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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-24BX01671

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-24BX01671

lundi 9 décembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-24BX01671
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A C a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " en tant que mère d'enfant français.

Par le jugement n° 2101840 du 6 juin 2024, le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2024, Mme A C, représentée par Me Douniès, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Limoges du 6 juin 2024 ;

2°) d'annuler la décision du préfet de la Haute-Vienne du 17 septembre 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour temporaire " vie privée et familiale " en tant que mère d'un enfant français dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à défaut, de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que ses quatre enfants ne résident pas à Mayotte mais en France métropolitaine, qu'elle souhaite vivre auprès de ses enfants dont elle n'a jamais été séparée jusqu'à présent et qu'elle est en couple depuis 5 ans avec M. D, qui est titulaire d'une carte de résident de 10 ans ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle et d'une erreur de droit.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme A C, ressortissante comorienne née le 31 décembre 1980, est entrée en France métropolitaine, via les Pays-Bas sans visa, le 8 janvier 2020 selon ses déclarations, munie d'une carte de séjour temporaire, délivrée en qualité de parent d'enfant français par le préfet de Mayotte, valable à Mayotte du 3 avril 2019 au 2 avril 2020. Le 3 août 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " en tant que mère d'enfants français. Par une décision du 17 septembre 2021, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à sa demande en relevant qu'elle n'avait pas demandé l'autorisation de se rendre en métropole exigée par l'article L.411-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme A C relève appel du jugement du 6 juin 2024 par lequel le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.

3. D'une part, Mme A C reprend en appel, dans des termes similaires, son moyen de première instance tiré de ce que la décision porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article " L. 313-11 7° " du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au demeurant abrogées au 16 décembre 2020. Elle soutient que ses trois aînés, majeurs, dont deux sont français, résident en métropole comme leur plus jeune frère Abdallah, né en septembre 2008 à Mayotte et français également. Elle fait nouvellement valoir qu'elle a suivi une formation dans le domaine de la petite enfance pour pouvoir travailler et aussi venir en aide à ses enfants, dont sa fille comorienne qui l'héberge, et produit à l'appui une acceptation par Pôle Emploi d'une formation " auxiliaire de vie sociale " qui devait se dérouler du 15 novembre 2021 au 15 avril 2022, soit postérieurement à la décision attaquée. Par ailleurs, si elle fait de nouveau valoir qu'elle est en couple depuis 5 ans avec un compatriote, M. D, et produit nouvellement en appel la copie de la carte de résident dont il est titulaire valable du 23 septembre 2020 au 22 septembre 2030, la déclaration de vie commune qu'ils ont remplie en date du 1er février 2022, légalisée par la ville de Limoges, est postérieure à la date de la décision litigieuse, ainsi que l'ont déjà relevé les premiers juges, et l'ancienneté de la vie commune alléguée ne ressort d'aucune pièce du dossier. Dès lors, Mme A C, qui peut retourner à Mayotte avec son plus jeune fils, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Limoges et par ceux qui viennent d'être exposés.

4. D'autre part, Mme A C, en reprenant dans des termes similaires ses autres moyens de première instance visés ci-dessus, sans critique utile du jugement, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges, qui y ont pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Limoges.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A C.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.

Fait à Bordeaux, le 9 décembre 2024.

La présidente de la 2ème chambre

Catherine Girault

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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