lundi 18 novembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA01171 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | GAILLOT-BARTOLI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler la décision du 19 janvier 2024 par laquelle le maire de Cagnes-sur-Mer, rejetant sa demande formulée à cette fin par courrier du 22 décembre 2023, a refusé d'exercer les pouvoirs qu'il tient des articles L. 480-1 et L. 481-1 du code de l'urbanisme.
Par une ordonnance n° 2401484 du 21 mars 2024, le président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 9 mai, 19 août et 16 octobre 2024, M. C, représenté par Me Rainaut, demande à la Cour, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'ordonnance du 21 mars 2024 du président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Nice ;
2°) à titre principal, d'annuler la décision du 19 janvier 2024 du maire de Cagnes-sur-Mer ; à titre subsidiaire, d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Cagnes-sur-Mer a refusé d'exercer les pouvoirs qu'il tient des articles L. 480-1 et L. 481-1 du code de l'urbanisme ;
3°) d'enjoindre au maire de Cagnes-sur-Mer de mettre en œuvre, à l'encontre de M. et Mme A, les pouvoirs qu'il tient de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'ordonnance attaquée est irrégulière, au regard des dispositions de l'article R. 741-3 du code de justice administrative, dans la mesure où elle porte, à tort, la mention " le tribunal administratif de Melun " ; cette erreur n'est pas simplement matérielle mais juridique ;
- elle est irrégulière, dans la mesure où le président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Nice s'est mépris sur la portée de la décision contestée, laquelle comporte implicitement mais nécessairement refus, de la part du maire de Cagnes-sur-Mer, de faire usage des pouvoirs qu'il tient des articles L. 480-1 et L. 481-1 du code de l'urbanisme ; les conclusions présentées en première instance auraient dû, en tout état de cause, être requalifiées comme dirigées contre la décision implicite de rejet de la demande litigieuse ;
- elle est entachée d'incompétence, dans la mesure où aucune irrecevabilité manifeste n'entachait la demande de première instance ;
- le maire de Cagnes-sur-Mer se trouvait en situation de compétence liée pour dresser un procès-verbal d'infraction, en application des dispositions des articles L. 480-1 et L. 480-4 du code de l'urbanisme ;
- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme ;
- le procès-verbal établi le 26 juillet 2024 par les services de la commune de Cagnes-sur-Mer ne traduit pas la mise en œuvre, par le maire de cette commune, des pouvoirs qu'il tient des articles L. 480-1 et L. 481-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, propriétaire sur le territoire de la commune de Cagnes-sur-Mer, a, par une lettre du 22 décembre 2023, demandé au maire de celle-ci de dresser un procès-verbal d'infraction à l'encontre de ses voisins, M. et Mme A, lesquels ont, au cours du mois de juillet 2021, installé un climatiseur réversible en saillie sur la façade de leur domicile, auquel ils ont ajouté un cache au cours du mois de septembre 2022, sans autorisation d'urbanisme. Par une lettre du 19 janvier 2024, le maire de Cagnes-sur-Mer a informé M. C qu'un courrier avait été envoyé à M. et Mme A, leur sollicitant de régulariser la situation en déposant ledit climatiseur. M. C demande l'annulation de l'ordonnance par laquelle le président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Nice a rejeté comme irrecevable sa demande dirigée contre la décision du 19 janvier 2024 par laquelle le maire de Cagnes-sur-Mer a refusé d'exercer les pouvoirs qu'il tient des articles L. 480-1 et L. 481-1 du code de l'urbanisme.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours peuvent en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur la régularité de l'ordonnance attaquée :
3. En premier lieu si le requérant se prévaut de ce que l'ordonnance attaquée comporte, à tort, la mention " Tribunal administratif de Melun " en en-tête, cette simple erreur matérielle n'a eu aucune incidence sur le sens de la décision rendue, et n'est dès lors pas de nature à entacher cette ordonnance d'irrégularité.
4. En deuxième lieu, si M. C demande l'annulation de la lettre qui lui a été adressée par le maire de Cagnes-sur-Mer le 19 janvier 2024 en arguant qu'elle constitue une décision par laquelle ledit maire a refusé de faire usage des pouvoirs qu'il tient des articles L. 480-1 et L. 481-1 du code de l'urbanisme, il résulte des termes mêmes de cette lettre, qui se borne à accuser réception du courrier envoyé par le requérant le 22 décembre 2023 et à l'informer qu'un courrier a été adressé à ses voisins, qu'elle ne comporte aucune décision faisant grief à l'intéressé. M. C n'est dès lors pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Nice a rejeté comme irrecevable sa demande dirigée contre cette lettre du 19 janvier 2024 du maire de Cagnes-sur-Mer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de Cagnes-sur-Mer a refusé de faire usage des pouvoirs qu'il tient des articles L. 480-1 et L. 481-1 du code de l'urbanisme, qui n'ont pas été soumises au premier juge, ont le caractère de conclusions nouvelles en cause d'appel et sont, par suites, irrecevables.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. C, qui est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée au maire de la commune de Cagnes-sur-mer.
Fait à Marseille, le 18 novembre 2024
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026