mercredi 7 août 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA01285 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Toulon d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2023 par lequel le préfet du Var a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de sa destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Par un jugement n° 2400230 du 25 avril 2024, le tribunal administratif de Toulon a annulé l'arrêté attaqué en tant qu'une interdiction de retour sur le territoire français a été prononcé à l'encontre de M. A et a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2024, M. A, représenté par Me Ben Hassine, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 25 avril 2024 du tribunal administratif de Toulon en ce qu'il a rejeté le surplus de ses conclusions ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2023 du préfet du Var en tant qu'il lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
3°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié ou, à défaut, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'autorité administrative était tenue d'examiner sa demande au regard de la liste fixée par l'article R. 5221-20 du code du travail ;
- le motif invoqué par le préfet tiré de ce qu'il n'a pas respecté les obligations lui incombant en qualité de travailleur saisonnier, ne pouvait légalement fonder la décision de refus de séjour, en application des articles 3 et 9 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité marocaine, demande l'annulation du jugement du 25 avril 2024 en tant que le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 22 décembre 2023 en ce que le préfet du Var a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.
2. Aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain susvisé du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, [] sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " ". L'article 9 du même accord dispose que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord ". En outre l'article L. 5221-2 du code du travail dispose que : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Selon l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". L'article L. 411-1 du même code alors en vigueur précise que : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : / 1° Un visa de long séjour ; / 2° Un visa de long séjour conférant à son titulaire, en application du second alinéa de l'article L. 312-2, les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9 à L. 421-11 ou L. 421-13 à L. 421-24, ou aux articles L. 421-26 et L. 421-28 lorsque le séjour envisagé sur ce fondement est d'une durée inférieure ou égale à un an ". Enfin, aux termes des dispositions de l'article L. 313-23 du même code, en vigueur à la date d'obtention de son titre saisonnier par l'intéressé, auxquelles se sont substituées les dispositions de l'article L. 421-34 du même code : " Une carte de séjour d'une durée maximale de trois ans, renouvelable, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée, dès sa première admission au séjour, à l'étranger pour l'exercice d'un emploi à caractère saisonnier, défini au 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail, dans les conditions prévues à l'article L. 5221-2 du même code, lorsque l'étranger s'engage à maintenir sa résidence habituelle hors de France. La carte porte la mention " travailleur saisonnier " / Elle donne à son titulaire le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peuvent dépasser une durée cumulée de six mois par an. ".
3. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a, d'une part, refusé de renouveler la carte de séjour pluriannuelle dont M. A était titulaire en qualité de travailleur saisonnier et qui était valable jusqu'au 27 février 2023, au motif qu'il ne présentait aucun nouveau contrat de travail saisonnier à durée déterminée et a, d'autre part, refusé de lui délivrer une carte de séjour en qualité de salarié au triple motif qu'il n'avait pas respecté la durée maximale de séjour et de travail que lui imposait son statut de travailleur saisonnier et qu'il ne justifiait pas de la détention d'un visa de long séjour ni d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes. Aux termes du jugement attaqué, le tribunal administratif a estimé que le non-respect des obligations de son statut de travailleur saisonnier ne pouvait lui être légalement opposé mais qu'il résultait de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé exclusivement sur l'absence de contrat de travail visé par les autorités compétentes.
4. En premier lieu, eu égard aux motifs ainsi rappelés du jugement attaqué, le requérant ne peut plus utilement se prévaloir en appel de l'erreur de droit commise par le préfet à lui avoir opposé le non-respect des obligations de son statut de travailleur saisonnier.
5. En second lieu, le requérant ne peut davantage utilement soutenir que le préfet était tenu d'examiner sa demande d'autorisation de travail au regard de la liste des métiers en tension définie par le a) du 1° de l'article R. 5221-20 du code du travail, dès lors que le préfet pouvait légalement, en application des dispositions des articles L. 411-1 et L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui opposer, pour l'examen de sa demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité de salarié, laquelle autorise une résidence habituelle sur le territoire français, l'absence de détention d'un visa de long séjour distinct de celui dont il avait bénéficié, à l'occasion de son entrée sur le territoire français, en qualité de travailleur saisonnier pour des séjours d'une durée cumulée limitée à six mois par an.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A, qui est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Fait à Marseille, le 7 août 2024
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026