mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00852 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D et Mme. A C ont demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler les arrêtés du 24 novembre 2023 et 27 novembre 2023 par lesquels le préfet des Alpes-Maritimes leur a refusé la délivrance d'un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Par un jugement n° 2400107-2400108 du 21 mars 2024, le tribunal administratif de Nice a rejeté leur demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 10 avril 2024, M. D et Mme. A C, représentés par Me Traversini, demandent à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Nice du 21 mars 2024 ;
2°) d'annuler les arrêtés susvisés ;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de leur délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée ou familiale " ou la mention " salarié ", les autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'arrêt à intervenir, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de leur demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, et, dans l'attente de ce réexamen, de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- les arrêtés contestés pris dans leur ensemble sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'un défaut d'examen de leurs situations personnelles ;
- ils méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- ils méconnaissent l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs situations personnelles ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision de refus d'admission au séjour ;
La demande d'aide juridictionnelle de M. D a été rejetée par une décision du 28 juin 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.
Mme A C a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juin 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur le bien-fondé du jugement :
1. M. D et Mme. A C, de nationalité philippine, relèvent appel du jugement en date du 21 mars 2024 du tribunal administratif de Nice rejetant leurs demandes tendant à l'annulation des arrêtés du 24 novembre 2023 et du 27 novembre 2023 par lesquels le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de leur délivrer un titre de séjour et les a obligés à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Il y a lieu d'écarter les moyens tirés de l'insuffisance de motivation soulevés par M. D et de Mme. A C à l'encontre des décisions refusant les titres de séjour, portant obligation de quitter le territoire, fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination, qui ont été précédemment invoqués dans les mêmes termes en première instance, par adoption des motifs retenus à bon droit du tribunal administratif de Nice aux points 3 de son jugement, les requérants ne faisant état devant la cour d'aucun élément distinct de ceux soumis à son appréciation. Par ailleurs, il ne ressort ni des mentions de ces arrêtés ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. D et de Mme. A C.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. M. D et Mme. A C soutiennent qu'ils sont entrés régulièrement sur le territoire français, respectivement en 2002 et en 2008. Il est constant que les requérants résident de manière habituelle et continue en France depuis plus de dix ans. Toutefois, malgré cette longue durée de présence, M. D et Mme A C ne se prévalent, au titre de leurs relations personnelles et familiales, que de la présence d'une cousine germaine de Mme A C dont ils se bornent à produire son passeport ainsi qu'une attestation énonçant que Mme A C serait en France depuis 2002. La circonstance que les requérants disposent de plusieurs promesses d'embauche ne saurait suffire à démontrer une insertion professionnelle significative. De plus, la commission des titres de séjour a émis des avis défavorables à la délivrance de titres de séjour compte tenu de l'absence d'intégration socio-économique des requérants en France. Les requérants sont sans charge de famille et n'établissent pas être dépourvus de toute attache familiale dans leur pays d'origine où Mme A C a vécu 27 ans et M. D 34 ans. Dans ces conditions, le préfet des Alpes-Maritimes, en leur refusant la délivrance de titres de séjour, n'a pas porté aux droits des intéressés au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels ces refus ont été pris. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées méconnaîtraient les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
7. En troisième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entre et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
8. Eu égard aux motifs qui viennent d'être énoncés, les situations de M. D et Mme A C ne peuvent être regardées comme relevant de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit par suite être écarté. Pour les mêmes motifs, ces décisions ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sur la situation personnelle des intéressés.
9. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour ne sont pas illégales. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ne peuvent qu'être écartées.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. D et de Mme. A C qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D et de Mme. A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, à Mme E A C et à Me Traversini.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Marseille, le 23 octobre 2024
nb
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026