LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-24MA02954

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-24MA02954

mercredi 5 février 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-24MA02954
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Procédure contentieuse antérieure :

Par trois requêtes distinctes, Mme D H épouse G, Mme A C et Mme D E épouse F ont demandé au tribunal administratif de Nice, en premier lieu, d'annuler la décision implicite de rejet née de leurs demandes indemnitaires préalables notifiées le 11 février 2022, en deuxième lieu, d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale de reconstituer leurs carrières sur la base de critères objectifs, en troisième lieu, de condamner l'Etat à leur verser à chacune une indemnité de 497 000 euros, et, en quatrième lieu, de mettre dans chaque affaire à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou, à titre subsidiaire, de renvoyer à la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) une question préjudicielle portant sur la conformité des distinctions entre professeurs des écoles et instituteurs au principe de l'égalité de rémunération consacré par l'article 119 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.

Par trois jugements nos 2202405, 2202399 et 2202396 du 26 novembre 2024, le tribunal administratif de Nice a rejeté ces trois requêtes.

Procédure devant la Cour :

Par trois requêtes, enregistrées le 28 novembre 2024 sous les nos 24MA02954, 24MA02956 et 24MA02957, Mme G, Mme C et Mme F, représentées par la SELARL Atlantique Avocats Associés, demandent à la Cour :

1°) d'annuler chacun de ces jugements ;

2°) avant dire droit, de saisir la Cour de justice de l'Union européenne de la question de la conformité de la différence de traitement résultant du décret du 1er août 1990 à l'article 119 du traité de Rome, devenu l'article 141 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, à la directive n° 2000/78 du 27 novembre 2000 et des articles 1er et 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

3°) d'annuler la décision implicite rejetant leur demande d'indemnisation et de reconstitution de leurs carrières et de leurs droits à la retraite ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale de reconstituer leurs carrières à compter du 1er août 1990, pour leur assurer des droits équivalents à ceux des agents de catégorie A, de leur verser les rappels de rémunération dus depuis le 1er août 1990 et de procéder au recalcul de leurs droits à la retraite ;

5°) de condamner l'Etat à leur payer, à chacune, des indemnités de 247 000 euros, de 50 000 euros et de 150 000 euros au titre, respectivement, de la perte de revenus, du préjudice d'établissement, du préjudice moral et de la perte de droits à la retraite ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat, dans chaque instance, la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- leurs demandes sont recevables ;

- il y a lieu de renvoyer une question préjudicielle à la Cour de justice de l'Union européenne ;

- la différence de traitement instituée entre les instituteurs, corps de catégorie B, et les professeurs des écoles, corps de catégorie A, est illégale compte tenu du fait qu'ils exercent le même métier ;

- cette différence de traitement méconnaît l'article 119 du traité de Rome, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la directive n° 75/117, la jurisprudence des juridictions administratives et judiciaires, la Charte pour la promotion de l'égalité et la lutte contre les discriminations dans la fonction publique du 17 décembre 2013, et la circulaire du 3 avril 2017 relative à la mise en œuvre de la politique d'égalité et de lutte contre les discriminations dans la fonction publique ;

- les instituteurs ont été rétroactivement privés d'un droit acquis ;

- c'est à l'Etat qu'il incombe de justifier des critères objectifs justifiant la différence de traitement ;

- le décret du 1er août 1990 est entaché de " fraude à la loi ".

Vu :

- la décision n° 472661 rendue le 22 décembre 2023 par le Conseil d'Etat statuant au contentieux ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- la directive 2000/78 du Conseil du 27 novembre 2000 ;

- la directive 75/117/CEE du Conseil, du 10 février 1975 ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- la loi du 30 octobre 1886 modifiée par l'article 31 de la loi n° 90-587 du 4 juillet 1990 ;

- le décret n° 90-680 du 1er août 1990 ;

- le décret n° 86-487 du 14 mars 1986 ;

- le décret n° 83-462 du 8 juin 1983 ;

- le décret n° 78-873 du 22 août 1978 ;

- le décret n° 46-1358 du 6 juin 1946 ;

- le décret du 18 janvier 1887 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la Cour a désigné M. B pour statuer dans les conditions fixées par l'article R. 222-1 du code de justice administrative par décision du 1er septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Les requérantes, qui appartenaient au corps des instituteurs, ont exercé les fonctions de maîtresses d'école, et font partie du collectif " Les Z'Oubliés ". Le 9 juillet 2020, les membres de ce collectif ont saisi le ministre de l'éducation nationale d'une demande tendant à ce que leur fussent accordés, de manière rétroactive, les avantages associés au statut de professeur des écoles, corps de catégorie A institué par le décret du 1er août 1990 relatif au statut particulier des professeurs des écoles. Par des requêtes distinctes, les requérantes ont saisi le tribunal administratif de Nice de demandes tendant à l'annulation de la décision implicite rejetant cette réclamation, à ce qu'il soit enjoint au ministre de leur accorder les droits et avantages associés au statut de professeur des écoles et à ce que l'Etat soit condamné à les indemniser du préjudice subi. Par les jugements attaqués, dont les requérantes relèvent appel par des requêtes distinctes qui présentent à juger les mêmes questions et qu'il y a lieu de joindre, le tribunal administratif de Nice a rejeté ces demandes.

Sur l'application du 6° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, () 6° Statuer sur les requêtes relevant d'une série, qui, sans appeler de nouvelle appréciation ou qualification de faits, présentent à juger en droit, pour la juridiction saisie, des questions identiques () à celles tranchées ensemble par une même décision du Conseil d'Etat statuant au contentieux () ".

3. Les affaires visées ci-dessus présentent à juger des questions identiques à celles déjà tranchées par la décision n° 472661 rendue le 22 décembre 2023 par le Conseil d'Etat statuant au contentieux. Ces affaires n'appellent pas de nouvelle appréciation ou qualification juridique des faits. Il y a donc lieu d'y statuer par ordonnance en vertu des dispositions précitées du 6° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur le bien-fondé des jugements et des demandes des intéressées :

4. S'agissant des règles régissant les fonctionnaires, le principe d'égalité, qui est proclamé notamment par les articles 1er et 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyens, par les articles 1er et article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales s'agissant des droits reconnus par cette convention, et, en matière salariale, par l'article 157 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne reprenant en substance l'article 119 du Traité de Rome et les actes de droit dérivé pris pour son application, n'est en principe susceptible de s'appliquer qu'entre les agents appartenant à un même corps, sauf à ce que la norme en cause ne soit, en raison de son contenu, pas limitée à un même corps ou à un même cadre d'emplois de fonctionnaires. Il en découle que le principe d'égalité ne peut être utilement invoqué pour contester la différence de traitement dont les instituteurs et les professeurs des écoles feraient l'objet dans le déroulement de leur carrière à raison de l'appartenance de leur corps respectif à des catégories différentes.

5. En outre et en tout état de cause, ce principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général pourvu que, dans l'un comme l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée au regard des motifs susceptibles de la justifier.

6. Or, les concours de recrutement des élèves-maîtres des écoles normales formant les instituteurs ont été successivement ouverts, en vertu de l'article 69 du décret du 18 janvier 1887 du Président de la République portant décret organique de l'enseignement primaire, dans sa rédaction issue du décret du 6 juin 1946, aux titulaires d'un brevet élémentaire, puis, en vertu de l'article 3 du décret du 22 août 1978 relatif au recrutement des instituteurs, aux titulaires d'un baccalauréat et, enfin, en vertu du décret du 8 juin 1983 fixant des modalités exceptionnelles de recrutement d'instituteurs, aux titulaires d'un diplôme d'études universitaires générales (DEUG) venus sanctionner deux années d'études supérieures, ou de titres ou diplômes équivalents. Au contraire, le concours de recrutement des professeurs des écoles était ouvert, en vertu de l'article 7 du décret du 1er août 1990, " aux candidats qui, à la date de leur inscription, justifient de la possession d'une licence ou d'un titre ou diplôme au moins équivalents ". Il résulte de ces dispositions que les concours d'accès au corps des professeurs des écoles n'était ouvert qu'aux titulaires d'un titre sanctionnant une durée d'études supérieures de trois ans, ou d'un diplôme ou titre équivalent, tandis que le concours de recrutement des futurs instituteurs a été ouvert, successivement, de 1946 à 1978, aux titulaires d'un brevet élémentaire, puis, après 1978, aux titulaires d'un baccalauréat puis d'un diplôme sanctionnant une durée d'études supérieures de deux ans. Corrélativement, la durée de la formation à l'école normale a été ramenée de trois à deux ans par l'effet du décret susvisé du 14 mars 1986.

7. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que les différences de traitement entre les instituteurs et les professeurs des écoles, qui sont en rapport avec l'objet du décret du 1er août 1990, seraient manifestement disproportionnées au regard de cette différence objective de situation, étant remarqué que les instituteurs bénéficiant de certains avantages spécifiques, dont les professeurs des écoles ne pouvaient se prévaloir, et notamment l'attribution d'un logement de fonction ou d'une indemnité représentative de logement, prévue par l'article 14 de la loi du 30 octobre 1886 modifiée par l'article 31 de la loi n° 90-587 du 4 juillet 1990.

8. Dans ces conditions, le pouvoir réglementaire a pu, sans méconnaître le principe de l'égalité de traitement des fonctionnaires et alors même que les membres des deux corps étaient soumis à des obligations professionnelles de même nature et exerçaient le même métier, prévoir des conditions statutaires plus avantageuses pour les membres du corps des professeurs des écoles dans le but de valoriser une durée d'études préalable au concours de recrutement plus longue tout en confortant l'attractivité de la profession de maître d'école, le pouvoir réglementaire. La circonstance que les instituteurs bénéficiaient d'une durée de formation en école normale ne saurait remettre en cause cette analyse, dès lors que cette formation, postérieure au concours de recrutement, était assurée par l'Etat et que les élèves instituteurs y avaient, en vertu de l'article 12 du décret du 22 août 1978, la qualité de fonctionnaire stagiaire, et bénéficiaient à ce titre des avantages associés à ce statut. De même, la circonstance, d'ailleurs non étayée, que de nombreux candidats au concours étaient titulaires de diplômes sanctionnant des durées d'études supérieures plus longues est également sans influence sur cette analyse.

9. Compte tenu de la différence objective de situation qui a justifié cette différence de traitement, le détournement de pouvoir allégué n'est, en tout état de cause, pas établi.

10. Les instituteurs ne bénéficiant ainsi d'aucun droit à l'intégration dans le corps des professeurs des écoles, il ne peut être soutenu qu'ils auraient été privés de ce droit de manière rétroactive.

11. Enfin, le moyen tiré d'une " fraude à la loi " entachant le décret du 1er août 1990 ne peut, compte tenu de ce qui précède et en tout état de cause, qu'être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de renvoyer de question préjudicielle à la Cour de justice de l'Union européenne, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que les décision par lesquelles le ministre a rejeté leurs demandes sont illégales, ni à solliciter la condamnation de l'Etat. Leurs conclusions à fin d'annulation et de condamnation, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent donc être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Les requêtes d'appel de Mme G, Mme C et Mme F sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D H épouse G, à Mme A C, à Mme D E épouse F et à la ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Fait à Marseille, le 5 février 2025.

N os 24MA02954, 24MA02956, 24MA02957 2

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions