lundi 12 août 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX00664 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 6 mars 2023 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a prononcé le retrait de sa carte de résident.
Par un jugement n° 2302111 du 24 janvier 2024, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2024, M. C, représenté par Me Georges, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 24 janvier 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de Lot-et-Garonne du 6 mars 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de lui remettre sa carte de résident et, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation en le munissant d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, le tout, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse méconnaît les dispositions de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, qu'il réside en France depuis 2021, qu'il est marié avec Mme D avec laquelle il justifie d'une communauté de vie toujours existante, que si la vie maritale a pu être perturbée ce n'est qu'en raison d'une phase dépressive sévère qu'il a traversée pour laquelle il est aujourd'hui suivi médicalement et qu'il justifie d'une intégration professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. C, ressortissant marocain né le 1er décembre 1981, et marié depuis le 13 novembre 2019 avec Mme A D, de nationalité marocaine, est entré régulièrement en France le 3 mars 2021. Le 13 août 2021, M. C s'est vu délivrer une carte de résident, valable du 1er juillet 2021 au 30 juin 2031, au titre du regroupement familial demandé par son épouse, en application de l'article L. 423-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 30 mars 2022, son épouse a déposé une plainte pour des faits de violences habituelles suivies d'incapacité n'excédant pas huit jours et a déclaré qu'il avait quitté le domicile conjugal. Par un courrier du 21 octobre 2022, le préfet de Lot-et-Garonne a informé le requérant qu'il ne remplissait plus les conditions de délivrance de son titre de séjour et lui a demandé de lui faire part de ses observations dans un délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier. Par un arrêté du 6 mars 2023, il a prononcé le retrait de sa carte de résident. M. C relève appel du jugement du 24 janvier 2024 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, M. C reprend en appel son moyen de première instance tiré de ce que la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que pour retirer la carte de résident dont M. C était titulaire en vertu du regroupement familial, le préfet de Lot-et-Garonne s'est fondé sur la rupture de la communauté de vie de M. C et Mme D. Ainsi que l'a relevé le premier juge, lors de son dépôt de plainte le 30 mars 2022, Mme D a indiqué que M. C avait quitté le domicile conjugal et qu'elle avait consulté un avocat pour demander le divorce ou l'annulation du mariage. Comme l'a également relevé le tribunal, si M. C, qui n'a présenté aucune observation à la suite du courrier du préfet du 21 octobre 2022, soutient que la communauté de vie perdure et que le dépôt de plainte de Mme D a été retiré, il s'est borné à produire en première instance trois attestations, établies pour deux d'entre elles par des connaissances et pour la troisième par le fils de son épouse, faisant état de la réconciliation du couple mais ne mentionnant pas de reprise de la vie commune. Outre ces trois attestations très peu circonstanciées et ne permettant pas d'attester d'une reprise de la vie commune antérieure à l'arrêté contesté, le requérant avait également produit devant le tribunal un contrat de bail conclu en son nom et au nom de son épouse. Toutefois, ce bail est daté du 20 septembre 2023, soit plus de six mois après la décision contestée, dont la légalité doit s'apprécier à la date de son édiction, et ne permet pas de corroborer une reprise de la communauté de vie qui serait antérieure au 6 mars 2023, date de l'arrêté préfectoral de retrait du titre de séjour. Une éventuelle reprise de la vie commune postérieurement à la décision contestée n'étant pas susceptible d'entacher la décision d'illégalité, le requérant ne peut donc utilement se prévaloir de ce bail. Le certificat médical du 20 mars 2023 attestant que M. C est suivi pour le traitement d'addictions et se présente aux consultations accompagné de son épouse, sans autre précision sur les dates auxquelles le patient a été accompagné de son épouse, ne permet pas davantage de corroborer une reprise de la vie commune antérieure au 6 mars 2023. Enfin, les attestations produites en appel, émanant d'un fournisseur d'énergie, du distributeur d'eau potable et de la Mutualité sociale agricole, attestent également d'une reprise de la vie commune postérieure à la décision contestée et ne comportent aucune indication permettant d'attester de cette reprise antérieurement au 6 mars 2023. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le tribunal a écarté le moyen tiré de ce que le préfet de Lot-et-Garonne aurait méconnu les dispositions de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en retirant la carte de résident dont bénéficiait M. C.
4. En deuxième lieu, si au soutien de son moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qu'il reprend en appel, M. C fait nouvellement valoir qu'il justifie d'une intégration professionnelle dès lors qu'il a conclu un contrat à durée indéterminée en qualité d'intérimaire le 26 janvier 2024 avec la société Manpower, pour des missions en qualité de manutentionnaire, agent de fabrication polyvalent et préparateur de commande, cet élément qui est postérieur à l'arrêté en litige est sans incidence sur la légalité de cet arrêté dont la légalité doit s'apprécier à la date de son édiction. Dans ces conditions, et eu égard ce qui a été dit au point ci-dessus, le moyen doit être écarté.
5. En dernier lieu, M. C reprend en appel son moyen de première instance tiré de ce que la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, compte tenu des circonstances exposées aux points 3 et 4 ci-dessus, le préfet, en prenant la décision contestée, n'a pas fait une appréciation manifestement erronée de ses conséquences sur sa situation personnelle.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie sera adressée pour information au préfet de Lot-et-Garonne.
Fait à Bordeaux, le 12 août 2024.
La présidente de la 5ème chambre
Elisabeth Jayat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026