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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-24BX01773

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-24BX01773

mardi 1 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-24BX01773
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge des référés
Avocat requérantSCP ASTIE-BARAKE-POULET-MEYNARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 13 avril 2023 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Puis par une décision et un arrêté du 24 mai 2023, dont M. B a également demandé l'annulation au tribunal administratif de Bordeaux, le préfet de Lot-et-Garonne l'a assigné à résidence et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2302526, 2302744, 2302745 du 31 mai 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux a, d'une part, renvoyé devant une formation collégiale de ce tribunal les conclusions de sa requête dirigées contre le refus de titre de séjour, et d'autre part, rejeté le surplus des conclusions de ses demandes.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2024, M. B, représenté par Me Astié, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du

31 mai 2023 ;

2°) d'annuler les décisions d'obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi contenues dans l'arrêté du 13 avril 2023 du préfet de la Gironde ;

3°) d'annuler la décision d'assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours du 24 mai 2023 du préfet de Lot-et-Garonne ;

4°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2023 du préfet de Lot-et-Garonne portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de

1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle, à hauteur de 25%, par une décision n° 2023/008226 du 21 septembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 1er septembre 2024, désigné Mme Fabienne Zuccarello, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 10 septembre 1985, est entré régulièrement en France le 1er avril 2019 et a obtenu un titre de séjour en qualité de travailleur saisonnier valable jusqu'au 9 juillet 2022 afin d'exercer un emploi d'ouvrier agricole. Le 16 décembre 2022, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour pour motif professionnel. Par un arrêté du 13 avril 2023, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Compte tenu de la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre le 24 mai 2023 par le préfet de Lot-et-Garonne, le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux, après avoir renvoyé les conclusions de sa requête dirigées contre le refus de titre de séjour devant une formation collégiale du tribunal, a statué sur ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le pays de renvoi, l'assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. B relève appel du jugement du 31 mai 2023 en tant que le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté ses demandes tendant à l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

2. Aux termes de l'article R. 751-3 du code de justice administrative : " Sauf disposition contraire, les décisions sont notifiées le même jour à toutes les parties en cause et adressées à leur domicile réel, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception (). Aux termes de l'article R. 776-9 du code de justice administrative, alors en vigueur : " Le délai d'appel est d'un mois. Il court à compter du jour où le jugement a été notifié à la partie intéressée. Cette notification mentionne la possibilité de faire appel et le délai dans lequel cette voie de recours peut être exercée ". Aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 : "() lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : () 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 () ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée () ". Et enfin, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () des cours administratives d'appel () et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller" désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance: 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

3. Il ressort des pièces du dossier de première instance que M. B a indiqué dans ses requêtes de première instance faire élection de domicile chez son conseil, Me Astié, au 25 rue des Frères Bonie à Bordeaux et que le jugement n° 2302526, 2302744, 2302745 du 31 mai 2023 lui a été notifié à cette adresse, avec l'indication des voies et délai de recours, par lettre recommandée dont il a été accusé réception le 5 juin 2023. Le 15 juin 2023, soit dans le délai de recours d'un mois, M. B, demeurant chez M. C 42 rue Jacques Cartier à Pessac, a présenté au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux une demande d'aide juridictionnelle en vue de contester devant la cour administrative d'appel de Bordeaux le jugement n° 2302526, 2302744, 2302745 du 31 mai 2023. Par une décision n° 2023/008226 du 21 septembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux lui a accordé le bénéfice d'une aide juridictionnelle partielle, à hauteur de 25 %, décision qui a été notifiée à M. B à son adresse personnelle par lettre recommandée et dont il a accusé réception le 25 septembre 2023. Sa requête d'appel dirigée contre ce jugement n'a été enregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Bordeaux que le 16 juillet 2024, soit après l'expiration du nouveau délai d'un mois imparti pour faire appel, suivant la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'aide juridictionnelle, conformément au 3° de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020, de sorte que le délai de recours contentieux était déjà expiré. Dès lors, sa requête, qui a été présentée tardivement, est manifestement irrecevable et ne peut par suite qu'être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde et au préfet de Lot-et-Garonne.

Fait à Bordeaux, le 1er octobre 2024.

Fabienne Zuccarello

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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01/06/2026

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