mardi 30 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX00530 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement no 2306350 du 15 février 2024, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 1er mars 2024, M. B, représenté par Me Gnou, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 15 février 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Gironde du 13 octobre 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens de la procédure.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle dès lors que, contrairement aux affirmations du préfet, il est entré régulièrement en France ; il était mineur et inscrit sur le passeport, revêtu d'un visa touristique délivré par les autorités espagnoles, de sa mère qu'il accompagnait et ce visa leur permettait de circuler librement dans l'espace Schengen ;
- le refus de séjour a méconnu les articles L. 423-1 et L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a épousé le 8 octobre 2022 une ressortissante espagnole avec qui il a un enfant et s'occupe du premier enfant handicapé de son épouse; contrairement à ce que soutient le préfet, son épouse dispose de ressources suffisantes pour faire vivre le foyer et il démontre qu'elle a cessé son travail en contrat à durée indéterminée dans une société de nettoyage pour s'occuper exclusivement de son fils malade et elle perçoit un salaire équivalent à celui d'une auxiliaire de vie ;
- il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement en raison de sa qualité de conjoint d'une ressortissante de l'Union européenne et de père d'un enfant de la même nationalité que sa mère, lesquels doivent être regardés comme étant de nationalité française.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () 7° () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".
2. M. A B, ressortissant marocain né le 12 février 1988, a sollicité, le 20 juillet 2022, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante de l'Union européenne qu'il a épousée le 8 octobre 2022 et père de l'enfant né le 18 juillet 2022. Par un arrêté du 13 octobre 2023, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B relève appel du jugement du 15 février 2024 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, la circonstance alléguée selon laquelle le requérant serait entré mineur sur le passeport de sa mère ne saurait établir ni qu'il serait demeuré depuis lors sur le territoire français, ni d'une entrée régulière postérieure. Au demeurant, si l'arrêté en litige mentionne qu'il est entré irrégulièrement en 2018, cette mention ne constitue pas pour autant le motif du rejet de sa demande de titre de séjour dès lors qu'un étranger, conjoint d'un ressortissant de l'Union européenne, n'ayant pas lui-même la qualité de citoyen de l'Union européenne, ne peut se voir refuser un titre de séjour au seul motif de son entrée irrégulière ou de son séjour irrégulier sur le territoire français.
4. En deuxième lieu, le requérant ne peut demander l'application des dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étant pas marié avec une ressortissante française, ni d'ailleurs père d'un enfant français. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () ". Aux termes de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. / () ". Aux termes de l'article R. 233-1 du même code : " () Lorsqu'il est exigé, le caractère suffisant des ressources est apprécié en tenant compte de la situation personnelle de l'intéressé. En aucun cas, le montant exigé ne peut excéder le montant forfaitaire du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles. / La charge pour le système d'assistance sociale que peut constituer le ressortissant mentionné à l'article L. 233-1 est évaluée en prenant notamment en compte le montant des prestations sociales non contributives qui lui ont été accordées, la durée de ses difficultés et de son séjour. ".
6. M. B reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si son épouse était titulaire d'un contrat de travail comme agent de service du 15 novembre 2021 au 31 janvier 2023, cette activité ne présentait qu'un caractère accessoire ainsi que l'ont relevé à bon droit les premiers juges dès lors que cette activité ne lui a procuré que des revenus à hauteur de 5 910 euros ainsi qu'il ressort de sa déclaration fiscale. Par ailleurs, si le requérant produit les bulletins de salaire de son épouse de décembre 2021 à janvier 2023, il fait état du salaire brut de base et non du salaire réellement perçu par cette dernière et qui s'avère inférieur aux montants repris par le requérant alors notamment qu'en congé de maladie, son épouse n'a perçu aucun salaire de mai 2022 à décembre 2022 hormis une somme de 38,63 euros pour le mois de novembre 2022. En outre, le couple ne dispose pas de ressources suffisantes pour ne pas être une charge pour le système d'assistance sociale dès lors qu'il ne perçoit que des prestations sociales dont une prestation de compensation du handicap, ces diverses allocations ne pouvant être prises en compte dans le calcul des ressources dans la mesure où elles constituent des prestations sociales non contributives. Par suite, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus par les premiers juges et par ceux exposés ci-dessus.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 de l'article R. 222-1 du code de justice administrative en toutes ses conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 30 juillet 2024.
La présidente de la 6ème chambre
Ghislaine Markarian
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026