procédé à son inscription au système d'information Schengen (SIS).
Par un jugement n° 2401365 du 16 février 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 20 mars 2024, M. B, représenté par Me Riquelme, demande à la Cour :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le jugement du 16 février 2024 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Marseille ;
3°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 du préfet des Bouches-du-Rhône ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- la décision a été signée par une autorité incompétente faute de justification d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- ses observations sur son choix d'être réadmis en Espagne n'ont pas été recueillies, en méconnaissance du dernier alinéa de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il devait, en application de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faire l'objet d'un arrêté de réadmission vers l'Espagne ;
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision portant interdiction de retour :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est établi depuis des années en Espagne, où il est marié.
Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle de M. B par une décision du 31 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité algérienne, demande l'annulation du jugement par lequel la magistrate désignée du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. La demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B a fait l'objet d'une décision de caducité du bureau d'aide juridictionnelle en date du 31 mai 2024. Sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ne peut, dans ces conditions, qu'être rejetée.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination :
3. En premier lieu, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente et serait insuffisamment motivé doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par la magistrate désignée, respectivement aux points 4 et 5 du jugement, l'erreur de droit alléguée par le requérant étant, en tout de cause, sans incidence sur la régularité formelle de cette motivation.
4. En deuxième lieu, M. B ne justifie pas plus en appel qu'en première instance qu'il était, à la date de l'arrêté attaqué, titulaire d'un droit à séjourner sur le territoire espagnol. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet au regard des dispositions de l'article L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'il aurait dû faire l'objet d'une remise aux autorités espagnoles et non d'une obligation de quitter le territoire français, qui a été présenté dans les mêmes termes en première instance, doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par la magistrate désignée aux points 8 à 10 du jugement, que le requérant ne critique pas au demeurant. Dans ces conditions, M. B ne saurait se prévaloir de la méconnaissance de la procédure contradictoire prévue par le 2ème alinéa de cet article L. 621-2.
5. Pour les mêmes motifs, le requérant ne saurait davantage contester la légalité de l'arrêté attaqué en ce qu'il prévoit qu'il pourra être mis à exécution à destination du pays dont il a la nationalité.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. B est entré en France en décembre 2022. Il ne justifie de l'existence d'aucun lien privé ou familial sur le territoire ni d'aucune insertion socio-professionnelle particulière. Il est en outre défavorablement connu des services de police. Dans ces conditions, la mesure portant obligation de quitter le territoire n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par la mesure. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;/ () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Selon l'article L. 612-3 de ce même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
9. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué qu'après avoir visé les dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet a constaté, d'une part, que le comportement de M. B représentait une menace pour l'ordre public, d'autre part, qu'il n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes, ne justifiant ni d'un passeport en cours de validité ni d'un lieu de résidence effectif, et qu'enfin, il s'était soustrait à l'exécution d'une précédente obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 7 février 2023. Ce faisant, le préfet a ainsi énoncé les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de sa décision, au sens de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
10. Le requérant ne conteste pas l'exactitude matérielle des éléments ainsi retenus par le préfet pour lui refuser un délai de départ volontaire. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que, ce faisant, le préfet a commis une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
11. Les moyens tirés de ce que la décision méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par la magistrate désignée aux points 16 à 19 du jugement, M. B ne faisant état en appel d'aucun élément distinct de ceux soumis son appréciation.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B, qui est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Riquelme.
Copie en sera adressée au la préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 7 août 2024
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026