jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01567 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | contentieux répressif |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | RAKOTONIRINA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Le préfet de La Réunion a déféré au tribunal administratif de La Réunion
M. B A, comme prévenu d'une contravention de grande voirie, pour avoir édifié, sans droit ni titre, un mur de clôture empiétant sur une surface de 33 mètres carrés au droit de la parcelle cadastrée section AI n° 1431 située sur le territoire de la commune de Saint-Benoît, au lieu-dit Bourbier des Bas, dans l'emprise du domaine public maritime, sur l'ancien tracé de la voie dite du chemin de fer de La Réunion (CFR), incluse dans la zone des cinquante pas géométriques, ainsi que pour encombrement et début d'artificialisation de cette voie CFR.
Par un jugement n° 2201575 du 24 avril 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de La Réunion a condamné M. A à payer une amende d'un montant de
2 000 euros, lui a ordonné de libérer sans délai le domaine public et de rétablir les lieux dans leur état initial, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et a autorisé l'administration à procéder d'office, au-delà de ce délai, à la suppression de l'ouvrage litigieux aux frais, risques et périls du contrevenant.
Procédure devant la cour :
Par une requête sommaire enregistrée le 8 juin 2023 régularisée le 14 août 2023 et un mémoire complémentaire enregistré le 19 septembre 2024, M. A, représenté par
Me Rakotonirina, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de La Réunion du 24 avril 2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, outre les entiers dépens, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le préfet a ignoré la demande de délai pour procéder à la remise en état du site qu'il a adressée aux services de l'équipement en avril 2023 pour clôturer définitivement les accès à sa propriété débouchant sur le domaine public maritime ; ceux-ci n'ont d'ailleurs été utilisés que ponctuellement en raison du fait que la parcelle dont il est propriétaire et sur laquelle il a régulièrement fait construire son habitation était enclavée ;
- les travaux de remise en état sont désormais achevés, comme ont pu le constater les services de l'équipement à la suite du contrôle sur place effectué le14 juin 2023 ;
- il a toujours agi en toute bonne foi, d'autant que les services de l'environnement ont donné une suite favorable à sa demande d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public dès le 10 novembre 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 août 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés dès lors notamment qu'à la date du procès-verbal de contravention de grande voirie l'infraction était bien constituée et que M. A n'a procédé à la remise en état du site que postérieurement au jugement attaqué, comme ont pu le constater les services de l'environnement les 13 mars et 14 juin 2023.
Par une ordonnance du 20 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
21 octobre 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Un procès-verbal de contravention de grande voirie, dont l'intéressé a accusé réception le 15 décembre 2022, a été dressé le 17 novembre 2022 à l'encontre de M. B A, pour occupation sans droit ni titre du domaine public maritime, dans la zone des cinquante pas géométriques, et atteinte à l'intégrité de ce domaine, en raison de l'édification au droit de la parcelle cadastrée section AI n° 1431 sur la commune de Saint-Benoît, au lieudit Bourbier-les-Bas, dans l'emprise de l'ancienne voie de chemin de fer dite CFR, d'un mur de clôture en parpaing d'une superficie d'environ 33 mètres carrés, de l'encombrement de cette voie par des palettes en bois, des tôles, des parpaings et des gravats, d'un commencement d'artificialisation de ladite voie en couche de roulement en grave naturelle non traitée et enfin de la matérialisation d'une entrée pour voiture et piéton sur cette même voie. Le préfet de La Réunion a déféré, le 13 décembre 2022, M. A, comme prévenu d'une contravention de grande voirie, devant le tribunal administratif de La Réunion. Par un jugement du 24 avril 2023, la magistrate désignée par le président de ce tribunal a condamné M. A à payer une amende d'un montant de 2 000 euros, lui a ordonné de libérer sans délai le domaine public et de rétablir les lieux dans leur état initial, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et a autorisé l'administration à procéder d'office, au-delà de ce délai, à la suppression de l'ouvrage litigieux aux frais, risques et périls du contrevenant. M. A relève appel de ce jugement.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2132-3-2 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute atteinte à l'intégrité et à la conservation du domaine public ou de nature à compromettre son usage dans les espaces urbains et dans les secteurs occupés par une urbanisation diffuse de la zone dite des cinquante pas géométriques, est passible d'une amende de 150 euros à 12 000 euros. / Les contrevenants sont tenus de réparer toute atteinte et notamment de supporter les frais des mesures provisoires et urgentes que les personnes publiques compétentes ont dû prendre pour faire cesser le trouble apporté au domaine public par les infractions constatées (). ".
4. Lorsqu'il retient la qualification de contravention de grande voirie s'agissant de faits qui lui sont soumis, le juge est tenu d'infliger une amende au contrevenant. Alors même que les textes ne prévoient pas de modulation des amendes, le juge, qui est le seul à les prononcer, peut toutefois moduler leur montant dans la limite du plafond que constitue le montant de l'amende prévu par ces textes et du plancher que constitue le montant de la sanction directement inférieure, pour tenir compte de la gravité de la faute commise, laquelle est appréciée au regard de la nature du manquement et de ses conséquences.
5. Ainsi que l'a pertinemment jugé le tribunal, dont le jugement n'est pas contesté sur ce point, les faits relevés dans le procès-verbal dressé le 17 novembre 2022 à l'encontre de M. A sont constitutifs d'une contravention de grande voirie. Les circonstances dont l'intéressé se prévaut devant la cour selon lesquelles il aurait effectué certains travaux de remise en état du site lui permettant d'être désormais " en règle " et serait de bonne foi sont sans incidence sur la condamnation à payer l'amende qui lui a été infligée, dans les limites fixées à l'article L. 2132-3-2 du code général de la propriété des personnes publiques.
6. En second lieu M. A se borne à reprendre, en des termes similaires, les moyens qu'il a invoqués en première instance, visés ci-dessus, sans pièce nouvelle ni critique utile du jugement. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs pertinents retenus par la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de La Réunion.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1, y compris les conclusions de M. A tendant, d'une part, au paiement des entiers dépens de l'instance, laquelle n'en comprend au demeurant aucun, et d'autre part, à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.
Copie en sera adressée pour information au préfet de La Réunion.
Fait à Bordeaux, le 7 novembre 2024.
La présidente de la 6ème chambre
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
23BX01567
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026