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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-24BX00682

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-24BX00682

mercredi 6 novembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-24BX00682
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B C et Mme A D ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler les arrêtés du 13 décembre 2023 par lesquels le préfet de la Gironde leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et leur a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an.

Par un jugement n° 2307048, 2307049 du 20 février 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 16 mars 2024, M. C et Mme D, représentés par Me Baldé, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement de la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux du 20 février 2024 ;

2°) d'annuler les arrêtés du 13 décembre 2023 du préfet de la Gironde ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois sous astreinte de 80 euros par jours de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que les arrêtés en litige méconnaissent les dispositions des articles L. 752-5 et L. 752-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

M. C et Mme D ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions n° 2024/000781 et n° 2024/000780 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 11 avril 2024.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a désigné le

1er septembre 2024 Mme Fabienne Zuccarello, présidente, pour statuer en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. C et Mme D, ressortissants arméniens, sont entrés sur le territoire français le 11 mai 2023. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 31 août 2023. Par des arrêtés du 13 décembre 2023, le préfet de la Gironde leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et leur a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Les intéressés relèvent appel du jugement du 20 février 2024 par lequel la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.

3. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".

4. Les requérants font valoir que les décisions contestées sont illégales dès lors qu'ils étaient en droit de se maintenir sur le territoire français. Toutefois, en vertu des dispositions citées au point précédent, M. C et Mme D, ressortissants d'Arménie qui est un pays d'origine sûr, ne bénéficiaient plus du droit de se maintenir sur le territoire français après la notification des décisions du 31 août 2023 par lesquelles l'OFPRA a rejeté leurs demandes d'asile. Ils n'étaient donc pas fondés à sa prévaloir d'un droit au maintien sur le territoire français jusqu'à ce que la CNDA ait statué sur leurs recours. En outre, il ressort des pièces du dossier que par des décisions du 20 mars 2024, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté les recours de M. C et Mme D. Par suite, leur moyen doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C et Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et Mme A D.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 6 novembre 2024

Fabienne Zuccarello

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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