mercredi 17 septembre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-25MA00687 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SELARL BAUDUCCO-ROTA-LHOTELLIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. F B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulon, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert aux fins de déterminer les causes et la nature des désordres affectant sa propriété suite aux incendies qui s'y sont déclarés les 14 et l5 décembre 2023.
Par une ordonnance n° 2400884 du 4 mars 2025, le président du tribunal administratif de Toulon a fait droit à sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 18 mars 2025, la Compagnie Relyens, représentée par la SELARL Michel Teboul, demande à la Cour de réformer l'ordonnance du 4 mars 2025 et notamment, ses points 3, 9 et 10 en ce qui concerne la notion de reprise d'incendie et de l'évaluation des dommages.
Elle soutient que sa demande est utile.
Par un mémoire, enregistré le 7 mai 2025, M. A B et la SA Pacifica, représentés par Me Bauducco, ne s'opposent pas à la demande présentée par la Compagnie Relyens.
Par un mémoire du 20 mai 2025, le service départemental d'incendie et de secours du Var, représenté par la SELARL cabinet Guisiano, ne s'oppose pas à la demande formulée par la Compagnie Relyens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président de la Cour a désigné M. E pour juger les référés dans les conditions prévues par l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulon, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert aux fins de déterminer les causes et la nature des désordres affectant sa propriété suite aux incendies qui s'y sont déclarés les 14 et l5 décembre 2023.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête () prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". En vertu de l'article L. 555-1 du même code, le président de la cour administrative d'appel, ou le magistrat qu'il désigne, est compétent pour statuer sur les appels formés contre les décisions rendues par le juge des référés.
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher (cf. CE, 14.02.2017, n° 401514).
4. Par l'ordonnance du 4 mars 2025, le président du tribunal administratif de Toulon a désigné M. C en qualité d'expert afin de 1) se rendre sur les lieux, entendre les parties, se faire communiquer tous documents utiles à l'exécution de sa mission et établir tous plans, croquis, schémas ou photographies utiles à la compréhension des faits de la cause / 2) décrire la nature et l'étendue des désordres affectant le bâtiment appartenant à M. A B, sis 49 chemin du Vallat du Sauvage à Rians (83560), suite aux incendies qui se sont déclarés les 14 et l5 décembre 2023 ainsi que les objets lui appartenant / 3) déterminer les causes de la reprise d'incendie du 15 décembre 2023 et dans les cas de causes multiples, indiquer la part d'imputabilité à chacune d'entre elles, notamment, compte-tenu de l'incendie préalablement survenu la veille, de la propagation de l'incendie, décrire les conditions d'intervention des services de secours, déterminer les dysfonctionnements éventuels / 4) décrire l'intervention des pompiers du SDIS Var, si l'intervention du SDIS Var était logique, cohérente et efficace / 5) dire si l'intervention du SDIS Var a pu entraîner une aggravation des dommages et dans l'affirmative, déterminer l'aggravation des dommages strictement imputables aux manquements éventuels des pompiers, en distinguant ces préjudices des conséquences normalement prévisibles d'un incendie, de l'état antérieur de l'immeuble et de toute cause étrangère / 6) dire si les dispositions de construction de l'immeuble de M. A B ont pu gêner l'extinction de l'incendie et provoquer un nouveau départ de feu ou ont pu aggraver les conséquences du deuxième incendie / 7) fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre, le cas échéant, de déterminer les responsabilités encourues /
8) préciser la nature et l'étendue des désordres et notamment, s'ils compromettent la solidité de l'immeuble ou le rendent impropre à sa destination / 9) fournir au juge tous éléments lui permettant d'apprécier l'étendue des préjudices et notamment, l'évaluation du coût et de la durée des travaux nécessaires à réparer les désordres / 10) donner tous éléments utiles de nature à permettre au juge du fond éventuellement saisi de se prononcer sur les éventuelles responsabilités encourues et chiffrer les préjudices de toute nature subis / 11) faire toutes autres constatations nécessaires.
5. Si la responsabilité du SDIS, à ce stade, n'est invoquée qu'en ce qui concerne ses modalités d'intervention lors de l'incendie du 14 décembre 2023, les causes de ce sinistre ne sont pas manifestement sans rapport avec la recherche de responsabilité de M. A B, et sont donc utiles au sens des dispositions de l'article R. 532-1 précité du code de justice administrative. Il y a dès lors lieu de réformer le 3) de l'article 1er de l'ordonnance du président du tribunal administratif de Toulon du 4 mars 2025 comme indiqué à l'article 1er de la présente ordonnance.
6. Par ailleurs, et comme l'indique la Compagnie Relyens, il n'apparaît pas inutile, à ce stade, de demander à l'expert d'évaluer tant l'incidence de la vétusté des biens sur leur valeur, que leur valeur vénale. Il y a donc lieu d'ajouter un alinéa 9 bis) à l'article 1er de l'ordonnance du président du tribunal administratif de Toulon comme indiqué à l'article 2 de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : Le 3) de l'article 1er de l'ordonnance du 4 mars 2025 est remplacé par les dispositions suivantes : " 3) déterminer les causes de l'incendie du 14 décembre 2023, et celles de l'incendie du 15 décembre 2023 et dans les cas de causes multiples, indiquer la part d'imputabilité à chacune d'entre elles, notamment des liens entre les deux incendies, de la propagation des incendies, décrire les conditions d'intervention des services de secours, déterminer les dysfonctionnements éventuels ".
Article 2 : Il est ajouté un article 9 bis à l'article 1er de l'ordonnance du 4 mars 2025 ainsi rédigé : " 9 bis) L'expert estimera la valeur vénale des biens susceptibles d'indemnisation ainsi que leur valeur vénale déduction faite du coefficient de vétusté qu'il déterminera ".
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G A B, à la société Pacifica, au Service départemental d'incendie et de secours du Var et à la Compagnie Relyens.
Copie en sera adressée à M. D C, expert.
Fait à Marseille, le 17 septembre 2025.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026