jeudi 27 mars 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-24BX02844 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D B a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2401223 du 15 octobre 2024, le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2024, M. B, représenté par Me Toulouse, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Limoges du 15 octobre 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2024 du préfet de la Haute-Vienne ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation au regard de son droit au séjour, le tout, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, et dans tous les cas, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'exécution des injonctions précitées ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien dès lors que son traitement pour la maladie de Crohn ne doit pas être interrompu sauf sur avis médical et que l'Algérie connait des ruptures d'approvisionnement, qu'il souffre également d'un cancer du côlon ;
- elle méconnaît les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
S'agissant de la décision d'obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité du refus de séjour sur lequel elle se fonde ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;
- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les articles 4 et 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en raison du risque d'une interruption de son traitement médicamenteux qui entrainerait une éventuelle rechute de sa maladie.
Par une décision n° 2024/003095 du 7 novembre 2024, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant algérien né le 21 février 1981 à Chlef, est entré en France le 29 octobre 2023, selon ses déclarations, muni d'un visa de court séjour " entrées multiples " qui lui a été délivré par les autorités espagnoles. Le 12 janvier 2024, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'un an en raison de son état de santé. Par un arrêté du 26 avril 2024, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à cette demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B relève appel du jugement du 15 octobre 2024 par lequel le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2024.
3. En appel, M. B reprend dans des termes similaires ses moyens de première instance visés ci-dessus. S'il soutient, d'une part, que son traitement par Adalimumab pour la maladie de Crohn, est un traitement au long cours qui ne doit pas être interrompu sauf sur avis médical, et qu'il a démontré devant le tribunal, par un certificat médical algérien du 21 octobre 2023 que ce traitement souffre en Algérie de rupture d'approvisionnement et qu'ainsi, il pourrait être exposé à des interruptions de son traitement dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il ne ressort toutefois pas des termes de ce certificat qu'il comporterait une telle teneur. Par ailleurs, il ressort d'une correspondance en date du 28 mars 2024 produite devant le tribunal, adressée par le Dr A, médecin gastro-entérologue au centre hospitalier de Figeac à sa consœur le Dr C au CHU Rangueil à Toulouse que ce médecin s'interrogeait sur la pertinence de la poursuite du traitement par Adalimumab pour la maladie de Crohn de M. B du fait de l'antécédent récent de son cancer colique. En appel il est produit un compte rendu de coloscopie du 15 mai 2024, certes postérieur à l'arrêté en litige, mais qui précise que ce contrôle est réalisé avant de décider ou non de l'arrêt de la biothérapie compte tenu de l'antécédent récent de cancer colique de M. B ainsi qu'un compte rendu d'hospitalisation du même jour établit par le Dr A concluant, cliniquement au bon état général de M. B permettant l'arrêt du traitement par Adalimumab car ce traitement est indiqué dans le cadre de la maladie de Crohn mais contre-indiqué du fait d'antécédent récent de cancer colique et il a prescrit un relais par Pentasa sachet 2g, 2/J le matin.
4. Si M. B produit également en appel, deux bulletins de situation d'hospitalisation au centre hospitalier de Valence du 8 au 13 février 2024, puis du 10 au 12 septembre 2024, ainsi que plusieurs confirmations de rendez-vous de consultation au pôle chirurgie viscérale pour les 26 juin 2024, 9 octobre 2024 et 27 novembre 2024, une ordonnance médicamenteuse du 12 septembre 2024, un compte rendu opératoire du 19 septembre 2024 du pôle chirurgie viscérale du centre hospitalier de Valence pour une cure d'éventration médiane avec pose de renfort prothétique qui précise que les suites opératoires ont été simples et mentionne une consultation de contrôle un mois après, le requérant ne produit cependant aucun nouveau document permettant de remettre en cause l'appréciation des premiers juges et le sens de l'avis émis par le collège de médecins de l'OfII sur la disponibilité effective en Algérie de la prise en charge pluridisciplinaire dont il a besoin en raison de ses pathologies. Dans ces conditions, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Limoges et par ceux qui viennent d'être exposés.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Fait à Bordeaux, le 27 mars 2025.
La présidente de la 4ème chambre,
Frédérique Munoz-Pauziès
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026