mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00772 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | ROSSLER;CAUCHON-RIONDET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler l'arrêté du 16 février 2023 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.
Par un jugement n° 2301498 du 26 octobre 2023, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2024, M. C, représenté par Me Rossler, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 26 octobre 2023 du tribunal administratif de Nice ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2023 préfet des Alpes-Maritimes ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'un vice de procédure en raison du défaut de saisine de la commission du titre de séjour alors que M. C réside habituellement en France depuis plus de dix ans ;
- il est entaché d'une erreur de fait pour avoir indiqué qu'il vivait en relation de concubinage alors qu'il est marié ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne régularisant pas sa situation au regard de sa vie privée et familiale au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, de nationalité marocaine, a présenté le 21 septembre 2022 une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Il relève appel du jugement du 26 octobre 2023 par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 février 2023 du préfet des Alpes-Maritimes lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
4. M. C soutient résider habituellement en France depuis l'année 2009, soit depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté en litige. Toutefois, les pièces versées au titre des années 2020 et 2021 ne sont que ponctuelles et insuffisamment probantes pour établir sa résidence habituelle en France au cours de ces années. L'ensemble des pièces produites ne permet donc pas d'établir le caractère continu de la présence habituelle en France de M. C depuis plus de dix ans. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour au titre du deuxième alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité doit être écarté.
5. En deuxième lieu, si M. C soutient que l'arrêté en litige est entaché d'une erreur de fait pour avoir indiqué que M. C était en situation de concubinage alors qu'il avait épousé le 31 octobre 2022 à Marseille Mme B devant l'officier de l'état civil du consulat général du Maroc, aucune des pièces versées au dossier ne corrobore l'existence de ce mariage. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que si M. C soutient être entré régulièrement en France 2009 muni d'un visa Schengen, les mentions figurant sur son passeport indiquent toutefois qu'il a bénéficié d'un visa Schengen de type C délivré par les autorités italiennes valable du 25 août 2009 au 24 février 2010, et qu'après être arrivé à Sète le 22 septembre 2009, il s'est ensuite rendu à Alméria le 3 octobre 2009 sans que sa dernière date d'entrée en France ne soit précisée. Les pièces versées au dossier, principalement composées de relevés de compte bancaires, de récépissés d'opérations bancaires, et de quelques documents de nature médicale entre 2013 et 2017, sont insuffisamment probantes, eu égard à leur nature et à leur nombre, notamment pour les années 2020 à 2022 pour lesquelles M. C ne produit que quelques relevés de compte bancaire épars, pour établir le caractère habituel de son séjour en France depuis 2009 ainsi qu'il le soutient. S'il se prévaut de son union le 31 octobre 2022 avec Mme B, ressortissante marocaine titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 13 novembre 2021 au 12 novembre 2023, cette union est récente à la date de l'arrêté en litige, de même que l'ancienneté de leur vie commune à regarder celle-ci établie à compter du 31 mai 2022 ainsi que le mentionne Mme B dans une attestation du 20 mars 2023. Si M. C se prévaut de la grossesse de sa compagne à la date de l'arrêté en litige, et de la reconnaissance anticipée de paternité effectuée le 23 septembre 2022, cette circonstance ne permet pas de considérer la situation personnelle et familiale de M. C comme répondant à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels compte-tenu du caractère récent de la vie commune de M. C et de sa compagne. A cet égard, M. C allègue sans l'établir devant la cour que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer au Maroc en raison de la présence en France d'un enfant de Mme B issu d'une précédente union et de nationalité française. Par ailleurs, M. C fait valoir la présence régulière en France de deux de ses sœurs, il est constant que ses parents et ses quatre autres frères et sœurs résident dans son pays d'origine. Enfin, si M. C se prévaut de son intégration professionnelle, il n'a cependant produit aucun document permettant d'établir l'exercice d'une activité professionnelle antérieure à la date de l'arrêté en litige, et l'activité de vente et de maintenance d'appareils téléphoniques qu'il soutient exercer avec sa compagne n'est pas établie par la seule production d'une cession de droit au bail réalisée à leurs deux noms, qui est au demeurant postérieure à la date de l'arrêté litige. Par suite, le préfet des Alpes-Maritimes ne peut être regardé comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation en ne procédant pas à la régularisation de la situation de M. C à titre humanitaire ou exceptionnel sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, et doit être rejetée en application de ces dispositions, y compris ses conclusions présentées aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à Me Rossler.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Marseille, le 24 septembre 2024.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026