mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX01140 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
Mme A D et M. B C ont demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler les arrêtés du 12 avril 2024 par lesquels la préfète des Deux-Sèvres les a assignés à résidence dans ce département pendant une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement nos 2400926, 2400927 du 17 avril 2024, le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers a rejeté leur demande.
Procédures devant la cour administrative d'appel :
I- Par une requête enregistrée le 12 mai 2024 sous le n° 24BX01140,
M. C, représenté par Me Khatifyian, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers du 17 avril 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 de la préfète des Deux-Sèvres l'assignant à résidence pour une durée de 45 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au bénéfice de son conseil d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier dès lors que le premier juge n'a pas répondu au moyen invoqué en première instance tiré de ce que la notification de l'arrêté en litige est intervenue sans le concours d'un interprète ; or, la retenue administrative, la notification de ses droits, l'audition et la notification des actes administratifs sont intervenus en méconnaissance de son droit d'être informé de ses droits, des motifs de sa retenue et des actes notifiés dans une langue qu'il comprend alors qu'il ne parle pas le français ;
- les conditions de son interpellation sont irrégulières, d'une part en l'absence dans le procès-verbal établi par les services de gendarmerie des motifs de son contrôle d'identité et d'autre part, d'une information tardive du Procureur de la République ; dans ces conditions, les mesures prises à l'issue de cette rétention sont illégales ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé dès lors notamment que la mesure d'éloignement sur laquelle il se fonde est ancienne de plus d'un an ;
- le préfet n'établit pas qu'il était dans l'impossibilité de quitter immédiatement Le territoire dès lors qu'il est en possession d'un passeport en cours de validité et qu'un laissez-passer consulaire n'était pas nécessaire ;
- la préfète a méconnu l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle dès lors que son éloignement ne constituait un perspective raisonnable ; il avait le droit de se maintenir sur le territoire français dans l'attente de sa demande d'admission provisoire au séjour en qualité de demandeur d'asile dans le cadre d'un réexamen de sa demande d'asile ;
- les modalités de l'assignation à résidence sont contradictoires dès lors que l'administration ne pouvait sans erreur l'assigner à résidence dans la commune de Neuvy Bouin sans lui permettre de sortir de ladite commune et l'obliger dans le même temps à se présenter dans une brigade de gendarmerie située dans une commune différente ;
- ces modalités sont disproportionnées au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elles ne sont pas compatibles avec des horaires de travail et avec les obligations familiales de la mère de deux enfants en bas âge;
- elles méconnaissent l'intérêt supérieur de ses enfants en bas âge, protégé par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors qu'elles l'empêchent nécessairement de subvenir à leurs besoins.
Par une décision n° 2024/001388 du 28 mai 2024, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II- Par une requête enregistrée le 12 mai 2024 sous le n° 24BX01141,
Mme D, représentée par Me Khatifyian, conclut, pour ce qui la concerne, aux mêmes fins que la requête n° 24BX01140 par les mêmes moyens énoncés dans des termes similaires.
Par des décisions n° 2024/001388 et 2024/001389 du 28 mai 2024, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. C et Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces des dossiers.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a désigné le
1er septembre 2024 Mme Fabienne Zucarello, présidente, pour statuer en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. C et Mme D, ressortissants géorgiens nés tous deux en 2001, sont entrés en France en décembre 2021 selon leurs dires en compagnie de leur enfant. Il ont chacun déposé une demande d'asile, lesquelles ont été rejetées en dernier lieu par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile du 27 octobre 2022 et ont fait l'objet de mesures d'éloignement édictées le 27 décembre 2022 par la préfète des Deux-Sèvres. Par deux arrêtés du 12 avril 2024, la préfète des Deux-Sèvres les a assignés à résidence dans la commune de Neuvy Bouin pendant une durée de quarante-cinq jours. M. C et Mme D relèvent appel du jugement du 17 avril 2024 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
3. Les requêtes nos 24BX01140 et 24BX01141 concernent les membres d'une même famille et présentent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, si les requérants soutiennent que le premier juge n'a pas répondu à leur moyen tiré de ce que les arrêtés contestés leur ont été notifiés en l'absence d'un interprète, les conditions de notification d'une décision administrative sont toutefois sans incidence sur sa légalité. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile était donc inopérant et le premier juge n'était pas tenu d'y répondre. Au demeurant, il ressort des procès-verbaux d'audition établis par les services de la gendarmerie que les intéressés comprenaient le français et avaient renoncés à la présence d'un interprète. Par suite, le jugement n'est pas entaché d'omission d'examen de ce moyen.
5. En deuxième lieu, M. et Mme D reprennent, dans des termes similaires, certains des moyens déjà invoqués en première instance sans autre critique utile du jugement ni pièce nouvelle. Ils n'apportent ainsi aucun élément de fait ou de droit nouveaux au soutien de ces moyens auxquels le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, ces moyens doivent être écartés par adoption des motifs retenus par le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers et par ceux énoncés ci-dessus.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. C et Mme D sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et Mme A D.
Une copie sera adressée pour information à la préfète des Deux-Sèvres.
Fait à Bordeaux, le 17 septembre 2024.
Fabienne Zuccarello
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Nos 24BX01140, 24BX01141
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026