mercredi 12 mars 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-25MA00225 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SELARL PHARE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société par actions simplifiée Alquier a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur l'exécution du lot n° 3 " Menuiseries Métalliques / Serrurerie " d'un marché public ayant pour objet la restructuration du bâtiment H de son site à Aix-en-Provence.
Par une ordonnance n° 2409627 du 20 janvier 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a rejeté cette demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2025, la société Alquier, représentée par Me Guillet, demande à la Cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) de désigner M. C A, ou à défaut tout autre expert judiciaire qu'il lui plaira, avec pour mission de :
- convoquer les parties ;
- se faire communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ;
- entendre tout sachant ;
- déterminer les causes, origine et les imputabilités des décalages successifs des dates prévisionnelles de fin de travaux et des retards de chantier, et donner son avis sur les surcoûts en résultant pour la société Alquier ;
- donner son avis et chiffrer les préjudices de toute nature subis par la société Alquier, et ceux notamment liés aux travaux supplémentaires, à l'arrêt de chantier consécutif à la pandémie de Covid-19 et à l'augmentation du coût des matières premières, ainsi que ceux liés aux décalages des plannings ;
- d'une manière générale, fournir tous éléments susceptibles de concourir à l'information de la juridiction qui serait saisie pour se prononcer sur les responsabilités encourues et les imputabilités des préjudices subis par la société Alquier.
Elle soutient que cette mesure est utile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2025, l'Ecole nationale supérieure d'arts et métiers (ENSAM), représentée par CLL Avocats, demande à la Cour :
1°) de rejeter l'appel de la société Alquier et de confirmer l'ordonnance ;
2°) subsidiairement, de limiter la mission ordonnée au chiffrage des préjudices de toute nature subis par la société ;
3°) de lui donner acte de ses protestations et réserves d'usage ;
4°) de mettre les frais d'expertise à la charge exclusive de la société Alquier.
Elle soutient que :
- les conclusions nouvelles en appel sont irrecevables ;
- les mesures sollicitées portent sur des questions de droit ;
- elles ne sont pas utiles ;
- subsidiairement, elles devront être limitées compte tenu de l'expertise déjà ordonnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2025, M. B F, représenté par Me Mino, demande à la Cour de lui donner acte de ce qu'il formule toutes protestations et réserves concernant la demande de la société Alquier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2025, la société Apave Infrastructures et Construction France, représentée par Me Berthiaud, demande à la Cour :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle vient aux droits de la société Apave Sudeurope ;
2°) de rejeter la demande présentée par la société Alquier à son encontre ;
3°) de mettre à la charge de la société Alquier la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que la mesure n'est pas utile en tant qu'elle la met en cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2025, la société Betem PACA, représentée par Me Fournier, demande à la Cour :
1°) de rejeter la requête d'appel et de confirmer l'ordonnance attaquée ;
2°) de mettre à la charge de la société Alquier les dépens et la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'expertise sollicitée est inutile et porte sur une question juridique.
Par un mémoire, enregistré le 3 mars 2025, la société JMS Architecture, représentée par Me Dersy, demande à la Cour :
1°) de prendre acte de ce qu'elle s'en rapporte à la Cour s'agissant de la demande d'intervention volontaire de la société Apave Infrastructures et Construction France venant aux droits de la société Apave Sudeurope ;
2°) de confirmer l'ordonnance attaquée et de rejeter la requête et toute demande de la société Alquier ;
3°) subsidiairement, de prendre acte de ce qu'elle formule les plus expresses protestations et réserves d'usage, et de débouter la société Apave de sa demande de mise hors de cause ou subsidiairement de limiter sa mission ;
4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de tout succombant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- les mesures demandées par l'appelante ne sont pas utiles ;
- subsidiairement, elle émet toutes réserves et protestations d'usage.
Par un mémoire, enregistré le 5 mars 2025, la société SNEF, représentée par Me Bergant, demande à la Cour de lui donner acte de ses plus expresses protestations et réserves quant à la demande présentée par la société Alquier, et de réserver les dépens.
Vu :
- la décision du président de la Cour en date du 1er octobre 2024 désignant M. D E pour juger les référés dans les conditions prévues par l'article L. 511-2 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête () prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". En vertu de l'article L. 555-1 du même code, le président de la cour administrative d'appel, ou le magistrat qu'il désigne, est compétent pour statuer sur les appels formés contre les décisions rendues par le juge des référés.
Sur la demande d'expertise à fin de déterminer les causes, origine et imputabilités des décalages successifs :
2. Comme le soutient l'ENSAM, les conclusions tendant à ce que soit ordonnée une expertise aux fins de déterminer les causes, origine et imputabilités des décalages successifs sont nouvelles en appel, et donc irrecevables. Dès lors, en revanche, que la société avait sollicité que l'expertise porte sur le chiffrage de ses préjudices, la précision, formulée en appel, selon laquelle l'expert devra " donner son avis " sur ce point ne peut être regardée comme des conclusions nouvelles.
Sur les autres demandes :
En ce qui concerne le cadre juridique :
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée de cette personne.
En ce qui concerne la demande d'expertise aux fins de chiffrer le montant des travaux supplémentaires réalisés par la société Alquier :
4. Il résulte de l'instruction que, par une ordonnance n° 2203204 du 11 octobre 2022, la juge des référés du tribunal administratif de Marseille a, à la demande de l'Ecole nationale supérieure d'arts et métiers, ordonné une expertise aux fins notamment de déterminer les causes des travaux supplémentaires, des retards de chantier et des désordres liées aux réserves non levées, leur imputabilité et d'évaluer leurs conséquences, rejetant à cette occasion la demande de la société Alquier, tendant à ce que la mission de l'expert porte également sur l'appréciation et le chiffrage des préjudices de toute nature subis par elle en raison notamment des retards, allongement du chantier et des travaux supplémentaires, au motif que les conséquences dommageables que cette société aurait elle-même subies du fait des retards et allongement du chantier en cause n'étaient pas susceptibles de se rattacher à une telle action. Cette ordonnance a, notamment, confié à l'expert le soin de " donner son avis sur les circonstances ayant conduit à la réalisation des travaux supplémentaires, en indiquant s'ils proviennent d'erreurs de conception, de surveillance, et/ou d'exécution, et de les chiffrer ", de " donner son avis sur l'origine de l'ensemble des retards, leur imputabilité respective ainsi que les surcoûts en résultant " et de " fournir tous éléments permettant d'établir les comptes entre les parties incluant notamment l'application éventuelle de pénalités de retard et le coût de reprise de malfaçons ou désordres ".
5. Il en résulte que l'expert désigné par l'ordonnance du 11 octobre 2022 a déjà pour mission de chiffrer les travaux supplémentaires. La demande tendant à ce que soit ordonnée une mesure d'expertise en vue de chiffrer le montant des travaux supplémentaires réalisés par la société Alquier est, dès lors qu'une telle mesure d'expertise a déjà été ordonnée, dépourvue d'utilité.
En ce qui concerne la demande tendant à ce que soit évalué le montant du préjudice subi par la société à raison du décalage du planning et à raison de l'arrêt du chantier et du renchérissement du coût des matières premières :
6. Si ces mesures sont susceptibles de se rattacher, s'agissant du préjudice résultant de la pandémie de covid-19 et de l'augmentation du coût des matières premières, à une action extracontractuelle fondée sur la théorie de l'imprévision et, s'agissant du préjudice résultant des retards de chantier, à une action contractuelle ou quasi-délictuelle, la société Alquier, qui détient l'ensemble des éléments relatifs à ces chefs de préjudice, est à même d'en justifier par ses propres moyens. La mesure ainsi sollicitée n'apparaît donc pas utile en l'état de l'instruction.
7. Il résulte de ce qui précède que la société Alquier n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par l'ordonnance attaquée, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En l'absence de dépens, il n'y a pas non plus lieu de mettre à sa charge des dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Alquier est rejetée.
Article 2 : Les conclusions des sociétés Apave Infrastructures et Construction France, Betem PACA et JMS Architecture tendant à l'application des articles R. 761-1 et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Alquier, à l'Ecole nationale supérieure d'arts et métiers (ENSAM), à la société JMS architecture, à la société BETEM PACA, à la société B F, à la société Apave Infrastructures et Construction France, à la société Hafafsa constructions, à la société division protection incendie, à la société Isolbat Marseille, à la société Agencement technique et création (ATEC), à la société SNEF, à la société GER ELEC et à la société OTIS.
Fait à Marseille, le 12 mars 2025. 2
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026