mercredi 8 janvier 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00931 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2310485 du 28 novembre 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2024, M. A B, représenté par Me Chemmam, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 28 novembre 2023 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Marseille ;
2°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2023 du préfet des Bouches-du-Rhône ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de le recevoir et d'examiner sa situation dans un délai de trente jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que l'arrêté en litige ait été signé par une autorité compétente ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code de justice administrative ;
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- c'est à tort que l'arrêté en litige indique qu'il ne dispose pas de garanties de représentation suffisante et qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité algérienne, relève appel du jugement du 28 novembre 2023 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 31 octobre 2023 du préfet des Bouches-du-Rhône l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office, et prononçant à son encontre une interdiction de quitter le territoire français pour une durée de deux ans.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. En premier lieu, les moyens tirés de ce que l'arrêté en litige serait entaché d'incompétence de son signataire, de ce qu'il serait insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé, qui ont été précédemment invoqués dans les mêmes termes devant le tribunal, doivent être écartés par adoption des motifs retenus par la première juge aux points 2 à 7 du jugement attaqué, le requérant ne critiquant pas devant la cour le bienfondé de ces motifs.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A B déclare être entré en France en 2016, sans toutefois l'établir, et soutient y résider depuis lors. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 30 novembre 2017 de l'Office de protection des réfugiés et des apatrides qui a été confirmée par une décision du 28 mai 2018 de la Cour nationale du droit d'asile. M. A B a alors fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français en date du 19 juillet 2018. L'obligation de quitter le territoire français objet du présent litige est intervenue à la suite de l'interpellation et du placement en retenue de M. A B le 31 octobre 2023 aux fins de vérification de son droit au séjour. M. A B ne verse aucune pièce au dossier qui tendrait à établir qu'il a résidé habituellement en France depuis l'année 2016 et qu'il y serait entouré par sa famille, ses amis et connaissances ainsi qu'il le soutient. Il ressort en outre de son audition par les services de police du 31 octobre 2023, qui a par ailleurs nécessité la présence d'un interprète en raison de la mauvaise compréhension du français par l'intéressé, que M. A B est célibataire et sans enfant et que sa famille réside en Algérie. Il déclare également dormir à l'hôtel ou chez des amis, et être coiffeur dans un salon à Marseille, activité qu'il exercerait en tout état de cause de manière irrégulière. Par suite, l'arrêté en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts poursuivis par cet arrêté, et le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. Si M. A B doit être regardé comme soulevant le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige serait entaché d'une erreur de fait pour avoir indiqué qu'il ne justifiait pas de garanties de représentation suffisantes, la circonstance que M. A B est titulaire d'un passeport en cours de validité à la date de l'arrêté en litige ne permet pas à elle seule de justifier d'une garantie de représentation suffisante ainsi que l'a mentionné le préfet alors que la copie partielle de ce passeport est la seule pièce versée au dossier. De la même façon, la seule allégation du requérant selon laquelle " il ne s'est jamais soustrait d'une quelconque décision de justice " ne permet pas d'établir qu'il aurait exécuté l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 19 juillet 2018. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige serait entaché d'erreurs de fait doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A B est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, et doit être rejetée en application de ces dispositions, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 8 janvier 2025.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026