jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA01481 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | MARINACCE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A B a demandé au tribunal administratif de Bastia d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Corse du 8 avril 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de sa destination et l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2400408 du 13 mai 2024, le président du tribunal administratif de Bastia a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2024, M. A B, représenté par Me Marinacce, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 13 mai 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Corse du 8 avril 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire ainsi qu'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions des articles L. 313-14 et L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français et le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen sont dépourvus de base légale ;
- ces mesures sont illégales en ce qu'elles portent atteinte à ses droits fondamentaux ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- la décision refusant d'accorder le délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
M. A B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 juillet 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité tunisienne, relève appel du jugement par lequel le président du tribunal administratif de Bastia a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du préfet de la Haute-Corse du 8 avril 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de sa destination et l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, en reprenant, pour l'essentiel, les moyens invoqués en première instance.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A B produit, pour la première fois devant la Cour, plusieurs témoignages d'amis ou de relations corroborant la réalité de la relation qui l'unit à son épouse française. Pour autant, ces productions ne sauraient suffire à établir l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de la vie commune qu'il affirme mener depuis cinq ans avec celle-ci, étant précisé que les rares documents de nature administrative qu'il produit à cette fin n'établissent la réalité de cette vie commune qu'à partir du mois d'octobre 2023, soit environ six mois avant l'arrêté attaqué. Ces éléments nouveaux ne sauraient permettre de regarder la décision l'obligeant de quitter le territoire français comme ayant porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que la décision précitée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle doivent, par suite, être écartés.
4. En deuxième lieu, M. A B invoque la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiées à l'article L. 435-1 du même code, qui disposent que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412- 1. () ". Pour autant, sa situation personnelle et familiale telle qu'exposée au point précédent, ne révèle pas de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels qui permettraient de considérer que le préfet aurais commis une erreur manifeste d'appréciation en n'ayant pas régularisé sa situation sur le fondement des dispositions précitées.
5. En troisième lieu, s'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de l'écarter par adoption des motifs retenus à bon droit par le président du tribunal administratif au point 7 de son jugement.
6. S'agissant enfin des moyens dirigés contre la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire et contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, qui avaient été précédemment invoqués en première instance, il y a lieu de les écarter par adoption des motifs retenus à bon droit par le président du tribunal administratif, respectivement aux points 9, 10 et 12 de son jugement dès lors, en particulier, que l'appelant ne fait état devant la cour, à l'égard des décisions précitées, d'aucun élément distinct sur sa situation personnelle et familiale de ceux avancés en première instance.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à C A B.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Corse.
Fait à Marseille, le 17 octobre 2024
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026