mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX01416 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A H a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2023 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'implique la reconnaissance du statut de réfugié ou l'octroi d'une protection subsidiaire et de renouveler l'attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Par un jugement n° 2400225 du 12 mars 2024, le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2024, Mme H, représentée par Me Payet, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 12 mars 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Gironde du 28 décembre 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", sous astreinte de 30 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa fille risque l'excision en cas de retour en Côte d'Ivoire.
Par une décision n° 2024/001142 du 14 mai 2024, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à Mme H.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 1er septembre 2024, désigné Mme Fabienne Zuccarello, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme H, ressortissante ivoirienne, née le 8 février 1987, est entrée en France le 26 octobre 2021, selon ses déclarations. Le 3 décembre 2021, elle a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 16 novembre 2022 et par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 10 mai 2023. Par un arrêté du 28 décembre 2023, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'implique la reconnaissance du statut de réfugié ou l'octroi d'une protection subsidiaire et de renouveler l'attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Mme H relève appel du jugement du 12 mars 2024 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénal ()". Et aux termes de l'article 3 de la même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradant ".
4. En appel, Mme H soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa fille B risque l'excision en cas de retour en Côte d'Ivoire. Elle fait valoir qu'elle est mère de quatre enfants, F née le 16 mars 2006 à Abobo en Côte d'Ivoire, E née le 8 août 2014 à Abidjan, Adama né le 18 mai 2022 à Bordeaux et B née le 18 mai 2022 à Bordeaux, que sa fille E a été excisée de force par la famille, qu'elle est tombée enceinte et qu'elle et son compagnon ont quitté la Côte d'Ivoire en urgence pour préserver l'enfant à naitre de cette mutilation et qu'ils sont arrivés en France le 26 octobre 2021, qu'elle a accouché du petit Adama et de la petite B le 18 mai 2022 à Bordeaux, que l'ainée des enfants, la jeune F qui est restée au pays et a été envoyée vivre à Abobo près d'Abidjan pour l'éloigner de la famille et éviter toute excision a été amenée de force dans un village pour qu'une excision soit pratiquée sur elle en juillet 2023. Mme H se prévaut également de ce qu'elle n'est pas excisée et est fortement opposée à cette tradition, de ce qu'une demande d'asile a été déposée le 11 août 2023 pour sa fille B mais que cette demande a été déclarée irrecevable pour l'OFPRA le 29 août 2023 et qu'un recours a été engagé devant la CNDA, que le risque d'excision pour sa fille B est dès lors caractérisé.
5. En appel, Mme H produit des certificats de non-excision pour elle et sa fille B établis par l'unité de médecine légale du Centre hospitalier universitaire de Bordeaux et si elle soutient que sa fille ainée F a été excisée de force en juillet 2023, elle ne produit toutefois pour en justifier qu'une attestation manuscrite de sa fille mais aucun document officiel ne vient l'établir. Par ailleurs, il ressort des pièces produites devant le tribunal administratif de Bordeaux que le préfet a joint à l'appui de son mémoire en défense un extrait de la décision n°23005883-23005884 du 10 mai 2023 de la CNDA qui rejette leur demande d'asile et se prononce, en son point 7 sur les craintes d'excision de la requérante, et en son point 8 sur celles concernant sa fille B et mentionne : " Mme H et M. D n'ont toutefois pas fourni d'explication crédible justifiant qu'ils seraient dans l'incapacité de protéger leur fille alors que M. D a indiqué être resté sans relation avec son père pendant une période de quinze ans, que Mme H a indiqué avoir été reniée par sa famille alors qu'elle avait dix-huit et que le couple a vécu pendant plus de dix ans de façon autonome. Mme H a indiqué que sa fille E a été excisée en son absence par la famille de son beau-père chez qui elle avait été contrainte d'habiter après le départ de son mari de Côte d'Ivoire mais n'a indiqué aucune raison sérieuse pour laquelle elle se trouverait contrainte désormais de laisser sa fille B C aux soins de sa belle-famille avec laquelle elle n'a pas indiqué être en relation. Eu égard à la ferme opposition à la pratique de l'excision manifestée par les deux parents de l'enfant et à la possibilité, en cas de retour dans leur pays d'origine, de vivre éloignés de leurs familles respectives, les craintes propres d'excision de l'enfant B C D ne sont pas établies ". Au surplus, par une décision n° 23052537 du 23 février 2024, la CNDA a rejeté le recours de la requérante formé contre la décision d'irrecevabilité de sa demande de réexamen par l'OFPRA du 29 août 2023. Il ressort des termes de la décision de la CNDA que Mme H a fait valoir que sa fille restée en Côte d'Ivoire a été excisée en août 2023. Cette décision relève et conclut que la documentation relative à la pratique de l'excision en Côte d'Ivoire et les rapports " joints au dossier ne permettent pas davantage d'établir le caractère personnel et actuel des craintes énoncées par la requérante en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, les faits et éléments présentés par l'enfant B C D ne sont pas susceptibles de modifier l'appréciation portée sur le bien-fondé de sa demande et, par suite, n'augmentent pas de manière significative la probabilité qu'elle justifie des conditions requises pour prétendre à une protection ". Dans ces conditions, et à défaut d'éléments contredisant ces décisions, il y a lieu de rejeter le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme H est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A H.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 9 octobre 2024.
Fabienne Zuccarello
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026