vendredi 29 août 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-25MA01704 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SELARL BAUDUCCO-ROTA-LHOTELLIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Toulon de condamner la commune de Bormes-les-Mimosas à lui payer la somme de 37 925 euros, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison d'une chute intervenue le 16 avril 2022.
Par un jugement n° 2302251 du 12 juin 2025, le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2025, et un mémoire enregistré le 28 août 2025, qui n'a pas été communiqué, Mme B, représentée par Me Tarlet demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 12 juin 2025 ;
2°) de condamner la commune de Bormes-les-Mimosas à lui payer la somme de 37 925 euros, en réparation des préjudices subis résultant de sa chute intervenue le 16 avril 2022 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bormes-les-Mimosas la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- aucune faute d'imprudence ne peut lui être reprochée ;
- il n'existait aucune barrière au moment où elle a chuté ; il appartient à la commune de prouver que des barrières étaient présentes au moment de l'accident ;
- la responsabilité de la commune est engagée, à titre principal, sur le fondement du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ou, à titre subsidiaire, sans faute dès lors qu'elle avait la qualité de tiers par rapport à l'ouvrage public ;
- elle est fondée à demander l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis à hauteur de la somme totale de 37 925 euros et qui se décomposent comme suit :
1 475 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
10 000 euros au titre des souffrances endurées ;
3 150 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;
5 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;
3 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;
7 300 euros au titre de l'assistance par tierce personne ;
8 000 euros au titre du préjudice d'agrément.
Vu le mémoire en défense, enregistré le 5 août 2025, présenté par la commune de Bormes-les-Mimosas, représentée par Me Lhotellier qui conclut au rejet de la requête et à la condamnation solidaire de Mme B et de la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine à lui payer la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine, qui n'a produit aucune observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B relève appel du jugement du 12 juin 2025 par lequel le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande tendant à la condamnation de la commune de Bormes-les-Mimosas à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de sa chute intervenue le 16avril 2022 avenue des Mimosas à Bormes-les-Mimosas.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents des formations de jugement des cours peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
3. D'une part, comme l'a rappelé à bon droit le tribunal administratif de Toulon, il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu dans un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de causalité entre cet ouvrage et le dommage dont il demande réparation. La collectivité en charge de l'ouvrage public, doit pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage a fait l'objet d'un entretien normal ou démontrer que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
4. D'autre part, si la responsabilité de la personne publique, propriétaire d'un ouvrage public, est engagée de plein droit à l'égard de l'usager victime d'un dommage, sans que l'intéressé ait à établir l'existence d'une faute à la charge de cette personne publique, encore faut-il que le dommage soit effectivement imputable à un défaut d'entretien normal de l'ouvrage, et non pas à l'inattention de la victime, vis-à-vis d'un obstacle ou d'une altération qui n'excède pas, par sa nature ou son importance, ceux auxquels un usager doit normalement s'attendre à rencontrer, en particulier l'usager piéton d'une voie publique.
5. Mme B soutient avoir chuté devant son domicile dans un fossé d'évacuation des eaux pluviales bordant le trottoir de l'avenue des Mimosas à Bormes-les-Mimosas. Il résulte de l'instruction que ce fossé constitue un ouvrage public incorporé à la voie publique dont l'entretien incombe à la commune de Bormes-les Mimosas. Dès lors, Mme B qui a la qualité d'usager par rapport à l'ouvrage et non de tiers ne peut manifestement pas rechercher la responsabilité de la commune sur le fondement de la responsabilité sans faute applicable aux personnes ayant la qualité de tiers par rapport à l'ouvrage public.
6. Il résulte de l'instruction, et notamment des photographies produites en première instance que le fossé dans lequel la requérante a chuté qui sert à l'évacuation des eaux pluviales était parfaitement visible. Ainsi, même en l'absence de barrières de protection, l'état du trottoir n'excédait pas les défectuosités qu'un piéton normalement attentif peut s'attendre à rencontrer sans qu'elles fassent l'objet d'un signalement. Par suite, Mme B, n'est manifestement pas fondée à rechercher la responsabilité de la commune de Bormes-les-Mimosas.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En outre, il y a lieu de la condamner à payer à la commune de Bormes-les- Mimosas une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par contre, les conclusions ayant le même objet présentées par la commune à l'encontre de la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine doivent être rejetées dans les circonstances de l'espèce.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Bormes-les-Mimosas une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Bormes-les-Mimosas est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la commune de Bormes-les-Mimosas et à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine.
Fait à Marseille, le 29 août 2025.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026