vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA02674 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | GGV AVOCATS RECHTSANWÄLTE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C, M. A C et la SARL Le loup blanc du Riou ont demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler la délibération du 14 janvier 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Saint-Pons a approuvé la mise en compatibilité de son plan local d'urbanisme (PLU) dans le cadre du projet d'implantation d'un parc photovoltaïque.
Par un jugement n° 2202432 du 30 septembre 2024, le tribunal administratif de Marseille a annulé cette délibération.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 octobre et 6 décembre 2024, la commune de Saint-Pons, représentée par Me Olivier, demande à la Cour d'ordonner le sursis à exécution du jugement du 30 septembre 2024 et de mettre à la charge de Mme B C, M. A C et la SARL Le loup blanc du Riou la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle demande le sursis à exécution du jugement du 30 septembre 2024, en application des dispositions des articles R. 811-15 et R. 811-17 du code de justice administrative en développant des moyens sérieux dans sa requête d'appel ;
- le jugement du 30 septembre 2024 est entaché d'irrégularité car le tribunal n'a pas répondu au moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 16 décembre 2016 du préfet des Hautes-Alpes portant création de la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye Serre-Ponçon ;
- le moyen tiré de l'incompétence de la commune de Saint-Pons pour mettre en compatibilité son plan local d'urbanisme n'était pas fondé ;
- les modifications apportées au projet d'aménagement et de développement durable ne produisent pas les mêmes effets qu'une révision et ne nécessitent pas une évaluation environnementale ; en outre, l'irrégularité alléguée n'a pas eu d'influence sur le sens de la décision contestée et n'a pas privé le public d'une garantie ;
- l'exécution du jugement est susceptible d'entraîner des conséquences difficilement réparables eu égard à l'insécurité juridique découlant de l'incertitude quant à l'autorité compétente en matière de plan local d'urbanisme ;
Par des mémoires enregistrés les 29 novembre et 10 décembre 2024, Mme B C, M. A C et la SARL Le loup blanc du Riou, représentés par Me Zenati, concluent au rejet de la requête et à la mise à la charge de la commune de Saint-Pons de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
- la requête en sursis à exécution est irrecevable faute qu'une copie de la requête d'appel ait été produite, conformément aux dispositions de l'article R. 811-17-1 du code de justice administrative ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- d'autres moyens étaient susceptibles d'entraîner l'annulation de la délibération en litige du conseil municipal de Saint-Pons ;
- les conclusions du commissaire enquêteur ne sont pas suffisamment motivées ;
- l'intérêt général du projet de parc photovoltaïque n'est pas justifié ;
Vu :
- la requête 24MA02670, par laquelle la commune de Saint-Pons relève appel du jugement 2202432 du 30 septembre 2024 par lequel le tribunal administratif de Marseille a annulé la délibération du 14 janvier 2022 par laquelle le conseil municipal de Saint-Pons approuvé la mise en compatibilité de son plan local d'urbanisme (PLU) dans le cadre du projet d'implantation d'un parc photovoltaïque.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 décembre 2024 :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Olivier, représentant la commune de Saint-Pons, et de Me Couffin, représentant Mme B C, M. A C et la SARL Le loup blanc du Riou ;
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, M. A C et la SARL Le loup blanc du Riou ont demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler la délibération du 14 janvier 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Saint-Pons a approuvé la mise en compatibilité de son plan local d'urbanisme (PLU) de la commune dans le cadre du projet d'implantation d'un parc photovoltaïque.
2. Par un jugement du 30 septembre 2024, le tribunal administratif de Marseille a annulé cette délibération. La commune de Saint-Pons demande à la Cour de prononcer le sursis à exécution de ce jugement.
Sur la demande de sursis à exécution :
3. Aux termes de l'article R. 811-14 du code de justice administrative : " Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif s'il n'en est autrement ordonné par le juge d'appel dans les conditions prévues par le présent titre. ". Aux termes de l'article R. 811-15 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". Aux termes de l'article R. 811-17 du même code : " Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction. ".
4. En l'état de l'instruction, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, les moyens susvisés tirés de ce que le jugement attaqué est entaché d'irrégularité car le tribunal n'a pas statué sur le moyen soulevé par la commune de Saint-Pons et tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté préfectoral du 16 décembre 2016 portant création, par fusion, de la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye Serre-Ponçon, que le moyen de l'incompétence de la commune de Saint-Pons pour mettre en compatibilité son plan local d'urbanisme n'était pas fondé, que les modifications apportées au projet d'aménagement et de développement durable ne produisaient pas les mêmes effets qu'une révision et ne nécessitaient pas une évaluation environnementale et que l'irrégularité alléguée n'a pas eu d'influence sur le sens de la décision contestée et n'a pas privé le public d'une garantie, ne paraissent pas sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement. En l'absence de moyens sérieux, la requête de la commune de Saint-Pons aux fins de sursis à exécution ne peut dès lors qu'être rejetée, que ce soit sur le fondement de l'article R. 811-14 ou de l'article R. 811-17 précités.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a lieu de faire droit à aucune des conclusions des parties fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la commune de Saint-Pons est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Saint-Pons, à Mme B C, M. A C, à la SARL Le loup blanc du Riou et à la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye Serre-Ponçon.
Fait à Marseille le 13 décembre 2024.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026