lundi 3 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA03177 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | AARPI OLOUMI & HMAD AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par un déféré, enregistré le 14 avril 2023, le préfet de la Corse-du-Sud a demandé au tribunal administratif de Bastia d'annuler le certificat d'urbanisme n° CU b 2A 288 23 R0001 délivré le 24 février 2023 par le maire de la commune de Sotta à M. C B pour la construction de deux résidences sur les parcelles cadastrées section B n°s 2050 et 2051, situées strada di Livia au lieudit Biaculonu.
Par jugement n° 2300447 du 29 octobre 2024, le tribunal administratif de Bastia a annulé le certificat d'urbanisme du 24 février 2023.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2024, M. B, représenté par Me Blondio-Mondoloni, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 29 octobre 2024 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
- le jugement doit être annulé dès lors que le tribunal n'a pas appliqué les dispositions du plan local d'urbanisme classant les parcelles en zone constructible ;
- il a fait une inexacte application de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme en jugeant que les parcelles en litige ne sont pas en continuité d'une zone urbanisée ;
- subsidiairement, le projet entre dans le champ de l'article L. 122-7 du même code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président de la Cour a désigné M. A pour statuer par ordonnance dans les cas prévus à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de la Corse-du-Sud a demandé au tribunal administratif de Bastia d'annuler le certificat d'urbanisme n° CU b 2A 288 23 R0001 délivré le 24 février 2023 par le maire de la commune de Sotta à M. B pour la construction de deux résidences sur les parcelles cadastrées section B n°s 2050 et 2051, situées strada di Livia au lieudit Biaculonu. M. B relève appel du jugement du 29 octobre 2024 par lequel le tribunal a annulé ce certificat d'urbanisme.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " 7° () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
3. Aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées ".
4. Comme l'a jugé le tribunal, il résulte des dispositions précitées que l'urbanisation en zone de montagne, sans être autorisée en zone d'urbanisation diffuse, peut être réalisée non seulement en continuité avec les bourgs, villages et hameaux existants, mais également en continuité avec les " groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants " et qu'est ainsi possible l'édification de constructions nouvelles en continuité d'un groupe de constructions traditionnelles ou d'un groupe d'habitations qui, ne s'inscrivant pas dans les traditions locales, ne pourrait être regardé comme un hameau. L'existence d'un tel groupe suppose plusieurs constructions qui, eu égard notamment à leurs caractéristiques, à leur implantation les unes par rapport aux autres et à l'existence de voies et de réseaux, peuvent être perçues comme appartenant à un même ensemble. Pour déterminer si un projet de construction réalise une urbanisation en continuité par rapport à un tel groupe, il convient de rechercher si, par les modalités de son implantation, notamment en termes de distance par rapport aux constructions existantes, ce projet sera perçu comme s'insérant dans l'ensemble existant.
5. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles visées par l'opération de constructions envisagée par le certificat d'urbanisme litigieux se situent entre le hameau de Salvadilevo et le village de Sotta. Bien que classées en zone constructible par le plan local d'urbanisme et reliées aux différents réseaux, elles ne sont à proximité immédiate que d'une seule autre parcelle supportant une habitation, l'essentiel des terrains avoisinants étant non construits. Localisées, comme l'ont relevé les premiers juges, dans un espace d'habitat diffus, le projet envisagé sur ces parcelles ne saurait donc s'inscrire dans la continuité de l'urbanisation existante. Par suite, le moyen tiré de l'inexacte application de l'article L. 122-5 du code l'urbanisme doit être écarté.
6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué n'a pas appliqué les dispositions du plan local d'urbanisme classant les parcelles en zone constructible doit être écarté, ces dispositions devant, en tout état de cause, respecter les prescriptions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme précité. Enfin, si le requérant soutient que son projet de construction entre dans le champ des exceptions au principe de construction en continuité prévues par l'article L. 122-7 du même code, il n'apporte à l'appui de cette allégation aucun élément de nature à l'étayer, qui ne ressort pas davantage des pièces du dossier. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Copie en sera adressée à la commune de Sotta et au préfet de la Corse-du-Sud.
Fait à Marseille, le 5 février 2025.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026