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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-24MA02026

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-24MA02026

lundi 4 novembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-24MA02026
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge des référés
Avocat requérantSELARL GRIMALDI - MOLINA & ASSOCIÉS - AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM) a rejeté ses demandes du 27 janvier 2020, d'annuler le titre de perception du 14 novembre 2019 par lequel le directeur général de l'AP-HM a mis à sa charge la somme de 98 722 euros, de condamner l'AP-HM au remboursement d'une somme de 25 563,61 euros, de condamner l'AP-HM au paiement d'une somme de 19 386,71 euros à titre de dommages et intérêt ainsi que d'enjoindre au directeur général de l'AP-HM de lui accorder la protection fonctionnelle et de régulariser sa situation contractuelle à la date du jugement à intervenir.

Par un jugement n°200844 du 14 juin 2024, le tribunal administratif de Marseille a annulé la décision implicite du 9 juillet 2020 du directeur général de l'AP-HM refusant de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle et condamné l'AP-HM à verser à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative mais rejeté le surplus des conclusions de sa requête.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2024 Mme B, représentée par Me Mazza, demande à la cour :

1°) de prononcer le sursis à exécution sur le fondement de l'article R. 811-17 du code de justice administrative de ce jugement du 14 juin 2024 du tribunal administratif de Marseille en tant qu'il a rejeté ses conclusions à fin d'annulation du titre de perception du 24 septembre 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l'AP-HM la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- les conditions posées par l'article R. 811-7 du code de justice administrative sont remplies ;

- la décision de première instance risque d'entraîner pour elle des conséquences difficilement réparables ;

- ses moyens sont sérieux ;

- ses conclusions n'étaient pas tardives.

Par un mémoire, enregistré le 14 octobre 2024, l'assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM), représentée par Me Grimaldi, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable ;

- l'exécution du titre exécutoire n'entraine ni directement des conséquences difficilement réparables de nature à justifier le prononcé d'un sursis à exécution, ni une quelconque mesure d'exécution susceptible de faire l'objet d'un sursis à exécution ;

- aucun moyen de fond n'est développé en appel ;

- les moyens ne sont pas sérieux ;

- la demande de première instance est tardive.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par jugement en date du 14 juin 2024, le tribunal administratif de Marseille a notamment rejeté les conclusions de la requête présentée par Mme B tendant à l'annulation du titre de perception du 24 septembre 2019 par lequel le directeur général de l'AP-HM a mis à sa charge la somme de 98 722 euros. Mme B doit être regardée comme sollicitant le sursis à exécution de ce jugement dans cette mesure.

2. Aux termes de l'article R. 811-17 du code de justice administrative : " Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction ". Et aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents des formations de jugement des cours, () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".

3. Aux termes du 2° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () ". Suivant les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". En vertu de l'article R. 421-5 du code de justice administrative, " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". Enfin, suivant l'article 7 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " Sous réserve des obligations qui découlent d'un engagement international ou du droit de l'Union européenne, les délais à l'issue desquels une décision, un accord ou un avis de l'un des organismes ou personnes mentionnés à l'article 6 peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus jusqu'à la fin de la période mentionnée au I de l'article 1er. / Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période mentionnée au I de l'article 1er est reporté jusqu'à l'achèvement de celle-ci. () ".

4. Il résulte de l'instruction que le recours gracieux présenté par Mme B, alors domiciliée en France, à l'encontre du titre de perception du 24 septembre 2019, qui lui a été notifié avec mention des voies et délais de recours, a été reçu par l'AP-HM le 27 janvier 2020. Une décision implicite de rejet de cette demande aurait dû normalement naître le 27 mars 2020. Toutefois, en application des articles 1 et 7 de l'ordonnance du 25 mars 2020 cités au point précédent, le délai de deux mois à l'issue duquel était susceptible de naître une décision implicite de rejet a été suspendu entre le 12 mars et le 23 juin 2020 inclus. En conséquence, la décision implicite de rejet de la demande de Mme B est née le 8 juillet 2020, date à compter de laquelle a ainsi couru le délai de recours contentieux de deux mois, qui est un délai franc. Mme B avait donc jusqu'au 10 septembre 2020, jour ouvrable, pour saisir le tribunal administratif de Marseille. Or, il est constant que sa requête n'a été enregistrée que le 16 octobre 2020, au greffe du tribunal. De plus, la demande de communication des motifs formulée par la requérante dans le courrier du 4 septembre 2020 n'a pas pu avoir pour effet de proroger le délai de recours contentieux à l'encontre du titre exécutoire dès lors que la décision prise par l'autorité compétente qui se borne à rejeter une réclamation ne constituant pas un recours administratif obligatoire à l'encontre d'une décision régulièrement motivée n'a pas à être elle-même motivée, en l'absence d'élément nouveau. Par suite, c'est à bon droit que les premiers juges ont accueilli la fin de non-recevoir, tirée de la tardiveté de la demande, et ont rejeté les conclusions de Mme B.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense et sur les autres moyens développés par Mme B, que sa requête ne peut qu'être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par contre, dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros à verser à l'AP- HM au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Mme B versera à l'AP-HM une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B et à l'AP-HM.

Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 4 novembre 2024.

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