lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00858 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.
Par un jugement n° 23012282 du 13 mars 2024, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2024, M. B, représenté par Me Ksstentini, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 13 mars 2024 du tribunal administratif de Marseille ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2023 du préfet des Bouches-du-Rhône ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité sénégalaise, a présenté le 25 avril 2023 une demande d'admission au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale. Il relève appel du jugement du 13 mars 2024 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 novembre 2023 du préfet des Bouches-du-Rhône lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L.412-1 ". Selon l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. () ".
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait présenté sa demande d'admission au séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas été examinées par le préfet. Invoquant ces dispositions, le requérant doit être regardé comme soutenant que, lorsque la loi prescrit qu'un étranger doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce que celui-ci puisse légalement être l'objet d'une mesure d'éloignement.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B est le père d'une enfant de nationalité française née le 24 août 2013 à Marseille, prénommée A, qu'il avait reconnue par anticipation, et qui est devenue française par effet collectif attaché au décret de naturalisation de sa mère, Mme B, du 3 décembre 2018. Si M. B a bénéficié d'une carte de séjour temporaire du 26 novembre 2018 au 25 novembre 2019, il n'est pas contesté que la demande de renouvellement de son titre a été classée sans suite, M. B n'ayant pas poursuivi ses démarches de renouvellement de récépissé. Si M. B produit devant la cour une demande de duplicata de son récépissé du 7 novembre 2019 établie le 2 janvier 2020, il n'indique pas les suites qui ont été données à cette demande, et n'explique pas l'absence de toute demande de titre avant le 25 avril 2023. Concernant sa fille, il est constant que M. B était séparé de la mère de celle-ci avant que n'intervienne le jugement du 28 février 2019 du juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Marseille, rendu à la demande de Mme B, en vertu duquel M. B exerce conjointement l'autorité parentale avec elle sur l'enfant dont la résidence habituelle est fixée au domicile maternel, dispose uniquement d'un droit de visite d'une journée par semaine compte-tenu de la circonstance qu'il est hébergé, et doit contribuer à l'entretien et à l'éducation de sa fille à hauteur de 150 euros par mois. M. B justifie par les relevés de ses versements effectués à " Mareme ", qui est le prénom de Mme B, avoir effectué auprès de cette dernière deux virements de 150 euros pour l'année 2020, sept pour l'année 2021, sept pour l'année 2022 et neuf pour l'année 2023 dont un virement de deux cents euros. Ainsi, ces versements n'interviennent pas chaque mois comme l'a pourtant fixé le juge aux affaires familiales. Par ailleurs, l'extrait de la messagerie de M. B qui retrace des messages d'informations envoyés par l'établissement scolaire de sa fille vraisemblablement au titre de l'année 2023 ne permet pas d'établir quels sont les contacts réels de l'intéressé avec cet établissement et la réalité de son implication. Enfin, la copie des trois messages envoyés par l'application Whatsapp à la fin de l'année 2023 permet seulement d'établir que l'un d'eux a été adressé au requérant par sa fille A. M. B n'établit enfin, ni même n'allègue, qu'il verrait sa fille, sinon une fois par semaine ainsi que cela a été fixé par le juge aux affaires familiales, à tout le moins régulièrement. Ainsi, l'ensemble de ces éléments n'est pas suffisant pour démontrer que M. B contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille au moins depuis deux ans. Dans ces conditions, M. B ne remplissait pas, à la date de l'arrêté contesté, les conditions prévues par l'article L. 423-7 précité, et il pouvait, par suite, légalement faire l'objet d'une mesure d'éloignement.
6. En second lieu, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de ce que l'arrêté en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de ce qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B et de ce qu'il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui ont été précédemment invoqués dans les mêmes termes devant le tribunal, par adoption des motifs retenus par les premiers juges aux points 6 à 12 de leur jugement, le requérant ne faisant valoir devant la cour aucun élément relatif à sa situation personnelle, familiale ou personnelle distinct de ceux soumis à leur appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, et doit être rejetée en application de ces dispositions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 21 octobre 2024.
N° 24MA00838
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026