LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-24MA02764

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-24MA02764

mardi 27 mai 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-24MA02764
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantCARMIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. D A E et Mme B C épouse A E ont demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler les arrêtés du 17 novembre 2023 par lesquels le préfet des Bouches-du-Rhône leur a refusé la délivrance de titres de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de leur destination.

Par un jugement nos 2403252, 2403726 du 12 juillet 2024, le tribunal administratif de Marseille a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 8 novembre 2024, M. et Mme A E, représentés par Me Carmier, demandent à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du 12 juillet 2024 du tribunal administratif de Marseille ;

2°) d'annuler les arrêtés du 17 novembre 2023 du préfet des Bouches-du-Rhône ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de leur délivrer des certificats de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de leur situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à leur conseil sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- les arrêtés contestés sont entachés d'un défaut d'examen réel et complet de leur situation personnelle ; le jugement attaqué est insuffisamment motivé sur ce point ;

- les décisions portant refus de séjour sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent les stipulations des articles 6-5) de l'accord franco-algérien, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1) de la convention internationale des droits de l'enfant ; elles méconnaissent la circulaire dite Valls du 28 novembre 2012 ;

- le jugement attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations des articles 6-5) de l'accord franco-algérien, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1) de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont illégales, par la voie d'exception de l'illégalité des décisions portant refus de séjour ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1) de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- les décisions fixant le pays de leur destination sont illégales, par la voie d'exception de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Par ordonnance du 3 décembre 2024, le président de la Cour a rejeté le recours de M. A E dirigé contre la décision du 27 septembre 2024 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille a rejeté sa demande d'aide juridictionnelle.

Mme A E a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A E, de nationalité algérienne, demandent l'annulation du jugement par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté leurs demandes dirigées contre les arrêtés du 17 novembre 2023 par lesquels le préfet des Bouches-du-Rhône leur a refusé la délivrance de titres de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de leur destination.

Sur la régularité du jugement attaqué :

2. En premier lieu, M. et Mme A E soutiennent que le jugement est entaché d'un défaut de motivation en ce qu'il n'a pas répondu au moyen tiré du défaut d'examen de leur situation personnelle. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il résulte des motifs mêmes du jugement attaqué que le tribunal, qui n'était pas tenu de répondre à tous les arguments avancés par les parties, a expressément et suffisamment répondu à ce moyen, aux points 4 et 5 de son jugement. Le jugement n'est donc entaché d'aucun défaut de motivation.

3. En second lieu, hormis le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Les requérants ne peuvent donc utilement se prévaloir d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'une méconnaissance des stipulations des articles 6-5) de l'accord franco-algérien, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1) de la convention internationale des droits de l'enfant qu'aurait commises le tribunal pour demander l'annulation du jugement attaqué.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions contestées :

4. Il ressort des pièces du dossier et, en particulier, des mentions des décisions contestées, que le préfet des Bouches-du-Rhône a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de M. et Mme A E avant de leur refuser la délivrance de titres de séjour et de les obliger à quitter le territoire français. Le moyen tiré du défaut d'examen doit donc être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant refus de séjour :

5. D'une part, M. et Mme A E ne peuvent, en tout état de cause, utilement invoquer les termes de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors, d'une part, que cette circulaire ne revêt pas un caractère réglementaire, et, d'autre part, que les critères de régularisation y figurant ne présentent pas le caractère de lignes directrices dont les intéressés peuvent utilement se prévaloir devant le juge mais constituent de simples orientations pour l'exercice, par le préfet, de son pouvoir de régularisation.

6. D'autre part, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Selon l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme A E sont entrés en France pour la dernière fois respectivement les 1er et 8 août 2018, sous couvert de visas C - Etats Schengen d'une durée de validité de 30 jours, et soutiennent se maintenir de manière continue sur le territoire français depuis cette date. Si cette présence est établie par les divers documents, notamment médicaux, versés au dossier, les intéressés ne peuvent se prévaloir d'aucune insertion sociale en France, la seule circonstance que le frère de M. A E soit titulaire de la nationalité française ne pouvant, à elle seule, caractériser une telle insertion. Si M. A E se prévaut d'une promesse d'embauche en qualité de préparateur de commande établie par la société de restauration rapide Chez Kadour le 25 avril 2023, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette promesse, qui ne précède au demeurant que de quelques mois la date de la décision contestée, ait donné lieu à un contrat de travail. L'intéressé ne peut pas plus se prévaloir de la création de son entreprise de restauration traditionnelle chez D, active depuis le 1er mars 2024, soit postérieurement de près de quatre mois à la date de la décision contestée. S'il ressort en outre des pièces du dossier que Mme A E a conclu un contrat de travail à temps partiel et à durée déterminée auprès de la société par actions simplifiée (SAS) Les 4 saisons le 1er novembre 2024, ce contrat est postérieur de près d'un an à la date de la décision contestée et ne saurait dès lors caractériser une particulière insertion professionnelle de l'intéressée sur le territoire français, la promesse d'embauche délivrée à celle-ci par la société Le Diamant Rouge le 6 juin 2023 étant également, au demeurant, restée sans suite. Si les requérants se prévalent par ailleurs de la scolarité de leurs deux enfants en France, ils ne font toutefois état d'aucun obstacle à ce que ceux-ci poursuivent une scolarité dans des conditions normales dans leur pays d'origine, dans lequel pourra être reconstituée leur cellule familiale. En outre, M. et Mme A E n'établissent pas être dépourvus de toute attache familiale dans leur pays d'origine, où résident leurs parents et où ils ont vécu jusqu'aux âges respectifs de 36 et 31 ans. Dans ces conditions, le préfet des Bouches-du-Rhône, en leur refusant la délivrance de titres de séjour, n'a pas porté au droit des intéressés au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels ces refus ont été pris. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions portant refus de séjour contestées méconnaîtraient les stipulations précitées des articles 6-5) de l'accord franco-algérien, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1) de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les refus de séjour opposés à M. et Mme A E ne sont pas entachés d'illégalité. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

9. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 7 que le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français contestées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaîtraient les stipulations précitées des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1) de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de leur destination :

10. Il résulte de ce qui précède que les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français opposées à M. et Mme A E ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité des décisions fixant le pays de leur destination doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. et Mme A E, qui est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A E est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A E, à Mme B C épouse A E et à Me Carmier.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 27 mai 2025

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions