mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX01087 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler l'arrêté du 29 janvier 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2400257 du 2 avril 2024, le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
I - Par une requête enregistrée le 2 mai 2024, sous le n° 24BX01087, M. A, représenté par Me Castille, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Limoges du 2 avril 2024 ;
2°) de " suspendre l'application " de l'arrêté du 29 janvier 2024 du préfet de la Haute-Vienne.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les dispositions des articles L. 422-1 et L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 2 du protocole n°1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il remplit les conditions pour le renouvellement de son titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur son droit à l'instruction en méconnaissance des stipulations de l'article 2 du protocole n°1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une décision n° 2024/001067 du 14 mai 2024, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II - Par une requête enregistrée le 2 mai 2024, sous le n° 24BX01088, M. A, représenté par Me Castille, demande à la cour de prononcer le sursis à exécution du jugement du 2 avril 2024.
Il soutient, en invoquant l'article R.811-17 du code de justice administrative, que l'exécution du jugement risquerait d'entraîner pour lui des conséquences difficilement réparables.
Par une décision n° 2024/001068 du 14 mai 2024, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 1er septembre 2024, désigné Mme Fabienne Zuccarello, présidente, en application de l'article R.222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : "() les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance: ()3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant malien, est entré en France le 13 septembre 2019 muni d'un visa long séjour " étudiant ". Il a bénéficié de titres de séjour en qualité d'étudiant jusqu'au 30 novembre 2023. Le 18 octobre 2023, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par arrêté du 29 janvier 2024, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A doit être regardé comme relevant appel, par la requête n° 24BX01087, du jugement du 2 avril 2024 par lequel le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté et, par la requête n° 24BX01088, comme sollicitant le sursis à exécution de ce jugement.
Sur la jonction :
3. Les requêtes nos 24BX01087 et 24BX01088 concernent la même personne et amènent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.
Sur la requête n° 24BX01087 :
4. En premier lieu, M. A reprend ses moyens de première instance tels qu'énoncés ci-dessus, au soutien desquels il fait valoir que son année de scolarité à l'université Sorbonne Paris Nord pour l'année 2020/2021 ne doit pas être prise en compte dans la progression de ses études dès lors qu'il n'avait jamais étudié certaines matières comprises dans cette formation et qu'il a amélioré ses notes au cours du premier semestre 2023/2024, de sorte qu'il pourrait prétendre à l'obtention de la troisième année de licence " administration économique et sociale ". Toutefois, ces éléments ne suffisent pas à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont, à juste titre, estimé qu'il avait échoué à trois reprises en licence " administration économique et sociale " et que les résultats obtenus au cours de ses trois tentatives ne révélaient pas une progression. Par ailleurs, si M. A soutient qu'à son arrivée à Limoges, ne bénéficiant plus de l'aide matérielle de sa famille, ni du soutien financier de son père hospitalisé, il a été contraint de travailler et de s'adapter ainsi à un rythme moins propice à ses études, il n'apporte pas davantage en appel qu'en première instance d'élément à l'appui de ses allégations. Enfin, s'il fait valoir qu'un diplôme français permet une meilleure intégration sur le marché du travail au Mali et que la durée des études dans son pays sont doublés et l'obligeraient à retarder son entrée sur le marché du travail, ces circonstances, au demeurant non établies, ne suffisent pas à justifier qu'il ne pourrait pas poursuive ses études au Mali. Par suite, il y a lieu d'écarter l'ensemble des moyens invoqués en première instance par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Limoges et par ceux qui viennent d'être exposés.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel n° 24BX01087 est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1.
Sur la requête n° 24BX01088 :
6. La présente ordonnance statuant au fond sur les conclusions de M. A tendant à l'annulation du jugement du 2 avril 2024 et de l'arrêté du 29 janvier 2024 du préfet de la Haute-Vienne, les conclusions de la requête enregistrée sous le n° 24BX01088 tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement ont perdu leur objet. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur ces conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n° 24BX01087 de M. A est rejetée.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 24BX01088.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Fait à Bordeaux, le 11 septembre 2024
Fabienne Zuccarello
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 24BX01087-24BX01088
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026